Full transcript
0:00Le pays dans lequel je suis actuellement
0:02est techniquement le huitième plus dangereux au monde.
0:05Pourtant, les locaux le considèrent si sûr
0:07que les changes d’argent se font directement dans la rue.
0:10Voilà 10 000 dollars, juste là, sur le trottoir.
0:12Je vais y rester quatre jours pour essayer de comprendre la culture,
0:16les gens et la situation politique du pays.
0:20Mais alors, comment est-ce possible ?
0:23Comment se fait-il que tous les sites d’ambassades
0:25déconseillent fortement de voyager ici,
0:27alors que la réalité sur place
0:29est totalement différente de ce qu’on imagine ?
0:32Alors, dans cette nouvelle quête,
0:33où je pars visiter un pays qui pourtant n’existe pas,
0:36je m’attendais à tout en arrivant dans ce qu’on appelle le Somaliland.
0:43Après une fin de voyage tumultueuse au Cameroun,
0:45pourchassé par l'armée...
0:47Les services secrets camerounais sont en alerte,
0:49se demandant ce qu’un étranger fait dans le coin.
0:52Je suis rentré chez moi une semaine pour me reposer, reprendre des forces
0:56et j’ai remis ça : direction cette région insolite du monde.
1:00Bien.
1:01Me revoilà en Afrique.
1:04Je pense que l'on peut très facilement
1:05laisser ce genre d’échecs nous freiner dans la vie.
1:08Mais moi, j’ai choisi de croire que tous ces moments
1:11ne sont en fait que des tests de l’Univers
1:13pour éprouver mon engagement
1:14envers les histoires que j’ai décidé de raconter.
1:17Je ne pensais pas avoir le courage de remonter en selle aussi vite,
1:20surtout pour me rendre dans le huitième pays le plus dangereux
1:23et le sixième plus violent du monde.
1:26Pourtant, au fond de moi,
1:28je me sentais confiant et mes intentions étaient claires.
1:32Alors, j’ai décidé d’y aller.
1:33Je vous rappelle qu’on va sélectionner trois personnes
1:36parmi celles qui achètent un article de notre collection de fin d’année,
1:39disponible dès maintenant sur seekdiscomfort.com,
1:43pour m’accompagner dans un voyage l’année prochaine.
1:45Il devrait y avoir quelqu’un à la porte d’embarquement.
1:50Pour immortaliser ce voyage,
1:51j’ai amené Kwame, notre vidéaste,
1:53qui nous a déjà aidés au Ghana.
1:55- Enchantée. - Je suis Thomas.
1:56Je suis ravie de pouvoir enfin vous rencontrer.
1:58Et j’ai fait la connaissance de Samiya,
2:00née et élevée au Canada, mais d’origine somalienne.
2:03Elle a décidé de revenir avec sa mère et sa grand-mère
2:05pour découvrir ce qu’elles avaient laissé derrière elles.
2:08Dès mon arrivée, j'ai senti quelque chose.
2:10Ce qui me manquait au Canada, c'était ici.
2:13C'était juste...
2:14Il manquait un morceau dans le puzzle de ma vie,
2:17et tout a pris sens ici.
2:18Traits de caractère, attitudes, tout...
2:21Je m'intègre bien mieux ici.
2:23Waouh !
2:24On commence par où ?
2:25Aujourd'hui, on va faire de toi un millionnaire.
2:27- Sérieusement ? - Oui.
2:28Tu vois maman, je t'avais dit que YouTube ça paierait.
2:37Dans ce pays où tout se paie en cash,
2:39les locaux s’envoient de l’argent par message
2:41ou utilisent des billets.
2:43Nous, on a dû se procurer de la monnaie locale.
2:46Et la confiance que j’ai vue m’a scotché.
2:48Vous vous sentez toujours en sécurité avec votre argent ?
2:50Oui, c'est sûr.
2:52Le dollar.
2:53La livre sterling.
2:55L'euro.
2:56Nous avons tout.
2:58Donc, ces mecs gèrent leurs propres banques,
3:00assis sur le trottoir à échanger du cash.
3:03Je crois pas avoir déjà vu un truc comme ça.
3:05Mince, il trimballe des milliers de dollars comme ça.
