Free YouTube Transcribe

Video transcript

Un secret de Philippe GRIMBERT LIVRE AUDIO GRATUIT EN FRANCAIS

Marius · 26,151 words · 119 min read

Want to search this transcript, jump the video from any line, or download it as TXT, SRT, or VTT?

Open in the transcript tool

Full transcript

0:00bienvenue chez audible nous vous

0:03souhaitons une bonne écoute

0:06[Musique]

0:16audio lit me présente

0:19un secret

0:22de philippe grimbert

0:26par l'auteur

0:31à tania et maxime à simon

0:37partie 1

0:391

0:39[Musique]

0:48fils unique j'ai longtemps eu un frère

0:52il fallait me croire sur parole quand je

0:54servais cette fable à mes relations de

0:56vacances à mes amis de passage j'avais

0:59un frère plus beau plus fort un frère

1:02aîné glorieux invisible

1:07envieux en visite chez un camarade quand

1:09s'ouvrait la porte sur un autre qui lui

1:11ressemblait quelque peu les cheveux en

1:14bataille un sourire en coin qu'on me

1:16présentais en deux mots mon frère une

1:19énigme cet intrus avec lequel il fallait

1:22tout partagé y compris l'amour un vrai

1:25frère un semblable dans le visage duquel

1:28on se découvraient pour trait commun une

1:31mèche rebelle ou une dents de loup

1:33un compagnon de chambrée dont on savait

1:36le plus intime les humeurs les goûts les

1:39faiblesses les odeurs une étrangeté pour

1:42moi qui régnait sol sur l' empire des

1:44quatre pièces de l'appartement familial

1:48unique objet d'amour tendre souci de mes

1:50parents je dormais pourtant mal agité

1:52par de mauvais rêve

1:54je pleurais si thomas lampe éteinte

1:57j'ignorais à qui s'adressait ses larmes

1:59qui traversait mon oreiller et se

2:01perdait dans la nuit honteux sans en

2:04connaître la cause souvent coupables

2:06sans raison je regardais le moment de

2:09sombrer dans le sommeil

2:11ma vie d'enfant me fournissait chaque

2:13jour des tristesses et des craintes que

2:16j'entretenais dans ma solitude

2:17ses larmes il me fallait quelqu'un avec

2:20qui les partager

2:23jour enfin je n'ai plus été seul j'avais

2:26tenu à accompagner ma mère dans la

2:28chambre de service où elle voulait faire

2:29un peu de rangement je découvrais sous

2:32les toits cette pièce inconnue son odeur

2:34de renfermé ses meubles bankal ces

2:37empilements de valises aux serrures

2:39rouillé elle avait soulevé le couvercle

2:41d'une malle dans laquelle elle pensait

2:43retrouver les magazines de mode qui

2:45publiait autrefois ses dessins

2:47elles avaient eu un sursaut en y

2:49découvrant le petit chien aux yeux de

2:51bakélite qui dormait là couché sur une

2:54pile de couverture

2:57si toi emparer elle avait serré sur ma

2:59poitrine mais j'avais dû renoncer à

3:01l'emporter dans ma chambre sensible au

3:03malaise de ma mère qui m'incitait à le

3:05remettre à sa place

3:07la nuit qui a suivi je pressais pour la

3:09première fois majou mouillé contre la

3:11poitrine d'un frère il venait de faire

3:13son entrée dans ma vie

3:15je n'allais plus le quitter

3:17jour j'ai marché dans son ombre flotter

3:20dans son empreinte comme dans un costume

3:22trop large

3:23il m'accompagnait au square à l'école je

3:26parlais de lui à tout ce que je

3:27rencontrais à la maison j'avais même

3:29inventé un jeu qui me permettait de lui

3:31faire partager notre existence je

3:33demandais qu'on l'attende avant de

3:35passer à table qu'on le serve avant moi

3:37que l'on prépare ses affaires avant les

3:39miennes au moment du départ en vacances

3:41je m'étais créé un frère derrière lequel

3:44j'allais m'effacer un frère qui allait

3:47peser sur moi de tout son poids

3:52demain maigreur de mapa leur maladive je

3:54voulais me croire la fierté de mon père

3:56adoré de ma mère j'étais le seul à avoir

3:59séjourné dans ce ventre musclée par

4:01l'exercice à avoir surgi d'entre ses

4:03cuisses de sportive gt le premier le sol

4:08avant moi personne juste une nuit un

4:12bain dont ben qu'est lé que

4:14photographies en noir et blanc célébrant

4:15la rencontre de deux corps glorieux

4:17rompu aux disciplines de l'athlétisme

4:19qui allaient unir leurs destinées pour

