Free YouTube Transcribe

Video transcript

Apprends à apprendre en 16 minutes

Selyan Signature · 3,484 words · 16 min read

Want to search this transcript, jump the video from any line, or download it as TXT, SRT, or VTT?

Open in the transcript tool

Full transcript

Introduction

0:00Si tu travailles plusieurs heures par

0:01jour pour des résultats dont tu es pas

0:02satisfait, tu es pas seul. Parce que la

0:04majorité des étudiants utilisent les

0:06stratégies d'apprentissage les moins

0:07efficace. Et non pas paresse, mais parce

0:10qu'on ne leur a jamais expliqué comment

0:11leur cerveau apprend vraiment. Pourtant,

0:13la science l'a étudié depuis plus de 50

0:15ans. Cinq principes simples en

0:18ressortent. Cinq principes qu'aucune

0:20école n'enseigne et j'ai majoré le

0:21concours de médecine en les utilisant

0:23sans même le savoir. Dans cette vidéo,

0:25je vais te les expliquer un à un et tu

0:27vas voir que ce que la science dit est

0:29très probablement l'inverse de ce que tu

0:30fais.

0:34[musique]

Présentation

0:36Je m'appelle Céliane, j'ai majoré le

0:37concours de médecine et aujourd'hui je

0:39suis en 4e année de chirurgie dentaire.

0:40Quand je suis arrivé en première année,

0:42je n'avais aucune idée de comment

0:43apprendre intelligemment. Personne ne te

0:45l'apprend ni au lycée ni à la fac. tu te

0:47[musique] débrouilles, tu copies ce que

0:49les autres font. En gros, tu enchaînes

0:50tes cours en les lisant, en les

0:51relisant, en les surlignant. Mais il m'a

0:53fallu très peu de temps pour

0:54intuitivement changer ma façon de

0:56travailler parce qu'en première année de

0:57médecine, tout est nouveau. Et

0:58contrairement au lycée, tu n'apprends

1:00pas pour le contrôle du lendemain, tu

1:01apprends pour toute l'année. Et ça passe

1:03d'abord par la compréhension profonde de

1:05chaque notion. Du coup, quand je tombais

1:07sur une nouvelle notion, je ne passais

1:08pas à la suivante avant de l'avoir bien

1:10comprise, pas seulement reconnue,

1:12comprise. Et pour vérifier ce que

1:13j'avais [musique] compris, je

1:14m'expliquais à voix haute ce que je

1:15venais de lire. Je ne savais pas à

1:17l'époque que je mettais en place le

1:18premier des cinq principes que la

1:20science a démontré. Je le faisais parce

1:21que ça me semblait évident. Et c'est

1:23cette routine, celle que j'ai construite

1:24intuitivement pendant un an qui m'a

1:26permis de majorer. Voici principe par

1:28principe ce que je faisais. Alors déjà,

Contexte

1:30laisse-moi 30 secondes pour te dire d'où

1:32viennent ces principes parce qu'ils ne

1:33sortent pas de mon unique expérience.

1:35Ils ont été synthétisés dans un livre

1:36publié par Harvard en 2014, écrit par

1:39trois chercheurs en sciences cognitives

1:40qui ont compilé 50 ans de recherche sur

1:42l'apprentissage. Ce livre s'appelle Make

1:44It Stick et ce que tu vas voir

1:46maintenant, ce n'est pas mon avis. Ce

1:47sont des résultats scientifiques

1:49démontrés, mesurés, répliqués sur des

1:51milliers d'étudiants depuis [musique]

1:52des décennies. Et je vais donc commencer

1:54par le plus puissant des cinq, celui qui

1:56à lui seul peut déjà changer ta manière

1:58d'apprendre.

