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L'épidémie silencieuse qui frappe les sportifs.

Sami · 2,624 words · 12 min read

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La maladie invisible

0:00[Musique]

0:00Il existerait une maladie qui frappe

0:02près de la moitié des personnes que vous

0:03voyez sur cette image. Pourtant,

0:05l'immense majorité d'entre eux n'en sont

0:06même pas conscients et pour cause, la

0:08maladie dont ils sont atteints est

0:09invisible, difficile à diagnostiquer et

0:11mal comprise. Mais je suis presque sûr

0:13que vous en avez déjà entendu parler. Il

0:15y en a beaucoup qui sont accros à la

0:16salle de sport et surtout que cette

0:17adduction porte un nom. C'est la

0:19bigorexie. Êtes-vous bigorexique ? Et

0:22oui, l'activité physique peut devenir

0:25une vraie drogue. Ces deux dernières

0:26années, les reportages mettant en garde

0:28sur la bigorexie ou l'addiction au sport

0:29se multiplie. Et honnêtement, la

0:31première fois que j'en ai entendu

0:32parler, je me suis dit la même chose que

0:33vous. En quoi est-ce que c'est un

0:35problème ? À une époque où 47 % des

0:36Français sont en surpoids, est-ce que

0:38l'addiction au sport n'est pas le

0:39dernier de nos soucis ? Pour en avoir le

0:40cœurnet, j'ai enquêté sur cette nouvelle

0:42pathologie et j'ai découvert deux

0:43choses. La quasi-totalité des reportages

0:46que vous avez pu voir sur le sujet sont

0:47à côté de la plaque. Et malheureusement,

0:49la vérité est bien plus sombre et

0:50complexe que ce qu'on a tendance à vous

0:52raconter. La définition de la

Dysmorphie

0:54bigorissique qu'on entend le plus

0:55souvent est assez simple. C'est une

0:56addiction à l'exercice physique. Les

0:58bigorexiques sont des acharnés de

0:59l'entraînement qui ont une passion

1:00dévorante pour leur sport ou en tout cas

1:03c'est comme ça que les reportages sur le

1:04sujet nous le présentent. Sauf qu'il y a

1:06un problème avec cette définition. Elle

1:08est complètement fausse. La bigorexie ou

1:10la dysmorphie musculaire, pour reprendre

1:12le terme employé par la communauté

1:13scientifique, n'est pas une addiction au

1:15sport. C'est une pathologie qui modifie

1:17l'image que vous avez de votre propre

1:18corps. Une personne bigorexique se

1:20considère en permanence trop maigre et

1:21pas assez musclée, même si

1:22objectivement, elle a un physique plus

1:24athlétique que 99 % de la population.

1:26Bon, dit comme ça, ça semble pas bien

1:27grave et si vous faites de la

1:29musculation, vous vous êtes sans doute

1:30déjà comparé à un autre athlète et

1:32trouvé que vous n'étiez pas assez

1:33musclé. Sauf que ça, c'est pas de la

1:34bigorexie, c'est juste l'envie de se

1:36comparer aux autres. On peut pas

1:37toujours dire que ce soit toujours sain,

1:39mais c'est humain. Non, la bigorexie est

1:41un vrai trouble reconnu par l'OMS qui se

1:42diagnostique selon trois critères

1:44principaux. Vous êtes obsédé par un ou

1:46plusieurs défauts perçus dans votre

1:47apparence que les autres ne voient pas.