4:21me donner naissance mémé et me mentir

4:27à les entendre je portais depuis

4:28toujours ce nom bien de chez nous mes

4:30origines ne me condamner plus à une mort

4:32certaine je n'étais plus cette branche

4:34grêle au sommet d'un arbre généalogique

4:36qu'il fallait et été

4:40mon baptême avait eu lieu si tard que

4:42j'en gardais intact le souvenir le geste

4:45de l'officiant lacroix humide imprimé

4:48sur mon front ma sortie de l'église

4:50serré contre le prêtre soul elle brodé

4:52de son étole un rempart entre la colère

4:56du ciel et moi si par malheur la foudre

4:59devait de nouveau se déchaîner mon

5:01inscription sur les registres de la

5:02sacristie me protégerait

5:05on n'avait pas conscience me prêter au

5:06jeu obéissant silencieux tentant de

5:10croire avec tout ce qui me fait est que

5:11l'on réparé est une simple négligence

5:14la marque indélébile imprimé sur mon

5:17sexe se réduisait au souvenir d'une

5:19intervention chirurgicale nécessaire

5:21rien de rituels une simple décision

5:24médicale une parmi tant d'autres

5:28notre nom lui aussi porté sa cicatrice

5:30de lettres changer officiellement à la

5:33demande de mon père orthographe

5:35différente qui lui permettait de planter

5:37des racines profondes dans le sol de

5:39france

5:41l'oeuvre de destruction entreprises par

5:43les bourreaux quelques années avant ma

5:44naissance se poursuivait ainsi

5:46souterraine déversant ses tombereaux de

5:49secret de silence cultivant la honte

5:52mutilant les patronymes générant le

5:54mensonge

5:56défait le persécuteur triomphe est

5:58encore

6:00malgré ces précautions la vérité à

6:02fleurets accrochés à des détails

6:05quelques feuilles de basilic tremper

6:06dans de l'eau battus et dorer à la poêle

6:08un samovar modern style sur la cheminée

6:11du salon un chandelier enfermé dans le

6:14buffet sous le vaisselier

6:15et toujours ces questions régulièrement

6:19m'interrogeais sur les origines du nom

6:21grimbert on s'inquiétait de son

6:23orthographe exact exhumant le nkm était

6:27venu remplacer débusquant le g quinté

6:30devait faire oublier

6:32propos que je rapportais à la maison

6:34écarté d'un geste par mon père nous nous

6:38étions toujours appeler ainsi

6:39martelait-il cette évidence ne souffrait

6:41aucune contradiction ont trouvé trace de

6:44notre patronyme dès le moyen-âge

6:46grimbert n'était-il pas un héros du

6:48roman de renart

6:501 m pour un n 1 t pour un g

6:562 un film modifications mais m avait

7:00recouvert n

7:02dépossédé du jet j'obéissais désormais à

7:05l'impératif du thé

7:09contre le mur douloureux dont s'était

7:12entouré mes parents je les aime et trop

7:14pour tenter d'en franchir les limites

7:15pour écarter les lèvres de cette plaie

7:18j'étais décidé à ne rien savoir

7:22longtemps mon frère m'a aidée à

7:23surmonter mes peurs une pression de sa

7:26main sur mon bras ses doigts qui

7:28ébouriffe ai mes cheveux et je trouvais

7:30la force de franchir les obstacles

7:32sur les bancs de l'école le contact de

7:34son épaule contre la mienne me rassurer

7:36et souvent si l'on interrogeait le

7:39murmure de savoie à mon oreille mme

7:40souffler la bonne réponse

7:42il affichait la fierté des rebelles qui

7:45balayait les obstacles des héros de cour

7:47de récréation suspendu au vol d'un

7:49ballon des conquérants qui escaladé les

7:51grilles je les admirais le dos collé au

7:54mur incapable de rivaliser avec eux

7:56attendant la cloche libératrice pour

7:59enfin retrouver mes cahiers

8:03choisi un frère triomphant

8:05insurpassable il l'emportait dans toutes

8:08les disciplines pendant que je promenais

8:10ma fragilité sous le regard de mon père

8:12ignorant les clercs de déception qui le

8:15traverse est

8:18parents mes bien aimés dans chaque

8:21muscle avait été polis comme ses statuts

8:23qui me trouble est dans les galeries du

8:24louvre

8:26plongeon de haut-vol gymnastique

8:27sportive pour ma mère lutte à gré pour

8:30mon père tennis volley pour tous deux 2

8:33cor faits pour se rencontrer s'épouser

