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La prospérité des années 20
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1:56entre 1921 et 1929. Les États-Unis
2:00donnent l'image d'une population vivant
2:01dans la meilleure société possible
2:03malgré la prohibition et le
2:05développement du gangstérisme.
2:08Jamais la croissance industrielle de la
2:10principale puissance économique n'a été
2:13aussi forte, insolente presque. Quel
2:16contraste avec la décennie précédente
2:18marquée par la Grande Guerre. Les
2:20autorités politiques et financières
2:22martellent le même discours sur la
2:24confiance, la prospérité durable, le
2:26bien-être. Vers la fin de la décennie,
2:28le boom économique tourne à l'euphorie
2:30générale.
2:32Les années folles, c'est aussi le temps
2:33de la première élection de Miss
2:35Amérique, l'année des premiers Oscars du
2:37cinéma, des premières comédies
2:38musicales. Tout cela sur fond de jazz.
2:46Dire de la période qui a précédé la
2:48grande dépression que c'était les années
2:49du jazz et de la prospérité, les années
2:53folles, c'est déformé la réalité.
2:57Tous les Américains n'ont pas bénéficié
2:59de ces années de prospérité. Les plus
3:02riches en ont profité, mais la grande
3:04majorité des Américains connaissaient de
3:06réelles difficultés économiques.
3:10On a atteint un nouveau palier de
3:11richesse. D'un seul coup, la plupart des
La société de consommation
3:13familles possédaient une voiture alors
3:15que 10 ans auparavant, cela aurait été
3:17inimaginable. On pouvait s'offrir une
3:19machine à laver électrique, un
3:20réfrigérateur,
3:23un tourniskque.
3:26Le cinéma s'est mis à parler en 1927.
3:31C'était une aire nouvelle.
3:34Certains sentaient que tout cela pouvait
3:35n'être que temporaire. Mais la plupart
3:37des Américains restaient persuadés que
3:39même s'il y avait un léger recul, il
3:41vivait une époque formidable.
3:45C'est dans les années 20 que
3:46l'automobile devient le centre de la
3:48culture américaine.
3:51Même les ouvriers ont la possibilité de
3:53s'acheter une voiture. Ça c'est quelque
3:55chose d'impensable en Europe. En Europe,
3:57jamais un simple salarié n'avait une
3:59voiture dans les années 30. Il y avait
4:01que les patrons, des gens très très
4:02riches et cetera. Donc les États-Unis
4:03ont accès à une certaine frange de la
4:06consommation de masse et ils ont
4:08effectivement commencé à développer le
4:09crédit. Acheter à crédit devient quelque
4:12chose de naturel. S'endetté pour
4:14s'offrir une voiture comme la Ford
4:16Modelté devient un véritable phénomène
4:18de mode.
4:23En 1919, il y avait aux États-Unis 6
4:25millions d'automobiles. 10 ans plus
4:27tard, 27 millions. Une pour 5
4:30Américains.
4:35La société de consommation explose aux
4:37États-Unis. Les crédits et les prêts
4:39immobiliers s'envolent.
4:41On voit apparaître la mode androgène,
4:43l'alcool de contrebande, le jazz.
4:47Cette période correspond également à
4:48l'âge d'or de Wall Street qui passionne
4:50les gens.
4:53En plus des vrais professionnels,
4:54beaucoup d'Américains de conditions
4:55modestes se mettent à placer leurs
4:57espoirs et leur argent en bourse.
5:01Ils espèrent s'enrichir rapidement et
5:02sans risque.
5:08C'est la première fois dans l'histoire
5:09des États-Unis que Wall Street est
5:11associé au jeux, à la libération
5:13sexuelle, à l'alcool, bref à tous les
5:15plaisirs que l'on s'autorise.
5:18Wall Street participe largement à cette
5:20nouvelle façon de vivre dans les années
5:2220.
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5:35Les Américains se jettent à corps perdu
5:37dans le boursicotage. En 5 ans, les
5:40cours de la bourse ont été multipliées
5:41par 4. L'indice Dow Jones est passé de
5:44100 à près de 400. Une hausse qui paraît
5:47incompréhensible, démesurée au regard de
5:49l'économie réelle.
5:54Ébloui, fasciné par l'éclat de l'argent
5:56et par la facilité avec laquelle le New
5:58York Stock Exchange, Wall Street pour
6:00les initiés, le fait fructifier, les
6:02Américains retournent leur poche.
6:07En 1929, 2 milliards de dollars sont
6:10investis sur le marché.
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6:13Tout le monde s'est mis à acheter des
6:15actions. Pour la première fois dans
6:16l'histoire des États-Unis, la bourse
6:18s'est retrouvée au cœur de la culture
6:19américaine.
6:23La prospérité était si forte, si
6:25constante depuis des années que tous
6:28ceux qui n'avaient jamais pensé à
6:29essayer de s'enrichir, qui n'avaient
6:31jamais envisagé de jouer à la bourse,
6:34commençaiit maintenant à le faire.
6:36La bourse devenait le le sujet de le
6:39sujet de de tous les ménages. Tout le
6:41monde pensait que c'était un nouvel
6:42Eldorado et les ménages
6:45investissait leur leurs leurs économies
6:47dans dans la bourse comme un casino.
6:50Les Américains ont toujours essayé de
6:51devenir riche le plus vite possible mais
6:53dans les années 20 ça paraissait plus
6:55facile que jamais et la bourse c'était
6:57la meilleure façon de le faire.
7:00C'était une nouvelle façon de
7:01s'enrichir. Vous achetiez une action 20
7:04dollars sans avoir la moindre notion de
7:06ce qu'était la bourse.
7:08Et le lendemain, elle en valait 23 et le
7:10jour suivant 27.
7:12Tout ça s'enlevait le petit doigt. Les
7:14gens se disaient "Mon Dieu, c'est si
7:16simple de faire fortune, pourquoi faire
7:18autre chose ?" Et on en est arrivé à un
7:20point où la bourse est pratiquement
7:22devenue une sorte de drogue.
7:26En Europe, le marché boursier était
7:27réservé à une élite aristocratique et
7:29seuls les riches achetaient des actions.
7:31En Amérique, la bourse se démocratis.
7:35C'était des gens simples, des ouvriers,
7:37des salariés, des cireurs de chaussures,
7:39des femmes au foyer, des gens comme vous
7:41et moi.
7:43Le phénomène est extraordinairement
7:44nouveau et leur fait tourner la tête.
7:47C'est une époque où les chauffeurs de
7:49maître conduisaient en ayant la tête
7:50légèrement penchée en arrière pour
7:52écouter leur leurs patrons discuter de
7:54des des nouvelles imminents d'un rachat
7:56de telle entreprise par telle autre.
7:57Donc il y a il y a une vraie euphorie
7:59collective.
8:01Les gens auraient été fous de ne pas
8:03participer.
8:06Il suffisait de se baisser pour ramasser
8:08de l'argent.
8:10On ne pouvait que suivre le troupeau.
8:13[Musique]
8:15John Rascob, le patron de général
8:17Motors, assurait à tout le monde que
8:19l'économie des années 20 était stable et
8:21resterait prospère.
8:24Il a écrit un article paru dans le
8:25magazine Ladies Home dans lequel il
8:27disait "Tout le monde a le droit d'être
8:29riche" et il expliquait comment faire.
8:32Cet article est paru un an avant le
8:34craque boursier de 1929.
8:38John Rascob écrivait avec seulement 15
8:40dollars par mois bien placé à la bourse,
8:43je vous garantis un gain de 80000
8:45dollars en un an ou deux. La presse
8:47économique le salue comme un
8:48visionnaire. À Wall Street, c'est la
8:50ruée verslor.
8:53Des millions de gens voulaient être dans
8:54le feu de l'action et placer leur argent
8:56en bourse. Dans n'importe quel endroit
8:58du pays, on pouvait trouver des bureaux
9:00équipés de télteurs qui donnaient les
9:02cours de Wall Street.
9:06Il y avait des téléscripteurs dans les
9:08salons de coiffure, dans les trains, les
9:10bars, les pagb.
9:14Pour la première fois, spéculer en
9:16bourse faisait partie de la vie de tous
9:18les jours.
9:21Des agences de courtier ouvraient des
9:22bureaux dans les villages et les petites
9:23villes aux quatre coins des États-Unis.
9:28Elles étaient toutes reliées par câble
9:29au quartier général de Wall Street.
9:31On encourageait même les passants à
9:33participer.
9:35La bourse était devenue une sorte de
9:37sport national auquel tout le monde
9:38jouait.
9:43Ce n'était pas la classe populaire qui
9:44achetait des actions, mais la classe
9:46moyenne.
9:48À cette époque, et ça a été la source de
9:50tous les problèmes, les banques se sont
9:52mises à prêter de l'argent, à accorder
9:54des petites sommes à leurs clients sans
9:56demander de garantie.
9:58C'était une première, ça n'était jamais
10:00arrivé.
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10:13Un américain sur tr confie ses économies
10:15au presse des digitateurs de Wall
10:17Street. D'autant plus qu'il n'est même
10:19pas nécessaire d'avoir les capitaux
10:21disponibles. Les agents de change font
10:23crédit au particulier. Les banques
10:26avancent l'argent frais et font
10:28travailler leurs capitaux. Les courtiers
10:30empochent de confortables commissions et
10:33tout le monde fait fortune. On achète
10:36aujourd'hui pour vendre demain et avant
10:38que l'on vous réclame l'argent emprunté,
10:40vous avez déjà revendu. Les sociétés
10:43d'investissement prolifè et prospè. On
10:46en crée une par jour.
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11:01Les gens spéculaient en empruntant de
11:03l'argent.
11:05Il suffisait d'avancer une petite somme
11:07pour acheter des actions,
11:0910 %, 20 % ou parfois même moins.
11:14Le crédit était disponible, les gens
11:16étaient confiants, peut-être même un peu
11:18trop confiants. Est-ce qu'ant que ces
11:20spéculations seraient rentables ? Ils
11:23ont donc pris d'énormes risques en
11:24investissant dans le marché.
11:29Tant que le prix de l'action montait, la
11:31somme avancée en garantie était
11:33couverte. C'était un jeu d'enfant. Vous
11:36doubliez votre mise de départ.
11:40Mais quand les prix ont commencé à
11:41chuter, il a fallu rembourser la
11:44différence entre le montant emprunté et
11:46le prix actuel de l'action
11:49et en liquide.
11:55Le nouveau président des États-Unis,
11:57Herbert Hoover, a fait toute sa campagne
11:59sur un même thème. La prospérité est au
12:01coin de la rue. On en a même fait une
12:03chanson.
12:06Comme lui, les meilleurs économistes
L'effondrement de la bourse
12:08considèrent que la hausse de la bourse
12:09est parfaitement justifiée par la
12:11stabilité générale des prix et les
12:13perspectives favorables de l'économie
12:15américaine.
12:18Le président Houver avait l'occasion
12:20rêvé de dire lors de son discours
12:22d'investiture que le cours des actions
12:25était trop élevé et qu'il fallait
12:26réagir. Mais quand un dirigeant
12:29politique fait ce genre de déclaration
12:30et que le marché s'écroule, on le tient
12:32pour responsable. C'est pour ça qu'il
12:34n'a rien dit.
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12:50Dès que Hoover a dit cela, le marché est
12:51remonté au cours des mois de juin,
12:53juillet et août 1929. Alors que
12:56d'habitude la bourse tourne au ralenti
12:58parce que beaucoup de gens sont en
12:59vacances et brusquement le marché est
13:01devenu fou.
13:05Les leaders politiques et les milieux
13:06financiers ont fêté cette euphorie et
13:08cette spéculation à haut risque.
13:12Le président Herbert Hoover et les
13:14principaux banquiers du pays aussi.
13:19Les gens étaient encouragés dans cette
13:20confiance aveugle par les hommes les
13:22plus prudents et les plus sages.
13:25L'élite financière déclarait que tout
13:27allait pour le mieux.
13:30Il n'y avait aucune raison de penser que
13:32ça s'arrêterait un jour de monter. Les
13:34gens n'étaient convaincus, même les
13:36économistes les plus renommé.
13:41Cela fait monter les prix à un niveau
13:43démesuré.
13:46Mais malgré ces niveaux délirants, comme
13:48dans tous les booms spéculatifs, les
13:50gens s'entêtent à dire que le marché
13:52financier était stable, que ses prix
13:54élevés étaient justifiés.
13:57Edward Prescott, un économiste
13:59américain, lauréat du prix Nobel,
14:01affirmait que le marché n'était pas
14:02exagérément élevé. En 1929,
14:06les meilleurs experts spécialistes des
14:08fluctuations de la bourse disaient "Ne
14:10vous inquiétez pas, ça n'arrivera
14:11jamais. Diversifiez vos placements. Si
14:14ça baisse d'un côté, ça montera de
14:15l'autre." C'était absurde.
14:19En 1929, le marché financier était en
14:21plein essort.
14:23La bourse montait montait mais elle a
14:26commencé à briser ses amars. Au lieu
14:28d'être basé sur la valeur réelle des
14:30entreprises, c'est devenu un marché
14:31spéculatif dans lequel les gens
14:33achetaient et vendaient des actions,
14:35pensant qu'en achetant maintenant, il
14:36pourrai les revendre plus tard pour un
14:38prix plus élevé.
14:41Les poules d'investisseurs se livraient
14:42à de véritables conspirations d'initiés.
14:46Les grandes banques d'investissement et
14:48parfois même des hommes politiques
14:50s'alliaient pour acheter d'énormes
14:51quantités d'actions faisant ainsi
14:53flamber les prix puis les revendaient
14:55rapidement et discrètement afin de
14:57réaliser des profits.