1:48Vous développez des comportements

1:49répétitifs comme vous regardez dans le

1:51miroir, mesurez vos muscles ou vous

1:52comparez aux personnes que vous croisez

1:53dans la rue. Et cette obsession vous

1:55cause une souffrance importante au point

1:56qu'elle impacte votre vie sociale ou

1:58professionnelle. Au quotidien, une

1:59personne bigorexique va par exemple

2:01éviter les lieux publics où son corps

2:02risquerait d'être jugé, comme la plage

2:04ou la piscine. En 2014, une étude

2:05estimait que 58 % des bigxiques évitent

2:08de fréquenter certains endroits, voir

2:09certaines personnes, à cause de l'image

2:11négative qu'ils ont de leur corps. Donc,

2:13vous comprenez qu'on est bien au-delà de

2:14la simple comparaison dans les

2:15vestiaires et ça va plus loin. Dans

2:17beaucoup de cas, la bigorexie est le

2:18point de départ d'un long cercle vicieux

2:20au sein duquel d'autres pathologies

2:22associées font leur apparition. On va

2:23prendre un exemple. Je vous présente

2:24Bob. Malgré son physique impressionnant,

2:26Bob déteste le reflet que lui renvole

2:28miroir et ne se trouve jamais assez

2:30musclé. Son physique l'obsède à tel

2:31point qu'il occupe ses pensées jusqu'à

2:335h par jour. Pour prendre de la masse,

2:35Bob s'entraîne de plus en plus fort.

2:36Tellement fort qu'il va au-delà de ce

2:37que son corps peut encaisser et se

2:39blesse. Sa blessure devrait l'empêcher

2:40de s'entraîner, mais Bob a si peur de

2:42régresser qu'il continue malgré la

2:43douleur et le risque d'aggraver sa

2:45situation. Pour accélérer ses progrès,

2:46Bob a déjà eu recours à des produits

2:48d'uppan qui viennent eux aussi avec leur

2:49lot de risque pour la santé. Et en

2:51dehors du sport, il n'a aucun autre

2:52loisir et évite de voir du monde par

2:54peur d'être jugé, ce qui renforce son

2:55isolement, augmente ses risques de

2:57dépression et l'empêche d'obtenir un

2:58feedback réaliste sur son apparence. Le

3:00vrai visage de la vigorexie, c'est

3:02celui-ci, un poison insidieux qui se

3:04répand dans tous les aspects de votre

3:05vie et ne vous laisse jamais tranquille.