Récupération active

2:00[musique]

2:03Principe numéro 1, la récupération

2:05active. Qu'est-ce que c'est la

2:06récupération active ? Pour apprendre

2:08durablement, tu dois récupérer

2:10activement l'information depuis ta

2:12mémoire. Te tester, écrire de mémoire,

2:15expliquer à voix haute, [musique]

2:17par relire. Et la différence n'est pas

2:19minime. C'est un retournement complet de

2:21ce qu'on t'a toujours dit de faire.

2:22Parce que le test, [musique] avant

2:24d'être un outil d'évaluation, un outil

2:26de mesure, c'est un outil

2:27d'apprentissage. Chaque fois que tu

2:29forces ton cerveau à reconstruire une

2:31information sans support, tu ancres

2:33cette information plus profondément dans

2:34ta mémoire. Tu la transformes d'un état

2:36fragile à un état durable. Quand j'étais

2:38en première année, je faisais ça sans le

2:40savoir. À chaque page de cours que je

2:41lisais, je m'arrêtais et je ne passais

2:42pas à la suivante avant de m'être

2:44réexpliqué ce que je venais de

2:45comprendre à voix haute avec mes mots.

2:48Et j'allais plus loin, beaucoup plus

2:49loin quand je tombais sur une phrase

2:51compliquée. Par exemple, une phrase qui

2:52me parle des [musique] noyaux gris

2:54centraux et de leur rôle dans le

2:56contrôle des mouvements. Je ne me

2:57contentais pas de retenir la phrase. Je

2:59décortiquais chaque mot. Les noyaux

3:01grissent trop, c'est quoi exactement

3:02[musique] ? Ils sont où dans le cerveau

3:04? À quoi ils servent dans d'autres

3:06contextes ? Et si le cours ne le disait

3:08pas, j'allais chercher ailleurs. Et

3:10maintenant avec des outils comme Chat

3:11GPT, comme Claude, on un claquement doig

3:13à tes réponses. Mais donc je creusais

3:15jusqu'à ce que la phrase devienne

3:16évidente. Je cherchais aussi à créer des

3:18métaphores. Si une notion ressemblait à

3:20un concept que je connaissais déjà,

3:21[musique] je faisais le lien. Par

3:22exemple, quand j'apprenais que l'ATP

3:25était la monnaie énergétique du corps,

3:27je me la représentais comme une pièce

3:29que mes cellules dépensaient pour chaque

3:30action. Et cette association la rendait

3:33impossible à oublier. Tout ce que je

3:34faisais là, c'était de la récupération

3:36active [musique] poussée. Je ne lisais

3:38pas, je reconstruisait. Concrètement,

3:40qu'est-ce que ça donne pour toi ? Tu

3:41dois trouver un moyen de t'autoester

3:43[musique] systématiquement. Plusieurs

3:44options existent. Tu peux te réexpliquer

3:47chaque notion à voix haute après l'avoir

3:48lu, comme ce que je faisais. Tu peux

3:50fermer ton poli et écrire sur une

3:52feuille blanche tout ce que tu retiens.

3:53Tu peux utiliser des flash card en qui

3:55par exemple. Tu peux ficher ton cours en

3:57te forçant à réexpliquer avec tes

3:59propres mots, pas en [musique]

4:00recopiant. Toutes ces techniques ont un

4:02point commun. Tu te confrontes à ce que

4:04tu sais sans support et tu reconstruis.

4:06L'erreur la plus commune, c'est de

4:07relire une 2 3 qure fois ses cours avant

4:10un exam et se sentir à l'aise parce que

4:13tu reconnais tout. Reconnaître n'est pas

4:15savoir. Relire n'est pas apprendre.

4:19C'est le premier principe.

Espacement

4:26OK. Le second principe, l'espacement.