14:59Pendant ce temps, les particuliers qui
15:01avaient acheté ces mêmes actions,
15:03encouragés par la montée des prix se
15:05retrouvaient avec de grosses pertes sur
15:06les bras.
15:08Ce processus là, il y a un moment où il
15:11se déconnecte de l'économie réelle et
15:14évidemment on pourrait dire attention
15:16c'est déconnecté, ça va péter. Oui, mais
15:18c'est de l'intérêt de personne de dire
15:19ça. C'està-dire que les gens continuent
15:21et les plus rationnels ici sont ceux qui
15:24se disent "Je vais profiter de lamenter
15:27des cours jusqu'à ce que ça s'inverse le
15:29plus tard possible en quelque sorte."
15:32On pouvait gagner encore plus en prenant
15:34encore plus de risqu mais prendre plus
15:36de risques entraîne une augmentation du
15:38prix des action et donc vous pousse à
15:40emprunter de grosses sommes. Tout cela a
15:43engendré une structure qui une fois
15:45fissurée s'est totalement effondré.
15:52Le prix supposé des actions avec
15:53quadruplé et était passé de 100 à 400
15:56points sur une période de 10 ans.
15:58C'était complètement fou.
16:01qui pouvait faire confiance à un marché
16:03financier qui réalise un tel bon.
16:07Certains ont compris que la croissance
16:08économique
16:10était basée sur de faux prémisses
16:14et ont averti qu'un problème ne
16:15manquerait pas de survenir.
16:20Quelques banquiers d'investissement de
16:21Wall Street, une poignée, disait que
16:24l'économie, que le marché lui-même avait
16:26dépassé ses limites, que la spéculation
16:29à crédit était dangereuse et que les
16:31cours du marché financier étaient
16:33exagérément élevé.
16:35Certains ont pointé du doigt les dangers
16:37de ce système, mais très peu. Et parmi
16:39eux, le statisticien Roger Babson. Mais
16:42on les a complètement ignoré.
16:45Roger Babson déclaré fin septembre un
16:47mois avant l'effondrement, un craque va
16:49se produire et il sera terrible
16:51colossal. La bourse va s'effondrer et il
16:53va y avoir un sauvekipe général qui va
16:55dépasser tout ce que l'on a vu jusqu'à
16:57présent.
16:58[Musique]
17:00Plus le marché montait, plus le nombre
17:02de gens refusant de croire ceux qui
17:04s'alarmaient augmentaient parce que
17:07s'ils avaient pris leur mise en garde
17:08trop au sérieux, ils auraient revendu
17:11leurs actions et le marché se serait
17:13effondré.
17:16Avant que le marché ne s'effondre, il y
17:18avait eu des signes qui montraient que
17:19la santé de l'économie était mauvaise.
17:23Mais les signes de récession économique
17:24ne peuvent pas être pris en
17:26considération. Il y a parfois des creux
17:28puis l'économie repart.
17:31Les signes de surspéculation étaient
17:33évidents. Le prix des actions avait
17:35considérablement augmenté, ce qui ne
17:37peut se justifier sur un plan
17:38historique.
17:43Les gens empruntaient de l'argent au
17:45fond d'investissement qui eux
17:47empruntaient à leur tour de grosses
17:49sommes pour les investir en bourse.
17:53De leur côté, les particuliers pouvaient
17:55acheter des actions sans être couverts,
17:58sans garantie.
18:00Il y a eu plusieurs signes qui
18:01montraient qu'une catastrophe allait
18:02d'arriver.
18:05La bourse a commencé à vaciller en
18:07septembre et début octobre, elle s'est
18:09mise à chuter. Puis vers la 3è semaine
18:12d'octobre, elle a commencé à s'écrouler
18:15et ça c'est en principe le signe que la
18:17bulle est sur le point d'éclater. Et en
18:19effet, elle a explosé en octobre 1929.
18:24Le craque de 1929 a été comme un
18:27formidable ouragan où tous les éléments
18:29se rejoignent au mauvais moment et au
18:31mauvais endroit.
18:34[Musique]
18:36[Applaudissements]
18:37[Musique]
18:48[Applaudissements]
18:48[Musique]
18:55[Musique]
19:00Et le jeudi 24 octobre, jeudi noir où
19:02Black Thursday, la démence collective
19:05fait son apparition.
19:07En quelques heures, 13 millions de
19:09titres sont brusquement jetés sur le
19:10marché par des actionnaires affolés qui
19:12ne savent même plus à quel prix ils ont
19:14cédé leurs actions. Après 3 années
19:16d'intense spéculation, Wall Street
19:18craque et personne n'est en mesure de
19:20décider la fermeture de la bourse
19:22puisque son président est en vacances à
19:24Hawai. La bulle spéculative éclate
19:27provoquant une panique financière.
19:33[Musique]
19:39Par un effet de domino, c'est l'ensemble
19:40de la bourse qui s'effondre. Les pertes
19:43cumulées représentent 30 milliards de
19:45dollars, 10 fois le budget de l'État
19:47fédéral américain est plus que ce que
19:49les États-Unis avaient dépensé pendant
19:50toute la Première Guerre mondiale.
19:56En 6 jours, les cours moyens vont
19:58baisser de 50 % et ne cesseront de
20:00tomber. et fait encore plus inusité, la
20:04chute de la bourse va continuer en
20:06cascade.
20:08[Musique]
20:10Le craque était inévitable. Ce n'était
20:12qu'une question de temps, mais c'était
20:13inévitable.
20:16Et les gens ont découvert qu'ils avaient
20:18cru à tort que les cours ne pouvaient
20:20pas chuter.
20:22Et c'était faux.
20:26Toute leur vie était basée sur une seule
20:27certitude.
La crise économique
20:29La bourse ne pouvait que monter.
20:31Mais s'ils s'étaient un peu intéressés à
20:33l'histoire, ils auraient su que c'était
20:35une idée stupide. Tout le monde sait que
20:37les prix montent et descendent.
20:41Les gens avaient vidé
20:43sur le marché en pensant que puisque ça
20:46rapportait tellement, autant mettre un
20:48peu plus d'argent et montrer qu'on était
20:50le plus malin.
20:53Mais quand le marché s'est effondré, il
20:55n'était plus possible de récupérer ses
20:57fonds. D'un seul coup, ils ont compris
20:59que le mécanisme auquel ils avaient
21:01toujours cru était complètement faux. Et
21:03en réalisant qu'ils s'étaient trompés,
21:05ils ont été pris de panique. Et en
21:07regardant autour d'eux, ils ont vu que
21:09leurs voisins paniquaient eux aussi.
21:12À l'intérieur de Wall Street, les
21:14courtiers étaient devenus fous. Ils
21:15s'arrachaient les cheveux, incapable de
21:17suivre la descente en flèches des cours
21:18de la bourse. Beaucoup de gens ont perdu
21:21énormément d'argent parce que les ventes
21:23des actions ne pouvaient pas être faites
21:24à temps. Le marché était saturé et la
21:27capacité à effectuer ces transactions
21:29n'était plus possible. Les câbles de
21:31transmission avaient brûlé.
21:34Le télteur qui enregistre les ventes ne
21:36pouvait plus suivre le rythme et s'est
21:37laissé distancer de plusieurs heures. Ce
21:39qui veut dire que s'il est 14h et que
21:41vous n'avez plus aucune information
21:42depuis 10h30, vous êtes dans de sales dr
21:45parce que vous ne savez rien de ce qui a
21:47bien pu se passer. Et pendant que la
21:49bourse s'effondrée, ceux qui n'avaient
21:51pas réagi rapidement se sont dit "J'ai
21:53dû faire une erreur. J'aurais dû vendre
21:54plus tôt." Et le processus s'est
21:56accéléré, leur laissant l'impression
21:57d'une chute libre. Qu'est-ce qui a tout
22:00précipité ? Personne n'a la réponse.
22:02Personne ne sait ce qui a provoqué le
22:03mardi noir ou le jeudi noir et pourquoi
22:05ce jour-là en particulier. Cette vieille
22:08histoire là, tout le monde savait que ça
22:10allait arriver mais personne n'a prévu
22:12l'ampleur que ça allait prendre.
22:17Il y avait quelque chose de
22:18fondamentalement anormal, défectueux et
22:21pas seulement. Avec la bourse et les
22:22actions surévaluées.
22:25Le problème devenait évident. Cette
22:27prospérité qui avait tant fasciné les
22:29gens pendant 10 ans n'était en réalité
22:31qu'une illusion.
22:34La panique qui a suivi était une façon
22:36de reconnaître cette réalité.
22:38Elle était fondée sur quelque chose de
22:40tangible.
22:41Ce n'était pas de l'hystérie pure.
22:49[Musique]
22:52À l'intérieur de la bourse, c'est comme
22:53une gare au moment des grands départs,
22:55écrit le Wall Street Journal, uniagara
22:57de liquidation. Hommes et femmes se
23:00bousculent pour essayer de comprendre ce
23:02qui se passe. Perdu devant ces chiffres
23:04et ses lettres incompréhensibles pour un
23:06profane mais qui signifie la ruine. Sur
23:09le sol, des ordres de bourse froissé par
23:11milliers comme des douilles de balles
23:13sur un champ de bataille selon le New
23:15York Times.
23:20L'effondrement de la bourse est censé
23:21avoir provoqué toute une vague de
23:23suicide à Wall Street. C'est même devenu
23:25un sujet de plaisanterie. On a vu des
23:28dessins humoristiques où des banquiers
23:29de Wall Street sauter par les fenêtres.
23:32C'est une légende très exagérée.
23:35[Applaudissements]
23:44[Musique]
23:54Les rumeurs les plus folles circulent.
23:5611 spéculateurs se seraient déjà
23:57suicidés à New York.
24:01On raconte que le directeur du RIT exige
24:03des clients qu'il règle l'hôtel à
24:05l'avance en précisant "Vous voulez une
24:07chambre pour dormir ou pour sauter par
24:09la fenêtre."
24:12Il y a bien eu quelques suicides, mais
24:14pas tant que ça. Un des suicides les
24:16plus médiatisés a été celui dont Winston
24:18Churchill a été témoin. Il était en
24:20visite à New York et s'est rendu à Wall
24:22Street ce jour-là.
24:23Il avait été frappé non par la panique à
24:25l'intérieur de la bourse mais par l'air
24:27effaré des courtiers qui erraaient comme
24:29des somnambules dans un état
24:31semiomateux.
24:35Et quand il est retourné à son hôtel,
24:37quelqu'un s'est jeté par la fenêtre du
24:39même hôtel. C'était un courtier
24:41justement qui était ruiné.
24:46C'est l'archétype des histoires qu'on
24:48raconte quand un mythe se propage. Le
24:50premier soir où les cours vraiment se
24:52sont effondré, les opérateurs sont
24:54sortis dans la rue. Une sorte d'angoisse
24:56collective évidemment et puis alors ils
24:57ont levé la tête là à Wall Street et
24:59puis au sommet d'un débuilding, ils ont
25:00vu un type qui était en l'air et et la
25:03foule s'est dit il va sauter. Ce type
25:05c'était un plombier. Il est en train de
25:06remettre une gouttière. Évidemment, il
25:08est pas tombé. Mais la foule attendait
25:10ça. Tout le monde a un petit peu envie
25:11de voir des spéculateurs se suicider. On
25:14en a envie. s'en sont mis plein les
25:15poches. On peut quand même rêver si
25:17quelques suicide bien spectaculaire. On
25:19peut penser à ça.
25:21Herbert Hoover qui a refusé le fameux
25:23jeudi noir de se rendre à Wall Street
25:26prend le thé avec Marie Cury en visite à
25:28la maison blanche. Il lui rappelle qu'il
25:30a été ministre du commerce avant d'être
25:32élu président et que l'Amérique sûre
25:35d'elle-même va connaître une prospérité
25:38éternelle. Au même moment, devant la
25:40bourse désertée, des hommes d'affaires
25:42ruinés essaient de vendre leur voiture
25:44de luxe pour une bouchée de pain.
25:51La réaction officielle au craque
25:53boursier a été un mélange de choc et
25:55d'incrédulité.
25:58Les dirigeants se sont dit si on rassure
26:01les gens en leur racontant que tout va
26:02s'arranger, le marché va immédiatement
26:05remonter.
26:06John Rockfeller est allé acheter des
26:08actions devant les caméras pour montrer
26:10qu'il avait confiance en la solidité de
26:12l'économie.
26:14John Rockfeller, l'homme le plus riche
26:16du monde, a vu fondre son patrimoine de
26:1880 %.
26:22[Applaudissements]
26:25[Musique]
26:33Il a essayé de rassurer tout le monde en
26:35disant que ce n'était qu'une baisse
26:36temporaire.
26:38Il a même repris des centaines d'actions
26:40pour montrer qu'il croyait toujours en
26:41la solidité du marché. Mais ça n'a servi
26:44à rien. Herbert Hoover, le président des
26:46États-Unis, a déclaré que la base même
26:48de l'économie était saine, qu'il n'y
26:50avait pas lieu de paniquer ni d'avoir
26:52peur,
26:53mais tout le monde paniquait.
26:56Et la panique est irréversible.
26:59C'est extraordinaire. Elle a même son
27:01propre son.
27:0510000 personnes se sont rassemblées
27:06devant la bourse de New York. Toute la
27:08ville était terrifiée. On a fait venir
27:11les policiers, juchés sur leurs chevaux,
27:13imaginons qu'il allait y avoir une
27:14révolution comme pendant la prise de la
27:16Bastie. Ça allait être la prise de la
27:17bourse et la foule n'a plus bougé et
27:21fait le siège de Wall Street pendant des
27:23semaines, un murmure sourd montait de
27:25cette foule comme un léger rugissement.
