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101. Pourquoi les pros de la petite enfance ne veulent plus travailler dans les crèches ?

Référence Petite Enfance · 9,095 words · 42 min read

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0:02À quoi ressemblerait ta crèche si tu

0:04pouvais t'entourer des meilleurs ? Moi,

0:06c'est ce que j'ai fait. Pendant les 15

0:08dernières années de la crèche collective

0:10associative à la microcrèche privée,

0:12j'ai tout expérimenté. La petite enfance

0:15est un métier à forte contrainte mais

0:17aussi à forte valeur ajoutée. Avec les

0:19meilleurs psi, pédiatres, directeur

0:22pédagogiques et les meilleures

0:23formations, j'ai pu développer la

0:25qualité d'accueil et la qualité de vie

0:26au travail. Alors si toi aussi tu es

0:28motivé par la qualité, bienvenue dans

0:31référence petite enfance. Bienvenue dans

0:32ton podcast.

0:34Bonjour à tous. Bienvenue dans référence

0:36petite enfance. Aujourd'hui, je suis

0:37hyper contente du thème qu'on va

0:39aborder. C'est un sujet qui me tient

0:41vraiment beaucoup à cœur et je pense que

0:43j'ai trouvé l'invité parfaite pour

0:45parler de ce thème. C'est Hélène

0:47Vancomper Pernol que j'accueille

0:49aujourd'hui sur le sujet du sens au

0:51travail. Bonjour Hélène. Je crois que

0:52toi tu dis le sens du métier.

0:54Oui, je parle effectivement de sens du

0:56métier. Bonjour d'abord mais

0:57effectivement je parle de sens du métier

0:59et pas de sens du travail.

1:01Bon, moi j'ai j'ai l'habitude de dire

1:02sens au travail mais tu vas m'expliquer

1:04la différence. En tout cas, pour les

1:05auditeurs qui te connaissent pas, tu es

1:06docteur en psychologie sociale et du

1:08travail et tu as vraiment beaucoup

1:10creusé le sujet du sens du métier. Et en

1:13ce moment, tu travailles sur une étude

1:15qui va apparaître à la rentrée. Donc là,

1:17on se parle en fin juillet 2025 et en

1:20septembre ou octobre 2025, on va avoir

1:22les résultats de ton étude que tu mènes

1:24avec l'université catholique de Lille.

1:27Tu peux en dire quelques mots si tu veux

1:29de cette étude ?

1:29Euh effectivement, c'est une étude qui

1:31s'appelle SP, donc sens des métiers dans

1:33la petite enfance. qui a démarré il y a

1:352 ans. C'est une étude on a déposé un

1:38appel à projet de recherche auprès de la

1:40CNAF qui subventionne parfois recherche

1:43d'universitaire. En fait pour donc moi

1:45et mes collègues, l'objectif c'était de

1:47comprendre finalement aujourd'hui la

1:48crise actuelle dans la petite enfance en

1:51terme de pénurie, d'attractivité, de

1:53fidélisation de des professionnels et

1:55vraiment en se centrant sur la question

1:56du sens. Alors le sens, nous on l'aborde

1:58à travers justement les conditions de

2:00travail et donc de voir comment les

2:02conditions de travail peuvent impacter

2:05le sens du métier et du coup amener les

2:07professionnels à quitter soit leur

2:09structure, soit parfois même le métier

2:12complètement. C'est vrai que à l'heure

2:14aujourd'hui où on traverse une pénurite

2:16professionnelle sans précédent, on peut

2:18se demander si le problème il est pas

2:20là, c'est-à-dire qu'il y a une sorte de

2:21désillusion sur ce métier. Est-ce qu'on

2:24a encore intérêt à travailler dans ce

2:27métier ? Et pourquoi on a perdu cet

2:29intérêt ? Puisque dans le temps, bah il

2:31y avait beaucoup plus de monde qui

2:33trouvait ça assez assez beau quoi, de

2:35travailler auprès des jeunes enfants,

2:37d'être dans le c, dans l'accueil, dans

2:39le soin à l'autre. Aujourd'hui, il y a

2:41quand même un désamour, mais pas que

2:43d'ailleurs dans la petite enfance, ça

2:44peut être aussi dans le grand âge.

2:46Alors, je pense aussi comme toi, que ça

2:48vient beaucoup d'une question de sens,

2:50c'est-à-dire que on peut être bah déçu,

2:52en fait, il y a une sorte de

2:53désillusion, oui, sur ce qu'on met dans

2:56ces métierslà. Mais c'est quoi le sens

2:58du métier ou le sens au travail ? Et

3:00peut-être que c'est pas la même chose,

3:01mais déjà qu'est-ce que c'est que ce

3:03cette notion ? Alors euh justement euh

3:05c'est vrai qu'on parle beaucoup euh et

3:07dans la littérature euh et dans les

3:09médias de sens du travail ou même

3:11parfois de sens au travail. En fait euh

3:13quand on regarde un peu euh

3:14théoriquement euh comment il est il est

3:16modélisé ce sens du travail, ça renvoie

3:19finalement euh beaucoup à la question

3:21aussi des conditions de travail. En

3:22fait, c'est euh quand on parle de sens

3:24du travail, c'est qu'est-ce qui donne du

3:26sens au travail ? Et si on regarde les

3:27modèles, c'est par exemple la question

3:29bah de la reconnaissance, de faire une

3:31tâche qui est considérée comme utile.

3:33Voilà. Donc, on va avoir différents

3:34facteurs qui permettent effectivement de

3:37dire que notre travail a du sens et qui

3:39s'applique à tout type d'activité de

3:42travail. Nous, on a voulu dépasser aussi

3:44un peu ce modèle là parce que comme tu

3:46l'as dit, finalement, la question la

3:48perte de sens, elle est aussi liée à une

3:50forme de désillusion. Donc, on a plutôt

3:52creusé là-dessus et en fait, on a

3:54travaillé vraiment sur le sens du

3:56métier, c'est-à-dire déjà de base, c'est

3:58qu'est-ce qui définit mon métier quand

3:59je suis professionnelle de la petite

4:01enfance ou quand je suis infirmier aussi

4:03par exemple dans ces métiers du soin.

4:04Pourquoi je me dirige vers ce type

4:06d'activité qui sont quand même des

4:07métiers à forte vocation à la base ?

4:10Souvent, c'est parce qu'on est quand

4:11même dans une activité où on veut être

4:13au contact des patients ou des enfants,

4:16être dans l'aide, dans l'accompagnement,

4:18dans l'accueil. Et finalement, parfois

4:20quand on se retrouve sur le terrain,

4:22donc dans une réalité de travail, euh

4:25c'est là où on observe qu'il y a un

4:26décalage important qui s'opère entre

4:28finalement mon idéal euh la

4:30représentation que j'avais moi de ce

4:31métier-là et euh de ce qui se passe

4:33concrètement sur le terrain. Donc à

4:35partir déjà de ça, nous on a creusé

4:37cette question du sens du métier. Ouais.

4:39qui est quand même un peu différent là

4:41déjà du sens du travail parce que dans

4:42le sens du travail, il y a pas cette

4:44question de représentation du métier

4:46pour vraiment dire que le sens du métier

4:48en fait c'est on a du sens quand il y a

4:51un accord entre effectivement notre

4:54représentation du travail presque une

4:56forme d'idéal professionnel et ce qu'on

4:58fait concrètement sur le terrain.

5:00C'est-à-dire que si moi par exemple en

5:01tant qu'enseignant chercheur, mon idéal

5:03de travail c'est de pouvoir être au

5:05contact des étudiants, de faire de la

5:06recherche et que finalement sur le

5:08terrain bah tout ce que je fais c'est de

5:10des tâches administratives ou de la

5:11gestion d'emploi du temps parce que on a

5:13des contraintes aussi et des

5:14problématiques d'effectif. Bah il y a

5:15une forme de d'incohérence de dissonance

5:17qui s'opère et en fait ce pourquoi j'ai

5:19voulu faire ce métier ben je le retrouve

5:21pas dans mon activité de travail réelle.