4:29Qu'est-ce que c'est l'espacement ? C'est

4:31étaler les fois où tu revois un même

4:32cours dans le temps avec des intervalles

4:34suffisamment longs pour que tu oublies

4:36une partie de ce que tu as appris. Et

4:38c'est exactement ce que tu veux parce

4:39[musique] que c'est ce mécanisme d'oubli

4:41partiel qui force ton cerveau à

4:42reconstruire l'information plus

4:44profondément la fois suivante. Plus tu

4:46laisses passer du temps, plus l'effort

4:47de récupération est important et plus

4:49cet effort [musique] est important, plus

4:50l'apprentissage est durable. L'oubli est

4:52l'ami de l'apprentissage. Quand j'étais

4:54en première année, je le faisais

4:55intuitivement. La première fois que

4:56j'avais vu un cours, je le revoyais le

4:57lendemain ou le surlendemain. Plus le

4:59cours était difficile, plus je le

5:00revoyais rapidement. Plus il était

5:01[musique] simple, plus j'attendais. Une

5:03question d'équilibre. Tu cherches

5:04l'oubli parce que c'est ce qui ancre.

5:06Mais pas trop non plus. sinon tu

5:07recommences à zéro. Et au deuxième

5:09passage, je ne relisais pas, je me

5:11réexpliquais. Les notions oubliées, je

5:12les retrouvais dans le cours et je les

5:14réexpliquais à nouveau. Et en parallèle

5:15de ça, je fichais une fiche synthétique

5:18faite à partir de ce que j'avais

5:19compris, pas de ce que j'avais lu.

5:21[musique] Ensuite, 3è passage,

5:23intervalle encore plus grand. 4è

5:25passage, intervalle de temps encore plus

5:26grand. Et non pas parce que je cherchais

5:28plus d'oubli. Au contraire, à chaque

5:30passage, j'oubliais moins parce que le

5:32travail précédent avait déjà ancré les

5:34notions principales. Ce qu'il me restait

5:35à construire, c'était des détails de

5:37plus en plus précis. Et c'est en

5:39reconstruisant ces détails encore et

5:40encore que l'apprentissage devient

5:42vraiment solide. Concrètement, qu'est-ce

5:43que ça donne pour toi ? Au lieu de

5:44réviser un cours pendant 3 heures

5:45d'affilé pour essayer de la prendre par

5:47cœur, revois-le par exemple quatre fois

5:49sur des sessions plus courtes mais avec

5:51un intervalle de temps espacé. par

5:52exemple lundi, [musique] puis mercredi,

5:54puis samedi, puis le mercredi de la

5:56semaine suivante. Et ne cherche jamais à

5:58apprendre par cœur. Cherche à [musique]

5:59comprendre, à espacer, à reconstruire.

6:02Tu vas maîtriser les cours bien plus

6:04profondément que quelqu'un qui bâchote

6:05d'un seul coup. Et ça, [musique] je le

6:07mesure encore aujourd'hui. En 4e année

6:09de chirurgie dentaire, il y a des

6:10notions que j'ai vu en première année de

6:11médecine que je maîtrise toujours. Pas

6:13parce que j'avais une mémoire

6:14exceptionnelle, mais parce que je les

6:15avais ancré avec espacement et

6:17récupération active. L'erreur la plus

6:19commune, c'est de bâchoter la veille de

6:20l'examen. Sur les mêmes [musique] cours,

6:22en boucle, tu accumules les

6:23informations, tu as l'impression de

6:25maîtriser, tu te sens prêt et [musique]

6:26tu oublies presque tout dans les jours

6:27qui suivent. Ça pouvait peut-être

6:28marcher au lycée, mais pas dans des

6:30études qui te demandent d'apprendre

6:31durablement. C'est le deuxième principe.

6:34[musique]

Entrelacement

6:39Le principe numéro 3, l'entrelacement.