27:29C'était le son de la panique, le son de
27:31l'anxiété.
27:34[Musique]
27:46[Musique]
28:15[Musique]
28:21[Musique]
28:26Après l'effondrement de la bourse,
28:28Herbert Hoover a perdu toute crédibilité
28:30aux yeux des Américains.
28:32Il n'agissait pas. Il ne faisait que de
28:34fausses promesses qui se sont tout avéré
28:36mensongères.
28:38Il n'a pas saisi l'ampleur de la crise
28:40quand elle s'est produite. Il a essayé
28:42de dire que ce n'était pas si grave,
28:45qu'on s'en sortirait, que ce n'était que
28:46temporaire.
28:49Ces déclarations sur la prospérité qui
28:51nous attendaiit au coin de la rue
28:54avaient été une tentative pour relancer
28:56le marché. Quel président aurait pu dire
28:59"Nous sommes à la veille d'un désastre".
29:02Mais comme ce n'était que de fausses
29:04promesses, quand la réalité s'est avérée
29:06être différente de ce qu'il promettait,
29:10a vite été discrédité.
29:13Le Congrès et le président auraient pu
29:15se présenter sur les marches du Capital
29:17et déclarer "Nous nous rendons compte
29:19que notre action a été destructrice",
29:22mais ils ne l'ont pas fait.
29:25Le président ne s'est pas excusé d'avoir
29:26causé le craque. Il n'a exprimé aucun
29:28regret et a continué à mener la même
29:30politique.
29:32Il avait été extrêmement surpris de voir
29:34ce qui se passait, lui qui avait
29:35toujours cru que la bourse allait
29:36remonter.
29:38La réserve fédérale soutenait que
29:40l'effondrement de la bourse était sans
29:41importance, un faux événement, qu'il n'y
29:43avait pas de quoi s'inquiéter et que
29:45rien ne laissait prévoir le moindre
29:46affaissement de l'économie. Quelle
29:48erreur de jugement !
29:52Le craque ne s'est pas produit en un
29:53jour, il a duré une semaine et la chute
29:56a continué pendant au moins 3 semaines
29:58de la fin octobre à la mi-novembre.
30:03Puis le marché a commencé à remonter un
30:04peu et en hiver, il avait récupéré près
30:07du tiers de ce qui avait été perdu. On
30:09pouvait penser qu'on était enfin sur la
30:11bonne voie. Tout le monde ne regardait
30:13plus l'état du marché mais l'économie et
30:16ce qui allait arriver.
30:18On a du mal à croire qu'un événement
30:21déclencheur comme la baisse de la
30:22bourse, bon qui perd tout de même
30:24presque 50 % de sa valeur en quelques
30:27mois, ça ait déclenché une telle
30:28apocalypse.
30:30Les pertes de ce fameux jeudi noir
30:32représentaient 24 ou 25 %. Mais à partir
30:35de ce premier jour, jusqu'au moment le
30:36plus bas qu'a connu la bourse, la chute
30:38a été de 80 %.
30:44En fait, Wall Street a déjà commencé sa
30:46longue et interminable descente aux
30:47enfers et toute l'activité économique
30:50américaine va suivre sa pente dans le
30:52sens de la descente avant d'atteindre le
30:54fond de la Bîme.
30:59Il y a eu un effet boule de neige après
31:001929. De plus en plus de banques ont
31:03fait faillite. Si vous aviez déposé
31:05votre argent dans une de ces banques,
31:07vous aviez tout perdu. Donc, il y a une
31:08ruée sur les banques et là vous êtes
31:11face à une crise financière.
31:15L'opinion américaine est choqué par
31:16l'effondrement de ce qui fut Naguer le
31:18bastion indestructible du capitalisme
31:20triomphant, la banque.
31:24Les gens étaient désespérés et le
31:25système bancaire s'est effondré. Il y
31:27avait une vraie crise des liquidités et
31:29plus aucun crédit disponible pour
31:31relancer l'économie. Une des polémiques
31:34de 1929,
31:37c'est d'essayer de savoir quel a été le
31:39rôle de la banque centrale.
31:43Est-ce qu'elle aurait pu inverser le
31:44processus en donnant plus d'argent au
31:47système bancaire ?
31:52La disparition totale de confiance en
31:53l'économie signifie qu'aucun crédit
31:55n'est plus disponible.
31:58C'est donc cette période de chute, de
32:01déclin de l'activité économique qui a
32:03finalement conduit à une crise
32:05financière et bien sûr déclencher cette
32:09spirale descendante de l'économie.
32:14D'un seul coup, la totalité des banques
32:16ne peut plus prêter d'argent. Les gens
32:18ne peuvent plus acheter de maison.
32:21C'est un cercle vicieux.
32:24La récession fonctionne comme ça. Les
32:26sociétés licencient leurs employés parce
32:28qu'ils ne peuvent plus payer leur
32:29salaires. Ils ne peuvent plus emprunter
32:32pour faire tourner leurs usines. Les
32:34entreprises mettent la clé sous la
32:35porte. Les gens sont au chômage,
32:39ils arrêtent de dépenser, de consommer.
32:43Ils dépensent moins d'argent. Les
32:45sociétés cessent de faire des profits
32:47et ce cercle vicieux entraîne l'économie
32:50dans une descente sans fin vers une
32:52spirale mortelle.
32:56Mais tout ceci se fait lentement.
33:00La bourse peut s'effondrer en quelques
La dépression mondiale
33:02jours. L'économie, elle sombre très
33:04lentement.
33:08Quand l'économie s'est écroulée, il n'y
33:09avait plus d'argent pour relancer le
33:11pouvoir d'achat, pour l'aider à
33:13redémarrer.
33:15Et les gens ont commencé à perdre leur
33:16emploi. Puis ils ont perdu le moral et
33:19quand le moral est au plus bas, il est
33:21difficile de revenir en arrière.
33:24Et cette crise qui avait commencé comme
33:27une crise bancaire est devenue une
33:29véritable crise économique.
33:31L'enchaînement qui se met en place,
33:33c'est inquiet par les fondrements de la
33:35bourse, les ménages suspendent un
33:37certain nombre de d'achats d'achat de
33:39biens durables et notamment
33:40d'automobiles qui chutent brutalement en
33:431930. Les gens tout d'un coup perdent de
33:46confiance. Alors la consommation,
33:48l'investissement, les stocks
33:49s'effondrent. Les gens arrêtent pendant
33:51un an purement et simplement d'acheter
33:53des automobiles. À ce moment-là, ce
33:55secteur doit licencier et les ouvriers
33:57de l'automobile qui sont licenciés, bah
33:59à leur tour cessent de consommer.
34:02En cessant de consommer, bah ils
34:03propagent la crise à d'autres secteurs
34:05qui à leur tour licencient. Et en
34:06licenciant, on a un effondrement de la
34:09demande sollevable. Plus personne n
34:12n'est plus en mesure de consommer quoi
34:13que ce soit. Les gens ont arrêté
34:15d'acheter. Ils ont commencé à
34:17s'inquiéter pour leur avenir alors
34:18qu'avant le futur leur paraissait
34:20prometteur. Le marché était en hausse,
34:22ils avaient de l'argent. Mais dès que la
34:24bourse s'est effondrée, les défauts du
34:26système sont remontés à la surface,
34:27comme par exemple le marché de
34:29l'immobilier. Dans les années 29,
34:31l'immobilier va jouer un rôle très
34:33important. Dans dans certaines villes,
34:34c'est 60 % des ménages américains qui
34:36vont faire défaut sur leur sur leur
34:38emprunt. Quiconque est endetté au cours
34:40de cette époque ne peut plus payer, même
34:42s'il travaille. Tout d'un coup, les gens
34:44ne sont plus capables de supporter le
34:46poids de leur dette, font faillite et du
34:48coup doivent à la fois arrêter de
34:50consommer et en même temps mettre en
34:52péril les établissements financiers qui
34:53sont intermédiaires de leur qui portent
34:55leur dette auprès des créanciers.
34:57Et dès que le prix de l'immobilier a
34:59cessé de monter, tout le château de
35:02carte s'est écroulé.
35:05Les ménages ont perdu sur deux fronts.
35:08Ils ont perdu parce que la valeur de
35:10l'immobilier s'est effondrée et puis
35:12parce que la bourse est effondrée. Donc
35:14cette chute générale des prix va se
35:15conjuguer à la chute générale de
35:17l'activité pour rendre difficile pour
35:20mettre en insolvabilité tous les
35:23emprunteurs.
35:24Comme les entreprises étaient en
35:26faillite, elles ne pouvaient plus
35:28rembourser leurs crédits, sauf si elles
35:29continuaient à emprunter encore plus.
35:31Mais ce processus était arrivé à son
35:33terme et pour les ménages américains, ça
35:36signifie que tout d'un coup, ils se sont
35:38retrouvés pauvres. Mais c'est un choc
35:39psychologique absolument considérable.
35:41Les ménages américains qui pensaient
35:43qu'ils pouvaient se dispenser d'épargner
35:44pour préparer leur vieux jour parce que
35:46la la bourse silencieusement leur
35:49préparait leur retraite. Cette idée
35:51s'est effondrée.
35:53Ils pensaient avoir enfin réussi dans la
35:55vie et brusquement ils voyaient leurs
35:57rêve s'écrouler d'un seul coup avec la
35:58chute de la bourse. Qui est touché par
36:01la dépression ? Les pauvres ont toujours
36:03été pauvres. Ça n'avait rien de nouveau.
36:06C'était juste un peu plus dur.
36:09Les riches, s'ils avaient 20 millions de
36:11dollars et qu'ils en avaient perdu 10 ou
36:1312, il leur en restait quand même 8
36:14millions pour vivre.
36:17Non, c'est la classe moyenne qui a été
36:19la plus touchée.
36:23Ceux qui découvraient une nouvelle façon
36:24de vivre, la société de consommation,
36:27ceux qui venaient d'acheter une voiture,
36:29des vêtements, une maison
36:32et tout cela leur été retiré, saisi, un
36:38et donc l'économie a continué sa
36:40descente vertigineuse de plus en plus
36:41bas, quover soit prêt à faire,
36:43c'est-à-dire pas grand-chose en réalité.
36:50C'est la politique préconisée par Hoover
36:53qui a rendu la grande dépression aussi
36:54dure.
36:58Il refusait de donner ce coup de fouet
37:00dont le pays avait besoin.
37:03Il ne comprenait pas la profondeur du
37:04problème et n'appliquait pas les mesures
37:07appropriées.
37:09[Applaudissements]
37:14Pour restaurer la confiance des milieux
37:15financiers, H a décidé de rapatrier
37:18d'urgence aux États-Unis tous les
37:19capitaux prêtés à l'Allemagne. Une
37:21mesure dévastatrice et une erreur
37:23monumentale. L'Allemagne qui se rappelle
37:26de la guerre va être frappée de plein
37:28fouet par le retrait des capitaux
37:30américains.
37:36Cela a eu pour effet de couper net le
37:38flot de capitaux qui dans les années 20
37:41avait permis à l'Europe de connaître un
37:43boom économique.
37:48La première guerre mondiale était encore
37:50dans tous les esprits en 1929.
37:53Il y avait toujours énormément de
37:54renqueurs
37:56et la crise a donné à Hoover et son
37:57administration l'occasion de se venger.
38:02Il n'y avait aucune raison de rapatrier
38:04cet argent.
38:06Les propriétaires américains ont
38:07rapatrié leurs capitaux, ce qui a
38:09asséché des banques, qui a asséché
38:11l'économie allemande et cetera. Et donc
38:13il y a eu un jeu avec les capitaux
38:15américains très déstabilisateur. Donc
38:17autrement dit c'est une strangulation
38:20progressive qui était programmé.
38:22Je ne crois pas qu'ils étaient
38:23conscients de ce que cela allait
38:24provoquer. Si
38:25l'histoire du monde a basculé à ce
38:27moment-là, c'est pas parce que aux
38:28États-Unis, on a connu pendant 2 ou 3
38:30ans un taux de chômage de 25 %. C'est
38:32c'est pas ça. Ce qui fait que on reste
38:33traumatisé par la crise de 29, c'est
38:36parce qu'elle a traversé l'Atlantique et
38:39que la première le premier pays européen
38:41qui est touché par la crise, c'est
38:42l'Allemagne. Et la raison pour laquelle
38:43l'Allemagne est la première touchée,
38:45c'est que la reconstruction allemande
38:47n'a pu être fait en Allemagne que par le
38:48financement de capitaux américains qui
38:51se sont immédiatement retirés au premier
38:53moment de la crise de 1929, retirant le
38:56tapis sous les sous les pieds de de
38:58l'Allemagne et la faisant basculer.
39:00Dès le premier mouvement de retrait,
39:02c'est la catastrophe pour l'économie
39:03allemande. Le montant des présaméricains
39:06est hallucinant. La Reich Bank doit
39:08transférer aux États-Unis 14 milliards
39:10de dollars en or et en devise. Les
39:13épargnants sont ruinés. Les banques
39:15vides assiégées.
39:19La façon dont fonctionne le système
39:21économique mondial a certainement
39:24contribué à étendre la crise en
39:25Allemagne
39:28et cela a débouché sur une contraction
39:30de l'économie.
39:33C'est un des facteurs qui l'a entraîné
39:35vers le fond.
