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La maladie invisible
0:00[Musique]
0:00Il existerait une maladie qui frappe
0:02près de la moitié des personnes que vous
0:03voyez sur cette image. Pourtant,
0:05l'immense majorité d'entre eux n'en sont
0:06même pas conscients et pour cause, la
0:08maladie dont ils sont atteints est
0:09invisible, difficile à diagnostiquer et
0:11mal comprise. Mais je suis presque sûr
0:13que vous en avez déjà entendu parler. Il
0:15y en a beaucoup qui sont accros à la
0:16salle de sport et surtout que cette
0:17adduction porte un nom. C'est la
0:19bigorexie. Êtes-vous bigorexique ? Et
0:22oui, l'activité physique peut devenir
0:25une vraie drogue. Ces deux dernières
0:26années, les reportages mettant en garde
0:28sur la bigorexie ou l'addiction au sport
0:29se multiplie. Et honnêtement, la
0:31première fois que j'en ai entendu
0:32parler, je me suis dit la même chose que
0:33vous. En quoi est-ce que c'est un
0:35problème ? À une époque où 47 % des
0:36Français sont en surpoids, est-ce que
0:38l'addiction au sport n'est pas le
0:39dernier de nos soucis ? Pour en avoir le
0:40cœurnet, j'ai enquêté sur cette nouvelle
0:42pathologie et j'ai découvert deux
0:43choses. La quasi-totalité des reportages
0:46que vous avez pu voir sur le sujet sont
0:47à côté de la plaque. Et malheureusement,
0:49la vérité est bien plus sombre et
0:50complexe que ce qu'on a tendance à vous
0:52raconter. La définition de la
Dysmorphie
0:54bigorissique qu'on entend le plus
0:55souvent est assez simple. C'est une
0:56addiction à l'exercice physique. Les
0:58bigorexiques sont des acharnés de
0:59l'entraînement qui ont une passion
1:00dévorante pour leur sport ou en tout cas
1:03c'est comme ça que les reportages sur le
1:04sujet nous le présentent. Sauf qu'il y a
1:06un problème avec cette définition. Elle
1:08est complètement fausse. La bigorexie ou
1:10la dysmorphie musculaire, pour reprendre
1:12le terme employé par la communauté
1:13scientifique, n'est pas une addiction au
1:15sport. C'est une pathologie qui modifie
1:17l'image que vous avez de votre propre
1:18corps. Une personne bigorexique se
1:20considère en permanence trop maigre et
1:21pas assez musclée, même si
1:22objectivement, elle a un physique plus
1:24athlétique que 99 % de la population.
1:26Bon, dit comme ça, ça semble pas bien
1:27grave et si vous faites de la
1:29musculation, vous vous êtes sans doute
1:30déjà comparé à un autre athlète et
1:32trouvé que vous n'étiez pas assez
1:33musclé. Sauf que ça, c'est pas de la
1:34bigorexie, c'est juste l'envie de se
1:36comparer aux autres. On peut pas
1:37toujours dire que ce soit toujours sain,
1:39mais c'est humain. Non, la bigorexie est
1:41un vrai trouble reconnu par l'OMS qui se
1:42diagnostique selon trois critères
1:44principaux. Vous êtes obsédé par un ou
1:46plusieurs défauts perçus dans votre
1:47apparence que les autres ne voient pas.