3:09- Merci. - OK, à bientôt.
3:11Oui, donc 150 euros, ça fait 1 475 000.
3:16Le marché des changes,
3:17c’est une des plus vieilles et plus belles traditions.
3:20- OK. - Et une preuve d’honnêteté.
3:22Les gens partent prier, laissent leur argent
3:24et quand ils reviennent, il est toujours là.
3:26Encore une fois, comme c’est un pays 100 % musulman,
3:29l’honnêteté est tellement ancrée chez nous.
3:31Et puis, c'est aussi car ils vont prier, tu vois ?
3:34C'est comme si Dieu veillait sur leur argent, tu comprends ?
3:36- Waouh ! - Ils vont prier.
3:42Beaucoup de gens viennent nous voir par curiosité.
3:45- Salut. - Ça va ?
3:46- Enchanté. - Salut.
3:47- Comment tu t'appelles ? - Mousé.
3:48- Mousé ? - Moi, c'est Thomas.
3:50Thomas.
3:54Il devient timide maintenant.
3:56Alors que je me sentais vraiment en sécurité en marchant dans la rue,
3:59avec des locaux qui venaient nous dire bonjour
4:01et nous accueillaient, j’ai été surpris.
4:05Quand tu as emménagé ici,
4:06tu avais des craintes pour ta sécurité
4:08ou tu étais plutôt sereine et confiante de venir ici ?
4:11- Oui. - Parce que...
4:12J’ai dû désapprendre plein de…
4:14- Des réflexes de... - Réflexes, oui.
4:16J’ai beaucoup voyagé en Afrique,
4:18j’avais l’habitude de serrer mon sac contre moi.
4:20- Et ici, c’était : « Non, lâche prise. » - Ah oui.
4:22Et si ton téléphone disparaît, quelqu’un te le ramènera.
4:25Le reste de la Somalie, c’est pas-
4:27- Oui. -...la même chose ?
4:28Deux mondes différents, oui.
4:30Ouais, y a des endroits où, en tant qu’étranger
4:32faut une voiture blindée.
4:34Alors qu’ici, on se balade comme ça.
4:36- Ouais. - Ouais.
4:37- Et y a des liasses de billets partout. - Oui.
4:39Vous allez bien vite comprendre pourquoi
4:41et comment le Somaliland est devenu si différent de la Somalie.
4:45Un pays où je ne pourrais malheureusement pas
4:47me promener sans une escorte avec nos grosses caméras,
4:50comme on est en train de le faire, là.
4:52- Ils font un shooting photo. - Oui.
4:54- Une équipe TikTok. - Une équipe TikTok.
4:57- Il a une chaîne YouTube. - Je peux avoir ton numéro ?
5:00OK, oui.
5:02- Ouais. - C'est bien ça.
5:04- Merci. - Ravi de vous avoir rencontrés.
5:07Je fus surpris, car dans cette région de la Somalie,
5:10je m’attendais quand même à ressentir une tension
5:12comme en Afghanistan,
5:13où il y avait toujours une légère appréhension
5:16lorsque je marchais dans la rue.
5:18Le seul réel rappel de l’endroit où on est,
5:21c'est qu'il faut une escorte pour quitter la ville.
5:24- Enchanté. - Bonjour.
5:25- Comment vas-tu ? - Waouh, regarde-toi.
5:28T’as tout l’attirail.
5:30Je crois que j’ai jamais eu une escorte militaire en voyage.
5:33C’est juste parce qu’on sort de la ville.
5:34Donc, pour les passages de frontières, faut un officier avec nous.
5:38- OK, on va où là ? - On va dans une ferme.
5:40Tu as déjà goûté le lait de chamelle ?
5:42- Et c'est... - Très bon.
5:43T'as un sourire en coin.
5:44Là, j’ai peur.
5:46On devrait en donner à Kwame.
5:48- Ouais, bien sûr. - Tu seras le cobaye.
5:50T’es aussi intolérant au lactose ?
5:52- On est dans le même bateau. - Ouais.
5:53OK, et on partage la chambre d’hôtel, donc…
5:57Mais heureusement, y a deux salles de bain.
6:00- Il se balade tout seul ? - Oui.