3:07Les études sur le sujet estiment que la

3:08maladie touche en majorité les hommes

3:10d'une vingtaine d'années dans les sports

3:11qui mettent un fort accent sur

3:12l'apparence musculaire comme le

3:13bodybuilding ou dans les disciplines

3:15avec des catégories de poids comme les

3:16sports de combat. Pour ce qui est des

3:18chiffres, ils existent. On parle par

3:19exemple de 50 % des bodybuilders qui

3:21seraient concernés, mais il faut prendre

3:22ça avec des pincettes. L'igorexie, c'est

3:24pas comme la varicelle, les symptômes

3:26sont complètement invisibles. En fait,

3:27c'est même pire que ça parce qu'un

3:28athlète bigorexique présente en

3:30apparence tous les attributs valorisés

3:31par la société. Il est sportif, il

3:33s'entraîne, il a un physique athlétique,

3:35il est performant. Bref, il coche toutes

3:37les cases de la définition contemporaine

3:38de la réussite. Ce qui veut dire que

3:40personne ne va s'inquiéter pour lui. Et

3:41à l'inverse, les bigxiques préfèrent

3:43souvent taire leur mal-être par peur de

3:44ne pas être pris au sérieux. Et ça,

3:46c'est grave. Ça ralentit la recherche

3:48sur le sujet. Ça empêche les

3:49professionnels de santé de mettre à jour

3:50leurs connaissances en plus d'enfermer

3:52les malades dans leur souffrance. On a

3:53besoin de parler de la bigorexie, mais

3:55on a surtout besoin d'en parler

3:56correctement. Résumer ça à une addiction

3:58au sport, ça n'aide personne. Alors oui,

4:00certains bigxiques peuvent développer

4:02une forme d'addiction à l'entraînement

4:03pour se rapprocher de leurs objectifs

4:04physiques. On appelle ça une

4:06comorbidité. C'est un trouble associé

4:08mais ce n'est pas la même chose et on

4:09fait trop souvent la confusion. 95 % des

4:12reportages que vous regardez sur la

4:13bigorexie traitent en réalité de

4:14l'addiction au sport. Et là aussi, il y

Addiction

4:17a beaucoup à dire. Le simple fait de

4:18mentionner l'existence d'une addiction

4:20au sportgace beaucoup de pratiquants. Et

4:21je comprends pourquoi. Aujourd'hui, plus

4:23que jamais, on a besoin d'encourager les

4:24gens à bouger. La sédentarité est la

4:264rième plus grande cause de décès

4:27prématuré dans le monde. Et pourtant, on

4:29a parfois la sensation que les rares

4:31fois où les médias traditionnels

4:32s'intéressent au sport, il préfèrent en

4:34présenter les rares dangers plutôt que

4:35les innombrables bénéfices. Pour une

4:37émission qui traite par exemple des

4:38bienfaits de l'activité physique sur la

4:40santé mentale, vous en trouvez 10 qui

4:41parlent de dopage, de blessures ou

4:43d'addiction. Et quand on est soi-même

4:45sportif, c'est frustrant parce que le

4:46sujet fait profondément partie de notre

4:48identité et qu'on a l'impression qu'il

4:49n'est pas pris au sérieux. Alors, on est

4:51tenté de tout rejeter en bloc et de dire

4:52qu'au pire, l'addiction au sport

4:53n'existe tout simplement pas et qu'au

4:55mieux, quit à être accro à quelque chose

4:57autant que ce soit le sport. Je suis sûr

4:58que vous êtes nombreux à penser ça en ce

5:00moment même, mais laissez-moi juste une

5:01chance de vous faire changer d'avis.

5:02L'addiction au sport est un phénomène

5:04reconnu et étudié depuis assez peu de

5:05temps. Ce qui veut dire que l'on n'a pas

5:06encore de définitions exactes ou de

5:08grries de diagnostic très précis, mais

5:10la plupart des chercheurs s'accord à

5:11dire qu'on peut l'évaluer selon des

5:12critères similaires à ceux utilisés pour

5:14d'autres addictions. On retrouve par

5:16exemple des pensées obsessionnelles, une

5:17perte de contrôle sur sa pratique, des

5:19symptômes de manque en cas d'arrêt, une

5:20nécessité d'augmenter le volume

5:22d'entraînement ou la poursuite malgré

5:23des conséquences néfaces sur

5:24l'organisme, la vie sociale ou

5:26professionnelle. Contrairement à la

5:27bigorexie, dans le cas de l'addiction au

5:29sport, l'entraînement n'est pas un moyen

5:31mais une fin. On ne fait pas du sport

5:32pour changer son corps, mais juste par

5:34dépendance aux sensations que cela nous

5:35procure. Là aussi, les chiffres ne sont

5:37pas clairs, mais on estime que les

5:38sportifs d'endurance seraient les plus

5:39touchés avec certaines études

5:41mentionnant jusqu'à plus de 40 % des

5:42pratiques concernées sur des

5:44échantillons d'athlètes de très bon

5:45niveau. Et si on s'arrêtait là, serait

5:46facile de dire bah et alors après tout,

5:49si vous faites beaucoup de sport, vous

5:50avez sans doute déjà été un peu agacé de

5:51devoir louper un entraînement et ça vous

5:53est peut-être arrivé de refuser une

5:54soirée parce que vous aviez une séance à

5:56faire le lendemain matin. Alors

5:57peut-être que vous vous reconnaissez

5:58là-dedans mais vous vous en portez pas

5:59plus mal. Et ben non, si vous êtes

6:01capable de tenir ce discours, alors vous

6:03n'êtes pas concerné. Déjà parce que

6:04l'autodiagnostic n'est jamais une très

6:06bonne solution, mais surtout parce

6:07qu'une dépendance saine, c'est un oxyor.