8:35se reproduire

8:37j'en étais le fruit mais avec une

8:40jouissance morbide je me plantais devant

8:42le miroir pour inventorier mes

8:44imperfections genou saillants en bassin

8:46pointant sous la peau bras arachnéen et

8:50je mets farret de ce trou sous le plexus

8:52dans lequel aurait tenu un point

8:54creusant ma poitrine comme l'empreinte

8:57jamais effacer d'un coup

8:59cabinets de médecins dispensaires

9:01hôpitaux odeur de désinfectant couvrant

9:04à peine les grosseurs d'angoise

9:06atmosphère délétère à laquelle j'ajoute

9:08est mon obole tous sens où le

9:10stéthoscope offrant mon bras la seringue

9:14chaque semaine ma mère ma compagne est

9:16dans l'un de ces lieux devenus familiers

9:17mais des tas me dévêtir pour confier mes

9:20symptômes un spécialiste qui se retirer

9:23ensuite avec elle pour une conversation

9:24chuchoter

9:26résigné à six sur la table d'examen

9:29j'attendais le verdict intervention à

9:32prévoir traitement de longue durée au

9:34mieux vitamines ou inhalation

9:37des années passées à soigner cette

9:40anatomie défaillante

9:42pendant ce temps insolemment mon frère

9:45exhibait ses épaules carrées leral de sa

9:47peau son duvet blond

9:52bancs de musculation et ce palier

9:55mon père s'entraîner chaque jour dans la

9:56pièce de l'appartement transformer en

9:58gymnase ma mère si elle y passer moins

10:01de temps ci livrait cependant à des

10:03exercices d'échauffement guettant pour y

10:06remédier aussitôt le moindre relâchement

10:10est un commerce de gros rue du

10:12bourg-l'abbé dans ce carré de l'un des

10:14plus anciens quartiers de paris réservé

10:15à la bonneterie la plupart des magasins

10:18de sport se fournissent chez eux en

10:19maillots juste au corps et sous

10:21vêtements

10:22je m'installais à la caisse à côté de ma

10:24mère pour accueillir les clients parfois

10:26j'aidais mon père trottinant à sa suite

10:28dans l'une ou l'autre des réserves pour

10:31le regarder soulever sans effort des

10:32piles de cartons en ni de photos de

10:34sportifs

10:35gymnastes aux anneaux aux nageuses

10:37lanceur de javelot que je regardais

10:39s'empiler sur les rayonnages

10:41les hommes portaient la coupe courte et

10:43légèrement ondulés de mon père est femme

10:46arborait la sombre cascade de cheveux de

10:48ma mère retenu par un ruban

10:52quelque temps prémat découverte dans la

10:53chambre de service j'avais insisté pour

10:56y retourner et cette fois ma mère

10:58n'avait pu m'empêcher de redescendre

11:00avec le petit chien

11:01le soir même je vais l'installer sur mon

11:03lit quand il m'arrivait de me brouiller

11:06avec mon frère je me réfugie auprès de

11:08mon nouveau compagnon sim

11:11où était d'aller lui chercher ce nom

11:13dans l'odeur poussiéreuses de sa peluche

11:15au détour des silences de ma mère dans

11:18la tristesse de mon père sim sim je

11:23promenais mon chien dans l'appartement

11:24et je ne voulais rien savoir du trouble

11:27de mes parents lorsqu il m'entendait la

11:28plaie

11:31plus j'avançais as tu lu mes relations

11:33avec mon frère devenait tendue je nous

11:36inventait des querelles je me rebelle

11:37est contre son autorité je tentais de le

11:40faire fléchir mais je sortait rarement

11:42vainqueur de nos empoignades

11:44les années passant il s'était transformé

11:46de protecteur il était devenu tyrannique

11:49moqueur parfois méprisant

11:52m'endormant au rythme de sa respiration

11:54jeu continuaient cependant de lui

11:56confier mes peurs mes défaites il les a

11:59cueillies sans un mot mais son regard me

12:02réduisait à néant il détaillait mes

12:04imperfections soulevé l'hydra et

12:06étouffer un rien

12:09alors la colère m'envahissait gel

12:10saisissez à la gorge frères ennemis faux

12:12frères frères dhombres retourne à la

12:15nuit

12:16mes doigts dans ses yeux j'appuyais de

12:18toutes mes forces sur son visage pour

12:20l'enfoncer dans les sables mouvants de

12:22l'oreiller

12:23ils riaient et tous deux nous roulions

12:25sur les couvertures et inventant les

12:28jeux du cirque dans l'ombre de notre