6:02Mais à qui est ce chameau ?
6:06Waouh, on les sent.
6:07On sent les chameaux.
6:10Bonjour, y a quelqu’un, une chamelle peut-être ?
6:13Oh mon Dieu, c'est impressionnant, y en a tellement.
6:21Nous sommes au milieu d'une laiterie de chamelles.
6:24Je me sens un peu idiot, là.
6:26Je peux le toucher ?
6:27J’ai l’impression que je devrais pas.
6:28Waouh !
6:31Je dis juste bonjour.
6:34À ton tour.
6:36Non.
6:37Je suis content de ne pas être le seul à flipper.
6:40- Ils laissent sortir un bébé à la fois. - D'accord.
6:42- Le bébé retrouve sa mère. - Ouais.
6:44Ils laissent le bébé boire en premier.
6:46- Ah oui. - Et après, ils récupèrent le reste.
6:48Les gars, je suis content qu’on soit tous à cette réunion.
6:50Ça fait longtemps qu'on en parle, je...
6:53Calmez-vous derrière, c'est pas...
6:56Steeve.
6:58C’était une blague nulle, désolé.
7:02Donc, au lieu d’aller au supermarché chercher du lait,
7:04tu viens ici et tu prends du lait de chamelle,
7:07qui est bien meilleur.
7:12- C'est... - Qu'est-ce qui se passe ?
7:14Waouh !
7:17Ils rigolent.
7:19C'est pas bon signe.
7:20Pour essayer, y a pas meilleur endroit que la ferme, non ?
7:23Oui.
7:26En fait, c’est pas mal.
7:28Par contre, c'est chaud.
7:29Donc direct de la chamelle.
7:33Ouais, c'est bon.
7:34Je sais pas pourquoi je pensais
7:35que ça aurait le goût de l'odeur de la ferme,
7:37mais c'est une idée stupide.
7:39Deux intolérants au lactose qui savourent du lait de chamelle.
7:41Demain matin, ça va être intéressant.
7:46OK, notre plus grosse journée d’aventure commence.
7:49- Prêts ? - Oui.
7:49Prêt.
7:56On marche pour aller voir quoi ?
7:58On monte vers les grottes anciennes de Laas Geel.
8:01On va y trouver certaines...
8:03Des plus anciennes peintures
8:05prouvant qu’une civilisation était là il y a 5 à 7 000 ans.
8:10C’est l’un des plus vieux sites découverts en Afrique.
8:15C’est la plus haute montagne que t’aies jamais grimpée ?
8:18C'est la seule, en fait.
8:20Bienvenue sur le site spectaculaire de Laas Geel,
8:23un ensemble d’environ 30 grottes incroyables,
8:26dont 12 abritent une quantité significative de peintures
8:29ayant miraculeusement traversé l’épreuve du temps.
8:32C'est possible, ça ?
8:51Stratégiquement situées face à une zone autrefois
8:54traversée de ruisseaux,
8:56ces grottes servaient de lieu de rassemblement
8:58pour les éleveurs nomades.
9:00Les vaches, très vénérées,
9:02y sont souvent représentées au-dessus des humains.
9:05Ressource vitale pour ces nomades,
9:07ces peintures magnifiques
9:09sont aujourd’hui un témoignage de leur existence,
9:12une empreinte du passé
9:13et un cadeau pour les rares qui osent s’aventurer jusqu’ici.
9:17On y trouve aussi, plus rarement, des girafes,
9:20signe que cette région était probablement bien plus verte autrefois.
9:25Les couleurs de la roche, le placement sur celle-ci,
9:27le choix de cet endroit,
9:29toutes ces peintures sont vraiment réfléchies.
9:32Il a dit que c’était la salle de conférence.
9:35Ils se réunissaient ici pour discuter de sujets sérieux.
9:38C’est ici que ça se passait.
9:40Ce siège-là, c’était le trône du roi à l’époque ?
9:43Pas mal comme spot, d’ailleurs.
9:46Je pense que c’est le site humain
9:47le plus ancien que j’aie jamais vu de mes yeux.
9:51Pour toi aussi, non ?
9:52Ouais, clairement.