5:23Donc ça c'est un premier une première

5:24dimension du sens du métier. La deuxième

5:27qui est aussi très importante, c'est

5:29est-ce que les conditions de travail

5:32dans lesquelles j'exerce mon activité,

5:33elles me permettent de faire un travail

5:35que moi j'estime être de qualité. Alors

5:37ça peut être des conditions de travail

5:38matériell par exemple parce que j'ai le

5:40matériel pour pouvoir faire un travail

5:41de qualité mais c'est aussi est-ce qu'on

5:43me donne les moyens en terme humain, en

5:45terme d'autonomie, en terme de

5:47reconnaissance de voilà de pouvoir là

5:50aussi faire un travail que j'estime être

5:52de qualité. quelle ressource j'ai à

5:54disposition pour pouvoir le faire. Et

5:56puis une autre dimension du sens, c'est

5:58la question de de l'adéquation aussi

6:00entre nos valeurs personnelles et

6:03justement qu'on ce qu'on retrouve sur le

6:04terrain. Par exemple, encore dans le

6:07secteur hospitalier, il y a quand même

6:08beaucoup de parallèles finalement avec

6:09ce qui se passe aujourd'hui dans le

6:10milieu de la petite enfance. Il y a un

6:12certain nombre d'études qui démontrent

6:13qu'il y a un décalage euh entre les

6:15valeurs des soignants et ce qui sont

6:18amenés à faire sur le terrain parce que

6:19là encore on est dans des parfois des

6:21logiques de rentabilité, de

6:23productivité, on est sur de la

6:24tarification à l'activité, il faut

6:26produire de l'acte. Et pourquoi j'étais

6:28venue faire ce métier et ce qui m'a

6:29guidé les valeurs, c'est ce qui nous

6:30guide vers aussi une activité. Bah là,

6:32les valeurs d'accompagnement, de

6:34bienveillance, on les retrouve pas

6:35nécessairement dans son activité de

6:36travail. Donc voilà, on est vraiment au

6:38niveau du sens du métier sur ces droit

6:40trois dimensions phare. Euh d'abord

6:42cette histoire de cohérence avec la

6:44représentation, notre idéal de métier.

6:47Est-ce qu'on a les conditions pour faire

6:48un travail de qualité ? Et est-ce que il

6:50y a une adéquation entre nos valeurs

6:52personnelles et ce qu'on fait sur le

6:53terrain en terme de pratique

6:54professionnelle ? OK, tu as dit

6:56énormément de choses. Déjà, je reprends

6:58la la notion euh même de sens du métier

7:01ou ce que j'entends mais je sais pas si

7:03je me trompe, c'est peut-être la

7:05différence entre un métier et un

7:06travail. C'est euh justement de

7:08reprendre le métier en tant que métier

7:11technique. C'est pas juste un truc qu'on

7:14fait intuitivement, que tout le monde

7:15peut faire, que n'importe qui peut

7:16faire. Il y a vraiment une connaissance,

7:18une compétence et une technique. C'est

7:19ça qui constitue peut-être le métier en

7:21fait. On acquèt un métier, on acqu une

7:23expertise.

7:24Oui. Et puis c'est aussi la façon dont

7:26on le définit. Un métier en soit c'est

7:29il y a une définition. Le travail c'est

7:31quelque chose de général. Par contre le

7:33métier, on a il y a une identité de

7:35métier. Une

7:35identité c'est ça.

7:36Exactement. Et donc c'est cette perte

7:39d'identité de métier en fait qui crée

7:41une crise de sens là aujourd'hui quand

7:43on est dans une activité de travail en

7:45fait qui ressemble plus à notre identité

7:47de métier.

7:48Alors tuas tu as cité trois dimensions

7:50euh de ce sens au métier. Euh la

7:52dernière dont tu as parlé c'est le

7:54l'adéquation entre les valeurs

7:55personnelles et puis les valeurs

7:57peut-être de l'organisme dans lequel je

7:59travaille ou en tout cas est-ce que

8:01c'est ses valeurs ou pas mais en tout

8:02cas ce qui est incarné réellement dans

8:03cette organisation. Donc que ce soit une

8:05entreprise de crèche, que ce soit une

8:07municipalité, enfin peu importe le type

8:08de gestionnaire, mais en fait quand je

8:10vais arriver dans cette crèche,

8:12qu'est-ce que je vais trouver sur le

8:13terrain ? En général, ce qu'on trouve

8:15sur le terrain, ça doit découler de

8:17quelque chose qui d'une sorte de vision

8:20du gestionnaire. Donc ça peut être si le

8:22projet d'établissement est bien

8:23appliqué, ben effectivement, on va

8:25retrouver les valeurs du projet

8:26d'établissement, mais parfois c'est pas

8:27du tout incarné non plus. Avant de te

8:29laisser répondre là-dessus, je rebondis

8:31aussi sur ce que tu as dit sur le milieu

8:32hospitalier. Ça fait écho en moi parce

8:34que moi, j'ai commencé à travailler dans

8:35les crèches en 2007. À l'époque, on

8:38commençait à appliquer la PSU et

8:39j'entendais beaucoup de gens. Alors moi,

8:40j'avais jamais connu avant la PSU, mais

8:43tu sais, on entendait les directrices de

8:44crèche et puis certains gestionnaires

8:46qui disaient "Oh là là, ça n'a pas de

8:48sens. Avant c'était plus simple, on est

8:49obligé de forcer les parents à rester

8:51tard le soir parce queil faut qu'on

8:52fasse des heures et cetera." Et donc

8:54moi, j'ai eu le sentiment effectivement

8:56qu'il y avait cette idée de remplissage

8:58et de travail un peu à l'acte où en

9:01réalité bah si on accueille pas l'enfant

9:03à telle heure bah on n'est pas payé.

9:05Donc on tombe dans quelque chose qui est

9:07pas du tout rentable et donc on est très

9:09contraint nous en tant que gestionnaire.

9:11Déjà, peut-être que c'est ça qui va

9:13venir impacter le professionnel sur le

9:16terrain. Quand tu parles de ce qu'il va

9:17vivre sur le terrain, bah il va

9:18peut-être vivre ce qui découle de nous

9:20cette contrainte qu'on vit dans le dans

9:23le bureau quoi. On se dit "Oh là là !"

9:25Tout à fait. Enfin, les les contraintes,

9:27elles viennent pas que de la direction

9:29quoi ou de la hiérarchie. Souvent, on a

9:31cette impression là que de toute façon,

9:33voilà, les grands méchants c'est la

9:34direction, c'est la hiérarchie. En

9:36réalité euh c'est aussi une application

9:38de réglementation de politique publiques

9:41qui parfois sont pas nécessairement bien

9:44pensé ou en tout cas aussi en en

9:45inadéquation avec une réalité terrain.

9:48Et ce qu'on peut retrouver euh avec la

9:50PSU effectivement on le retrouvait dans

9:52le secteur hospitalier avec la

9:53tarification à l'activité la T2A qui a

9:56amené en fait une forme

9:57d'intensification du travail.

9:58C'est-à-dire que pour pouvoir être

9:59subventionné et avoir voilà les

10:01subventions au niveau hospitalier, ben

10:03il faut produire de l'acte. Euh donc ce

10:05qui amène effectivement les soignants

10:07euh à produire de l'acte et être dans

10:09une logique de de rentabilité.

10:12Forcément, ça se répercute aussi sur le

10:14le service client entre guillemets, en

10:15tout cas la relation là aux patients.

10:17Comme pour la PSU, ça se répercute aussi

10:19sur la relation aux enfants,

10:20l'accompagnement qui peut être proposé.