39:40Ce qui n'était qu'un problème local, une
39:41crise limitée aux États-Unis, s'est
39:43transformé en dépression sur toute
39:45l'Europe, touchant ainsi un continent
39:47qui souffrait déjà depuis 10 ans d'une
39:49économie très faible.
39:52Contrairement aux États-Unis qui
39:53s'étaient considérablement développé
39:54pendant les années 20, l'Europe
39:56souffrait encore des effets désastreux
39:58de la Première Guerre mondiale. Elle
40:00commençait tout juste à reconstruire ses
40:02industries, son économie agricole et le
40:04reste.
40:07L'Allemagne avait connu une situation
40:08économique désastreuse au cours des
40:10années 20. L'horrible inflation de cette
40:13décennie avait failli faire disparaître
40:15toute une partie de la population de
40:17conditions modestes à cette époque.
40:20Et tout cela était en grande partie lié
40:21aux conséquences des conditions
40:22terribles du traité de Versailles.
40:27Ces dettes liées au dédommagement de
40:29l'après-guerre et aux emprunts effectués
40:31pesaient sur leur économie et finalement
40:33la crise s'est propagée des États-Unis à
40:35l'Europe.
40:37les capitaux américains, l'Allemagne en
40:39avait besoin parce que pour financer
40:41justement les réparations dont une
40:43partie ont été payées, et bien
40:45l'Allemagne s'est endetté.
40:47Quand on voit l'accord qui avait été
40:49signé et quand on voit ce que la France
40:51a fait subir à l'Allemagne à cette
40:52période et ce que l'Angleterre soutenue
40:55par les États-Unis a fait, nous avons
40:57détruit l'équilibre de l'Allemagne et sa
40:59fragile démocratie.
41:02Et la France a tout fait pour favoriser
41:04l'extrême droite. On est parti de l'idée
41:06puisque l'économie allemande va mal,
41:09c'est que c'est bénéficiaire pour la
41:10France. Et ça c'était faux.
41:11Il y a eu en fait un processus dans
41:13lequel à mon avis les Français se sont
41:15révélés aveuglés par leur désir de
41:17revanche et il fait l'erreur colossale.
41:19Évidemment, la crise est arrivée
41:21là-dessus. La crise n'a rien arrangé.
41:22C'est une République qui recommence à à
41:25exister, à respirer. Et c'est 1929 qui a
41:28cassé cette dynamique immédiatement bon
41:31sur un corps fragilisé par les crises
41:32antérieures rouvert la plie. Alors pour
41:35moi, il n'y a pas il n'y a pas de doute
41:37possible que c'est la crise de 1929 qui
41:39a qui a provoqué cette montée aux
41:41extrêmes et la crise est venue frapper
41:44un corps malade, fatigué qui n'a trouvé
41:46d'issue que dans le nazisme.
41:50En Allemagne, la production industrielle
41:52s'effondre, les faillites se
41:54multiplient. Le nombre de chômeurs
41:55dépasse les 6 millions, alimentant la
41:57désillusion et la colère de la
41:59population.
42:01Des marches de la fin ont lieu dans
42:02plusieurs villes et on voit à nouveau
42:05des soupes populaires.
42:09Nous habitions dans la Mendle Zone
42:11Strace et je me souviens de ma
42:13grand-mère distribuant une sorte de
42:15soupe à l'entrée et je demandais
42:17qu'est-ce que c'est que ça ? C'est pour
42:18les chômeurs. C'est la première fois que
42:20j'ai entendu le mot chômeur.
42:21Il y a un parallme tout à fait étonnant
42:23entre l'Allemagne et les États-Unis tout
42:25au long de cette période. Dans les deux
42:26cas, le taux de chômage va monter à 25 %
42:29et on va voir exactement le même
42:30effondrement à la fois des prix de la
42:32production que que qu'aux États-Unis.
42:34Les pays européens vont vont absorber la
42:36crise d'une manière qui va être plus ou
42:37moins tragique mais qui ne sera jamais
42:39aussi spectaculaire que ce qu'on
42:41observera aussi bien en Allemagne qu'aux
42:42États-Unis.
42:43[Musique]
42:48Aux États-Unis, les ondes de choc de
Les conséquences de la crise
42:49l'effondrement de la bourse ne se sont
42:51pas encore apaisées que commencent à se
42:53faire ressentir les effets du terrible
42:55et irréversible engrenage de la
42:57récession. La production industrielle a
43:00baissé de moitié. Des milliers de
43:02familles ne peuvent plus compter que sur
43:03la soupe populaire pour se nourrir.
43:07[Musique]
43:09L'économie ne s'était pas améliorée et
43:11en juin, il n'y avait toujours pas le
43:13moindre signe de progrès.
43:16Le printemps est généralement la saison
43:17propice au rebondissement de l'économie,
43:20mais rien n'avait bougé.
43:22Puis le marché a chuté à nouveau
43:24jusqu'en octobre et à partir d'octobre
43:271930, le pays a sombré dans la
43:29dépression.
43:32[Musique]
43:39Les plus solides bastions de l'Amérique
43:40se sont écroulés depuis le craque de
43:42Wall Street. La rupture avec la période
43:44de forte croissance des années
43:45précédentes n'en est que plus brutale.
43:49Un travailleur sur 5 est au chômage. La
43:52population semble anesthésiée.
43:55À New York, où chaque mois 17000
43:56familles sont mises à la rue, des
43:58centaines de milliers de sans travaill
43:59parmi lesquels de nombreux cols blancs
44:01tentent de survivre misérablement,
44:03piétinant dans le froid durant des
44:04heures pour recevoir un bol de soupe et
44:06un morceau de pain.
44:11[Musique]
44:13L'État n'avait aucun filet de
44:15protection, aucun programme d'aide
44:17sociale. Il n'y avait pas d'assurance
44:19chômage. Les gens qui se retrouvaient
44:21sans emploi étaient jetés à la rue et ne
44:24pouvaient se tourner que vers des œuvres
44:25de charité privée et ces organisations
44:28étaient débordé.
44:29[Musique]
44:42Mon premier souvenir de la crise, c'est
44:45moi regardant ma mère faire la queue
44:47pour obtenir un peu de nourriture.
44:52Elle avait honte d'être pauvre, honte
44:54d'avoir à demander de l'aide.
44:57Ça m'a beaucoup marqué parce que c'était
44:59si douloureux de l'avir dans cette file
45:02attendant de recevoir de quoi nous
45:04nourrir.
45:07Quand la crise s'est aggravée, nous
45:08avons quitté notre appartement misérable
45:10pour un tout dit.
45:14Une autre chose dont je me souviens
45:15toujours dans ma propre famille, c'est
45:17mon père.
45:20Il était garçon de café mais quand la
45:21crise est arrivée, il y avait moins de
45:23travail et donc mon père a dû faire
45:26beaucoup d'autre chose.
45:31À son grand désespoir, il est devenu
45:32vendeur de cravat.
45:34Je me souviens que j'avais honte quand
45:36j'allais à l'école et que je le croisais
45:38vendant des cravates dans les rues.
45:41Aujourd'hui encore, j'ai tellement honte
45:42d'avoir eu une telle réaction.
45:47Il a également été laveur de carreaux,
45:49mais il a dû arrêter car il s'est blessé
45:51en tombant.
45:55Je revois aussi mon père balayant les
45:57rues, faisant ce genre de travail
46:02et c'est ça qui était un des aspects
46:03terribles de la tragédie qu'a été cette
46:05dépression. C'était gravé sur le visage
46:08des gens. Ils se levaient tôt pour
46:10chercher du travail mais ils savaient
46:12qu'ils ne trouveraient rien et ils
46:13passaient leur journée assis sur un
46:14banc. Il se sentait inutile.
46:18On pouvait difficilement échapper à
46:20cette dure réalité.
46:22Vous pouviez aller n'importe où. La
46:24dépression était visible partout.
46:27Impossible de faire un pas sans voir ses
46:28usines arrêtées, ses magasins fermés,
46:31les gens jetés à la rue.
46:33Au début de la crise, beaucoup d'hommes
46:35continuaient à s'habiller comme s'ils se
46:37rendaient à leur travail. Ils ne
46:39voulaient rien dire à leur famille. Ils
46:41avaient trop honte de leur avouer qu'ils
46:42n'avaient plus d'emploi et ils passaient
46:44leur journée dans la rue en tenue de
46:46travail juste pour ne pas être chez eux,
46:48pour être ailleurs.
46:51[Musique]
47:09Brisé par la crise, prêt à tout pour
47:11gagner de quoi survivre, de plus en plus
47:13de gens participent au nombreux
47:15marathons de la danse, véritable jeu du
47:17cirque des années 30. La règle de ces
47:20épreuves est simple. Il faut danser le
47:22plus longtemps possible, parfois pendant
47:24plusieurs jours, avec l'espoir de gagner
47:26les 500 dollars attribués au dernier
47:29couples à rester debout, au grand
47:31plaisir des spectateurs qui s'y rendent
47:33pour oublier leur propre misère.
47:35Les organisateurs ont tout prévu, des
47:38médecins, des lits et du ravitaillement.
47:41Les perdants eux auront au moins la
47:44possibilité de se nourrir.
47:46[Musique]
48:33C'est une des choses dont je me souviens
48:36et bien sûr je revois aussi ces familles
48:38qui étaient expulsées de leur logement
48:43aussi bas que soit le montant du loyer
48:45Il n'avaient plus de quoi payer
48:48et la police arrivait, saisissait leur
48:49meubles et les mettait sur le trottoir.
48:53Je me souviens, j'étais encore un petit
48:56garçon et je voyais tous ces meubles
48:58jetés dans la rue.
49:02Je regardais la mer en larme,
49:04désespérée.
49:09familles ne perdaient pas seulement leur
49:11maison. C'était également une
49:12humiliation pour elles de voir toutes
49:14leurs affaires étaler aux yeux de tous,
49:18montrant à tout le monde qu'elle ne
49:19pouvait plus payer leur loyer.
49:34Une ou deux fois, j'ai assisté à des
49:36scènes où les gens se révoltaient et
49:39remettaient les meubles à l'intérieur
49:41s'opposant à la police. Ça arrivait
49:43assez souvent.
49:46Quand les gens perdaient leur maison,
49:48ils devaient bien aller quelque part.
49:50Ils se retrouvaient le plus souvent dans
49:51des baraques de fortune fait de carton
49:54et de matériaux de récupération.
49:57Il dormaiit dans les grottes de Central
49:59Park.
50:02Il y avait des bidonvilles un peu
50:03partout en Amérique habités par les
50:05sans-abris.
50:06On leur avait donné le nom de
50:08Hooverville pour se moquer du président
50:10Houver.
50:12Il y avait de nombreuses Houverville
50:13dans Central Park à New York. Pendant
50:15des années, ces bidonvillees ont été la
50:17honte de notre société.
50:21[Musique]
50:26spending my money. Lord, I didn't care.
50:33I carried my friends out for a mighty
50:37good time.
50:39[Musique]
50:43And wine.
50:45And I begun
50:48to fall so
50:52didn't have no money and no place to go.
50:58If I get my hand on a
51:04hold on to it till the e gr because
51:11nobody
51:14know you
51:18when you're down
51:20and
51:24in your pocket
51:26[Musique]
51:28one penny
51:31and your friends you
51:34have not any but when you get
51:39you feed again
51:43everybody who wants to be your long lost
51:47friend
51:50it's mighty
52:02[Musique]
52:15[Musique]
52:27[Musique]
52:36Yes.
53:10En un peu plus d'un an, la crise a
53:12franchi un nouveau palier et s'est
53:14étendu sur tout le pays. Dans les
53:16campagnes, la situation est alarmante,
53:19pire que celle que traversent les
53:20villes.
53:22Le blé a perdu 50 % de sa valeur. La
53:25chute spectaculaire des prises agricoles
53:27affecte durement les fermiers dont la
53:29production est invendable. Il y a des
53:31millions de tonnes de nourriture, mais
53:33personne ne peut les acheter. Les
53:35paysans qui ne peuvent plus payer leurs
53:36dettes sont expulsés de leur terre et
53:39jeté sur les routes.
53:40[Musique]
53:50Tout le monde pouvait s'identifier à
53:51cette détresse.
53:53Les sans-abris, la misère, le chômage,
53:56la désintégration des familles ont fait
53:58de cette crise une détresse universelle.
54:01Les gens cherchaient de nouveaux
54:03endroits où aller travailler. Ils
54:05traversaient le pays, fuyent les régions
54:07agricoles particulièrement touché par la
54:09crise.
54:13Il y avait d'immenses déplacements de
54:14fermiers expulsés quitant l'ouest,
54:17cherchant désespérément un endroit où
54:18travailler, même pour un emploi
54:20temporaire.
54:24Beaucoup de gens ont perdu leurs fermes
54:25en début des années 30.
54:27Les expulsions des nombreux fermiers
54:29devenaient une honte pour le pays. Ils
54:31avaient été chassés de leur terre, soit
54:33parce qu'ils la louaient, soit parce
54:35qu'ils en étaient des propriétaires,
54:36mais qu'ils ne pouvaient plus rembourser
54:38leurs traites.
54:41Les paysans se battaient avec force pour
54:43empêcher les ventes aux enchères des
54:45biens de ceux qui avaient été expulsés.
54:48Lorsque le juge arrivait pour vendre une
54:49ferme, les voisins du fermier la
54:51rachetaient pour une zone dérisoire. Il
54:53ne laissait personne surenchérir et
54:55restituer ensuite la ferme à son
54:57propriétaire.