6:41L'entrela c'est mélanger plusieurs

6:43cours, plusieurs notions, [musique]

6:45plusieurs types de problèmes dans une

6:47même session de travail. Et c'est le

6:48principe le plus contreintuitif des cinq

6:50parce qu'il va te demander de faire

6:52exactement ce qui semble inefficace sur

6:53le moment. Quand tu fais sans exercice,

6:55sans QCM, sans problème d'un même cours

6:58d'affilé, ton cerveau n'a pas besoin de

7:00chercher de quoi on parle. Il connaît

7:02déjà la moitié du chemin. Il sait quelle

7:04méthode appliquer. Il sait dans quel

7:06cours chercher l'information. Il ne fait

7:07que la seconde partie du travail. Quand

7:09tu mélanges, ton cerveau doit faire les

7:10deux. reconnaître le contexte et

7:13appliquer. Et cette discrimination,

7:15c'est ce qui fixe non seulement la

7:16procédure, mais aussi son contexte

7:18d'application. Quand j'étais en première

7:20année, je me répète, mais j'ai compris

7:22ça intuitivement. Le concours de

7:24médecine ne te pose pas les questions

7:25cours par cours, il les mélange. Donc je

7:28m'entraînais de la même façon. Au début,

7:29quand je découvrais un cours, je faisais

7:31uniquement des QCM dédiés à ce cours

7:33pour assimiler. Mais dès que le cours

7:34était maîtrisé en profondeur, je le

7:36mélangeais avec les autres cours de la

7:37même matière, toutes les notions dans le

7:39désordre. Et quand je dis mélanger, je

7:41dis vraiment mélanger. Pas 10 QCM d'un

7:43cours puis d'un autre cours et ainsi de

7:45suite. Non. Des questions qui

7:47s'enchaînent aléatoirement sans que tu

7:49saches d'où elles viennent, comme à

7:50l'examen. Parce que dès que ton cerveau,

7:52c'est à l'avance qu'on parle d'un cours

7:53précis, tu retombes dans le confort. Tu

7:55connais déjà la moitié du chemin.

7:56Concrètement, qu'est-ce que ça donne

7:58pour toi ? Deux choses. D'abord, quand

8:00tu maîtrises un cours, arrête de le voir

8:02de façon isolée. Regroupe les cours

8:04d'une même matière dans une même

8:05session, l'un après l'autre. Comme tu

8:06les maîtrises, tu peux les revoir

8:07beaucoup plus rapidement et c'est comme

8:09ça que tu fais émerger les liens entre

8:10les notions. Ensuite, quand tu te

8:11testes, mélange les questions. Que ce

8:13soit des problèmes, des dissertation ou

8:14des QCM, le principe reste le même. Tu

8:17recrées le contexte de l'évaluation

8:18finale, pas un contexte artificiellement

8:21simplifié. C'est plus dur et c'est

8:23exactement pour ça que ça marche.

8:24L'erreur la plus commune, c'est de

8:25toujours traiter chaque cours

8:27individuellement du début à la fin sans

8:29jamais le confronter aux autres. Tu sens

8:31que tu avances, tu accumules de la

8:32maîtrise, mais cette maîtrise n'est pas

8:34représentative de ce que tu auras à

8:35l'examen. Le confort en session est

8:37l'ennemi de la rétention.

8:40C'est le troisème principe.

Difficultés désirables

8:48Je t'arrête 2 secondes. Si jamais tu

8:51veux obtenir ma méthode de travail tout

8:53à fait gratuite qui reprend ces

8:55principes là et que j'ai établi lors de

8:57ma première année pour majorer le

8:58concours de médecine, [musique] elle est

9:00disponible gratuitement en description.