10:22Moi, j'ai eu un certain nombre de

10:23professionnels par exemple quand la PSU

10:25est sortie. Euh voilà, les craintes

10:27c'était euh bah se retrouver en fait à

10:29accueillir des enfants à l'heure parce

10:31que la logique c'était quand même ça la

10:33PSU, c'est de pouvoir accueillir aussi

10:34des enfants à l'heure. Comment on fait

10:36quoi pour pouvoir mettre en place des

10:37activités pédagogiques éducatives qui a

10:40aussi du sens si on est sans cesse en

10:42train d'accueillir des enfants enfin de

10:44les faire repartir ? Enfin voilà, il y a

10:46une forme de discontinuité en fait du

10:48service qui a créé aussi une perte de

10:50sens. H

10:52comme tu dis, ça crée de la

10:53discontinuité et puis ça crée aussi de

10:56la de l'insécurité pour bah

10:58l'organisation. Moi, tu vois, je je

11:00conseille pas mal de gestionnaires sur

11:02leur gestion de l'entreprise parce que

11:03bah souvent, ils sont en difficulté par

11:05rapport à leur accueil parce que bah

11:07c'est pas suffisamment rentable. Et donc

11:09eux, ils ont cette vision idéale du

11:12métier en se disant bah je vais avoir

11:14des crèches, des professionnels la

11:15petite enfance, accueillir des enfants,

11:17des familles, ça va être super. Ils ont

11:19pas du tout envie d'être dans une

11:20logique de remplissage et à un moment on

11:22est obligé de leur dire bah oui mais

11:23regarde en fait ça ne marche pas, ça ne

11:25fonctionne pas parce que tu veux

11:27travailler à l'heure, parce que tu veux

11:28pas faire de remplissage et cetera. Sauf

11:30que bah la réalité c'est que l'équipe ne

11:33pourra pas être payée à la fin du mois.

11:35Nous ce qu'on leur conseille souvent

11:36c'est d'être très direct en fait et

11:39d'expliquer à l'équipe oui, on va devoir

11:41accueillir plus d'enfants, remplir la

11:42crèche tout simplement parce que bah

11:45sinon on met la clé sous la porte. C'est

11:47assez simple et direct. C'est vrai que

11:49les gestionnaires ont parfois du mal à

11:51assumer ça en fait. Assumer le fait que

11:53pour que la crèche elle fonctionne, il

11:55va falloir avoir un certain niveau de

11:57financement ce que ne permet pas

11:58toujours en fait la PSU. Donc voilà, je

12:01pense qu'il y a vraiment ce cette

12:02problématique de dissonance en fait

12:05entre le le système dans lequel on

12:07s'inscrit en tant qu'organisation et

12:10puis l'idéal qu'on a. à savoir souvent

12:12l'idéal hein, je pense que tu le sais,

12:13c'est je vais avoir une crèche, on va

12:15accueillir des gens, ça va être génial,

12:18on va s'occuper d'eux tranquillement, on

12:20va les écouter. En réalité, bon, c'est

12:24pas tout à fait ça qui se passe. Est-ce

12:25que tu as interrogé des professionnels

12:27sur leur quotidien ? Est-ce que tu as pu

12:28constater peut-être plus concrètement

12:31des cas où il y avait justement une

12:33déception, une dissonance ou ou une

12:36envie peut-être de partir ? Oui. Alors,

12:38en tout cas dans le cadre effectivement

12:39du projet d'aide de recherche euh mais

12:42pas que d'ailleurs hein, puisque en

12:44parallèle aussi une activité de de

12:46consultant enfin de psychologues du

12:47travail sur des problématiques de santé

12:50psychologique au travail. Mais là, en

12:51tout cas, dans le cadre de cette

12:53recherche, on a travaillé avec une

12:55méthodologie qui s'appelle fierté

12:57frustration. Alors, c'est assez simple.

13:00En fait, on demande au professionnels de

13:01nous évoquer une situation de fierté,

13:04une situation de frustration la plus

13:06récente possible pour vraiment que ça

13:07soit très très incarné et et très

13:11concret qu'elles ont vécu en situation

13:13de travail. Et donc ça nous permet

13:15ensuite de bah de réussir aussi à

13:17catégoriser en fait ces situations là et

13:19de voir bah finalement les situations de

13:21fierté, les situations de frustration, à

13:23quoi elles se rattachent en terme de

13:25conditions de travail, de qualité de vie

13:27au travail. Euh donc on a procédé comme

13:29ça et effectivement ce qu'on observe en

13:31fait c'est que la majorité des

13:33situations de frustration qui nous sont

13:35rapportées ça renvoie à voilà cette idée

13:38vraiment de métier empêché c'est-à-dire

13:41bah il y a un décalage entre des

13:43ambitions éducatives qui sont portées

13:44par les professionnels, porté aussi par

13:47le le métier en tant que tel et puis

13:49d'autre part les conditions concrètes

13:51d'exercice professionnel. Par exemple,

13:53on a une fois une auxiliaire de de

13:55périculture qui nous dit "Bah oui, c'est

13:57très bien toutes ces nouvelles approches

13:58pédagogiques qu'on nous apprend." Enfin

14:01voilà, elle était bah oui, tout à fait.

14:03J'adère à 100 %. Par contre, sur le

14:05terrain, en fait, on n' pas les moyens

14:07de mettre ça en place en terme de charge

14:09de travail, en terme de d'effectif aussi

14:11d'équipe. Et c'était intéressant parce

14:13qu'elle a utilisé le terme de

14:15schizophrénie professionnelle. Elle m'a

14:16dit euh elle nous a dit voilà à un

14:18moment on a l'impression d'être dans une

14:19forme de schizophrénie professionnelle

14:21parce que ben on a les ambitions

14:23éducatives, les projets qui sont portés

14:25et qui sont tout à fait louables, mais

14:28sur le terrain, c'est pas possible de le

14:29mettre en place. Donc il y a il y a

14:31aussi ce décalage là qui se qui se crée,

14:33c'est vrai, même euh au niveau euh

14:35recherche en en petite enfance he où on

14:37a des nouveaux modèles qui émergent,

14:39enfin voilà des nouvelles pratiques à

14:41mettre en place et ça c'est super. Sauf

14:43qu'en réalité les professionnels sur le

14:44terrain parfois il y a une forme de

14:46déception encore plus importante parce

14:48que euh bah elles ont envie de s'emparer

14:50de tout ça et de réussir à le mettre en

14:51place et en réalité c'est pas possible

14:53quoi. Concrètement

14:54en fait cette déception elle peut venir

14:56en plus du recrutement parce que souvent

14:58bah on a choisi une crèche par rapport à

15:00ce qui était écrit sur l'annonce et ce

15:02qu'on m'a dit en entretien.

15:03Effectivement, si le gestionnaire encore

15:05une fois quel que soit son statut

15:07s'imagine parce qu'en général c'est pas

15:08forcément de la mauvaise foi, hein, il

15:09pense vraiment qu'on va faire euh euh

15:11Montessori, Snowelen et cetera. Il il y

15:14croit à fond. Alors, il y en a peut-être

15:15qui n'y croient pas et qui font

15:16semblant, mais en tout cas, c'est pas

15:18forcément malveillant, mal intentionné.

15:20Il y a vraiment on vend quelque chose

15:22même aux familles, hein. On leur dit

15:24voilà dans cette crèche, il y aura c, il

15:26y aura ça. Et puis en fait, le pro bah

15:27il se rend compte que c'est pas

15:28possible. Les jeunes directrices

15:30d'ailleurs disent souvent bah qu'elles

15:31se rendaient pas compte du niveau de

15:33compétences des équipes. Alors euh bien

15:36sûr que moi j'ai énormément de respect

15:38et d'estime pour mes équipes de crèche.

15:40Il n'empêche que elles ont pas forcément

15:42le niveau d'autonomie, d'expertise et de

15:45compétences sur tous ces sujets et je

15:47vais devoir beaucoup les alimenter et

15:49beaucoup les soutenir si je veux

15:50qu'elles appliquent je sais pas quoi, de

15:52l'anglais, du Montessori. Moi, j'ai vu

15:54des crèches avec, tu sais, sur la

15:55façade, il y avait cinq trucs différents

15:58et tu te dis "Mon dieu, mais si déjà ils

16:00arrivent à en appliquer un, ce sera déjà

16:01une prouesse quoi." Qu'est-ce qui se

16:03passe par rapport à ça ? Est-ce que

16:05c'est une sorte de mode ? Pourquoi les

16:08crèches se lancent dans des trucs

16:09infaisables qu'elles ont pas les moyens

16:11de faire ?