55:21Dans les zones rurales, il n'y avait
55:22nulle part où aller. Mais la vraie
55:24tragédie, l'ironie stupide, c'était ces
55:28fermiers qui préféraient détruire leur
55:29production parce qu'ils ne pouvaient pas
55:32la cheminer jusqu'au marché vu le prix
55:34dérisoire qu'on leur proposait.
55:36Alors qu'au même moment, des gens
55:37n'avaient plus rien à manger, que
55:39d'autres mouraient de froid parce qu'ils
55:41n'avaient plus de quoi se vêtir alors
55:43que les entrepôt regorgeit de vêtements.
55:47Il y avait des maisons et des
55:48appartements vides alors que des gens
55:50dormaient dans la rue ou dans le métro.
55:52C'est cette ironie qui rendait la crise
55:54insupportable.
55:58Tout le système économique avait explosé
56:00entre 1929 et 1932.
56:04Et quand vous vous trouvez devant une
56:05explosion aussi gigantesque,
56:07il est très difficile de recoller les
56:09morceaux et de faire comme s'il ne
56:10s'était rien passé.
56:14Les usines ne fonctionnaient qu'à 10 %
56:15de leur capacité et le chômage allait
56:18bientôt toucher 25 % de leurs effectifs.
56:22Le pays était en effervescence.
56:25Il y avait de l'agitation, des grèves,
56:27des occupations d'usine, des
56:29manifestations.
56:34Le parti communiste menait un combat en
56:36faveur des droits des travailleurs,
56:38témoins de la pauvreté et des conditions
56:39de vie.
56:43De nombreuses personnes considéraient
56:45que c'était l'unique organisation qui
56:47tentait de faire quelque chose pendant
56:49la dépression.
56:53Toutes les révoltes sociales des années
56:5430, qu'il s'agisse des mouvements contre
56:56les monopoles ou des parties défendant
56:58les fermiers étaient fortement soutenu
57:00par des militants progressistes.
57:04[Musique]
57:07Le mouvement ouvrier n'aurait jamais
57:09existé sans le rôle vital joué par les
57:11partis communistes et socialistes.
57:14Alors à partir de là, un cycle
57:15s'enclenche. C'est un cycle de
57:17répression et en fait la violence va
57:19apparaître. Il va y avoir des
57:20manifestations, il va y avoir des morts,
57:21il va y avoir tout ça, mais il y a pas
57:23du tout de vraie révolte et il va donner
57:25lieu à des images choc à des révolte
57:27sporadique
57:29à Durborne là où Ford a licencié les
57:31trois/4 de ses salariés. Il y a eu des
57:33émeutes où là aussi euh la police tire
57:35sur les manifestants.
57:45Aux usines Ford où le nombre d'ouvriers
57:47est passé de 130000 à 37000. Ceux qui
57:50ont eu la chance de conserver leur
57:51emploi voient leur salaire mensuel
57:53chuter de 50 à 16 dollars. Et lorsqu'ils
57:56se mettent en grève, la police ouvre le
57:58feu sur eux. Cinq ouvriers sont tués et
58:00des dizaines blessées.
58:04Herbert Hoover a fait plusieurs choses
58:05vraiment choquantes, mais celle qui a
58:08été la plus effarante a été sa décision
58:10d'envoyer les soldats à l'assaut de ce
58:12qu'on appelait la bonus armée.
58:15C'était des vétérans de la Première
58:16Guerre mondiale venu à Washington pour
58:18essayer de recevoir un peu plus tôt que
58:20prévu les primes qu'on leur avait
58:22promises lorsqu'ils étaient revenus de
58:23la guerre en Europe en 1918.
58:2812 peut-être 14000 anciens combattants
58:30sont venus de tout le pays. Ils
58:31marchaient le long des voies ferrées,
58:33montrains sans payer. Tous les moyens
58:35étaient bons pour se rendre à
58:36Washington.
58:40Ils ont présenté une pétition au
58:42Congrès, mais elle a été rejetée.
58:45Ils ont alors installé leur campement
58:46sur les pelouses. C'est devenu une sorte
58:49de Hooverville pour anciens combattants.
58:53La plupart sont retournés chez eux. Ceux
58:55qui n'avaient aucune raison de rentrer
58:56chez eux sont restés. Il ne faisait de
58:58mal à personne.
59:01[Musique]
59:03Va se laisser entraîner par deux
59:04militaires. Le major Dwight Eisenower,
59:06futur président des États-Unis, et
59:08surtout le général Douglas Macarthur.
59:13Douglas Macarthur était le genre de
59:15personne qui, quand il avait une idée en
59:17tête, n'admettait jamais qu'il pouvait
59:19avoir tort.
59:23Il a décidé que ces gens représentaient
59:25une menace pour la République,
59:28qu'ils allaient prendre d'assaut le
59:29Congrès.
59:33Ce n'étaient que des familles, pas des
59:35soldats. Ils n'étaient pas armés.
59:38Il a soumis cette idée à Houve et il a
59:41finalement réussi à le persuader qu'il
59:44représentait un grand danger.
59:47Et H aonné à ses troupes de leur tirer
59:49dessus. Ça a été un vrai désastre.
59:52Commandé par le général McCarthur,
59:54quatre escadrons de cavalerie, une
59:56colonne d'infanterie, bayonnette au
59:58canon, le masque à gaz à la ceinture et
1:00:00six tanks vont donner l'assaut et mettre
1:00:02le feu au baraque du campement.
1:00:11On relèvera deux morts par balle et un
1:00:13troisième, un bébé de 2 mois, asphyxié
1:00:15par les gaz lacrymogènes.
1:00:18Un autre enfant aura un peu plus de
1:00:20chance.
1:00:21Alors qu'il tentait de revenir vers sa
1:00:22baraque pour récupérer son ours en
1:00:24peluche, un soldat l'en a empêché à coup
1:00:26de bayonnette dans les jambes.
1:00:31Ça a été quelque chose d'horrible.
1:00:34Les Américains ont pensé qu'bert Hoover
1:00:36était devenu fou.
1:00:38Cela a anéanti le peu de crédibilité
1:00:40qu'il lui restait.
1:00:42Maarthur, étant ce qu'il était, a dû
1:00:44quitter ce monde en étant persuadé qu'il
1:00:46avait sauvé la République d'une
1:00:48révolution.
1:00:50Le plus ironique dans l'histoire, c'est
1:00:52que ces généraux qui allaient devenir
1:00:53célèbres lors de la deuxième guerre
1:00:55mondiale,
1:00:57macarthur, nos deux héros militaires
1:00:59s'étaient attaqués au héros de la
1:01:01première guerre mondiale
1:01:04et ça a rendu les gens furieux. Ça a été
1:01:07tellement brutal, c'est indifférence
1:01:09inhumaine à la détresse de ces
1:01:10Américains.
1:01:13Cet incident a complètement détruit la
1:01:15réputation de H qui n'était déjà pas
1:01:17grande à cause de sa politique
1:01:18économique. Ça a été catastrophique pour
1:01:21sa code ce code de popularité.
1:01:28[Musique]
1:01:39Hoover avec créticence a commencé à
1:01:41mettre en place un minimum d'aide.
1:01:45Mais les mesures qu'il a prise n'ont
1:01:46jamais été à la hauteur de l'ampleur de
1:01:48la crise.
1:01:49Elles étaient bien loin d'être
1:01:51suffisantes face à la gravité de la
1:01:52situation.
1:01:55Franklin Roosevelt était gouverneur de
1:01:57New York à cette époque. Il a essayé
1:01:59d'instaurer des programmes d'aide
1:02:01sociale pour alléger toute cette misère
1:02:03tellement visible dans des grandes
1:02:04villes telles que New York.
1:02:06[Musique]
La montée du nazisme
1:02:09Roosevelt bien sûr était riche d'un
1:02:11milieu bourgeois et donc assez éloigné
1:02:13des difficultés que rencontraient les
1:02:15pauvres.
1:02:19Mais sa femme, Eléanor Roosevelt allait
1:02:21dans les quartiers pauvres voir les
1:02:23conditions de vie des gens.
1:02:26Elle a vu de ses propres yeux
1:02:28l'effroyable niveau de pauvreté, de
1:02:30détresse.
1:02:33Roosevelt a donc pris connaissance de
1:02:35toute cette misère par l'intermédiaire
1:02:37de sa femme.
1:02:40Tout le monde attendait Léanor
1:02:42Roosevelt. Elle était à la fois les yeux
1:02:44et les oreilles de son mari. C'était
1:02:45elle qui allait un peu partout pour voir
1:02:47comment vivaient les gens puisque
1:02:48Roosevelt était dans l'incapacité de se
1:02:50déplacer.
1:02:52Car Roosevelt qui a été terrassé par la
1:02:54polyomiélite en 1921 est confronté à un
1:02:57problème qui n'a pas de précédent dans
1:02:58l'histoire. Il est infirme et pourtant
1:03:01il va se présenter à la prochaine
1:03:02élection présidentielle contre Hoovert.
1:03:05Il l'a promis au millions de déshérités
1:03:07qu'il attendent de tous comme le Messie.
1:03:10Il existe un poème intitulé En attendant
1:03:13Roosevelt. Nous attendons que Roosevelt
1:03:15fasse quelque chose pour nous. Nous
1:03:17attendons depuis si longtemps. Et ce
1:03:19poème se termine par "Où êtes-vous,
1:03:21monsieur Roosevelt ?"
1:03:28Le 2 juillet 1932, la convention des
1:03:31partis démocrates choisit Franklin
1:03:32Roosevelt comme candidat à l'élection
1:03:34présidentielle. Il y prononce pour la
1:03:36première fois le mot de New Deal.
1:03:41[Musique]
1:03:45[Applaudissements]
1:03:53Dans ce contexte dramatique, les
1:03:55élections de novembre 1932 ont une
1:03:58signification symbolique. Roosevelt a
1:04:00promis d'enrayer les effets dévastateurs
1:04:02de la crise de 1929 avec des mesures
1:04:05telles que la réforme du système
1:04:06bancaire, l'assurance d'une monnaie
1:04:08saine et des aides économiques et
1:04:10sociales. Mais ce qui va convaincre les
1:04:13électeurs, c'est à son grand désespoir,
1:04:15sa promesse un peu attive d'abroger
1:04:17l'amendement qui interdit la
1:04:19consommation d'alcool, c'est-à-dire la
1:04:20fin de la prohibition.
1:04:23Franklin Roosevelt l'emporte par 23
1:04:26millions de voix contre qui en obtient
1:04:28seulement 16. C'est un véritable radaré
1:04:30qui installe pour 20 ans les démocrates
1:04:32au pouvoir.
1:04:36[Applaudissements]
1:04:51En ce mois de novembre 1932 où les
1:04:53États-Unis viennent délire Roosevelt,
1:04:55l'Allemagne elle aussi est au carrefour
1:04:58de son destin. La crise économique a
1:05:00précipité de nombreux Allemands
1:05:01inquiets, désespérés dans les bras de
1:05:03Hitler. Les capitaux rapatriés aux
1:05:06États-Unis lui ont apporté un succès
1:05:08foudroyant. Ils ne vont tout de même pas
1:05:10installer un peintre en bâtiment dans le
1:05:11fauteuil de Bismarc, c'était interrogé
1:05:14Roosevelt.
1:05:15J'ai encore souvenir très précis d'un
1:05:16certain nombre de fonds éériens et des
1:05:18drapeaux agroagamés vraiment partout.
1:05:21Tout d'un coup, on se retrouve devant
1:05:23les Hitleriens qui siègent d'ailleurs au
1:05:26RTAC on uniforme qui dans la rue
1:05:29commence à battre les gens et la terreur
1:05:31commence à s'installer dès l'automne
1:05:321932.
1:05:35L'anxiété, la peur et la recherche de
1:05:38boumissaire qui accompagne toujours ce
1:05:40type de désespoir économique déjà
1:05:42fréquent en Allemagne depuis des années
1:05:44étaient maintenant de retour.
1:05:46On cherchait les responsables de
1:05:48l'effondrement, les communistes, les
1:05:50juifs.
1:05:52Mon père est donc directeur d'une
1:05:55clinique pédiatrique, professeur à
1:05:56l'université, franc-maçon,
1:06:00électeur, père de famille et juif. Et
1:06:04Hicler l'a réduit à l'état de juif. Il a
1:06:07été chassé de l'université et je t'ai
1:06:10battu en classe comme petit juif. Cela
1:06:12dans la cour de l'école, ça a pas laissé
1:06:14de trace mais c'était très sensible.
1:06:16Les Allemands se sont convaincus que
1:06:17seul la la pureté de la race pouvait
1:06:19être une solution à leur à leur
1:06:20problème. Dans l'idée d'Hitler, les
1:06:22juifs étaient le poison à abattre et il
1:06:26faut un bouqu émissaire, il faut tuer
1:06:27l'autre. On peut voir comment une
1:06:29théorie du bouqu émissaire tout
1:06:31simplement peut se mettre en place. ce
1:06:32sont les juifs qui étaient responsables
1:06:34parce qu'ils incarnent le capitalisme
1:06:36mondial et que donc forcément ils
1:06:38étaient au côté de l'Amérique. Hitler
1:06:40faisait moins de 2 % des voix en 1929.
1:06:44Donc il faudrait une extraordinaire
1:06:45concomitance d'événements pour que il
1:06:48passe de 2 % à 33 % entre 1929 et 1933.
1:06:52On dit souvent que les chômeurs ont
1:06:53amené Hitler au pouvoir, c'est
1:06:54absolument pas vrai quand on regarde
1:06:56leur vote. Et même celui des ouvriers,
1:06:58c'est plutôt les classes moyennes qui
1:07:00ruinaient euh euh déboussolé et qui euh
1:07:04qui ont voté pour pour Hitler.