9:02Le principe numéro 4, [musique] les

9:04difficultés désirables. Alors, qu'est-ce

9:06que c'est ? C'est un obstacle que tu

9:09introduis volontairement dans ton

9:10apprentissage. Un obstacle qui te

9:12ralentit sur le moment mais qui te fait

9:14progresser bien plus profondément sur la

9:16durée. Et c'est en réalité l'idée plus

9:18profonde derrière tout ce que je viens

9:19de te dire. Reprends les trois principes

9:20précédents. La récupération active te

9:22force à reconstruire l'information

9:24plutôt que de la relire. C'est plus dur

9:26sur le moment. L'espacement te force à

9:28laisser l'oubli s'installer avant de

9:30revenir sur le cours. C'est

9:31inconfortable et frustrant sur le

9:33moment. L'entrelacement te force à

9:35discriminer entre cours et type de

9:36problème. C'est plus difficile sur le

9:38moment. Trois principes, une même

9:40mécanique. Tu te rends la tâche

9:42volontairement plus difficile parce que

9:43[musique] c'est cette difficulté qui

9:45ancre plus durablement. Plus c'est dur

9:46sur le moment, plus ça tient. Et encore

9:48une fois, en première année, c'était ma

9:49posture. À chaque étape de mon

9:51apprentissage, je cherchais le chemin le

9:53plus difficile. Comprendre [musique]

9:54chaque détail au lieu de lire

9:55passivement, laisser passer du temps

9:57avant de revoir, mélanger ce qui aurait

9:59été plus facile à traiter séparément. Et

10:01j'allais même plus loin. À partir d'un

10:03stade, dans mes révisions, au lieu de

10:04revoir le cours puis de faire les QCM,

10:06je faisais l'inverse. Je commençais par

10:08les QCM sans avoir revu le cours juste

10:10avant. Ça rendait [musique] l'exercice

10:11beaucoup plus dur évidemment parce que

10:13mon cerveau ne pouvait pas se reposer

10:14sur une lecture récente. Il devait

10:16reconstruire. Concrètement, qu'est-ce

10:17que ça donne pour toi ? Chaque fois que

10:18tu as le choix entre la facilité et la

10:20difficulté volontaire,

10:23choisis la difficulté. L'erreur la plus

10:24commune, c'est de mesurer la qualité

10:26d'une session de travail à la sensation

10:29de fluidité qu'elle te donne. Si c'est

10:30fluide, tu te dis que tu maîtrise. Mais

10:33c'est souvent l'inverse. La fluidité,

10:35c'est le signal que tu travailles dans

10:36ta zone de confort. Et la zone de

10:38confort, c'est exactement ce que tu veux

10:39éviter. Après, attention à une nuance.

10:41Cette fluidité là, celle qui apparaît

10:44avant d'avoir introduit la moindre

10:46difficulté volontaire, c'est une

10:49fluidité illusoire, une illusion de

10:51maîtrise. Mais il existe une autre

10:52fluidité. La vraie, celle qui arrive

10:55après. Une fois que tu as appliqué tous

10:56les principes de difficulté que je viens

10:58de te décrire et que ton cours est

11:00maîtrisé en profondeur. Cette fluidité

11:02là, c'est la récompense de tout le

11:03travail et c'est elle qui te donne la

11:05confiance absolue le jour de l'examen

11:07parce que tu sais que ta maîtrise n'est

11:09pas illusoire. Tu as fait toutes les

11:10démarches pour la construire.

11:13C'est le 4e principe.

Calibration

11:19Principe numéro 5, le dernier, la

11:22calibration. La calibration, alors là,

11:24je vais lire pour le coup, c'est aligner

11:26ta perception subjective de ce que tu

11:28sais sur ce que tu sais réellement. Ça

11:31paraît compliqué comme ça, mais

11:32t'inquiète, je vais tout simplifier.

11:33Nous sommes structurellement de mauvais

11:35juges sur ce que nous savons. Quand tu

11:37relis un cours plusieurs fois, tu finis

11:38par tout reconnaître à la simple lecture

11:40de ce cours. On l'a déjà mentionné

11:41précédemment. Donc, ton cerveau te dit

11:43"Ça, je le sais." Sauf que reconnaître

11:46quelque chose en le lisant, ce n'est pas

11:48la même chose que de le reproduire sans

11:50aide. C'est exactement l'illusion qu'on

11:52appelle l'illusion de fluence ou fluence

11:55en anglais et qu'on a commencé à aborder

11:56dans le principe précédent. Je vais te

11:58raconter une histoire qui illustre ça

11:59mieux que n'importe quelle explication.