16:12Je pense que tu l'as dit, elles aient

16:14pas les moyens. En fait, au départ, il y

16:15a quand même une volonté aussi de d'être

16:18sur ces modèles là. Alors, moi, je suis

16:19pas spécialiste he de Montessorie et

16:21cetera. fait mais en tout cas ce qu'on

16:22voit c'est qu'il y a une vraie appétence

16:24pour les les structures de mettre en

16:26place ce type de pédagogie mais que

16:28finalement ce qui se passe sur le

16:29terrain c'est que il y a un manque de

16:31temps concrètement quoi. Moi les

16:33professionnels, elles me disent "Bah si

16:34j'arrive à faire une activité une fois

16:37par semaine, bah c'est bien. Enfin je

16:39suis contente si j'arrive à le mettre en

16:40place une fois par semaine." Donc la

16:42réalité de travail c'est ben le matin,

16:45on accueille les enfants, on met en

16:47place effectivement des temps d'accueil,

16:48des petites activités et cetera. Après,

16:50enfin, il y a il y a tout un tas de

16:51tâches qui s'enchaînent. C'est presque

16:54une parfois une forme de travail

16:55invisible où on se rend pas compte de la

16:57multiplicité des tâches aussi à

16:59réaliser, la préparation des repas,

17:02après il faut aller les coucher. Enfin,

17:04je En fait, à quel moment est-ce

17:06qu'elles ont vraiment le temps d'une se

17:08poser pour savoir ben aujourd'hui

17:10qu'est-ce qu'on pourrait mettre en

17:11place, qu'est-ce qui aurait du sens,

17:12comment on le fait ? enfin

17:13collectivement, il y a une espèce de

17:14routine qui s'installe et cette bonne

17:18volonté là de mettre en place des des

17:20activités un peu innovante, c'est

17:22vraiment quand les conditions de travail

17:24le permettent. Et en ce moment, c'est

17:26pas trop le cas, quoi.

17:28Bah non, c'est pas trop le cas parce

17:29qu'on sait que le travail est

17:30extrêmement contraint par le financement

17:32qui n'a pas augmenté du tout alors que

17:34avec l'inflation, bah les charges ne

17:35font qu'augmenter. Donc le gestionnaire

17:38lui, il a de moins en moins de de marge

17:41de manœuvre. Donc il est obligé de faire

17:43un petit peu entre guillemets le minimum

17:44syndical. Donc c'est une sorte

17:46d'incitation low cost quoi que le

17:47système induit malheureusement. Après,

17:50moi je pense quand même qu'il y a

17:51peut-être un problème de réalisme,

17:53c'est-à-dire que en tant que

17:53gestionnaire peut-être qu'on met la

17:55barre trop haut, qu'on n'est pas

17:56suffisamment réaliste et que si on

17:58faisait pas ça, le professionnel serait

18:00moins déçu. Est-ce qu'il vaudrait pas

18:01mieux arrêter de lui vendre du rêve à ce

18:03professionnel et être un peu plus en

18:06rabattre un peu, tu vois ?

18:07Bah moi, je pense que en fait ce qu'il

18:08faut, c'est que ça se parle. La

18:10frustration, elle se crée aussi quand

18:12effectivement il y a une forme de

18:14désillusion quand on arrive sur le

18:15terrain et surtout qu'il y a pas

18:17d'explication derrière. Tu l'as dit

18:18aussi tout à l'heure quand on parlait de

18:19la PSU, cette histoire de remplissage ou

18:22euh il faut être dans cette logique de

18:23remplissage, bah là c'est pareil, c'est

18:25de pouvoir expliquer aux équipes euh qui

18:27sont pas forcément au courant d'ailleurs

18:29de toutes ces logiques euh derrière hein

18:31de gestion et cetera, de pouvoir

18:33expliquer aux équipes ce qui guide

18:35aujourd'hui euh l'action, la pratique et

18:38et l'organisation de travail, d'être

18:40aussi dans une forme de transparence sur

18:42les difficultés qu'on rencontre en tant

18:44que gestionnaire et est-ce qu'il est

18:46possible de mettre en place sur le terme

18:48C'est aussi une forme de reconnaissance

18:49en fait des difficultés rencontrées par

18:51les professionnels de terrain de pouvoir

18:52leur dire "Oui, en fait moi aussi

18:54j'aimerais bien mettre en place tel type

18:56d'activité, j'aimerais bien qu'on soit

18:57sur ceci ou sur cela. Là aujourd'hui,

19:00c'est pas possible. Comment est-ce qu'on

19:01peut à notre niveau réussir à trouver

19:04des ressources, des marges de manœuvre

19:06pour mettre en place des activités qui

19:08puissent quand même donner encore

19:09aujourd'hui du sens au professionnels ?

19:10Et je pense que rien que de pouvoir

19:12échanger librement et en toute

19:14transparence avec les professionnels sur

19:15les difficultés qui sont rencontrées à

19:17différents niveaux, bah déjà ça permet

19:18aussi de recréer du lien et de la

19:20compréhension mutuelle.

19:21Il y a un point que tu as évoqué, c'est

19:24qu'est-ce qu'elles elles avaient en tête

19:25? Tu disais nous, on leur demande bah ce

19:27qu'elles imaginaient, pourquoi elles ont

19:28voulu travailler là-dedans et cetera.

19:30Elles sont quand même très taiseuses.

19:31Donc peut-être qu'à toi elles parlent,

19:33mais nous quand on les recrute, quand on

19:34les reçoit et qu'on leur dit "Bah

19:35pourquoi vous avez voulu travailler dans

19:37la petite enfance

19:38C'est quand même pas très très clair

19:40souvent. Peut-être qu'elles osent pas

19:41dire les choses, qu'elles pensent qu'il

19:42faut tenir une forme de rôle, je sais

19:45pas. Mais en tout cas, c'est vrai que

19:47c'est intéressant de pouvoir savoir

19:48c'est quoi leurs attentes, pourquoi

19:50elles voulent faire ça. Peut-être qu'on

19:51y verrait plus clair parce qu'en effet,

19:54bah ça va pas forcément correspondre.

19:55nos attentes à nous vis-à-vis d'elles

19:57vont pas forcément leur permettre de

20:00rencontrer les leurs. Mais déjà, si les

20:02gestionnaires étaient plus précis dans

20:04leurs attentes sur le métier, je pense

20:05qu'il y aurait moins de problème. Parce

20:06que tu vois, moi ce que je constate,

20:07c'est que souvent on n'est pas au clair

20:10avec nos attentes de gestionnaire envers

20:12les professionnels. Donc, on peut vite

20:14glisser dans tous les sens et le pro, il

20:16sait plus où donner de la tête, il sait

20:17plus ce qu'on attend de lui. Tu as parlé

20:19du travail invisible. Alors, pour moi,

20:21il est très visible ce travail. C'est un

20:22peu notre spécialité, tu vois, chez

20:24Référence Petite Enfance, c'est vraiment

20:26comment je vais faire pour que toutes

20:28ces tâches elles deviennent un peu plus

20:30pas automatique, mais tu vois qu'on soit

20:32pas tout le temps en train de se pencher

20:33dessus pour libérer un peu le

20:34professionnel de cette charge mentale et

20:36qu'il puisse passer à autre chose. Donc

20:38si j'ai bien compris ce que tu as dit,

20:39elle se sentent quand même un peu

20:40envahies par toutes ces questions

20:42récurrentes. C'est des questions qui

20:44reviennent tout le temps. Comment je

20:46vais faire si ? À quelle heure je vais

20:47donner le biberon à un tel ? Donc on se

20:49pose 1000 questions dans la journée, on

20:50a plus le temps de faire autre chose.

20:51Ouais. Tout à fait, c'est ça.

20:53Donc voilà, moi ce que j'identifie dans

20:55ce que tu dis, c'est cette nécessité

20:57d'alléger le professionnel de toutes ces

20:59questions qui finalement peuvent être

21:00résolu par une organisation du travail

21:03un peu plus définie pour lui permettre

21:06d'avoir un peu plus de bandes passantes

21:09pour être dans sa personnalité, sa

21:11singularité dans le travail. peut-être

21:13effectivement d'avoir un cadre clair sur

21:17comment on fait les choses, à quel

21:18moment et aussi la question du pourquoi.