12:30chambre

12:32troublé par son contact j'imaginais la

12:34douceur de sa peau

12:38mais au son rés la maigreur s'est

12:41accentuée alerté le médecin de l'école a

12:43convoqué mes parents afin de s'assurer

12:46que je manger à ma faim

12:48ils en sont revenus blessés

12:49je m'en suis voulu de leur faire vivre

12:51cette honte mais à mes yeux leur

12:54prestige s'en est trouvé renforcé

12:55je haïssais mon corps et mon admiration

12:58pour le leur ne connaissait plus de

13:00limites je découvrais une nouvelle façon

13:03de jouir de mon statut d'invaincu le

13:06manque de sommeil creuser chaque jour un

13:07peu plus mes joues l'éclatante santé de

13:09mes parents contraste est encore

13:11davantage avec mon aspect souffreteux

13:14mon visage présentait les cernes bleuté

13:17le teint livide d'un enfant épuisé par

13:19les pratiques solitaire

13:21quand je m'enfermais dans ma chambre

13:23toujours j'ai emporté avec moi l'image

13:25d'un corps la tiédeur d'une chaire quand

13:28je n'accrochais pas mes membres à ceux

13:30de mon frère je célébrais l'éclair qui

13:32venait m'éblouit à l'heure de la

13:33récréation

13:35dans la cour de l'école je me réfugie au

13:37bord du carré réservé aux filles asie

13:40jouer à la marelle ou sauter à la corde

13:42loin des jeux de ballons et des

13:44exclamations qui résonnait sur le

13:45territoire des garçons assis à proximité

13:48de leurs voix claire sur le sol de

13:50ciment je me laisser bercer par le rire

13:52et leur comptines et au moment de leur

13:54envol je surprenais sous leurs jupes la

13:56blancheur d'une petite culotte

13:59j'avais pour les corps une curiosité

14:01sans limites très vite le rempart des

14:04vêtements ne m'avait plu rien cacher

14:06mes yeux fonctionner à l'image de ses

14:08lunettes magiques dont j'avais vu la

14:10publicité dans un magazine et qui

14:12vantait leur pouvoir le comparant à

14:14celui des rayons x

14:15débarrassés de leurs uniformes de

14:17citadins les passants révéler leurs

14:19trésors comme dans imperfections

14:22au premier coup d'oeil je repérais une

14:24jambe torse une poitrine au perche et un

14:27ventre proéminent mon regard exercer

14:30procéder à une véritable moisson d'image

14:32collection d'anatomie que je feuilletais

14:35la nuit venue

14:37rue du bourg-l'abbé je profitais de

14:39l'agitation des jours de presse pour

14:41explorer les réserves le magasin était

14:43installé au rez-de-chaussée d'un

14:44immeuble vétuste

14:46un escalier permettait d'accéder aux

14:48chambres d'un ancien appartement qu'est

14:50ce sombre tapissé de rayonnages imprégné

14:52d'une odeur de cartons et d'après

14:55comme j'aurai parcouru les étagères

14:57d'une bibliothèque à la recherche d'un

14:58titre je laissais courir mes yeux sur

15:00les étiquettes maillot culotte de sport

15:03cole en gymnastique

15:05page 2 me patron patron fillette femmes

15:09je comparais les tailles m'intéresser

15:12aux pointures

15:13chacun de ces chiffres convoqué une

15:15silhouette nouvelle aussi tous revêtus

15:17de ses accessoires

15:18lorsque j'étais certain de ne pas être

15:20dérangé jeu soulever le couvercle des

15:23boîtes le clan battant et me saisissent

15:25et de leurs contenus

15:27j'y plonge et mon visage puis-je étaler

15:29ses pièces sur le comptoir en pressant

15:31mon ventre sur le rebord de chaînes pour

15:34recomposer amaguiz la silhouette d'une

15:36gymnaste d'une basketteuse ou d'un

15:39coureur de fond

15:42le magasin partage est le

15:43rez-de-chaussée de l'immeuble avec le

15:45cabinet de mademoiselle louise

15:46son officine occupaient deux pièces lacs

15:49et de blanc un bureau et une salle de

15:51soins au sol recouvert d'un linoléum

15:55quelques plantes vertes chloro tic à

15:57bille est une vitrine sur laquelle

15:58s'étalait en lettres des miles et

16:00services offerts

16:01soit un domicile piqûre massage louise

16:05faisait partie de notre famille je

16:07l'avais toujours connu les jours calmes

16:09elle venait ça couderc à la caisse pour

16:11faire la conversation