6:09Ça n'existe pas. Et la meilleure manière

6:11de se rendre compte, ça reste de prendre

6:12le temps d'écouter la parole de ceux qui

6:14acceptent de témoigner. Si je n'avais

6:16pas couru dans la journée, je faisais

6:17sauter des obligations professionnelles

6:18pour aller courir. Quand la piscine est

6:20fermée, je suis agressive. Je suis

6:21énervée et mon entourage le sent. Je ne

6:23fréquente que des sportifs vis-à-vis de

6:25ma famille. Ça m'a fait renoncer à des

6:26événements très importants comme le

6:27mariage de ma sœur. On n'est plus du

6:29tout dans le sport bénéfique mais dans

6:30le sport obligation, le sport

6:32contrainte. Est-ce que vous comprenez un

6:33peu mieux de quoi on parle ? À ce stade,

6:35il ne s'agit plus d'une passion mais

6:36d'une vraie dépendance. L'addiction est

6:38une maladie peu importe envers quoi elle

6:40se manifeste. Alors est-ce que tous les

6:41sportifs ont un problème d'addiction ?

6:43Bah évidemment que non et ça fait toute

6:44l'ambiguïté du sujet. Contrairement au

6:46tabac qui n'apporte aucun bénéfice,

6:48quelle que soit la dose, l'immense

6:49majorité des pratiquants ont un rapport

6:50sain avec leur discipline. Mais si une

6:52activité, une substance ou une habitude

6:54vous coupe de votre famille, vous

6:55empêche de travailler correctement et

6:56vous rend agressif, alors elle est

6:58malsine peu importe que ce soit la

Incompréhension

7:00cigarette ou le triathlon. Et

7:01contrairement à ce qu'on entend souvent,

7:02c'est pas juste une question de volume

7:04d'entraînement. Ce qui m'agace vraiment

7:05dans la manière avec laquelle les médias

7:06traditionnels traitent le sujet, c'est

7:08qu'ils confondent passion et addiction,

7:10pratique intensive et pratique

7:12obsessionnell. On est d'accord, la

7:13frontière est pas toujours facile à

7:14situer, mais ça c'est le travail d'un

7:16thérapeute, pas d'un journaliste. Les

7:18reportages sur l'addiction au sport

7:19posent problème car les athlètes qu'on y

7:20voit ne sont addictes que selon les

7:21critères préétablis par le journaliste

7:23avant même de faire son enquête. Les

7:25personnes que vous voyez dans ces

7:26émissions n'ont presque jamais été

7:27diagnostiquées. Elles font simplement

7:29plus de sport que ce que la personne

7:30derrière la caméra considère comme

7:32normal. Si vous vous entraînez six fois

7:33par semaine et que le journaliste en

7:34face de vous considère que c'est trop,

7:36alors il n'aura aucune difficulté à

7:37monter un reportage vous présentant

7:39comme un addicte. Pour ça, il lui suffit

7:40de poser des questions suffisamment

7:42orientées pour que vos réponses rentrent

7:43pile dans le cadre qu'il a déjà défini.

7:45C'est le principe du biais de

7:46confirmation. Comme ils n'ont ni

7:47l'expertise ni le temps de la

7:48développer, les auteurs de ces

7:50reportages partent avec une idée en tête

7:51et ne retiennent que ce qui la valide.