1:48Vous développez des comportements
1:49répétitifs comme vous regardez dans le
1:51miroir, mesurez vos muscles ou vous
1:52comparez aux personnes que vous croisez
1:53dans la rue. Et cette obsession vous
1:55cause une souffrance importante au point
1:56qu'elle impacte votre vie sociale ou
1:58professionnelle. Au quotidien, une
1:59personne bigorexique va par exemple
2:01éviter les lieux publics où son corps
2:02risquerait d'être jugé, comme la plage
2:04ou la piscine. En 2014, une étude
2:05estimait que 58 % des bigxiques évitent
2:08de fréquenter certains endroits, voir
2:09certaines personnes, à cause de l'image
2:11négative qu'ils ont de leur corps. Donc,
2:13vous comprenez qu'on est bien au-delà de
2:14la simple comparaison dans les
2:15vestiaires et ça va plus loin. Dans
2:17beaucoup de cas, la bigorexie est le
2:18point de départ d'un long cercle vicieux
2:20au sein duquel d'autres pathologies
2:22associées font leur apparition. On va
2:23prendre un exemple. Je vous présente
2:24Bob. Malgré son physique impressionnant,
2:26Bob déteste le reflet que lui renvole
2:28miroir et ne se trouve jamais assez
2:30musclé. Son physique l'obsède à tel
2:31point qu'il occupe ses pensées jusqu'à
2:335h par jour. Pour prendre de la masse,
2:35Bob s'entraîne de plus en plus fort.
2:36Tellement fort qu'il va au-delà de ce
2:37que son corps peut encaisser et se
2:39blesse. Sa blessure devrait l'empêcher
2:40de s'entraîner, mais Bob a si peur de
2:42régresser qu'il continue malgré la
2:43douleur et le risque d'aggraver sa
2:45situation. Pour accélérer ses progrès,
2:46Bob a déjà eu recours à des produits
2:48d'uppan qui viennent eux aussi avec leur
2:49lot de risque pour la santé. Et en
2:51dehors du sport, il n'a aucun autre
2:52loisir et évite de voir du monde par
2:54peur d'être jugé, ce qui renforce son
2:55isolement, augmente ses risques de
2:57dépression et l'empêche d'obtenir un
2:58feedback réaliste sur son apparence. Le
3:00vrai visage de la vigorexie, c'est
3:02celui-ci, un poison insidieux qui se
3:04répand dans tous les aspects de votre
3:05vie et ne vous laisse jamais tranquille.
3:07Les études sur le sujet estiment que la
3:08maladie touche en majorité les hommes
3:10d'une vingtaine d'années dans les sports
3:11qui mettent un fort accent sur
3:12l'apparence musculaire comme le
3:13bodybuilding ou dans les disciplines
3:15avec des catégories de poids comme les
3:16sports de combat. Pour ce qui est des
3:18chiffres, ils existent. On parle par
3:19exemple de 50 % des bodybuilders qui
3:21seraient concernés, mais il faut prendre
3:22ça avec des pincettes. L'igorexie, c'est
3:24pas comme la varicelle, les symptômes
3:26sont complètement invisibles. En fait,
3:27c'est même pire que ça parce qu'un
3:28athlète bigorexique présente en
3:30apparence tous les attributs valorisés
3:31par la société. Il est sportif, il
3:33s'entraîne, il a un physique athlétique,
3:35il est performant. Bref, il coche toutes
3:37les cases de la définition contemporaine
3:38de la réussite. Ce qui veut dire que
3:40personne ne va s'inquiéter pour lui. Et
3:41à l'inverse, les bigxiques préfèrent
3:43souvent taire leur mal-être par peur de
3:44ne pas être pris au sérieux. Et ça,
3:46c'est grave. Ça ralentit la recherche
3:48sur le sujet. Ça empêche les
3:49professionnels de santé de mettre à jour
3:50leurs connaissances en plus d'enfermer
3:52les malades dans leur souffrance. On a
3:53besoin de parler de la bigorexie, mais
3:55on a surtout besoin d'en parler
3:56correctement. Résumer ça à une addiction
3:58au sport, ça n'aide personne. Alors oui,
