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Inégalité de consommations et leurs conséquences - Interview de Faustine Régnier

Chaire ANCA · 1,580 words · 8 min read

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0:17je suis Faustine rier je suis sociologue

0:19au laboratoire Alice Aline et je

0:21travaille depuis de nombreuses années

0:23sur l'alimentation l'obésité et

0:26globalement parlant sur les normes

0:27d'alimentation et de corpulence nous

0:30vivons clairement dans des sociétés

0:31d'abondance dans les sociétés

0:32européennes mais cette abondance est

0:34inégalement distribuée les populations

0:37européennes depuis depuis les trentees

0:39glorieuses ont bénéficié des progrès de

0:42de l'industrie agroalimentaire des

0:44progrès dans la distribution des

0:45aliments et pour autant cette abondance

0:47est inégalement distribuée et elle

0:50entraîne des différences de consommation

0:51qui ont des répercussions très claires

0:53en matière de

0:58santé la consommation alimentaire varie

1:01fortement selon les milieux sociaux les

1:03enquêtes menées à l'INRA montrent tout

1:05d'abord que dans les ménages modestes on

1:07va consacrer une part plus importante de

1:09son budget à l'alimentation et que de ce

1:11fait les ménages modestes sont plus

1:13sensibles aux variations des prises

1:15alimentaires que ne le sont les ménages

1:17aisés au niveau des consommations on a

1:19montré également que les ménages

1:20modestes par exemple consomment moins de

1:22fruits et de légumes notamment frais et

1:25moins de poisson or ce sont des produits

1:27qui sont valorisés très fortement

1:28aujourd'hui au nom de la dité

1:30il consomme en revanche plus de produits

1:32céréaliers plus de corps gras plus de

1:35boissons sucrées et également ce qui est

1:37intéressant du point de vue de

1:38l'histoire plus de viande car la viande

1:40était autrefois une un aliment

1:42caractéristique des consommations des

1:44des catégories aisées et là on a

1:45vraiment un renversement assez inédit

1:47dans l'histoire ces différen de

1:49consommation ont des conséquences en

1:51matière de santé et là on peut vraiment

1:53parler d'inégalité j'en donnerai un

1:55exemple qui est celui de l'obésité qui a

1:56fortement mobilisé ces dernières années

1:58au début des années 2000 obésité en

2:00France c'est à peu près 11 % mais de

2:03fortes différences sociales puisque 13 %

2:05chez les ouvriers et seulement 6 % chez

2:07les Cal et ce que montre également

2:09d'autres études menées sur l'obésité

2:11c'est que les écarts entre les

2:13catégories sociales les plus aiséses et

2:14les catégories sociales modestes

2:16sacroisse depuis le début des années

2:181990 ce qui pose un réel souci de santé

2:26publique dans ce contexte là on a vu

2:30beaucoup de campagnes de santé publique

2:31se mettre en place pour prévenir ou

2:33prendre en charge l'obésité et l'enquête

2:35que nous avons mené à linra a montré de

2:37très fortes différences dans la façon

2:39dont les individus euh vont recevoir les

2:42recommandations et vont les mettre en

2:43pratique autrement dit on retrouve un

2:45très fort clivage social dans les

2:47catégories aé j'ai envie de dire tout va

2:49bien ils sont peu touchés par l'obésité

2:51et les recommandations ils les reçoivent

2:53ils les comprennent très bien et les

2:55mettent facilement en pratique à l'autre

2:57bout de l'échelle sociale du côté des

2:58catégories précaires la priorité n'est

3:01pas de se conformer à des

3:01recommandations c'est simplement d'avoir

3:03assez à manger au quotidien mais il me

3:06semble que l'enjeu c'est pas entre

3:07catégoriisé et précaire c'est catégorieé

3:10et catégorie modeste qui là représente

3:12une grosse partie de la population c'est

3:1325 à 30 % de la population française et

3:16là on s'aperçoit très bien que les

3:17individus dans ces catégories populaires

3:19connaissent parfaitement les

3:20recommandations qui pas un problème de

3:22diffusion des messages ils les

3:23connaissent mais ils ont développé à

3:25leur endroit un discours de réaction

3:27critique on leur demande de cons ce qui

3:30ne correspond pas à leur goût et ce qui

3:31ne correspond pas non plus à leur style

3:32de vie il y a un 4ème groupe très

3:35intéressant à mes yeux qui relève des

3:36catégories intermédiaire qui elle aussi

3:38connaissent extrêmement bien les

3:40recommandations c'est même le groupe

3:41social qui les connaît le mieux qui

3:43s'efforce de les mettre en pratique qui

3:45a très envie de les mettre en pratique

3:46mais ça se fait au prè d'efforts

3:48importants et souvent de fortes

3:54tensions nous avons mis en évidence

3:56quatre facteurs principaux qui

3:58expliquent ces différences sociales le

4:01premier facteur qui n'est pas très

4:03étonnant c'est évidemment le budget qui

4:05structure et contraint très fortement

4:07les choix alimentaire en milieu

4:08populaire et quand les

4:10recommandations mettent en avant la

4:12consommation par exemple accru de fruits

4:14et de légumes ça va impliquer chez eux

4:16bah de changer les aliments qu'on va

4:17consommer le plus au quotidien ça va

4:19impliquer également un changement des

4:20lieux d'approvisionnement donc il y a un

4:21risque budgétaire extrêmement important

4:24alors il y a le deuxième facteur en tant

4:27que sociologue est extrêmement important

4:28pour nous qu'on peut pas tout réduire à

4:30une dimension économique et qu'il nous

4:32faut pour nous faire intervenir tout ce

4:34qui relève des représentations de