9:54C’est l’un des morceaux d’histoire les plus fascinants
9:56que j’aie pu voir et toucher.
9:58- Waouh ! - Ouais.
10:00Juste incroyable.
10:04Merci.
10:07Pour comprendre pourquoi le Somaliland est un pays qui n’existe pas,
10:10on a eu la chance immense de s’entretenir avec le Dr Edna Adan,
10:14l’une des personnalités les plus marquantes
10:16et importantes du Somaliland.
10:18Tout d'abord, docteur,
10:19c’est un honneur de m'entretenir avec vous.
10:21- Avec plaisir. - Oui.
10:22Vous avez été très chaleureusement recommandé.
10:24C'est super !
10:25Infirmière, sage-femme et militante,
10:27elle a été la première femme ministre des Affaires étrangères
10:30du Somaliland
10:31et a aussi servi comme ministre de la Famille
10:34et du Développement Social.
10:36Elle est la fondatrice
10:37et directrice de l’hôpital de maternité Edna Adan,
10:40où on se trouve.
10:41Ayant vécu ces périodes sombres et inhumaines,
10:44elle a une voix forte et un avis tranché sur l’avenir du Somaliland.
10:48La République du Somaliland
10:50est aujourd'hui un pays dont on parle peu,
10:54car c’est un pays qui est stable, en paix,
10:57et c'est un pays qui fonctionne
10:59et dont les habitants consacrent leur énergie à se reconstruire.
11:03Pour comprendre son histoire, quatre moments clés sont nécessaires.
11:08D’abord, la réalité brutale de cette région.
11:11Comme pour le reste de l’Afrique,
11:12ses frontières ont été tracées arbitrairement
11:15par les colonisateurs européens.
11:17En 1885, les dirigeants européens
11:20se sont réunis lors de la tristement célèbre
11:22Conférence de Berlin pour diviser l’Afrique
11:24et dessiner des frontières qui existent encore aujourd’hui,
11:27lors d’une réunion à laquelle aucun Africain
11:30n’avait été invité.
11:31De nombreux groupes ethniques ont été séparés
11:33et les frontières tribales existantes ignorées.
11:36Le deuxième moment clé arrive 80 ans plus tard,
11:39dans les années 1960,
11:41lorsque les colonisateurs quittèrent l’Afrique
11:43et que les pays récupérèrent leur indépendance.
11:45Mais après des décennies de séparation,
11:47les cultures et parfois les langues ayant évolué,
11:50la plupart des nations africaines
11:52ont décidé qu’elles n’avaient pas d’autre choix
11:54que de conserver les frontières coloniales.
11:56Le Somaliland était un protectorat britannique jusqu’en 1960,
12:00date à laquelle l’Empire britannique a quitté le territoire.
12:03Pendant cinq jours,
12:05le Somaliland a enfin été un pays indépendant.
12:07Car quelques jours plus tard,
12:09une fois le reste de la Somalie libéré par l’Italie,
12:12le troisième moment décisif est arrivé :
12:14les deux territoires ont formé une alliance
12:16et sont devenus la République de Somalie.
12:19Mais réconcilier deux nations séparées aussi longtemps
12:22s’est avéré extrêmement compliqué.
12:26Avec l’union, on a mis en avant toutes nos similitudes ethniques.
12:31On a totalement ignoré nos différences :
12:34la corruption, les langues différentes,
12:36les particularités culturelles, les éthiques et tout ça.
12:40Et en fait, on n’avait finalement vraiment pas grand-chose en commun,
12:45et c’est là que toutes les représailles ont commencé,
12:48que les meurtres ont commencé.
12:50Le quatrième moment clé,
12:51c’est quand les Somalilandais
12:52ont finalement voulu retrouver leur indépendance.
12:55Dans les années 1980, une guerre civile a éclaté.
12:58Les rebelles du Somaliland se sont soulevés
13:01contre le dirigeant communiste Siad Barre.
13:03Puis, en 1988,
13:06dans un ultime effort pour écraser la rébellion,
13:08Siad Barre a commis l’impensable :
13:11il a ordonné le bombardement de civils et de tout le pays,
13:14menant à ce qu’on appelle aujourd’hui
13:16l’Holocauste de Hargeisa.