16:13régulièrement sur sa table recouverte

16:15d'un drap blanc el massae mes parents

16:19par semaine elle m'a injecté des

16:20vitamines ou m'asseyais face à l'aérosol

16:23deux embouts crachotant dans les narines

16:25jeu restait immobile plongé dans mes

16:28pensées engourdi par le ronronnement de

16:30la machine

16:32louise avait dépassé la soixantaine elle

16:34portait sur son visage les stigmates de

16:36l'alcool et du tabac les excès avait

16:39marqué ses yeux soulignés de poche ça

16:41pour blême flotter sur un visage détruit

16:44seuls ses mains énergique émergent des

16:47manches de sa blouse semblait posséder

16:49une ossature demain autoritaire aux

16:52ongles courts ou longs doigts qui se

16:54déployait s'imposer lorsqu'elle parlait

16:57je recherchais sa compagnie traversant

17:00le plus souvent possible les trois

17:01couloirs encombrés de carton pour lui

17:03rendre visite je passer moins de temps

17:05dans le magasin est chez elle où je

17:07pouvais parler sans contrainte je la

17:10sentais proches de moi sans doute en

17:12raison de sa difformité

17:14elle devait sa démarche cahotante un

17:16pied bot dissimulé dans une chaussure

17:19orthopédique un boulet de cuir noir

17:21qu'elle traînait partout avec elle

17:24sa silhouette vacillante bousculés par

17:26les murs du couloir était à l'image de

17:28son visage un sac de peau que ne

17:30soutenait aucune armatures

17:33disposés à des crises de rhumatismes qui

17:34enflammait ses articulations louise

17:37balayer cette douleur sourde d'un

17:38mouvement exaspérés de la main je

17:41comprenais les raisons de son geste elle

17:43détestait son apparence

17:45est fasciné par ce corps sans squelette

17:47qui entretenait une telle intimité avec

17:49les nôtres celui de mes parents

17:51lorsqu'ils venaient déposer leur fatigue

17:53sur sa table de massage et le mien

17:56lorsque je lui présenter mes fesses pour

17:58qu'elle me injecte l'un de ses liquides

18:00revitalisant

18:02louise disait connaître mes parents

18:04depuis leur installation rue du

18:05bourg-l'abbé elle me vantait la beauté

18:08de ma mère l'élégance de mon père

18:09traversé par un frémissement quand elle

18:12prononcer leur nom nous avions nos

18:14rituels chacune de mes visites à me

18:16préparer un chocolat sur le réchaud où

18:19elle faisait bouillir ses aiguilles jeu

18:21le déguster à petites gorgées et elle me

18:23tenait compagnie avec un verre de la

18:25liqueur ambrée qu'elle cachait dans son

18:26armoire à pharmacie

18:28curieux de sa vie je lui posais des

18:30questions que je ne mettais jamais

18:32permise avec mes parents elle se

18:34prétendait sans secret sa vie était là

18:36dans ce cabinet sombre a dispensé ses

18:39bons soit aux habitués les écouter jour

18:41après jour

18:42le reste avait si peu d'intérêt elle

18:45vivait dans le pavillon de son enfance

18:46elle y était né il y avait grandi son

18:50horizon se limitait aux deux pièces de

18:51son cabinet et à la bâtisse de molière

18:54entouré de son jardinet de banlieue

18:56depuis la mort de son père elle y

18:58soigner sa mère répétant le soir pour la

19:00vieille femme impotente les gestes

19:01qu'elle accomplissait dans la journée

19:05jour plus propice à la confidence louise

19:07raconte l enfance d'une petite fille

19:09boiteuse moquer vivent dans l'ombre de

19:12ses camarades plus agiles

19:13je me reconnaissais je voulais en savoir

19:16davantage mais très vite comme à chaque

19:19fois qu'elle abordait un sujet pénible

19:21lui venait ce même geste pour écarter la

19:23douleur elle balayé l'air de ses mains

19:25et planter son regard interrogateur dans

19:27le mien attendant mes confidences

19:31alors je pouvais me laisser aller à lui

19:33raconter mes rêves ses soupirs

19:35ponctuellement ici matérialisée par la

19:37fumée de sa cigarette

19:39depuis des années l écouter mes parents

19:41avec la même attention laissant courir

19:43sur eux c'est main énergique qui les

19:45délester de leurs soucis

19:47avec leur fatigue il a abandonné chez

19:50elle leur secret

19:54partie 2

19:58[Musique]