4:35l'alimentation l'alimentation et la

4:37consommation ça a clairement une

4:39dimension sociale si je repars sur

4:41l'opposition entre catégorie aisée et

4:43catégorie modeste ce que l'on constate

4:45c'est que ou ce que l'enquête a montré

4:47c'est que dans les catégories

4:48aisé quand on pense alimentation on

4:51pense très rapidement santé et puis chez

4:53les femmes on va associer santé et ligne

4:55donc les individus vont déclarer qu'ils

4:57aiment manger des choses qui sont bonnes

4:58pour la santé et accessoirement qui sont

5:00bonnes pour la ligne du côté des

5:01catégories modestes c'est très différent

5:04les individus vont déclarer avoir le

5:06goût des choses bonnes non pas parce

5:07qu'elles sont bonnes pour la santé mais

5:09parce qu'elles sont bonnes au goût et on

5:10a la santé n'est donc pas une priorité

5:12quelles sont-elles on a deux priorités

5:14en milieu modeste une forme d'abondance

5:16alimentaire ça c'est quelque chose

5:18d'assez classique que les enquêtes en

5:20sociologie ont bien montré depuis le 19e

5:22siècle première priorité deuxième

5:24priorité c'est offrir le choix au

5:25convive et notamment offrir le choix aux

5:27enfants c'est une manière de leur faire

5:29plaisir à travers l'alimentation

5:31troisème facteur essentiel également les

5:34représentations du corps on voit bien

5:36que la minceur constitue aujourd'hui le

5:38critère de l'excellence corporelle mais

5:40si on considère par exemple le corps des

5:41femmes et c'est chez les femmes c'est

5:43intéressant qu'on trouve la plus forte

5:45différence sociale en matière d'obésité

5:47du côté des catégories aisées voilà la

5:50minceur c'est critère de l'excellence

5:51corporelle les femmes ont une vision

5:53extrêmement contraignante de la

5:54corpulence à atteindre elles font

5:55attention à leur alimentation elles se

5:58pèsent régulièrement elles pratique

5:59régulière activité physique du côté des

6:02catégories modestes c'est très

6:03clairement différent les femmes

6:05évidemment connaissent bien ces normes

6:06de la minceur qui sont véhiculés par

6:08exemple dans les médias et notamment

6:09dans la télévision mais en même temps

6:11elles se situent dans un groupe social

6:13leur groupe d'appartenance où en moyenne

6:14on est plus corpulent et où en moyenne

6:16l'obésité est plus développée donc être

6:18un peu rond ou un peu gros ou en surpoid

6:21c'est pas être en situation d'anormalité

6:23elle se trouve ce qu'on peut le dire en

6:25situation de normalité de faête dans

6:27leur groupe social d'appartenance 4è

6:30facteur que nous avons déterminé àiner

6:33c'est quand on parle d'alimentation

6:34est-ce qu'on va parler de santé du côté

6:36des catégoriisé l'alimentation est très

6:39clairement liée à la santé c'est un

6:40facteur de santé et elle est perçue

6:42comme partie prenante d'une hygiène de

6:44vie avec une perspective pensé sur le

6:46long terme donc on va mettre en pratique

6:48par exemple des recommandations qui

6:49auront peut-être des retombées 30 ou 40

6:52ans plus tard on a vraiment en matière

6:54d'alimentation d'optique préventive du

6:56côté des catégories modestes on parle

6:58moins de santé que de malad qui surgit

7:00très brutalement et on a une optique à

7:03beaucoup plus court terme au sens de

7:04c'est une optique curative si

7:06l'alimentation peut soigner c'est

7:08vraiment sous la forme du régime strict

7:09et limité dans le temps alors bien

7:11évidemment les choses ne sont pas

7:13totalement déterministes et au sein de

7:15chaque groupe social on va voir une

7:17série de facteurs qui viennent aider la

7:18mise en pratique des recommandations ou

7:20au contraire qui viennent les freiner je

7:22ne peux pas les lister tous le facteur

7:24le plus important me semble-t-il est

7:26celui d'intégration sociale y compris en

7:28milieu modeste si un indiv indidu est

7:29bien intégré socialement en dehors de

7:31son groupe social d'appartenance et par

7:33exemple notamment sur son milieu de

7:34travail il va être en contact avec des

7:36individus d'autres milliieux sociaux et

7:38notamment mieux situés sur l'échelle

7:40sociale qui vont et ces contacts là vont

7:42confronter à d'autres systèmes de

7:43représentation ce qui va le conduire

7:45très souvent à prêter plus attention à

7:48l'alimentation comme facteur pouvant

7:49contribuer à la

7:56santé un point très important à

7:58souligner avant de conclure sur les

8:00enjeux qui se posent actuellement dans

8:01la société française en matière

8:03d'alimentation c'est changer les

8:05comportements alimentaires ça prend du

8:07temps l'alimentation c'est constitutif

8:09de l'identité d'un individu constitutif

8:11de l'identité d'un groupe social et on

8:13doit impérativement penser les

8:15changements sur le long terme ça prend

8:16du temps de changer ses pratiques

8:18alimentaires ça prend du temps de

8:19changer sa représentation de

8:21l'alimentation aujourd'hui plutôt que de

8:23mener un discours àarmistous azimut ou

8:25au contraire de cibler uniquement les

8:27populations précaires l'enjeu est de

8:29parvenir à mener des campagnes destinées

8:31à l'ensemble des catégories modestes

8:33mais des campagnes qui tiennent compte

8:34de leur goût de leur préférences et leur

8:37représentation de l'alimentation et du

8:39corps et c'est dans ce cadrelà qu'on

8:41arrivera à faire passer des campagnes

8:42qui ne seront plus perçu comme étant

8:44imposé du haut vers le bas de la

8:54société

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