12:01J'avais un pote en première année, on

12:02était dans la même prépa et la prépa,

12:04elle nous fournissait les cours par

12:05période. On appelait ça les grandes

12:07distributions. On en avait une en

12:08septembre, une en octobre, une en

12:10novembre, ainsi de suite. Et ces grandes

12:12distributions nous donnaient un petit

12:13peu le tempo parce que on cherchait à

12:16finir tous les cours de cette

12:17distribution avant la grande

12:19distribution suivante. Et donc, quand on

12:20allait à la prépa régulièrement, on se

12:23tenait au courant de notre avancée. Et

12:24je m'en rappelle de semaines et demi à

12:27peu près après notre première grande

12:28distribution.

12:30Je demande à mon pote du coup il en est

12:32où ? Il me dit qu'il a déjà fini, qu'il

12:34a déjà vu tous les cours de la première

12:35distribution donc qu'il était en avance

12:38largement en avance aussi bien par

12:40rapport à moi que par rapport à la

12:41prochaine distribution. Moi, j'étais pas

12:43en avance mais je me sentais pas en

12:44retard non plus. J'avais avancé

12:45correctement parce que je savais que

12:47j'avais travaillé de la bonne manière

12:48comme je te l'ai expliqué dans les

12:49principes précédents. Et au résultat du

12:51premier concours blanc courant octobre,

12:53lui est arrivé dans les 100e, moi

12:56premier. Forcément, j'étais surpris que

12:58ce soit de mon classement mais même du

13:00sien. Donc je suis allé le voir, je lui

13:01ai demandé comment ça se fait et surtout

13:03je lui demandé c'était quoi sa méthode

13:04de travail. Et qu'est-ce qu'il me dit ?

13:07Que pour réviser ses cours, il les lit,

13:09c'est tout. Il lit son cours comme un

13:11journal. vraiment, il me l'a dit comme

13:13ça. Et donc en fait, il avait

13:14l'impression d'avoir avancé parce qu'il

13:16reconnaissait tout. Mais reconnaître

13:18n'est pas savoir et ça je te l'ai déjà

13:19dit, la calibration c'est exactement le

13:21mécanisme qui te protège de cette

13:23illusion. Tu ne te bases pas sur ce que

13:25tu crois savoir, tu te bases sur ce que

13:27tu sais reproduire en conditions

13:29objectives. Pour moi, c'était l'QCM

13:31parce que c'est l'outil de calibration

13:32qui est utilisé en médecine. Et donc à

13:34chaque fois que je revoyais un cours, je

13:35faisais des QCM, je notais mes résultats

13:37pour voir l'évolution. Quand je voyais

13:39qu'après ça devenait trop facile, je

13:40rendais la tâche plus difficile en

13:42faisant les QCM avant même de voir le

13:44cours comme je te l'ai déjà dit pour

13:46éviter de faosser la mesure et de me

13:48retrouver dans une illusion de maîtrise.

13:49Mais j'y allais créchendo. À chaque fois

13:51que je sentais que ça devenait trop

13:53facile, je cherchais à augmenter la

13:55difficulté d'une manière ou d'une autre

13:56jusqu'au moment où ta maîtrise devient

13:57vraiment totale. Concrètement, qu'est-ce

13:59que ça donne pour toi ? Tu dois

14:00t'évaluer objectivement et

14:02régulièrement, sans support, sans

14:04lecture préalable, en conditions

14:05réelles, comme à l'examen. Tu ne sais

14:08pas que tu ne sais pas. Et c'est pour ça

14:10que sans calibration, les quatre

14:12principes précédents ne suffisent pas.