20:04j'ai longtemps été un petit garçon qui

20:06se rêvait une famille idéale

20:08à partir des rares images qu'il me

20:11laissait entrevoir j'ai imaginé la

20:13rencontre de mes parents

20:15quelques mots lâchés sur leur enfance

20:16des bribes d'informations sur leur

20:19jeunesse sur leur idylle autant de

20:21parcelles sur lesquelles je me suis

20:23jetée pour construire mon improbable

20:24récit

20:27j'étais vidé à ma façon les chevaux de

20:29leur vie et de même que je m'étais

20:32inventé un frère j'ai fabriqué de toutes

20:34pièces la rencontre des deux corps dont

20:36j'étais né comme j'aurais écrit un roman

20:38la pratique du sport leur passion

20:40commune avait réuni maxime et tania mon

20:43histoire ne pouvait commencer que dans

20:45le stade où je les accompagnais si

20:46souvent

20:49n étant ces terrains de sport sa piscine

20:52et ses gymnases en bordure de marne on

20:55arrive devant sa grille surmontée d'une

20:56cigogne métalliques après avoir longé

20:58les berges parsemé de guinguette

21:01le dimanche on se presse vers ces

21:03dancing flanqué de restaurants où l'on

21:05déguste des assiettes de friture

21:06accompagné d'un petit vin blanc acide

21:09des garçons en bras de chemise et des

21:11filles en robe fleurie six ans l'as au

21:13son de l'accordéon et se dévêtent au

21:14plus fort de l'été pour plonger dans

21:16l'eau fraîche

21:17l'insouciance des baigneurs et les

21:20exclamations des danseurs contraste avec

21:22les souffles et les soupirs des as est

21:24en maillot blanc tout à leur discipline

21:26qui affichent leur concentration sur les

21:28pelouse du stade

21:30maxime est le fleuron de cette troupe il

21:33brille dans le gymnase terrasse ses

21:35adversaires à la lutte gréco-romaine

21:37effectué sans effort la croix de fer aux

21:39anneaux il a une revanche à prendre il a

21:43commencé à travailler très jeune dans le

21:44commerce de bonneterie de son père

21:47les faibles moyens de joseph émigrés

21:49roumain ne lui ont pas permis d'assurer

21:51à ses trois enfants de longues études

21:52les deux aînés se sont contentés de leur

21:55sort mariée très jeune il répète sans

21:57émouvoir la trajectoire paternel mais

22:00maxime le cadet aurait voulu devenir

22:03médecin ou avocat

22:05un de ces métiers qui autorise à faire

22:07précéder son nom d'un titre on le

22:09rappeler doctor who m ce qui aurait fait

22:12oublier la consonance étrangère de son

22:14patronyme

22:15on y flers le déracinement on éprouve la

22:19tentation d'en rouler les r il y flotte

22:21des relents de cuisines d'europe

22:23centrale relief trop accuser aux yeux de

22:25ce jeune homme aux ambitions de dandy

22:28amoureux de paris il veut s'y fondre en

22:30adopter des modes s'imprégner du parfum

22:32d'insouciance qui règne

22:35préférez de sa mère caroline disparu

22:38alors qu'il était encore enfant il aime

22:40séduire il s'habille avec goût portent

22:43des chemises sur mesure il veut briller

22:45et le premier achat important qu'il se

22:48permet est celui d'une voiture

22:49décapotable chrome et sièges de cuir

22:53ici on parie coude à la portière cheveux

22:56au vent guettant le regard des passantes

22:58ralentissant aux files d'attentes des

23:00stations de taxis pour proposer à

23:02quelqu'un connu de l'accompagner

23:05très tôt il a vu se refléter dans les

23:06yeux des jeunes femmes le charme de son

23:08visage

23:09au hasard de ses promenades automobile

23:11en bord de marne il a longé les grilles

23:13du club impressionné par l'ardeur de ces

23:16garçons et de ses filles et s'est

23:18aussitôt inscrit et a commencé à

23:20pratiquer différentes disciplines pour

23:21atteindre son idéal de perfection en

23:24quelques années la musculation et les

23:26agrès lui en dessiner la stature dont il

23:29rêvait sa carrure d'athlète fait oublier

23:31ses origines

23:35seul à percevoir les lignes invisibles

23:36qui traverse le stade son oeil de