21:20Et ça c'est pareil, je pense que c'est

21:22quelque chose qui doit être discuté

21:23collectivement. Alors oui, c'est un

21:25temps supplémentaire à prendre mais

21:28finalement ça permet d'avoir une

21:29organisation qui roule entre guillemets.

21:31C'est vrai que souvent il y a aussi ce

21:32défaut là d'avoir l'impression que bon

21:34il y a pas besoin de cadrer ce travail

21:36là parce que c'est un travail qui est

21:38naturel qui coule de sources. Mais en

21:40réalité, si il y a une organisation de

21:42travail à avoir, il y a une concertation

21:44collective qui doit s'opérer sur qui,

21:45fait quoi, quand, comment, d'une aussi

21:47pour éviter qu'il y ait des espèces de

21:49d'ambiguïté drôle. Ça, on en parle

21:51beaucoup. Alors, je fais un petit aparté

21:52mais avec les professionnels, il y en a

21:54aussi qui sont aujourd'hui dans une

21:55forme de frustration parce qu'elles ont

21:56l'impression que tout le monde fait la

21:58même chose. C'estàd qu'il y a plus de

21:59différence entre les métiers. et ben

22:00justement de pouvoir à un moment

22:01reclarifier les rôles, les missions de

22:04chacun de chacune au sein de la

22:06structure, de la clarifier et de la

22:07formaliser en fait bah ça permet d'avoir

22:10une organisation de travail qui est

22:12définie et qui évite d'avoir voilà

22:15parfois des enfin la gestion de

22:16l'urgence en aura toujours hein. Ça

22:18c'est on travaille en crèche donc

22:19forcément. mais en tout cas d'avoir des

22:21espèces de protocoles sur vraiment

22:23l'organisation du travail. Ça c'est

22:24important parce que ça permet aussi de

22:26sécuriser les professionnels. Ça permet

22:28de savoir qui fait quoi et ça évite

22:30aussi les tensions souvent aussi euh

22:32entre professionnels parce qu'au moins

22:33c'est clairement défini. Là où on est

22:35dans une organisation qui est euh trop

22:36vague, trop floue. Alors l'autonomie

22:39c'est très bien mais l'autonomie

22:40justement elle est possible à partir du

22:42moment où les choses sont clarifiées.

22:43Sinon c'est plus de l'autonomie. C'est

22:45un peu le bordel. C'est ça.

22:48Tu as dit des choses hyper intéressantes

22:50là. Donc je je je reformule et je pense

22:52que c'est très important ce que tu viens

22:54de dire, c'est comment on va sécuriser

22:56nos professionnels. Ils ont des

22:57responsabilités qui sont énorme et le

22:59fait que les choses soient un peu dilué,

23:01un peu flou, c'est hyper déconcertant

23:03quand tu as en charge la vie d'enfants

23:06qui peuvent être très petits en plus

23:07hein de 2 mois et demi à 3 4 ans. Donc

23:10nous on doit les sécuriser et cette

23:13période dans laquelle il y a une sorte

23:15de de désespécialisation

23:17de polyvalence qui se généralise où tout

23:20le monde fait un peu de tout où on sait

23:22plus trop ce qu'on sait faire enfin ce

23:24qu'on a appris à faire ce qu'on doit

23:25faire mais qu'on fait pas mais voilà

23:27c'est clairement un un très gros

23:29problème dans le travail parce que il y

23:31a plus d'expertise quoi. On fait tous un

23:33peu de tout. On fait pas trop

23:34grand-chose très bien précisément. Euh

23:37moi je crois beaucoup à ce que tu viens

23:39de dire, c'est-à-dire spécialiser nos

23:40professionnels vraiment les affecter à

23:42une mission plutôt que de dire faut être

23:44équitable, donc tout le monde va tout

23:45faire quoi.

23:46Et puis là encore, enfin si on reprend

23:48la question du sens euh du métier, on

23:50n'est pas sur on n'est pas sur les mêmes

23:51métiers et il y a une identité de métier

23:53que chaque professionnel veut défendre.

23:55Quel que soit le niveau, en tant que

23:57professionnel, on a besoin de se

23:59rattacher à son identité de métier. Et

24:01si on se rend compte qu'en fait dans une

24:02structure, bah on fait tous la même

24:04chose, ben en fait on a plus d'identité.

24:06Et ça ça crée aussi une souffrance

24:08importante.

24:09On est un peu interchangeable. Euh on

24:11sait pas trop ce qu'on apporte de plus

24:12qu'une autre. Alors que bah peut-être

24:15que Paulette, elle est très bonne dans

24:17les soins et que Martine elle elle est

24:20vraiment très bonne dans les activités

24:22créatives. Chacun c'est vrai, peut avoir

24:24une sorte de talent pour des missions

24:26spécifiques et puis une formation aussi.

24:29On n pas tous la même formation, mais je

24:30pense qu'au-delà de la formation, il y a

24:32vraiment dans le savoir-être, dans la

24:33personnalité, il y a aussi des voilà des

24:37traits qu'on peut identifier chez nos

24:38pros pour se dire bah tiens, elle serait

24:41vraiment très forte dans une section de

24:42bébé cette année. Et on va pouvoir en en

24:45lui donnant cette casquette, on va

24:47pouvoir mettre en place un dispositif de

24:49travail avec elle pour la faire évoluer

24:51sur la question des soins, sur ceci, sur

24:53cela. Donc voilà ce que tu viens de

24:55dire, je trouve que c'est vraiment

24:56fondamental, tu vois, sur cette idée de

24:58de spécialiser le professionnel et de de

25:01d'éviter cette polyvalence qui se

25:03généralise. Tu as aussi parlé de

25:05l'autonomie, de rendre l'autonomie

25:07possible. C'est-à-dire on a trop de

25:09tendance, je pense, à vouloir que nos

25:10équipes soient autonomes et se mettre

25:12des œillères. Mais en vrai, pour être

25:14autonome, il faut qu'on nous tienne la

25:15main. D'ailleurs, c'est Maria Montessori

25:17qui le disait. Donc d'abord on

25:18accompagne et ensuite les personnes

25:20finissent par être autonomes. Est-ce

25:22qu'il y a ça dans les témoignages que tu

25:24reçois peut-être des pros qui sont déçu

25:25qu'on les accompagne pas assez, qu'on

25:27les lâche un peu sur le terrain ?

25:29Il y a une souvent ouais des

25:31frustrations en terme un peu d'isolement

25:33et de relation à la hiérarchie qui est

25:35un peu distendue parce que bah parce que

25:37chacun est dans son activité et que il y

25:39a plus le temps de se parler. Et c'est

25:40vrai que ça peut les mettre en

25:42difficulté notamment là encore pour des

25:44questions d'urgence. Par exemple, quand

25:45il y a un enfant qui est malade et qu'on

25:46arrive pas à joindre la direction et que

25:48du coup, il faut appeler la directrice

25:49d'une autre crèche parce qu'on sait pas

25:50ce qu'il faut faire à ce moment-là. Et

25:52ça, ça crée une tension forte chez les

25:54professionnels. Elle parle beaucoup de

25:56ça, des risques plutôt physiques, plutôt

25:59la sécurité vraiment, c'est qu'elles ont

26:01peur de ça, d'être face à une maladie,

26:03face à quelque chose de l'ordre de la

26:05santé.

26:06Ce qui ressort, c'est effectivement

26:07quand bah quand ça arrive et qu'en fait

26:10ça a pas été préparé en amont et que on

26:13sait pas quoi faire à ce moment-là. Donc

26:14c'est c'est ce manque d'anticipation de

26:17la part de leur direction, de leur

26:18hiérarchie. On n' pas tellement pensé

26:20l'accueil pour qu'il soit nickel, chrome

26:22et que j'ai plus qu'à sortir la bonne

26:23fiche quoi.

26:24On parlait tout à l'heure de protocole.

26:26Euh bah là, c'est un peu ça.