4:00certains bigxiques peuvent développer
4:02une forme d'addiction à l'entraînement
4:03pour se rapprocher de leurs objectifs
4:04physiques. On appelle ça une
4:06comorbidité. C'est un trouble associé
4:08mais ce n'est pas la même chose et on
4:09fait trop souvent la confusion. 95 % des
4:12reportages que vous regardez sur la
4:13bigorexie traitent en réalité de
4:14l'addiction au sport. Et là aussi, il y
Addiction
4:17a beaucoup à dire. Le simple fait de
4:18mentionner l'existence d'une addiction
4:20au sportgace beaucoup de pratiquants. Et
4:21je comprends pourquoi. Aujourd'hui, plus
4:23que jamais, on a besoin d'encourager les
4:24gens à bouger. La sédentarité est la
4:264rième plus grande cause de décès
4:27prématuré dans le monde. Et pourtant, on
4:29a parfois la sensation que les rares
4:31fois où les médias traditionnels
4:32s'intéressent au sport, il préfèrent en
4:34présenter les rares dangers plutôt que
4:35les innombrables bénéfices. Pour une
4:37émission qui traite par exemple des
4:38bienfaits de l'activité physique sur la
4:40santé mentale, vous en trouvez 10 qui
4:41parlent de dopage, de blessures ou
4:43d'addiction. Et quand on est soi-même
4:45sportif, c'est frustrant parce que le
4:46sujet fait profondément partie de notre
4:48identité et qu'on a l'impression qu'il
4:49n'est pas pris au sérieux. Alors, on est
4:51tenté de tout rejeter en bloc et de dire
4:52qu'au pire, l'addiction au sport
4:53n'existe tout simplement pas et qu'au
4:55mieux, quit à être accro à quelque chose
4:57autant que ce soit le sport. Je suis sûr
4:58que vous êtes nombreux à penser ça en ce
5:00moment même, mais laissez-moi juste une
5:01chance de vous faire changer d'avis.
5:02L'addiction au sport est un phénomène
5:04reconnu et étudié depuis assez peu de
5:05temps. Ce qui veut dire que l'on n'a pas
5:06encore de définitions exactes ou de
5:08grries de diagnostic très précis, mais
5:10la plupart des chercheurs s'accord à
5:11dire qu'on peut l'évaluer selon des
5:12critères similaires à ceux utilisés pour
5:14d'autres addictions. On retrouve par
5:16exemple des pensées obsessionnelles, une
5:17perte de contrôle sur sa pratique, des
5:19symptômes de manque en cas d'arrêt, une
5:20nécessité d'augmenter le volume
5:22d'entraînement ou la poursuite malgré
5:23des conséquences néfaces sur
5:24l'organisme, la vie sociale ou
5:26professionnelle. Contrairement à la
5:27bigorexie, dans le cas de l'addiction au
5:29sport, l'entraînement n'est pas un moyen
5:31mais une fin. On ne fait pas du sport
5:32pour changer son corps, mais juste par
5:34dépendance aux sensations que cela nous
5:35procure. Là aussi, les chiffres ne sont
5:37pas clairs, mais on estime que les
5:38sportifs d'endurance seraient les plus
5:39touchés avec certaines études
5:41mentionnant jusqu'à plus de 40 % des
5:42pratiques concernées sur des
5:44échantillons d'athlètes de très bon
5:45niveau. Et si on s'arrêtait là, serait
5:46facile de dire bah et alors après tout,
5:49si vous faites beaucoup de sport, vous
5:50avez sans doute déjà été un peu agacé de
5:51devoir louper un entraînement et ça vous
5:53est peut-être arrivé de refuser une
5:54soirée parce que vous aviez une séance à
5:56faire le lendemain matin. Alors
5:57peut-être que vous vous reconnaissez
5:58là-dedans mais vous vous en portez pas
5:59plus mal. Et ben non, si vous êtes
6:01capable de tenir ce discours, alors vous
6:03n'êtes pas concerné. Déjà parce que
6:04l'autodiagnostic n'est jamais une très
6:06bonne solution, mais surtout parce
6:07qu'une dépendance saine, c'est un oxyor.