14:14Voilà le 5ème principe. Maintenant,

Application concrète

14:16c'est bien de comprendre tous ces

14:17principes, mais l'idée c'est de savoir

14:18les appliquer. Donc, comment les

14:20appliquer dans la vie d'un étudiant ? Je

14:21vais te décrire une journée type, la

14:23mienne en première année et tu vas voir

14:25comment ces principes s'imbriquent

14:27naturellement les uns avec les autres.

14:28Le matin, je commence un nouveau cours.

14:30Je ne lis pas pour lire, je lis pour

14:32comprendre. Chaque page, je m'arrête,

14:34j'explique à voix haute, je crée des

14:37liens avec ce que je sais déjà. Si je

14:38bloque sur une notion, je vais plus

14:40loin. C'est la récupération active.

14:42Combiné avec ce que la science appelle

14:43aussi l'élaboration et la génération. En

14:45gros, tu construis en même temps que tu

14:47apprends. Le lendemain ou le

14:48surlendemain, je reviens sur ce cours et

14:50je me le réexplique à nouveau avec les

14:52notions que j'ai oublié. Je commence

14:53aussi à le ficher, une fiche synthétique

14:55née de ma compréhension. Sur la semaine,

14:57je revois ce cours trois ou quatre fois

14:58avec des intervalles de plus en plus

14:59longs. À chaque passage, j'encre un peu

15:01plus, je pefine les détails. C'est

15:04l'espacement. Quand je commence à faire

15:05des Qcm ou des exercices, je ne reste

15:07pas sur un seul cours. Je mélange tous

15:08les cours d'une même matière. Les

15:10questions s'enchaînent dans le désordre.

15:12C'est l'entrelacement. [musique] Et

15:12régulièrement, je m'évalue

15:14objectivement, en conditions réelles,

15:15sans support. Et à partir [musique] d'un

15:17certain stade, je fais les QCM avant de

15:19revoir le cours. C'est la calibration.

15:20Tout ça représente plus d'efforts que la

15:22routine classique. Plus de frictions,

15:24plus de moments où tu te sens

15:25incompétent, où tu te sens frustré.

15:27C'est normal, [musique] c'est

15:28l'application directe des difficultés

15:29désirables. Et c'est exactement la

15:31signature d'une session de travail

15:33réellement efficace. Il y a une dernière

15:35pratique scientifique à mentionner,

15:36celle que tu utilises quand tu prends

15:38régulièrement du recul sur ce que tu

15:39viens d'apprendre. Quand tu prends un

15:40temps pour te demander ce que tu as

15:42retenu de ta session, ce qui t'a parlé,

15:43ce qui a été plus difficile, ce que tu

15:45aurais fait potentiellement

15:46différemment, c'est la réflexion. Une

15:48autre pratique qui amplifie tout le

15:50reste. Mais je vais pas m'attarder dans

15:51cette vidéo. Sache que tu n'as pas

15:52besoin de plus de temps. Tu as besoin

15:54d'une autre manière d'utiliser le temps

15:56que tu as. Maintenant, si tu veux

15:57appliquer tout ça spécifiquement à une

15:59année de médecine, j'ai créé la voix du

16:01major pour ça. Tu as simplement à

16:03m'envoyer major sur Instagram et je t'en

16:05dis plus. Pour récapituler, cinq

16:07principes : récupération active,

16:09espacement, entrelacement, difficultés

16:12désirable, calibration. Cinq mécanismes

16:14qui se renforcent mutuellement et qui

16:16changent radicalement ce que tu retiens

16:17à long terme. Si tu dois retenir une

16:19seule chose de cette vidéo, retiens

16:21qu'apprendre vraiment, c'est accepter le

16:23chemin difficile sur le moment pour

16:25récolter une maîtrise durable sur le

16:27long terme. À chacun sa trajectoire, à

16:30chacun sa signature, c'était Céan.

Recently added transcripts

Browse the whole transcript library

This transcript was generated from the captions YouTube publishes for this video. Get the transcript of any YouTube video atfreeyoutubetranscribe.com, free, unlimited, no sign-up.