13:19Là, c’est l’avion qui a servi au génocide contre le Somaliland.
13:23Et donc, cet avion
13:24a décollé de cet aéroport pour bombarder la ville ?
13:27Oui.
13:28Et tous ces habitants, tous les résidents.
13:31Les avions du gouvernement somalien décollèrent de l’aéroport de Hargeisa,
13:35puis firent demi-tour pour bombarder leur propre ville.
13:39Quand les raids ont cessé,
13:40plus de 90 % de Hargeisa était détruite.
13:44Les pires atrocités contre l’humanité ont été commises ici,
13:49contre le peuple du Somaliland.
13:53Deux cent cinquante mille de nos concitoyens sont morts.
13:56Hargeisa compte aujourd’hui près de deux millions d’habitants.
14:00Je l’ai visitée en juillet 1991.
14:03Et je ne suis pas quelqu’un qui pleure facilement.
14:06Là, j’ai pleuré.
14:08Je n'avais jamais vu un tel niveau de destruction
14:12de toute ma vie.
14:13Nous avons vécu ces horreurs.
14:15La guerre civile a continué,
14:17beaucoup ont fui,
14:18mais cette frontière du Somaliland, qui n’a existé que cinq jours,
14:21a finalement été sécurisée par les rebelles.
14:24Le reste de la Somalie est toujours en conflit aujourd’hui,
14:27laissant le Somaliland avec ses propres dirigeants,
14:29son identité, sa monnaie, son armée, mais sans reconnaissance internationale.
14:35Pourtant, malgré tous ces faits,
14:38le Somaliland n’est ni une colonie, ni un fragment de la Somalie,
14:43l’ONU, qui a autrefois dénoncé ses atrocités,
14:47laisse aujourd’hui la Somalie occuper son siège
14:51et prétendre représenter le Somaliland.
14:55Alors que ce pays n’a aucun droit de le faire.
15:00Pire, les victimes
15:03on leur dit que leur bourreau les représente.
15:08Votre assassin vous représente.
15:11La Somalie vous représente.
15:13La Somalie parle pour vous.
15:15Beaucoup de gens ici, autour de nous, l’ont vécu.
15:18Ils ont survécu au génocide.
15:20Ça ne remonte qu’à 30 ans.
15:21Est-ce qu'il y a de l’espoir aujourd’hui ?
15:24Complètement.
15:25Oui, parce que c’est une nation construite par le peuple, vous voyez ?
15:28On l’a rebâtie nous-mêmes.
15:30C’est un peu comme construire sa propre maison, on l’aime d’autant plus.
15:35Ceux qui croient aux droits humains,
15:38qui croient à la justice,
15:40et acceptent d'écouter les voix de ceux qui ont subi une injustice,
15:44doivent revenir à la table des négociations,
15:48et examiner attentivement le cas du Somaliland et de la Somalie.
15:54Les Somalilandais méritent un procès équitable.
15:57J'espère que mon message
16:00touchera les hautes institutions
16:03créées par l'homme pour protéger les droits humains.
16:07Merci pour cette opportunité.
16:10Merci.
16:13Waouh, quelle conversation éclairante !
16:15Tellement de frissons,
16:16tellement de moments où je me disais : « Waouh ! »
16:18En fait, même pour quelqu’un qui vit en Afrique,
16:21on entend si rarement parler de toutes ces choses.
16:25Merci de m'avoir aidé à capturer ça.
16:27Merci de m’avoir amené ici.
16:28- C'est un honneur. - Merci.
16:29- C'est comme... - On apprend énormément.
16:31- Oui. - On est sur la même longueur d’onde.
16:34Et les jours suivants,
16:35on a découvert des facettes du pays
16:37dont on ignorait jusqu’à l’existence.
16:40Waouh !
16:41La côte du Somaliland.
16:44On est dans un campement nomade typique.
16:46- Mashallah. - Mashallah.
16:48Laissez-les entrer et asseyez-vous ici.
16:51Waouh !
16:54Vous êtes venus de loin et avez voyagé tout le chemin entre le ciel et la terre.
16:56Qu'Allah vous aide !
17:00On arrive dans une partie du Somaliland verte et luxuriante.
17:05Dans ma tête, je voyais surtout un pays désertique.