26:27C'est-à-dire que quand il y a une

26:27situation comme ça qui arrive, qu'est-ce

26:29que je dois faire en premier lieu ? Euh

26:31qui je dois appeler ? Parce qu'il y a

26:33aussi après la problématique, ça c'est

26:34ressorti assez fréquemment, mais des

26:35parents par exemple, des où on appelle

26:37les parents, ils répondent jamais.

26:38Voilà, on a des professionnels d'une qui

26:40enfin qui se retrouvent vraiment entre

26:42deux quoi. Les parents qui répondent

26:43pas, la direction qui répondent pas. Bon

26:44bah ouais là je me sens un peu livrée à

26:46moi-même et je dois gérer cette

26:48situation toute seule et ça ouais c'est

26:49difficile. D'autant plus là en ce moment

26:51où il y a un manque d'effectif où il y a

26:53vraiment cette sensation d'être seul à

26:55gérer des situations parfois difficiles.

26:58Mais on en revient toujours à cette

26:59organisation qui doit être pensée avec

27:02bah tout le panel des outils, donc les

27:04protocoles et cetera pour que le

27:05professionnel puisse s'y référer. Et

27:07puis on peut aussi enfin nous c'est ce

27:09qu'on préconise c'est d'organiser des

27:11journées pédagogiques en équipe. On va

27:13revoir, tu vois, refaire le point sur

27:16les outils qui sont à la disposition de

27:17l'équipe. Donc régulièrement, au moins

27:19tous les 6 mois, se refaire une journée

27:21pour revoir ce qu'on fait en cas de si

27:23en cas de ça, comment on gère les

27:25adaptations, comment on gère les

27:27absences, les maladies et cetera et

27:29cetera.

27:29On sait c'est hyper important. Je sais

27:31que les journées pédagogiques, elles

27:32sont malheureusement assez peu

27:34fréquentes

27:35à cause de la PSU he aussi toujours

27:37pareil parce que tu peux pas fermer ta

27:38crèche pour faire une journée

27:39pédagogique vu que tu es pas payé

27:41et que bah ces journées, on a aussi

27:42envie d'en profiter pour ben parler

27:45voilà de la relation à l'enfant mais

27:47finalement il faut aussi conserver un

27:50temps dans ces journées-là effectivement

27:51pour vraiment parler du travail et de

27:53l'organisation du travail et de comment

27:54on le fait parce que c'est aussi ça qui

27:56va permettre pour la suite de l'année à

27:57ce que ce soit plus simple, plus clair

28:00en fait pour chacune

28:01pour qu'on se mette au travail dans un

28:02même mouvement avec une sorte de

28:04d'action collective vers un même

28:06objectif. Vraiment ces journées

28:08pédagogique que je faisais avec mes

28:09équipes, c'était fondamental pour le

28:11travail d'équipe.

28:13Alors, tu as interrogé combien de

28:14professionnels pour ton étude ? Là,

28:16on a d'abord une étude quantitative.

28:17Donc ça c'était par questionnaire. Là,

28:19on a eu 7851

28:23réponses très exactement. En plus, un

28:24questionnaire qui était assez long parce

28:26que il y a à la fois des dimensions sur

28:28la qualité de vie et des conditions de

28:29travail, sur la question du sens du

28:30métier et aussi sur l'intention de

28:32quitter l'organisation et le métier. Et

28:35puis la deuxième étude dans ce projet de

28:38recherche là, c'était une étude

28:39qualitative et on a interrogé 30

28:41professionnels, ce qui est pas

28:42évidemment représentatif he mais qui

28:44nous a quand même déjà permis de

28:45ressortir en fait des situations encore

28:48une fois avec cette méthode fierté

28:49frustration très concrète, des

28:51situations de travail très concrètes.

28:52pouvoir mettre en parallèle, c'est pour

28:54ça qu'on a utilisé fierté frustration à

28:55la fois qu'est-ce qui est un frein à la

28:57construction du sens, donc ce qui freine

28:59ce sens dans le quotidien et puis à

29:01l'inverse qu'est-ce qui est ressource et

29:03qu'est-ce qui fait levier aussi dans la

29:05construction du sens à travers justement

29:06toutes ces situations de fierté

29:08professionnelle qui ont aussi été évoqué

29:10dans les structures.

29:11Est-ce que tu as une sorte de

29:12segmentation entre les différents postes

29:14? Est-ce que c'est différent si on est

29:16directrice, si on est proin, si on est

29:19agent polyvalent, si enfin est-ce que tu

29:22as pu identifier des groupes ou on est

29:25un peu tous dans la même dans les mêmes

29:27problématiques de sens ?

29:29Quand on allait dans les structures, la

29:30direction participait pas au focus group

29:32des professionnels de terrain tout

29:34simplement pour des questions de

29:35confidentialité et puis aussi de libre

29:37parole. Donc les professionnels étaient

29:39ensemble. Là par contre c'était tout

29:40métier confondu et on a fait aussi des

29:43focus groupes, donc des entretiens

29:44collectifs he si on veut avec des

29:46directions et effectivement les

29:47problématiques sont pas les mêmes. Ce

29:48qui est ressorti finalement dans le dans

29:50le groupe direction, c'était vraiment

29:52cette tension là entre la valorisation

29:54du rôle de coordination quoi finalement

29:56où il y a une volonté de d'accompagner,

29:59d'aider à coordonner le travail et puis

30:02finalement ben sur le terrain, c'est pas

30:04si simple que ça parce que parfois il y

30:07a des équipes qui sont réticentes à

30:09appliquer telle ou telle règle ou telle

30:11norme. Donc ça c'est quand même pas mal

30:13ressorti sur le fait aussi d'avoir

30:15l'impression de devoir expliquer tout le

30:16temps et de répéter tout le temps les

30:17mêmes choses. Ça c'est ressorti à

30:20plusieurs reprises chez les directrices.

30:22Ce qu'il s'agit d'un manque peut-être de

30:24leadership est-ce que c'est qu'elles

30:25sont pas encore suffisamment soutenues

30:27sur le management et du coup elles

30:29savent pas trop comment faire appliquer

30:31les choses.

30:32Ah ben ça c'est clair qu'il y a un

30:33manque de formation. Ça c'est une

30:35évidence sur comment on accompagne les

30:37équipes et puis aussi d'outils. Tu vois,

30:40tu parlais tout à l'heure de bah en fait

30:41j'ai l'impression que les professionnel

30:43elle nous parle pas à nous. Ben en fait,

30:45parler c'est pas si simple que ça et

30:47pour pouvoir créer les conditions qui

30:49favorisent la parole des professionnels,

30:51bah en fait parfois il y a des outils un

30:52peu simple qui permettent de détourner

30:54les choses un peu et de faire en sorte

30:57que ça devienne aussi une habitude pour

30:58les professionnels de s'adresser à la

31:00direction, de pas non plus tout de suite

31:02percevoir une espèce de distance entre

31:04bah moi je suis professionnelle de

31:05terrain, je suis là, la direction elle

31:06est là. Donc déjà ma parole elle a elle

31:08est pas légitime. Donc c'est comment on

31:10amène aussi cette légitimation de la

31:14parole en tant que directrice ? Comment

31:15on accompagne ça et comment on pense

31:18aussi l'équipe, quelle représentation on

31:20a aussi de son équipe. Ça c'est des

31:22choses aussi qui sont importantes à

31:23discuter.

31:24En tout cas, c'est vrai que devenir

31:25manager c'est tout un projet hein. Donc

31:26c'est pas si simple. Et donc faire

31:27appliquer ce que tu dis he elles sont

31:30frustrées parfois parce que faire

31:31appliquer c'est pas aussi simple que ça.

31:34Donc comment on fait pour faire

31:35appliquer un projet ? Donc ça c'est côté

31:37directrice. Et est-ce que tu as des

31:39illustrations de ce que tu as entendu

31:40sur les pro de terrain ? Qu'est-ce qui

31:42elle vient les frustrer et les les

31:45démotiver ?

31:47Bah on en a parlé un peu tout à l'heure,

31:49c'est vraiment ce qui ressort le plus.