23:39dessinatrice s'en saisit pour composer

23:41des abstractions rails d'acier est un

23:44sel tension et relâchement qu'elle

23:46traduit par des gerbes de couleur sur

23:48son carnet de croquis

23:51fils pour des couturiers et le reste du

23:53temps crocs des silhouettes qu'un

23:54journal de mode lui achète des femmes de

23:57trois-quarts légèrement déhanché vêtue

23:59d'un primé coiffer des great

24:02elle vit rue berthe au pied de

24:04montmartre dans le trois pièces qui

24:05prolonge l'atelier de couture de sa mère

24:08petite fille elle a passé des heures

24:09assis sur un tabouret à regarder volts

24:12et les mains de cette femme toute en

24:13rondeur vêtu d'une blouse chaussée de

24:16savate ses mains d'où jaillissaient des

24:18miracles d'élégance

24:22des créations de sa mère ses dessins

24:23d'enfants se sont affinés puisse valoir

24:25si des carnets entiers inventant des

24:27silhouettes aux épaules et des tailles

24:29marquées

24:30elle a quitté l'école sitôt après le

24:31certificat d'études la sûreté de son

24:34trait ayant attiré l'attention s'est

24:36inscrite dans une école de modéliste

24:39les deux femmes vivent sol marta taille

24:42jour et nuit ces étoffes pour assurer à

24:43sa fille une existence confortable

24:45le père de tania les a abandonnés elle

24:49conserve sur sa table de chevet un

24:50portrait de lui larcher à la main visage

24:53osseux que l'art du photographe a

24:55transformé en celui d'un virtuose

24:56ténébreux il lui a transmis un nom à

24:59consonance anglaise irréprochable

25:02celui de marta porte la trace de

25:04séailles aux immigrés l'accent de la

25:06lituanie province russe aux contours

25:08incertains que tania situerait

25:10difficilement sur une carte

25:14liste sans emploi andré a vécu de

25:16cachettes fortune jouant les yeux noirs

25:18où kalinka dans lé cabaret russe de la

25:21capitale accompagnant des chanteurs de

25:24variété dans des music halls sans gloire

25:27plus jeune âge il a tenté de l'initier à

25:29son instrument et elle garde de ces

25:31leçons à souvenirs terrifiés

25:34pour satisfaire l'ambition paternelle

25:36elle serait bien devenue l'une de ses

25:38filles est prodige dont la photo trône

25:40est à la une des journaux mais elle

25:42n'est parvenue à tirer de son instrument

25:43que d'insupportable stridences

25:46vrillant les tympans de son père

25:48déchaînant sa violence

25:51un jour andré a quitté la rue berthe

25:53sans prévenir elles ne l'ont jamais

25:55revue

25:57les dernières nouvelles qui leur sont

25:58parvenues il faut néo de cartes postales

26:01provenaient d'afrique

26:03qu'était-il allait faire là bas

26:05tania imaginait son père dans un village

26:07de brousse apprenant le violon à de

26:10petits indigènes bien plus doux et kehl

26:13de cet abandon lui restait la nostalgie

26:15d'une carrière artistique

26:17tania se ces belles mais ni les

26:19compliments ni les regarder le camp des

26:21passants ne suffisent à leurs assurés

26:24encore écolière elle a souffert de ne

26:27pouvoir briller en dehors du dessin

26:29seuls ses aptitudes physiques ont été

26:31remarquées

26:32une de ses amies qui s'entraînait à

26:33l'alsacienne lui a proposé les

26:35accompagner et très vite tania s'y est

26:38distingué

26:39maxime a remarqué la beauté de tania ils

26:42veulent à conquérir

26:44tania est elle aussi séduite par ce

26:46garçon elle kate sont arrivés le suit

26:49des yeux parfois se rendre au gymnase

26:51pour assister à un de ses combats

26:54le spectacle de maxime en tenue de

26:56lutter emprisonnant son adversaire dans

26:58les tours de ses jambes ne la laisse pas

26:59indifférente

27:01moulé dans un maillot noir coiffé d'un

27:04bonnet blanc qui souligne la pureté de

27:05ses traits tania est éblouissante

27:08projeté vers le ciel après quelques

27:10rebonds elle fend l'air puis ramasser

27:12sur elle-même inscrit ses figures

27:14parfaite dans l'espace avant de filer