1:07:10Il est évident que l'effondrement total
1:07:11de l'économie est fortement responsable
1:07:13de la montée de Hitler,
1:07:18mais il y avait des mouvements
1:07:19identiques dans un endroit aussi calme
1:07:21que les États-Unis.
1:07:23On voit apparaître des groupes fascistes
1:07:25contre les juifs et en particulier
1:07:26contre les hommes d'affaires juives de
1:07:28Wall Street.
1:07:30Les accusant d'être responsable de la
1:07:31dépression, de n'être que des usuriers
1:07:34qui pillaient l'économie américaine.
1:07:39C'était une vieille habitude de la vie
1:07:40politique longtemps enfouie qui
1:07:42refaisait surface dans les années 30.
1:07:45Il y avait énormément d'antisémitisme à
1:07:47cette époque, même dans l'entourage de
1:07:49Roosevelt où de nombreux juifs
1:07:50travaillaient.
1:07:52Nous n'avons jamais eu un passé
1:07:54irréprochable.
1:07:58Il y a eu des Américains célèbres qui
1:08:00n'ont jamais caché leur antisémitisme.
1:08:03Henry Ford, qui était une icône
1:08:05américaine, un des héros des États-Unis,
1:08:08était également le héros de Hitler.
1:08:10Hitler avait accroché une photo de Ford
1:08:12au siège de son parti à Berlin parce que
1:08:15dans les années 20, Ford avait écrit une
1:08:17série d'articles puis un livre devenu un
1:08:19bestsellaire intitulé l'internationale
1:08:22juive qui racontait comment les hommes
1:08:25d'affaires juifs conspiraient pour
1:08:26détruire les fondements de la société
1:08:28américaine.
1:08:31comment il propageait une culture
1:08:32décadente en produisant des films
1:08:34pornographiques et en publiant des
1:08:36romans où s'étalaient le sexe,
1:08:40comment ils étaient derrière les
1:08:41trafiquants d'alcool et responsable de
1:08:43toutes sortes de scandales.
1:08:47Ford dénonçait cette conspiration qui
1:08:49n'avait pour but que de s'attaquer à
1:08:51l'Amérique de ceux qui aimaient leur
1:08:52travail, qui se contentaient de peu et
1:08:54produisaient.
1:08:57Ford était devenu très populaire. Il
1:09:00aurait pu se présenter aux élections
1:09:01présidentielles dans les années 20 et
1:09:03être élu.
1:09:06De nombreux mouvements se créer un peu
1:09:08partout. Des gens autrefois sensés
1:09:10adhéraient à des idées qu'on croyait
1:09:12disparues.
1:09:14La crise va accentuer la montée des
1:09:16populismes et des extrémismes. Un peu
Le New Deal de Roosevelt
1:09:18partout, on assiste à des poussé
1:09:20d'antisémitisme, de xénophobie, de
1:09:21racisme. Le Cuc Clan compte désormais 4
1:09:25millions de membres, principalement dans
1:09:26le sud des États-Unis. Leur constitution
1:09:29précise, notre devoir est de maintenir à
1:09:31jamais la suprématie de la race blanche
1:09:33et prône la haine des étrangers, des
1:09:35juifs et plus encore des noirs qu'il
1:09:37pourchassent la nuit tombée pour les
1:09:39lycher.
1:09:42Les gens ont tendance à oublier la
1:09:43situation politique dangereuse dans
1:09:45laquelle se trouvait le monde.
1:09:48Aux États-Unis, la démocratie était
1:09:50menacée par les graves conditions
1:09:52économiques.
1:09:56Les années 30, fourmill de signes
1:09:58montrant une forte poussée à droite
1:10:00directement inspirée par les fascistes
1:10:02ou les nazis.
1:10:03[Musique]
1:10:14Ce défilé de nazi n'a pas lieu en
1:10:15Allemagne mais à Central Park à New
1:10:17York. 20000 personnes dont quelques 8000
1:10:20SA membres des troupes d'assois en
1:10:22uniforme et des milliers d'adolescents
1:10:24américains venus des camps de jeunesse
1:10:26organisé sur le modèle des camps des
1:10:28jeunesses hitlériennes se dirigent vers
1:10:30le Madison Square Garden pour proclamer
1:10:32les droits des blancs chrétiens les
1:10:34vrais patriotes. Au cours du meeting, la
1:10:37foule qui consp le nom de Roosevelt fait
1:10:39le salut nazi en criant Hitler.
1:10:44[Musique]
1:10:56Ich
1:10:58on the
1:11:00alle to the of the United States of
1:11:05America.
1:11:16[Musique]
1:11:22Et ils ont commencé à descendre dans la
1:11:23rue et à frapper tous ceux qu'il
1:11:25jugaient suspects, les juifs, les
1:11:27immigrés.
1:11:31Pour la première fois depuis très
1:11:33longtemps, il y a eu une réelle
1:11:35possibilité de voir une dictature
1:11:37renverser la démocratie.
1:11:40Je crois que c'était une menace bien
1:11:41réelle.
1:11:51Le 15 février 1933,
1:11:532 semaines après l'accession de Hitler
1:11:55au pouvoir, Roosevelt échappe de
1:11:57justesse à un attentat alors qu'il
1:11:59prononce un discours à Miami. C'est le
1:12:01maire de Chicago qui reçoit les deux
1:12:03balles à sa place. Il meurt en
1:12:05remerciant le ciel d'avoir épargné
1:12:07Roosevelt.
1:12:22[Musique]
1:12:25Roosevelt qui n'assiste pas aux
1:12:26obseques, rentre à Washington où il fait
1:12:29multiplier par 20 le nombre de ses
1:12:30gardes du corps et ne voyage plus qu'en
1:12:32voiture couverte. Il sait qu'il a de
1:12:34nombreux ennemis, qu'il est perçu comme
1:12:36un rouge par les milieux d'affaires, la
1:12:38Cour suprême, le Congrès.
1:12:41[Musique]
1:12:53Dans la voiture qui conduit les deux
1:12:54présidents vers le Capital, Hoover
1:12:56n'adresse pratiquement pas la parole à
1:12:58Roosevelt.
1:13:00Il sait que le nouveau président ne va
1:13:01pas le ménager dans son discours
1:13:02d'investiture et il ne sera pas déçu.
1:13:06Seul un fou peut nier les sombres
1:13:08réalités de l'heure. Ceux qui nous
1:13:10gouvernaient ont échoué parce qu'ils ne
1:13:12connaissaient que les lois du profit.
1:13:14500000 Américains lui ont écrit avant
1:13:16son entrée à la Maison Blanche pour le
1:13:18saluer et l'encourager.
1:13:23Roosevelt va prendre ses fonctions. Il
1:13:26fait un effort surhumain pour donner à
1:13:27la foule l'impression qu'il marche alors
1:13:30qu'il est littéralement porté par son
1:13:31fils et un garde du corps.
1:13:33[Musique]
1:13:44Let me
1:13:53[Applaudissements]
1:14:00le jour de son entrée à la Maison
1:14:01Blanche, le système bancaire était
1:14:03totalement paralysé. C'était réellement
1:14:05la situation. Les banques faisaient
1:14:07n'importe quoi. Il fallait faire quelque
1:14:09chose pour que les gens aient à nouveau
1:14:10confiance.
1:14:12Les banques étaient dans un tel
1:14:14désarrois que Roosevelt a cru pouvoir
1:14:16débloquer le système en fermant toutes
1:14:17les banques.
1:14:20Il n'a pas annoncé d'un ton dramatique
1:14:22qu'il allait fermer les banques pour
1:14:23régler le problème.
1:14:25Il a présenté les choses de manière
1:14:27beaucoup plus légère et a dit "Tout le
1:14:29monde est inquiet, nous allons fermer
1:14:31les banques et celles qui sont saines
1:14:33seront autorisé à rouvrir."
1:14:45Lorsque les banques ont à nouveau ouvert
1:14:47leurs portes, la crise financière était
1:14:48terminée. C'était un plan très
1:14:50astucieux. Il fixait le prix de toute
1:14:52une série d'éléments de manière
1:14:54totalement autoritaire. Il choisissaiit
1:14:56la variation euh du cours du dollar tous
1:14:58les matins au petit-déjeuner euh avec
1:15:01deux conseillers et qui disaient "Bon
1:15:02ben écoutez, on laisse monter, on laisse
1:15:03filer, on laisse pas filer."
1:15:06Et un matin, il a dit à Henry Morgento
1:15:09qui allait devenir son ministre des
1:15:10finances, "Augmentons-le, de 21."
1:15:13Morgento lui a demandé "Pourquoi ?" Et
1:15:16Roosevelt lui a répondu parce que 3 x 7
1:15:19font 21 et que le 3 est un chiffre qui
1:15:21porte bonheur. Ce choix arbitraire a
1:15:24bien entendu surpris à la bourse. Comme
1:15:26l'a écrit plus tard Morgento dans ses
1:15:28mémoires, si quelqu'un avait su comment
1:15:30était décidé le prix de l'or, il aurait
1:15:32été effaré.
1:15:35Mais contrairement à H, Roosevelt aimait
1:15:38expérimenter.
1:15:40Il était toujours prêt à écouter des
1:15:41avis différents, même s'il les
1:15:43désapprouvait. Il reconnaissait que la
1:15:45crise était grave et qu'il fallait faire
1:15:46quelque chose. Si ça ne marchait pas, il
1:15:49fallait essayer autre chose, ne pas
1:15:51rester les bras croisés.
1:15:53Roosevelt crée les bases d'un monde
1:15:55nouveau. Mais en même temps, la
1:15:57dimension mythologique, c'est que il n'y
1:15:59avait pas de plan concerté. C'était un
1:16:00tâonnement généralisé.
1:16:03Les gens n'avaient rien à quoi se
1:16:04raccrocher en ces temps difficiles.
1:16:06Aucun moyen d'acheter quoi que ce soit.
1:16:08Franklin Roosevelt a reconnu que cette
1:16:10crise de sous-consommation pourrait
1:16:11s'avérer fatale. Pour lutter contre la
1:16:14crise, il faut que on embauche des
1:16:16chômeurs à creuser des trous le matin,
1:16:19qu'ils reboucheront le soir. Peu importe
1:16:21l'utilité sociale de cette embauche, ce
1:16:23qui compte, c'est de restaurer la
1:16:24capacité à consommer des agents qui
1:16:28sinon peuvent tout simplement
1:16:29dégringoler toute la pente de la crise.
1:16:32Roosevelt a très bien su se saisir d'une
1:16:34certaine mythologie des États-Unis et
1:16:35c'est ça son mérite. Ceux qui sont
1:16:37valides, on leur donne une pelle, on
1:16:38leur demande de faire des routes. Et le
1:16:39talent de Roosevelt, ça a été de trouver
1:16:42des slogans mais aussi un choix
1:16:43politique. C'est l'homme de la rue, le
1:16:45commonman qui devient véritablement le
1:16:48le noyau de la coalition de Roosevelt.
1:16:51Et c'était pas du tout la coalition la
1:16:52coalition de Huert. Houvert était lui le
1:16:55représentant du monde des affaires.
1:16:57Après s'être occupé des banques,
1:16:59Roosevelt décide d'assaignir la bourse
1:17:01de Wall Street puisqu'il l'avait promis
1:17:02dans son programme du New Deal.
1:17:06Le New Deal a été un vrai New Deal. On a
1:17:09surtout obtenu de nouvelles
1:17:10réglementations pour mettre fin aux
1:17:12combines de voyou sans scrupule qui
1:17:14avait provoqué la crise boursière.
1:17:17Pour diriger la commission de contrôle
1:17:18des marchés boursiers américains,
1:17:20Roosevelt choisit Joseph Kennedy, le
1:17:22père du futur président des États-Unis.
1:17:25Roosevelt avait souhaité en faire son
1:17:26secrétaire d'état au trésor, mais le
1:17:28Congrès avait refusé sa nomination car
1:17:30Kennedy était sur le point d'être
1:17:32inculpé par une commission d'enquête du
1:17:33Sénat pour spéculation boursières,
1:17:36malversation et surtout pour son rôle
1:17:38dans l'effondrement de la bourse de Wall
1:17:39Street en 1929.
1:17:43Il avait financé la campagne électorale
1:17:45de Roosevelt et le président a surpris
1:17:47et choqué le pays en lui confiant la
1:17:50présidence de la commission de contrôle
1:17:51des opérations boursières.
1:17:56qui était plus qualifié que lui pour
1:17:58contrôler le marché. Joseph Kennedy
1:18:00n'avait pas seulement fait fortune en
1:18:02spéculant dans les années 20, mais aussi
1:18:04parce qu'il avait été l'un des rares à
1:18:05s'être retiré de la bourse à temps parce
1:18:08qu'il savait ce qui allait se produire.
1:18:12Quand le marché s'est effondré, il est
1:18:14revenu et a acheté des milliers
1:18:16d'actions et de sociétés et a attendu
1:18:19que la bourse remonte.
1:18:21Il savait que ça finirait par reprendre
1:18:23de la valeur.
1:18:27Kennedy était étroitement lié au
1:18:29trafiquant d'alcool dans les années 20.
1:18:32Il était célèbre pour être devenu
1:18:34immensément riche mais très peu apprécié
1:18:36par l'Américain moyen qui trouvait
1:18:38malhonnête la façon dont il avait fait
1:18:39fortune en spéculant sur le malheur des
1:18:41autres.
1:18:44Mais Roosevelt savait qu'il était plutôt
1:18:46intelligent, malin et sans scrupule.