17:08Et puis on débarque,
17:09et on découvre qu’il y a toujours plus que ce qu’on imagine.
17:13Où sommes-nous là ?
17:15Au marché aux bestiaux.
17:16Regarde, il y a des chameaux alignés à perte de vue.
17:21Ils ont un signe secret pour négocier, une poignée de main spéciale.
17:25Waouh !
17:28Nous sommes tombés sur quelques hommes ici
17:29qui jouent à un jeu de...
17:31Est-ce que vous appelez ça des dames ?
17:32- Tu sais y jouer ? - Non.
17:34- Non ? - Pas du tout.
17:36On dirait juste qu’ils lancent des cailloux.
17:39On est venus ici jouer au foot avec les locaux.
17:48Salut, mon frère.
17:49Enchanté.
17:50Somaliland FC.
17:52Mon frère d'une autre mère.
17:54Bienvenue, je suis Habani.
17:56- Tu es fiers d’être du Somaliland ? - Ouais.
17:59Allez, frère.
18:00Je suis fiers d’être Somalilandais, ouais.
18:03Et j’aime tout le monde, peu importe la couleur,
18:06qu'on soit musulman, ou catholique ou autre, on est tous les mêmes.
18:10- Salut. - Quelle belle perspective.
18:11Salut à tous.
18:16Un des aspects les plus difficiles de mes voyages en Afghanistan ou en Irak,
18:19c’était de donner la parole aux femmes sur place,
18:22car les filmer spontanément sans permission est souvent interdit.
18:26Alors, cette fois, avec l’aide de Samiya,
18:28on a voulu rencontrer des femmes audacieuses
18:30qui repoussent les limites.
18:31Je ne savais même pas
18:32qu’il y avait un terrain de basket pour filles ici.
18:35- Vraiment ? - Oui.
18:36- Waouh ! - Salut !
18:37- Salam aleykoum. - Aleykoum salam.
18:39- Je suis Hafsa, bienvenue. - Merci.
18:41Tu étais entre de bonnes mains avec Samiya.
18:43Oui.
18:45Je n’aurais jamais cru que c’était possible pour les filles.
18:48C'est, traditionnellement, culturellement...
18:50On s’attend à ce qu’elles restent à la maison, non ?
18:53Les voir pouvoir sortir, courir, s’amuser comme ça, c’est génial.
18:57- Que représente le basket pour toi ? - Une thérapie.
19:00- Une thérapie ? - Ouais.
19:01Quand je suis triste, quand je suis en colère, je viens ici.
19:04C’est une façon de te recentrer,
19:06de comprendre ce qui se passe dans ton corps
19:08- et dans ta tête- - Oui.
19:10...et de juste agir.
19:11Est-ce que ça se développe, le sport féminin ici ?
19:14Dans notre société, c’est mal vu.
19:17Franchement, il n’aiment pas leurs filles,
19:18parce que ce n’est pas dans notre culture.
19:20Mais on a dit qu’on n’arrêterait pas de jouer.
19:23- C'est pour ça qu'ils l'acceptent. - Waouh !
19:25C’est pas facile, mais ils font avec.
19:28Samiya m’avait dit plus tôt dans le voyage
19:30qu’à son arrivée, elle avait lancé son propre projet
19:32pour autonomiser les jeunes filles.
19:35Les filles sont souvent gardées à la maison,
19:37alors que les garçons vont à l’école.
19:39Ça m’a encore traversé l’esprit :
19:40c’est pas juste, il faut équilibrer ça.
19:43Alors, si je vois une petite fille dans la rue à l’heure de l’école,
19:46je lui demande : « Où est ta maman ? Où habites-tu ? »
19:49Et je mène une petite enquête,
19:51mais je me rends compte que c’est toujours une question d’argent
19:56qui les empêche d’y aller.
19:57Donc, si on peut éliminer ce problème et les y envoyer, ce serait génial.
20:01Tu as mis en place un moyen
20:02pour que les gens puissent faire des dons et soutenir.
20:04Oui, j’ai posté sur Instagram, j’ai parlé de mon initiative,
20:07et j’ai été surprise de voir autant de gens
20:09prêts à s’engager et à aider.