6:09Ça n'existe pas. Et la meilleure manière
6:11de se rendre compte, ça reste de prendre
6:12le temps d'écouter la parole de ceux qui
6:14acceptent de témoigner. Si je n'avais
6:16pas couru dans la journée, je faisais
6:17sauter des obligations professionnelles
6:18pour aller courir. Quand la piscine est
6:20fermée, je suis agressive. Je suis
6:21énervée et mon entourage le sent. Je ne
6:23fréquente que des sportifs vis-à-vis de
6:25ma famille. Ça m'a fait renoncer à des
6:26événements très importants comme le
6:27mariage de ma sœur. On n'est plus du
6:29tout dans le sport bénéfique mais dans
6:30le sport obligation, le sport
6:32contrainte. Est-ce que vous comprenez un
6:33peu mieux de quoi on parle ? À ce stade,
6:35il ne s'agit plus d'une passion mais
6:36d'une vraie dépendance. L'addiction est
6:38une maladie peu importe envers quoi elle
6:40se manifeste. Alors est-ce que tous les
6:41sportifs ont un problème d'addiction ?
6:43Bah évidemment que non et ça fait toute
6:44l'ambiguïté du sujet. Contrairement au
6:46tabac qui n'apporte aucun bénéfice,
6:48quelle que soit la dose, l'immense
6:49majorité des pratiquants ont un rapport
6:50sain avec leur discipline. Mais si une
6:52activité, une substance ou une habitude
6:54vous coupe de votre famille, vous
6:55empêche de travailler correctement et
6:56vous rend agressif, alors elle est
6:58malsine peu importe que ce soit la
Incompréhension
7:00cigarette ou le triathlon. Et
7:01contrairement à ce qu'on entend souvent,
7:02c'est pas juste une question de volume
7:04d'entraînement. Ce qui m'agace vraiment
7:05dans la manière avec laquelle les médias
7:06traditionnels traitent le sujet, c'est
7:08qu'ils confondent passion et addiction,
7:10pratique intensive et pratique
7:12obsessionnell. On est d'accord, la
7:13frontière est pas toujours facile à
7:14situer, mais ça c'est le travail d'un
7:16thérapeute, pas d'un journaliste. Les
7:18reportages sur l'addiction au sport
7:19posent problème car les athlètes qu'on y
7:20voit ne sont addictes que selon les
7:21critères préétablis par le journaliste
7:23avant même de faire son enquête. Les
7:25personnes que vous voyez dans ces
7:26émissions n'ont presque jamais été
7:27diagnostiquées. Elles font simplement
7:29plus de sport que ce que la personne
7:30derrière la caméra considère comme
7:32normal. Si vous vous entraînez six fois
7:33par semaine et que le journaliste en
7:34face de vous considère que c'est trop,
7:36alors il n'aura aucune difficulté à
7:37monter un reportage vous présentant
7:39comme un addicte. Pour ça, il lui suffit
7:40de poser des questions suffisamment
7:42orientées pour que vos réponses rentrent
7:43pile dans le cadre qu'il a déjà défini.
7:45C'est le principe du biais de
7:46confirmation. Comme ils n'ont ni
7:47l'expertise ni le temps de la
7:48développer, les auteurs de ces
7:50reportages partent avec une idée en tête
7:51et ne retiennent que ce qui la valide.