1:18:49Après tout, il allait devoir négocier
1:18:51avec des banquiers et des avocats
1:18:55et ils ont confié le poulailler au
1:18:56renard. Mais le président très critiqué
1:18:59a dit qu'il avait ses raisons. Il a même
1:19:00précisé "Monsieur Kennedy connaît toutes
1:19:03les combines.
1:19:05Il connaissait Wall Street, il
1:19:06connaissait la règle du jeu, toutes les
1:19:08magouilles. Il savait à quel endroit le
1:19:10cadavre avait été enterré.
1:19:13Kennedy, bien qu'à la tête de la
1:19:15commission était considéré comme un
1:19:16escroc, un arnaqueur.
1:19:19Mais ce n'est pas incompatible avec ce
1:19:20que représente la commission de contrôle
1:19:22des bourses. C'est un organisme qui
1:19:24autorise, institutionnalise et exonère
1:19:27la fraude plutôt qu'il ne la combat.
1:19:30Cela paraissait donc tout à fait
1:19:31approprié que Kennedy en prenne la
1:19:32direction.
1:19:35Roosevelt surprend parfois par sa
1:19:37naïveté, son manque de tacte à un groupe
1:19:40de jeunes travailleurs qui se sont
1:19:41portés volontaires pour avoir enfin de
1:19:43quoi manger, il déclare
1:19:55about
1:20:03Roosevelt était doué pour rassurer les
1:20:05gens. Il savait les convaincre que le
1:20:07gouvernement se souciait d'eux et qu'il
1:20:09allait trouver une solution à leur
1:20:10problème.
1:20:17Précédé d'un grand show à l'américaine,
1:20:18Roosevelt lance son programme pour
1:20:20lutter contre les effets de la grande
1:20:22dépression et redynamiser une économie
1:20:24américaine meurtrrie depuis le craque de
1:20:261929.
1:20:295 milliards de dollars y sont affectés
1:20:31afin de lutter contre le chômage. Plus
1:20:33de 3 millions d'Américains y seront
1:20:35employés et 8 millions 2 ans plus tard.
1:20:38Roosevelt fait voter 15 lois de la plus
1:20:41grande importance. Il établit un système
1:20:43de protection sociale, de retraite,
1:20:44d'assurance chômage. Il interdit le
1:20:47travail des enfants, la discrimination à
1:20:49l'embauche des noirs et des femmes et
1:20:50institue un salaire minimum.
1:20:57Au milieu des années 30, le New Deal a
1:20:59mis en chantier toute une série de
1:21:01programmes de travaux publics.
1:21:05Personne n'avait jamais rien fait de
1:21:06tel. Les gens ont compris que les grands
1:21:08projets de travaux publics étaient plus
1:21:10qu'utiles. C'était une part essentielle
1:21:12du New Deal et ça a été très important
1:21:14sur le plan psychologique.
1:21:18Le New Deal a transformé l'Amérique. On
1:21:20a construit d'innombrables routes, des
1:21:22ponts, des barrages, des écoles.
1:21:26Les routes et les ponts qu'on utilise
1:21:27aujourd'hui à New York ont été
1:21:29construits avec l'argent du New Deal.
1:21:32Cela a considérablement changé
1:21:33l'Amérique et a permis d'avancer vers la
1:21:35période d'expansion économique qu'on
1:21:37allait connaître après la Seconde Guerre
1:21:39mondiale.
1:21:41L'État a utilisé ses fonds pour
1:21:43construire des autoroutes, des écoles,
1:21:45des hôpitaux, pour investir dans la
1:21:47recherche.
1:21:50L'Amérique devenait un état providence.
1:21:53C'était quelque chose de nouveau.
1:21:56Mais les dirigeants essayaient de gérer
1:21:58à la fois l'industrie, la construction,
1:22:00la protection sociale, les mesures
1:22:02d'aide sociale et le tout en même temps.
1:22:06Il n'y avait pas de système d'aide
1:22:08sociale. Les États-Unis ont été le
1:22:10dernier pays industrialisé du monde
1:22:12occidental à introduire des protections
1:22:14sociales telles qu'une assurance chômage
1:22:17ou une pension pour la retraite et
1:22:18cetera.
1:22:19Il a fait des choses qui ont eu un
1:22:20avenir extraordinaire. Il a créé la
1:22:22sécurité sociale en 1935. Il a posé les
1:22:24bases de la sécurité sociale aux
1:22:26États-Unis.
1:22:29La sécurité sociale ne s'appliquait pas
1:22:31aux travailleurs les plus pauvres,
1:22:33c'est-à-dire aux travailleurs noirs.
1:22:36Ça ne concernait pas les domestiques, ni
1:22:38les femmes de ménage, les serveurs, les
1:22:41porteurs. Tous ces métiers étaient faits
1:22:43par des noirs. Ils passaient toujours en
1:22:45dernier.
1:22:50Par contre, ils étaient les premiers à
1:22:52perdre leur emploi quand ils en avaient
1:22:54un.
1:22:56Contrairement au blanc, il ne
1:22:57bénéficiaient pas des mesures du New
1:22:59Deal.
1:23:01Les afhro-américains rencontraient les
1:23:02mêmes difficulté que les autres
1:23:04Américains, voire même pire car ils
1:23:06partaient d'encore plus bas de
1:23:07l'échelle. Avec l'arrivée de la
1:23:08dépression, c'est devenu extrêmement
1:23:10difficile pour eux.
1:23:12Les anciens syndicats n'avaient aucun
1:23:14membre noir puisqu'ils s'occupaient
1:23:16uniquement des employés qualifiés, ce
1:23:18qui n'était pas le cas des noirs. Il
1:23:20n'était pas admis dans les syndicats.
1:23:24Une des raisons de la disparité entre
1:23:25les salaires et les revenus dans les
1:23:27années 20, c'était la faiblesse des
1:23:28syndicats. Il n'y avait aucun moyen de
1:23:31lutter pour obtenir de meilleurs
1:23:32salaires.
1:23:36Faire grève était toujours interdit aux
1:23:38États-Unis.
1:23:40Jusque-là, les syndicats étaient hors la
1:23:41loi.
1:23:44Tout a changé dans les années 30.
1:23:48De nombreux soulèvements sociaux ont
1:23:49fait basculer les chiquin à gauche et
1:23:53ont eu une influence énorme sur
1:23:55Roosevelt.
1:24:00Soutenu par l'opinion publique,
1:24:02Roosevelt crée le droit à la
1:24:04représentation syndicale pour tous les
1:24:05travailleurs américains. C'est une
1:24:07véritable révolution. Mais sa mise en
1:24:09place se heurte à la réticence des
1:24:11milieux d'affaires et des dirigeants des
1:24:12entreprises. Des grèves avec occupation
1:24:15d'usine éclatent dans de nombreuses
1:24:17entreprises pour protester contre le
1:24:19refus des patrons de reconnaître les
1:24:21syndicats.
1:24:24Mais devant la paralysie de l'activité,
1:24:26ils finiront par céder.
1:24:28[Musique]
1:24:38Le mouvement ouvrier a explosé. Des
1:24:41millions de travailleurs américains se
1:24:42sont syndiqués pour la première fois au
1:24:44cœur de l'industrie américaine.
1:24:48Et c'est ce qui a déclenché toute une
1:24:50vague de grève et mis Roosevelt dans une
1:24:52situation très délicate. Je ne pense pas
1:24:55qu'il ait regretté de l'avoir fait mais
1:24:56la situation devenait explosive.
1:25:00Il y avait une grève générale à San
1:25:01Francisco. Toute la ville était bouclée.
1:25:06À Minnéapolis aussi, la grève paralysait
1:25:08la ville.
1:25:10Dans le sud, des centaines de milliers
1:25:12d'ouvriers qui travaillaient dans des
1:25:13usines de textile se sont mis en grève.
1:25:18Le pays était en ébullition, en plein
1:25:20désarroir.
1:25:22Roosevelt en était conscient.
1:25:26Ah.
1:25:27[Musique]
1:25:39[Musique]
1:25:42[Applaudissements]
1:25:48[Applaudissements]
1:25:56[Musique]
1:26:02Le gouvernement du New Deal intervient
1:26:04au côté des patrons, même lorsque ces
1:26:06derniers désobéissent aux lois
1:26:07nouvelles. Les usines d'acier de Chicago
1:26:10refusent de reconnaître les syndicats.
1:26:12Devant le caractère quasi
1:26:13insurrectionnel des grèves, la police
1:26:15aidée par la milice patronale tue 10
1:26:17ouvriers et en blesse près de 100.
1:26:19Roosevelt qui ne condamne pas le
1:26:21massacre y envoie la garde nationale.
1:26:23[Musique]
1:26:30Les politiciens du pays, aussi bien
1:26:32républicains que démocrates,
1:26:34ont pris peur en voyant ces mouvements
1:26:36de révolte de s'étendre.
1:26:40Alors que le tiers des travailleurs
1:26:41était au chômage, il y avait un peu
1:26:43partout des grèves et des émeutes.
1:26:48Le patronat qui était opposé à Roosevelt
1:26:50était terriblement inquiet et se
1:26:52demandait si le système capitaliste
1:26:53allait pouvoir survivre.
1:26:58Le monde des affaires et de la finance a
1:27:00commencé à s'attaquer à Roosevelt,
1:27:02l'insultant et le traitant de tous les
1:27:04noms. Il était tour à tour l'handicapé.
1:27:08le juif, le communiste, l'homosexuel,
Les critiques du New Deal
1:27:14ils ne lui ont épargné aucun surnom.
1:27:19Ils étaient furieux de voir qu'il avait
1:27:20rompu d'où il venait et le considérait
1:27:23comme un traître.
1:27:28Roosevelt leur répondait sans doute avec
1:27:31ironie. Pourquoi me détestez-vous autant
1:27:33? J'essaie de sauver le capitalisme.
1:27:36A few timid people who fear progress
1:27:39will try to give you new and strange
1:27:42names for what we are doing. Sometimes
1:27:45they will call it fascism and sometimes
1:27:48communism and sometimes regimentation
1:27:52and sometimes socialism.
1:28:05Roosevelt a pris quelques bonnes
1:28:07mesures. Certaines étaient utiles et
1:28:09d'autres complètement absurdes.
1:28:12Le seul secteur qui n'a connu aucune
1:28:13amélioration est celui de l'agriculture.
1:28:17Pour que les fermiers puissent survivre,
1:28:19Roosevelt obtient deux qu'il diminuent
1:28:20leur production pour faire remonter les
1:28:22courses agricoles. en échange
1:28:24d'indemnité compensatoire. Mais cette
1:28:26politique est contestée par plusieurs
1:28:28économistes qui considèrent que le
1:28:30gouvernement effectue une destruction de
1:28:32richesse impossible à justifier et au
1:28:34détriment de la morale la plus
1:28:35élémentaire. La presse commence à
1:28:37critiquer Roosevelt, lui reproche son
1:28:39absence d'idéologie de prendre des
1:28:41décisions contradictoires. Roosevelt est
1:28:44un caméléon sur une couverture
1:28:46écossaise, écrit le New York Times.
1:28:50Les fermiers étaient désespérés par la
1:28:52chute des prix de la production
1:28:53agricole.
1:28:55Ils ont demandé à Roosevelt qu'on leur
1:28:57verse des subventions pour qu'en
1:28:58échange, ils abattent leurs troupeaux et
1:29:00brûlent leur récolte afin de faire
1:29:02remonter les prix. ce qui était
1:29:03complètement fou puisque'au même moment
1:29:05des gens mouraient de faim.
1:29:08Comment peut-on détruire d'excellents
1:29:10produits alimentaires sous prétexte
1:29:12qu'il y avait des surplus ? C'était
1:29:14frayant, une sorte de suicide. Les gens
1:29:16souffraient de la pauvreté et il y avait
1:29:18des régions où la famine continuait à
1:29:20s'étendre.
1:29:25Il y avait des gardes à la frontière de
1:29:26la Californie pour empêcher les gens
1:29:28d'entrer. L'armée devait bloquer les
1:29:30nouveaux arrivants parce qu'ils auraient
1:29:31été un fardeau pour l'État.
1:29:33[Musique]
1:29:48On pouvait littéralement voir les
1:29:50stigmates de la dépression sur le visage
1:29:52des gens comme l'ont montré les
1:29:54photographies de Walker Evans ou
1:29:56d'autres. On pouvait y lire l'angoisse.
1:29:59C'était une sorte de cancer qui dévorait
1:30:01le cœur du peuple américain.
1:30:05Et une des photographies les plus
1:30:06célèbres de cette époque montre une mère
1:30:08immigrée près d'une ferme en Californie.
1:30:12Elle était venue de l'autre bout du pays
1:30:14avec ses enfants pour chercher du
1:30:15travail.
1:30:18[Musique]
L'impact du New Deal
1:30:33Nous avons tous grandi avec la photo de
1:30:35cette femme affamée, anéantie et de ces
1:30:37enfants qui nous avaient bouleversé.
1:30:39On ne peut plus voir cette photo de la
1:30:41même façon lorsque l'on sait que c'était
1:30:42une commande du gouvernement. L'homme
1:30:44qui a met en place ce programme a écrit
1:30:46dans ses mémoires : "Notre travail
1:30:47consistait à donner une image dramatique
1:30:49de la dépression si nous voulions
1:30:50conserver notre emploi. La pauvreté
1:30:53était sûrement réelle, mais la
1:30:54propagande l'était également.
1:30:56Et ces photos de ces fermiers ruinés, il
1:30:59faut les regarder très attentivement. Ce
1:31:02sont des photos très construites d'un
1:31:04dénuement extrêmement bien organisé.