20:11Donc, maintenant, on a cette communauté,
20:13et là, on a 30 filles à l’école.
20:15J’en suis tellement fière.
20:16Mais j’aimerais voir ce qu’on pourrait faire à l’avenir.
20:20Inspirés par l’initiative de Samiya
20:22pour aider ces filles à aller à l’école,
20:23on a voulu lui faire une surprise à notre tour.
20:26Le dernier jour du voyage,
20:28on a rendu visite à la mère de Samiya
20:29pour partager un authentique petit-déjeuner somalilandais
20:33avec une surprise.
20:34- Salut, je suis Thomas. - Salut, Thomas.
20:36- Enchanté. - Ravie de vous voir.
20:37Le petit-déjeuner traditionnel, c'est du foie.
20:40Waouh, ça l'air délicieux.
20:48Mixé à la main.
20:49- Oui. - Ouais.
20:50- Waouh, merci beaucoup. - De rien, Thomas.
20:52- C'est trop gentil. - C'est halal.
20:54Waouh, incroyable.
20:56Un vrai petit-déjeuner de Somali.
20:59- Fait... - Du thé somalien.
21:02On tourne trois épisodes dans trois pays différents en Afrique.
21:05Et les trois sont sponsorisés par notre marque de vêtements,
21:08- Seek Discomfort. - Waouh !
21:10Avec mon équipe, on a décidé de donner
21:1310 000 dollars pour ces filles,
21:15parce que…
21:16- Oh mon Dieu ! - Ça me tenait a cœur.
21:18Pour moi, l’éducation, c’est le plus beau cadeau
21:20qu’on puisse offrir à quelqu'un.
21:22Et ça m’a inspiré d’apprendre
21:23que tu sortais chercher ces filles pour les scolariser.
21:26C'est incroyable, fantastique.
21:28Ça m’ouvre déjà les yeux sur un futur
21:31que je ne pouvais même pas imaginer, il y a trois ans.
21:34Certaines personnes annulent après quelques mois.
21:38Mais tu peux pas abandonner une enfant que t’as mise à l’école.
21:41Donc, il faut trouver d’autres financements
21:44pour continuer l'éducation.
21:46Et c’est là que votre argent nous sauve.
21:49Si quelqu’un se retire,
21:50et aussi pour scolariser plus d’élèves : merci.
21:53Pouvoir vous transmettre l’aide de toutes les personnes
21:55qui nous soutiennent et nous suivent,
21:57c’est à la fois un honneur,
21:58mais aussi un cadeau pour moi.
22:00Je suis heureux de savoir que ça aidera tout au long de ce projet.
22:03Waouh !
22:04Une sécurité financière, c’est incroyable.
22:07C’est énorme !
22:08Bien plus qu’un petit-déjeuner, mec.
22:12Beaucoup plus.
22:14Merci pour le petit-déjeuner.
22:15- Oui, incroyable. - Avec plaisir.
22:18- Merci d'être venu. - Merci pour tout.
22:19Reviens nous voir.
22:22Ce voyage au Somaliland représente tout ce que je cherche dans mes voyages :
22:26un changement de perspective, des amis dans un nouveau coin du monde
22:29et une histoire qui, je l’espère, ouvrira les yeux de ceux qui regardent.
22:33Restez ici, n'ayez pas peur.
22:35Dormez ici si vous voulez, c'est sûr.
22:38Vous dormez, personne ne vous touche.
22:40Je ne peux pas dire si ou comment les choses
22:42changeront pour ce petit pays non reconnu,
22:44mais j’espère que la conversation, elle restera vivante.
22:49- On refait un voyage ? - Inch'Allah !
22:51- Inch'Allah, ce serait super. - Incroyable.
22:53- À bientôt. - À bientôt.
22:55Merci à vous de nous permettre d’aider grâce à Seek Discomfort.
22:58On emmènera trois d’entre vous,
23:00ceux qui achèteront dans la collection de fin d’année,
23:02en voyage avec nous l’année prochaine.
23:04Alors, j’espère que vous saisirez votre chance.
23:06Merci pour cette année de confiance,
23:08merci de votre soutien
23:09et merci d’être la communauté la plus authentique de YouTube.