7:53Parce que quand le seul outil que vous
7:54avez est un marteau, tout ressemble à un
7:56clou. Si vous reconnaissez dans la
7:57description faite de l'addiction à
7:58l'exercice, ça vaut toujours le coup
8:00d'en parler un professionnel, mais le
8:02diagnostic ne sera pas posé simplement
8:03en regardant votre charge
8:04d'entraînement. Vous pouvez décider que
8:06le sport est l'une des priorités de
8:07votre vie. Vous pouvez vous fixer un
8:09objectif ambitieux et vous donner les
8:10moyens de l'atteindre. Vous pouvez
8:12passer 8 10 heures par semaine à vous
8:13entraîner et vous pouvez faire tout ça
8:15sans qu'il s'agisse d'une addiction
8:17parce qu'on a tous des rêves, des
8:18priorités différentes et tout mettre en
8:20place pour atteindre votre plein
8:21potentiel dans un sport, c'est une quête
8:23noble et qui mérite le respect mais elle
8:25ne doit pas se faire au détriment du
8:26reste de votre vie et des personnes qui
8:27la composent. J'insiste là-dessus mais
8:29l'objectif n'est vraiment pas de vous
8:31rendre parano ou de vous dissuader de
8:32vous investir plus que la moyenne dans
8:33le sport. Ce serait un peu hypocrite de
8:35ma part. Non, ce qui est fascinant avec
8:37l'addiction au sport, c'est qu'une fois
8:38qu'on accepte d'en parler comme un vrai
8:40trouble et non comme une invention
8:41médiatique, et ben il y a un constat qui
Élite
8:43s'impose assez vite. Si vous tournez le
8:44projecteur du sportif amateur vers
8:46l'athlète professionnel, ce qui est
8:47inquiétant chez l'un devient glorifié
8:49chez l'autre. Si une intoxication
8:51alimentaire vous cle au lit pendant 24
8:52heures, vous fait perdre plusieurs
8:54kilos, vous épuise au point que vous
8:55peinez à tenir debout et que malgré tout
8:57vous refusez de déclarer forfait pour le
8:59prochain match de votre équipe de
9:00basket, peut-être que vous avez un
9:02problème. Mais lorsque Michael Jordan
9:03fait exactement la même chose, cela
9:05devient un épisode légendaire de sa
9:06carrière et un symbole de ce qui fait de
9:08lui un athlète hors norme. En fait,
9:10prenez un à un les critères de
9:11diagnostic de l'addiction au sport et
9:13vous verrez qu'ils correspondent
9:14étonnamment aux caractéristiques
9:15attribuées aux athlètes qui ont dominé
9:17leur discipline. Jean Luigi Buffon est
9:18considéré comme l'un des meilleurs
9:19gardiens de but de l'histoire en 2019.
9:21Il a aussi révélé avoir traversé un
9:23épisode dépressif alors qu'il était au
9:24sommet de sa carrière parce que toute
9:26son existence était dédiée au football.
9:28Kobe Bryant a marqué l'histoire du sport
9:29pour son éthique de travail et sa
9:31mentalité, mais il a également avoué
9:33qu'une personne comme lui ne peut pas
9:34développer de vraies amitiés. Alors,
9:36est-ce que toutes les icônes du sport
9:37sont des addictes ? Je suis pas qualifié
9:39pour faire le diagnostic, mais ce qui
9:40est sûr, c'est qu'il coche pas mal de
9:41cases et quelque part, ça n'a rien de
9:43surprenant. Les athlètes dont on parle
9:45là, ça se compte sur les doigts d'une
9:46main. Des millions d'enfants rêvent de
9:47devenir sportifs professionnels. Parmi
9:49eux, à peine quelques milliers y
9:51arrivent. Et sur cet échantillon, ils
9:53sont une dizaine tout au plus à s'élever
9:55au rang de légende. Est-ce qu'on peut
9:56atteindre un tel niveau d'excellence
9:57tout en gardant une pratique
9:58parfaitement saine et équilibrée ? J'en
10:00suis pas sûr. Pour accomplir ce que
10:02personne n'a jamais réussi, je crois
10:03qu'il faut être prêt à sacrifier une
10:05partie de son existence. À un niveau
10:06amateur où le sport n'est par définition
10:08pas le cœur de notre vie, mettre en
10:10garde contre la bigorexie ou l'addiction
10:12revient à promouvoir une relation
10:13raisonnable avec le sport. Mais
10:14l'excellence, elle n'a rien de
10:16raisonnable. On dit que la gloire est le
10:18deuil éclatant du bonheur. Et je pense
10:19que c'est vrai. On ne peut pas vouloir
10:20devenir Raphaël Nadal sans accepter de
10:22payer le prix qui est associé. Et il est
10:24beaucoup plus élevé que ce que l'on
10:25imagine. Pour vous, pour moi, pour la
10:27totalité des sportifs amateurs, ce n'est
10:29ni souhaitable ni enviable. Mais en tant
10:31que spectateur, on ne peut que respecter
10:32le sacrifice et admirer ce qu'il rend
10:34possible.
10:36[Musique]