1:31:06C'est la construction d'un tragique mais
1:31:09qui ne livre pas du tout la totalité de
1:31:11ce qui s'est passé. Et ces fermiers
1:31:12ruinés, ils étaient ils étaient ruinés
1:31:13souvent bien avant la crise. Et donc
1:31:15c'est pas la crise qui les a ruiné,
1:31:16c'était des catastrophes bien
1:31:17antérieures. Ces photos sont des
1:31:18fabrications de mythes et il faut les
1:31:20prendre comme tel. Il y a toute une
1:31:22famille et puis il y a un lit avec des
1:31:24barreaux et puis un petit enfant qui est
1:31:26tout nu par devant. Il y a un mélange de
1:31:28dignité qui, je crois évoque un mythe
1:31:31qui n'est pas du tout de l'ordre du
1:31:32témoignage brut. C'est un témoignage
1:31:35extraordinairement élaboré pour
1:31:36construire ce mythe mais qui ne répond
1:31:39pas du tout à l'ensemble de euh de des
1:31:40manifestations de l'époque.
1:31:43Les ennemis du New Deal considèrent ces
1:31:44photos comme de la propagande et c'est
1:31:46vrai que çaen était. Mais une nouvelle
1:31:48culture était en train de naître, une
1:31:51culture de solidarité populaire. C'était
1:31:53complètement nouveau pour l'Amérique.
1:31:56C'était de la propagande mais bien plus
1:31:57que de la propagande. C'est un nouveau
1:31:59mode de vie qui est né dans les années
1:32:0130.
1:32:07[Musique]
1:32:15Le New Deal a aidé de nombreuses
1:32:17personnes. Il a fourni du travail à des
1:32:20millions de gens. 6 millions de
1:32:22personnes ont retrouvé un emploi. Des
1:32:24centaines de milliers de jeunes ont
1:32:26recommencé à travailler.
1:32:30Éta-il parfait ? Non. Certains des
1:32:32programmes étaient mauvais. Oui, sans
1:32:34l'ombre d'un doute. Personne n'a dit le
1:32:35contraire.
1:32:38Le New Deal a été à la fois un succès et
1:32:40un échec dans ces tentatives pour sortir
1:32:42le pays de la grande dépression.
1:32:44L'économie a fini par s'améliorer. Elle
1:32:46n'a pas retrouvé son niveau d'avant la
1:32:48crise, mais le chômage a baissé et les
1:32:50usines ont repris le travail.
1:32:53Grâce au New Deal, les Américains
1:32:54pouvaient récupérer leur maison, être en
1:32:56mesure de rembourser leurs hypothèques.
1:33:01L'économie a connu une forte hausse, une
1:33:04expansion fulgurante. En 1937,
1:33:07le revenu national a retrouvé le même
1:33:09niveau qu'en 1929 malgré une chute
1:33:12sévère au cours des quatre premières
1:33:13années.
1:33:15Donc, il y a une amélioration. Ce qui va
1:33:17se passer en 1937 est fascinant.
1:33:20Roosevelt a suivi les conseils d'un
1:33:22nouveau groupe d'économistes qui lui ont
1:33:24conseillé de réduire les subventions du
1:33:26gouvernement.
1:33:28Et Roosevelt a commencé à réduire les
1:33:30budgets du New Deal, couper les
1:33:31subventions
1:33:34et évidemment l'économie a recommencé à
1:33:37chuter.
1:33:40Qu'est-ce qui s'est passé ? retour à la
1:33:42récession et au chômage.
1:33:46Et il y a eu une nouvelle dépression de
1:33:481936 à 1937. Il est donc faux de dire
1:33:51que le New Deal a mis fin à la grande
1:33:53dépression. Il l'a non seulement aggravé
1:33:56mais l'a en plus prolongé.
La Seconde Guerre mondiale et la fin de la dépression
1:33:59Ce qui a mis fin à la dépression et
1:34:01c'est quelque chose de déprimant à
1:34:03admettre, c'est le développement rapide
1:34:05du budget consacré à l'armement à cause
1:34:08de la menace grandissante d'une guerre
1:34:09en Europe.
1:34:11En lançant un programme de fabrication
1:34:13de matériel de guerre, vous avez d'un
1:34:15seul coup plus d'emplois que de
1:34:17postulants.
1:34:19On est passé d'un fort taux de chômage
1:34:21et d'une sous-exploitation au plein
1:34:23emploi en une seule nuit.
1:34:26Tout d'un coup, du jour au lendemain,
1:34:28l'Amérique décide que les usines Ford et
1:34:30cetera, v fabriquer des tanks et des
1:34:31Jeeps. Il y a plus une seule voiture qui
1:34:32sort. Donc l'effort de guerre, c'est un
1:34:35effort de production. Mais du point de
1:34:36vue du taux de chômage et cetera, oui,
1:34:37il y a pas de doute que que ça joué son
1:34:39rôle.
1:34:42En plus de la production d'armement à
1:34:44grande échelle, il fallait aussi
1:34:45fabriquer tout ce dont les soldats
1:34:47avaient besoin, des camions, des
1:34:50vêtements. Et c'est ça qui a remis
1:34:52l'Amérique au travail. L'économie
1:34:56a été doppée par l'industrie militaire.
1:34:59C'était en réalité une façon
1:35:00artificielle de maintenir l'économie à
1:35:02flot pour qu'elle continue à
1:35:04fonctionner.
1:35:06[Musique]
1:35:21Tous les efforts de Roosevelt n'ont même
1:35:23pas réussi à rendre à l'économie son
1:35:25niveau d'avant le jeudi noir. C'est la
1:35:28guerre en Europe qui va apporter un coup
1:35:29de fouet à l'industrie américaine. La
1:35:32grande crise est terminée. 7 ans
1:35:34d'effort désespérés ont fait moins pour
1:35:36guérir l'économie malade de la
1:35:38dépression que quelques mois de
1:35:40réarmement.
1:35:45[Musique]
1:35:46Certaines personnes en ont tiré les
1:35:48mauvaises conclusions et ont affirmer
1:35:50que les dépenses militaires étaient
1:35:51indispensables pour sortir de la crise.
1:35:54Cela n'a aucun sens. Aucun sens.
1:36:09Les dépenses du gouvernement pour
1:36:11fabriquer des bombes étaient
1:36:12indispensables pour nous protéger contre
1:36:14le fascisme.
1:36:18En mars 1938, les armées allemandes
1:36:21occupent l'Autriche sans tirer un seul
1:36:23coup de feu. La deuxième guerre mondiale
1:36:26vient de commencer
1:36:30et c'est essentiellement la Seconde
1:36:32Guerre mondiale qui a mis fin au chômage
1:36:34aux États-Unis.
1:36:37C'est tout à fait vrai. Il a fallu
1:36:39attendre 1940 pour voir disparaître le
1:36:42chômage.
1:36:44Est-ce que la guerre nous a sorti de la
1:36:45dépression ? Ça me gêne de l'admettre,
1:36:47mais en effet, elle y a certainement
1:36:49contribué.
1:36:51Toutes ces mesures de relance à
1:36:53l'échelle de la Seconde Guerre mondiale
1:36:55ouvraient une période de prospérité qui
1:36:57allait durer jusqu'à la génération
1:36:58suivante, bien après la guerre.
1:37:02Et en 1944 et 45, la question qui
1:37:05terrorisait les Américains était lorsque
Les leçons de la crise
1:37:08la guerre sera terminée, est-ce que la
1:37:10grande dépression reviendra ?
1:37:21Swis Franks paid fartium
1:37:23of banks with a deal in futures that the
1:37:26stock exchange and loads for coffee from
1:37:28Brazilian plans dust in for Paris before
1:37:31the whole deal sinks the checks written
1:37:33in indulable inace Atlantics winter
1:37:36hurrican
1:37:42[Musique]
1:37:48nous avons appris certaines choses de la
1:37:49crise de 1929 suffisamment appris, ça
1:37:52c'est une autre question.
1:37:56C'est étonnant de voir avec quelle
1:37:57facilité on peut oublier ces leçons
1:38:00quand les temps changent et surtout s'il
1:38:02y a de l'argent à gagner en les
1:38:04oubliant.
1:38:05Nous avions toute la connaissance
1:38:07nécessaire pour éviter la crise
1:38:08actuelle, mais on ne s'en est pas servi.
1:38:11Nous ne savions plus comment procéder
1:38:12après la crise de 1929. Ou peut-être que
1:38:15ceux qui nous gouvernent n'ont pas eu
1:38:17envie d'être plus audacieux. Et c'est le
1:38:19côté troublant de l'expérience Obama.
1:38:20Qu'est-ce que c'est Obama ? C'est
1:38:22Roosevelt 2 ans plus tôt. Alors on
1:38:24pourrait dire c'est formidable. Voilà
1:38:25quelqu'un qui va relancer faire beaucoup
1:38:28plus vite que Roosevelt ce que Roosevelt
1:38:30avait à peu près fait. Oui mais qu'il a
1:38:32pris dans son équipe ? Ben il a pris des
1:38:34gens. Alors il y a le côté novateur,
1:38:35c'est le côté écologique, le côté alors
1:38:37là il a mis même carrément un prix Nobel
1:38:39comme ministre et ça c'est fabuleux. On
1:38:41voit très bien une ouverture très grande
1:38:43là. Et puis du côté économique, pour
1:38:45n'inquiéter personne, il a mis les
1:38:46responsables qui é qui étaient pris la
1:38:48main dans le sac à la même raison, il
1:38:50n'a pas eu le culot de nationaliser les
1:38:51banques américaines. Donc je pense qu'il
1:38:52y a quand même beaucoup à dire sur les
1:38:54plans de sauvetage qui finiront bon par
1:38:57produire leurs effets parce queon sait
1:38:58qu'on reviendra sur l'ouvrage jusqu'à ce
1:39:00que ça marche. Mais on a perdu quand
1:39:02même beaucoup de temps. Cette crise,
1:39:03elle a commencé au cours de l'été 2007,
1:39:06on est en 2009 et toujours pas réglée.
1:39:10Exactement comme nos génies des années
1:39:1120, ils se sont complètement trompés.
1:39:15Ils disaient qu'il n'y aurait jamais
1:39:16plus de craque ni de dépression et
1:39:19c'était faux. Bien sûr,
1:39:22ils avaient tous les outils nécessaires
1:39:24mais ils ne s'en sont pas servis.
1:39:29Une des tragédies a été cette idéologie
1:39:31désastreuse qui a laissé les hommes
1:39:33d'affaires et les industriels libres de
1:39:35faire tout ce qu'ils voulaient.
1:39:41Ils ont amassé des fortunes en
1:39:43prétendant agir pour le bien de la
1:39:45nation.
1:39:50La prospérité des riches a énormément
1:39:53augmenté et le fossé entre les riches, 1
1:39:56% de la population et les pauvres, s'est
1:39:58creusé, est devenu immense. Exactement
1:40:01comme dans les années 30.
1:40:09Je crois que nous avons besoin d'un
1:40:11nouveau New Deal.
1:40:14L'ancien New Deal a été utile à un
1:40:16moment précis pour lutter contre la
1:40:18grande dépression.
1:40:24Mais le monde a énormément changé en 75
1:40:26ans.
1:40:27Nous sommes aujourd'hui beaucoup plus
1:40:29riches que nous l'étions à l'époque,
1:40:31mais cette richesse n'a pas été répartie
1:40:33équitablement.
1:40:36Le niveau de cupidité n'a jamais cessé
1:40:38d'augmenter dans l'indifférence générale
1:40:41et cette cupidité a jouer un rôle majeur
1:40:43dans la spéculation financière et nous a
1:40:45conduit à ce désastre.
1:40:49Nous avons laissé les banques exploiter
1:40:51les plus pauvres d'entre nous.
1:40:54Des millions d'Américains ont perdu leur
1:40:56maison et toutes leurs économies.
1:40:59Ils sont devenus des proies victimes de
1:41:01véritables prédateurs. Tout le monde le
1:41:03savait.
1:41:04[Musique]
1:41:06C'est un système injuste. Les pauvres
1:41:08n'ont personne pour les défendre.
1:41:14Nous vivons dans un monde qui dispose de
1:41:15tellement de ressources et pourtant un
1:41:18milliard de personnes tentent de
1:41:19survivre avec moins de 1 dollar par jour
1:41:23et 40 % vivent sans doute avec moins de
1:41:262 dollars.
1:41:29Je continue à croire que nous
1:41:30parviendrons à réformer les institutions
1:41:32économiques
1:41:36et du rôle essentiel que cela pourrait
1:41:38jouer.
1:41:41Je ne sais pas si je suis réaliste ou
1:41:43optimiste quand je dis ce genre de
1:41:44choses. Je suis réaliste quand je dis
1:41:46que tout cela doit changer, mais je ne
1:41:48suis pas sûr de l'être encore quand je
1:41:50crois que cela se fera un jour.
1:41:53[Musique]
1:42:02[Musique]
1:42:07[Musique]
1:42:092 million bushels of North African grain
1:42:11resold to Germany Franks paid far by a
1:42:15consortium of banks with a deal in
1:42:17futures that the stock exchange and
1:42:19loads for coffee from Brazilian plans
1:42:22destin for Paris before the whole deal
1:42:24sinks the checks written in indulable in
1:42:27race atlantics winter hurricanes at last
1:42:30the coffee arrives also theat needless
1:42:33to say the deal was a success who can
1:42:35deny that all of us have gained
1:42:40our benefactors three trust they compete
1:42:42for honor glory power and of course
1:42:46prophets for all happiness is contained
1:42:49[Musique]