31:52Alors, il y a pas mal de situations, on

31:54en a plus de une quarantaine de

31:55situations, mais ce qui ressort le plus,

31:57c'est vraiment ce côté

32:00métier empêché, quoi. C'est avoir envie

32:02d'être dans de l'accompagnement de

32:03l'enfant, de pouvoir faire un travail de

32:05qualité et finalement sur le terrain,

32:07ben j'ai pas la possibilité. Euh je

32:10reprends un autre exemple, une une J qui

32:13par exemple me disait "Ben oui, ce matin

32:15euh je voyais qu'il y avait une maman

32:16qui voulait me parler, qui qui est qui

32:19voulait me faire part de ses difficultés

32:21et en fait bah j'ai pas pu prendre le

32:22temps de l'écouter parce que euh c'était

32:24l'accueil du matin, il y avait des

32:25l'arrivée des familles.

32:27Voilà, il y a la queue. Donc en fait,

32:29j'ai dû écourter la discussion et en

32:33fait ça ça a vraiment créé un sentiment

32:35de frustration important chez elle parce

32:36que encore une fois, elle faisait de

32:38lien avec le sens même de son métier,

32:40cette mission d'accompagnement à la

32:42parentalité, de soutien à la

32:43parentalité. Bah, elle me dit bah là

32:45voilà par exemple, j'ai pas pu le faire.

32:47Alors que c'est une dimension hyper

32:49importante de son identité à elle de

32:51métier et que sur le terrain, bah c'est

32:53pas possible de le faire, quoi.

32:54Ça c'est très intéressant. Alors, tu

32:56vois là, on arrive un petit peu à la fin

32:57de notre épisode et je trouve qu'il y a

33:00encore 1000 choses à dire, mais si je

33:02reprends ton exemple, donc si cette

33:04professionnelle, elle sent qu'elle a pas

33:05le temps de parler aux familles, c'est

33:07que c'est à nous justement encore une

33:09fois l'équipe encadrante, donc soit le

33:11gestionnaire ou la coordinatrice ou

33:12autre, de penser ces temps de paroles et

33:15de faire en sorte qu'ils aient lieu.

33:18C'est pas elle de se débrouiller avec

33:19ça. Elle elle peut pas créer le temps

33:21pour parler avec le parent. Donc c'est

33:22encore une fois le soutien qu'on va

33:24venir apporter à notre équipe qui

33:26peut-être est la clé de tout ça. En tout

33:28cas, c'est ma c'est ma conviction. Mais

33:31je viens quand même mesurer le propos,

33:34c'est qu'en fait on n pas tellement de

33:35marge de manœuvre encore une fois

33:36puisque ces temps-là sont pas financés.

33:38Donc tous les temps qui sont pas

33:39productifs aujourd'hui al le système

33:41n'en veut pas. On finance les heures

33:43d'accueil, les heures de garde, les

33:44heures de soins, les heures de voilà,

33:46faut être productif quoi clairement.

33:48penser, parler et cetera, ça fait pas

33:50trop partie de la cible. On peut pas

33:52faire correctement son travail si on n

33:54pas justement et d'autant plus dans ces

33:56métiers là des temps où on se pose et où

33:58que ce soit entre professionnel mais

33:59aussi avec les familles, avec les

34:01parents.

34:03Ton étude quand tu l'as pensé, quand tu

34:05l'as créé, est-ce que tu avais un une

34:07sorte de projet ? Est-ce que tu t'es dit

34:09"On va faire bouger les lignes ?" Enfin,

34:10c'est c'est quoi pour toi l'objectif de

34:12ce travail ?

34:12Le sens de mon métier, tu veux dire ?

34:14Voilà.

34:15Est-ce qu'on est-ce qu'on va avoir un

34:17rapport qui va finir au fond d'un tiroir

34:18ou est-ce que tu penses que

34:20Non, alors j'espère pas, il y a toujours

34:23en tout cas moi c'est comme ça que je

34:24pense mon métier de chercheur. Si je le

34:26fais, c'est parce que j'ai envie aussi

34:28de faire avancer les choses et c'est

34:29pour ça que je fais aussi beaucoup de

34:30recherche action où on va aussi sur le

34:32terrain quoi. C'est pas juste de l'étude

34:34quantitative. On fait passer un

34:36questionnaire puis hop, c'est bon. c'est

34:37enfin voilà d'aller aussi à la rencontre

34:38des professionnels. Donc là alors d'une

34:41part la KNAF va l'avoir ce rapport

34:43puisque il participe notamment enfin il

34:45subventionne une partie de du projet.

34:47Ton ambition à toi sur le le sens du

34:50métier et notamment avec cette étude, ce

34:52serait quoi ton ton rêve ? de prendre

34:55conscience que euh ces métiers-là, c'est

34:57des métiers à valoriser et que euh les

34:59conditions de travail dans ces

35:00métiers-là, elles sont hyper

35:01importantes. Et tu vois, par exemple,

35:03dans les résultats, ce qu'on observe

35:05parce que on dit souvent oui, dans les

35:06métiers de la petite enfance, euh voilà,

35:08on n plus envie d'y aller parce que de

35:09toute façon, il y a pas d'évolution

35:10professionnelle et puis les salaires et

35:11les machins. Alors, soit, mais sauf

35:13qu'en réalité, quand on regarde les

35:14résultats, ce qui amène les

35:16professionnels à partir, c'est pas tant

35:18l'évolution professionnelle parce que ça

35:19c'est une des dimensions de la qualité

35:21de vie au travail. C'est pas non plus

35:22tant dimension salariale, c'est vraiment

35:25ce côté de de contenu, de mission, de

35:28conditions de travail effective en fait

35:29pour pouvoir bien faire son métier.

35:31C'est ça qui compte.

35:32Très intéressant. C'est comment on donne

35:34aux professionnels aux gestionnaires,

35:37enfin voilà les moyens de faire un

35:40travail de qualité pour chacun et pour

35:42chacune.

35:43Alors là, tu vois, tu as dit quelque

35:44chose que je trouve vraiment très

35:46intéressant, c'est que plutôt que de

35:48faire des campagnes pour valoriser les

35:51évolutions professionnelles, dire qu'on

35:52peut évoluer, qu'on peut mieux gagner sa

35:54vie et cetera, en fait les pros ce

35:56qu'ils veulent qu'on valorise leur

35:58travail sur le terrain. enfin ce qu'ils

36:00font pour de vrai. C'est pas juste faire

36:02donner une meilleure image ou alors oui

36:04bien sûr on a envie d'attirer des

36:05nouveaux professionnels, donc on essaie

36:07de de redorer un peu l'image du métier,

36:09mais la réalité c'est que ce qui va

36:11faire peut-être rester les pros, c'est

36:13de redonner le les clés du métier que le

36:16métier redevienne intéressant au

36:17quotidien. C'est un peu ça que tu viens

36:19de me dire.

36:20Ouais. Et puis qui a une reconnaissance

36:22aussi

36:24symbolique en fait de leur métier. Je

36:25prends un dernier exemple. On y a une

36:27professionnelle qui nous dit, elle

36:29travaille dans une collectivité et elle

36:30nous dit "Ben voilà, le service com de

36:32la mairie, nous ont demandé des photos

36:34pour pouvoir publier, faire un post

36:36machin." Sauf qu'en fait quand ils ont

36:38publié, ils se sont trompés de nom de

36:39crèche. Elle dit "Bah voilà ça, enfin et

36:41en fait pour elle c'était vraiment aussi

36:43une

36:44grosse maladresse."

36:45Ouais. Une grosse maladresse mais de non

36:47reconnaissance aussi de leur travail

36:48quoi. C'est comme si bon c'est pas

36:50grave, on fait pas trop attention, on

36:52s'en fiche. bah déjà de pouvoir

36:53valoriser le plus possible les

36:55professionnels dans ce qu'elles font, de

36:57montrer la réalité du des métiers, la

37:00complexité aussi de ces métiersl et de

37:02pas penser que c'est facile en fait de

37:03garder des enfants, de vraiment mettre

37:05ça en valeur, cette expertise, ses

37:07compétences.