7:53Parce que quand le seul outil que vous

7:54avez est un marteau, tout ressemble à un

7:56clou. Si vous reconnaissez dans la

7:57description faite de l'addiction à

7:58l'exercice, ça vaut toujours le coup

8:00d'en parler un professionnel, mais le

8:02diagnostic ne sera pas posé simplement

8:03en regardant votre charge

8:04d'entraînement. Vous pouvez décider que

8:06le sport est l'une des priorités de

8:07votre vie. Vous pouvez vous fixer un

8:09objectif ambitieux et vous donner les

8:10moyens de l'atteindre. Vous pouvez

8:12passer 8 10 heures par semaine à vous

8:13entraîner et vous pouvez faire tout ça

8:15sans qu'il s'agisse d'une addiction

8:17parce qu'on a tous des rêves, des

8:18priorités différentes et tout mettre en

8:20place pour atteindre votre plein

8:21potentiel dans un sport, c'est une quête

8:23noble et qui mérite le respect mais elle

8:25ne doit pas se faire au détriment du

8:26reste de votre vie et des personnes qui

8:27la composent. J'insiste là-dessus mais

8:29l'objectif n'est vraiment pas de vous

8:31rendre parano ou de vous dissuader de

8:32vous investir plus que la moyenne dans

8:33le sport. Ce serait un peu hypocrite de

8:35ma part. Non, ce qui est fascinant avec

8:37l'addiction au sport, c'est qu'une fois

8:38qu'on accepte d'en parler comme un vrai

8:40trouble et non comme une invention

8:41médiatique, et ben il y a un constat qui

Élite

8:43s'impose assez vite. Si vous tournez le

8:44projecteur du sportif amateur vers

8:46l'athlète professionnel, ce qui est

8:47inquiétant chez l'un devient glorifié

8:49chez l'autre. Si une intoxication

8:51alimentaire vous cle au lit pendant 24

8:52heures, vous fait perdre plusieurs

8:54kilos, vous épuise au point que vous

8:55peinez à tenir debout et que malgré tout

8:57vous refusez de déclarer forfait pour le

8:59prochain match de votre équipe de

9:00basket, peut-être que vous avez un

9:02problème. Mais lorsque Michael Jordan

9:03fait exactement la même chose, cela

9:05devient un épisode légendaire de sa

9:06carrière et un symbole de ce qui fait de

9:08lui un athlète hors norme. En fait,

9:10prenez un à un les critères de

9:11diagnostic de l'addiction au sport et

9:13vous verrez qu'ils correspondent

9:14étonnamment aux caractéristiques

9:15attribuées aux athlètes qui ont dominé

9:17leur discipline. Jean Luigi Buffon est

9:18considéré comme l'un des meilleurs

9:19gardiens de but de l'histoire en 2019.

9:21Il a aussi révélé avoir traversé un

9:23épisode dépressif alors qu'il était au

9:24sommet de sa carrière parce que toute

9:26son existence était dédiée au football.

9:28Kobe Bryant a marqué l'histoire du sport

9:29pour son éthique de travail et sa

9:31mentalité, mais il a également avoué

9:33qu'une personne comme lui ne peut pas

9:34développer de vraies amitiés. Alors,

9:36est-ce que toutes les icônes du sport

9:37sont des addictes ? Je suis pas qualifié

9:39pour faire le diagnostic, mais ce qui

9:40est sûr, c'est qu'il coche pas mal de

9:41cases et quelque part, ça n'a rien de

9:43surprenant. Les athlètes dont on parle

9:45là, ça se compte sur les doigts d'une

9:46main. Des millions d'enfants rêvent de

9:47devenir sportifs professionnels. Parmi

9:49eux, à peine quelques milliers y

9:51arrivent. Et sur cet échantillon, ils

9:53sont une dizaine tout au plus à s'élever

9:55au rang de légende. Est-ce qu'on peut

9:56atteindre un tel niveau d'excellence

9:57tout en gardant une pratique

9:58parfaitement saine et équilibrée ? J'en

10:00suis pas sûr. Pour accomplir ce que

10:02personne n'a jamais réussi, je crois

10:03qu'il faut être prêt à sacrifier une

10:05partie de son existence. À un niveau

10:06amateur où le sport n'est par définition

10:08pas le cœur de notre vie, mettre en

10:10garde contre la bigorexie ou l'addiction

10:12revient à promouvoir une relation

10:13raisonnable avec le sport. Mais

10:14l'excellence, elle n'a rien de

10:16raisonnable. On dit que la gloire est le

10:18deuil éclatant du bonheur. Et je pense

10:19que c'est vrai. On ne peut pas vouloir

10:20devenir Raphaël Nadal sans accepter de

10:22payer le prix qui est associé. Et il est

10:24beaucoup plus élevé que ce que l'on

10:25imagine. Pour vous, pour moi, pour la

10:27totalité des sportifs amateurs, ce n'est

10:29ni souhaitable ni enviable. Mais en tant

10:31que spectateur, on ne peut que respecter

10:32le sacrifice et admirer ce qu'il rend

10:34possible.

10:36[Musique]

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