37:08Oui, parce que dans l'exemple que tu

37:09viens de donner, typiquement, bon ça a

37:10l'air àin mais en fait ça montre que il

37:12y a pas de réelle prise en compte des

37:14personnes et des établissements. C'est

37:16tout est un peu interchangeable. C'est

37:18un peu ce qu'on disait tout à l'heure

37:19aussi la dépécialisation et la

37:20polyvalence une crèche ou l'autre. un

37:22pro ou l'autre. Bon, c'est un peu un

37:24espèce de truc flou alors que c'est un

37:27secteur où il faut être extrêmement

37:28précis sur bah qui fait quoi, pourquoi

37:32il le fait et cetera. Et donc il faut

37:34avoir une bonne connaissance aussi de

37:35nos équipes, bien les connaître, savoir

37:37en quoi elles excellent, en quoi elles

37:39sont plus faibles, sur quoi on peut les

37:40faire évoluer, les aider. Donc là, dans

37:42ton exemple, on voit que bon, c'est un

37:44peu flou quoi. On sait pas trop euh à

37:45qui on s'adresse et de qui on parle et

37:47ça peut être hypervexant euh pour euh la

37:49personne en face quoi.

37:50Bah complètement parce qu'en plus il y a

37:52une il y a une envie enfin euh trop

37:54contente de pouvoir envoyer des photos

37:56et puis finalement quand on voit ce qui

37:57est rendu, c'est bon. OK. Alors ils ont

37:59rien compris. Enfin ouais c'est c'est il

38:01y a vraiment ce double discours quoi.

38:03Ouais c'est important je pense cette

38:04reconnaissance symbolique aussi

38:07en ayant fait ce travail et et je crois

38:09que tu as fait ta thèse aussi là-dessus.

38:10Donc ça ça fait combien d'années que tu

38:11travailles là-dessus sur le sens du

38:13métier ?

38:13Ça fait bah ça va bientôt faire 10 ans

38:15hein. Ouais, même un peu plus. Ouais.

38:17Donc en ayant fait ce travail de

38:18recherche pendant 10 ans et beaucoup tu

38:20fais beaucoup de conférences aussi sur

38:22ces sujets-là, est-ce qu'aujourd'hui tu

38:23as l'impression qu'on peut sortir de

38:25l'ornière, qu'on peut justement sortir

38:27de cette dévalorisation de cette pénurie

38:29? Est-ce que bah finalement si on s'en

38:32tient au système de toute façon, c'est

38:33impossible parce que c'est quand même

38:35une question d'argent. Qu'est-ce que tu

38:36penses de tout ça ? Est-ce qu'il suffit

38:37de changer d'état d'esprit dans les

38:38établissements ? Enfin, c'est quoi le ta

38:40perspective à toi ?

38:41Ce que moi j'observe depuis 10 ans,

38:42c'est quand même une dégradation quoi.

38:44Et des conditions de travail et et de la

38:46question du sens. Enfin, de toute façon

38:47là aujourd'hui, ça se ressent avec la

38:49pénurie actuelle. Mais pour avancer, je

38:53crois que vraiment il y a cette question

38:54du dialogue professionnel, pouvoir avoir

38:56des échanges plus réguliers sur les

38:58pratique tout simplement parce que rien

39:00que là quand on a fait ce travail de

39:01recherche et qu'on allait sur le terrain

39:03faire ces ces entretiens collectifs, bah

39:05finalement les structures elles

39:06réussissaient à trouver 1h 1h30 pour

39:09réunir les professionnels et échanger

39:11avec nous. Et à la à la fin, ben en fait

39:15toutes elles étaient toujours ravies

39:17d'avoir pu partager en fait leur

39:20frustration mais aussi ce qui donne du

39:22sens à leur activité et ça permettait

39:24aussi de d'avoir une meilleure

39:26connaissance des difficultés des unes et

39:28des autres et puis aussi de pouvoir se

39:30partager des petites stratégies quand il

39:32y a des difficultés. Ah bah tiens, moi

39:33aussi j'ai déjà vécu ça, voilà ce que

39:34j'ai mis en place. Enfin et en fait ça

39:35ce soutien du collectif, il est hyper

39:37important. Je pense que ça passe aussi

39:39par ça, c'est c'est retrouver des temps

39:42de réflexivité, de penser le travail en

39:44collectif et pour ça ouais, il faut

39:46donner les moyens aux équipes de pouvoir

39:48le faire et considérer que c'est bien

39:50c'est du travail, c'est pas un temps en

39:52plus, ça fait partie du travail.

39:54C'est pas une pause.

39:56Non, c'est pas du tout une pause.

39:57C'est pas une pause. C'est nécessaire.

39:59Je suis complètement d'accord avec toi.

40:01Je dirais pour résumer ce que tu viens

40:02de dire, faites des réunions, trouver

40:04des temps d'échange. On n' pas forcément

40:06beaucoup de moyen dans ce système

40:08actuel, dans ce financement actuel. On

40:09s'adapte, on essaie de trouver des

40:11solutions. Nous sur le podcast, on a

40:13fait des épisodes sur les temps de

40:14réunion et cetera, mais j'espère

40:16vraiment que ton rapport va être entendu

40:19et que ça va pousser peut-être la KNAF à

40:22rallonger un petit peu les financements,

40:24notamment sur les heures de de

40:26réflexion, le temps de penser,

40:28l'accueil. ça a déjà été un petit peu

40:30revu mais bon de façon très minime he

40:32notamment tout ce qui est support comme

40:35le RSAI ou les app ça pèse pas lourd

40:38donc on attend vraiment que ça évolue

40:41quoi. Donc bon moi j'ai très hâte de

40:43lire ton rapport qui devrait sortir donc

40:46si si j'ai bien compris en septembre ou

40:47en octobre 2025.

40:49Ouais, c'est ça. Alors, le rapport fait

40:51va faire une 150 pages environ, mais on

40:54va quand même faire un petit une petite

40:56version résumée. Je pense que ça va

40:57intéresser beaucoup de gens, tu le sais

40:59Hélène, il y a énormément de

41:00gestionnaires de crèche qui essayent de

41:02comprendre pourquoi leurs équipes s'en

41:03vont, pourquoi il y a du turnover,

41:04pourquoi on narrive plus à recruter.

41:07Donc je pense que en lisant ça, ça va

41:10peut-être ça va peut-être éclairer tout

41:12ça.

41:12Ouais, peut-être quelques quelques

41:14réponses quoi.

41:14Je crois qu'il y aura des réponses.

41:16Merci d'être venu sur le podcast nous

41:17parler de cette étude qu'on a vraiment

41:19hâte de lire et puis je te proposerai

41:21sans doute de revenir une fois qu'il

41:22sera publié. Peut-être que tu pourras

41:24plus détailler certains exemples. Une

41:26fois que je l'aurai lu, en tout cas, je

41:27suis sûre que j'aurai plein de

41:27questions. Donc si tu es d'accord, je te

41:30dis à bientôt Hélène.

41:31Ouais, avec grand plaisir.

41:32Et un grand merci à toi d'être venu sur

41:34le podcast.

41:35Merci.

41:37Bravo, tu as écouté jusqu'au bout. c'est

41:39que la gestion de crèche ça t'intéresse.

41:41Tu as envie de monter ta crèche mais tu

41:43ne sais pas par où commencer ou tu as

41:45déjà tes crèches mais tu te sens seul.

41:47Tu as peur des projets de réforme ? Tu

41:49sens que les inscriptions ne sont plus

41:50aussi automatiques. Mais tu n'es pas

41:53seul. Aurélie et moi, on a vu beaucoup

41:55de gestionnaires qui traversent les

41:56mêmes doutes que toi. C'est pour ça

41:58qu'on a créé référence petite enfance.

42:00Ce n'est pas qu'un podcast, c'est aussi

42:02une agence de conseil. On te partage nos

42:0417 années d'expertise, nos techniques de

42:07travail et on t'aide à prendre de la

42:09hauteur pour faire décoller tes crèches.

42:11On est là pour en parler avec toi. Alors

42:13prends rendez-vous, le lien est en

42:15description de l'épisode. À bientôt.

42:19[Musique]

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