27:16vers la surface qui se referme sur elle

27:18sans une éclaboussure

27:21maxime ne manque jamais de s'installer

27:22au pied du plongeoir lorsque l'équipe

27:24féminine s'entraîne

27:26il aime les conquêtes faciles il jette

27:29son dévolu sur une cheville fine sur un

27:31décolleté que les terrans scintillant un

27:34sourire un regard un peu appuyé et la

27:37jeune 3 monte dans sa décapotable

27:40ils l'emmènent dîner charge son regard

27:42de promesses

27:43enflammé dans l'instant aimanté par un

27:45détail il confond le désir avec l'amour

27:48est très vite le charme de la rencontre

27:50se fane

27:52il n'en sera pas de même avec tania il

27:54le sait

27:57traire mentation d'habitude de ne pas se

27:58rater

28:00son regard exercer repères

28:01impitoyablement le point faible d'une

28:03anatomie aussi prometteuse soit elle une

28:06jambe sans relief un pied trop carré un

28:09soupçon de mollesse dans le ventre et

28:11aussitôt le charme d'une chute de reins

28:12ou d'une poitrine s'étiole

28:15rien de semblable avec tania tout dans

28:17ce corps répond à son désir

28:21peu à peu au fil de leurs rencontres

28:23la championne à vulnérable lui dévoile

28:25sa fragilité ses doutes sous la statue

28:28il voit poindre la petite fille

28:31au bout de quelques semaines il ne peut

28:32plus se passer de sa présence

28:35ils se fréquentent en dehors du club au

28:37volant de sa décapotable il l'emmène

28:39découvrir ces coins préférés de la

28:40capitale la concorde sous la pluie le

28:44charme provincial de la place

28:46furstenberg le marché d'aligre le petit

28:48cimetière de campagne qui entoure

28:50l'église de charonne

28:53au bout de quelques mois il s'installe

28:54dans l'appartement de ce quartier

28:56tranquille où je vais m l'année suivante

28:59il décide de se marier tania cessent de

29:02défiler pour les couturiers elle rejoint

29:04maxime dans le magasin de la rue du

29:05bourg-l'abbé et sous leur influence le

29:08commerce se spécialise en articles de

29:10sport

29:11maxime vit toujours dans

29:13l'émerveillement de leur rencontre

29:15tania ressent elle aussi ce sentiment de

29:17plénitude mais elle voudrait un enfant

29:20maxime hésite il veut profiter sol de

29:23thann ya quelques années encore la

29:26menace de guerre qui se précise lui

29:27fournit un argument de plus est il

29:29raisonnable d'envisager une naissance

29:31dans cette période troublée

29:35attend la nouvelle on le sent à

29:37l'effervescence qui agite les rues aux

29:39débats qui animent les alentours des

29:40kiosques à journaux

29:42maxime et annie à travailler plus

29:44durement que jamais le rythme du magasin

29:46s'accélère comme si la menace d'une

29:48catastrophe faisait naître une fièvre de

29:50dépenses

29:52cette atmosphère est perceptible dans

29:54l'enceinte du stade où ils poursuivent

29:55leur entraînement

29:56chacun tente de se dépasser

29:59les rencontres en salle green town

30:01intensité lançant les adversaires dans

30:03des joutes plus ardente en proie à une

30:05soif de vaincre qui s'intensifie

30:09ils apprennent l'invasion de la pologne

30:10par les troupes allemandes la radio émet

30:13de fréquents communiqué alarmiste

30:15maxime et tania les écoutes pencher sur

30:17le gros poste de noyer dans le petit

30:19bureau aménagé au premier étage du

30:21magasin

30:22à la une des journaux des placards noirs

30:24comme des avis de deuils leur annonce la

30:26déclaration de guerre

30:28il éprouve un sentiment d'irréalité

30:31deux armées obéissant à des décisions

30:34politiques qui leur échappe élaboré dans

30:36de lointains bureaux vont combattre au

30:39nord de la france le long de frontière

30:40impalpable

30:42ils n'entendront ni déflagration ni cris

30:45d'agonie

30:46la france bien à l'abri derrière cette

30:49ligne maginot dont on leur a vanté

30:51l'invulnérabilité

30:52remportera rapidement la victoire ce qui

30:55va se jouer dans la boue et le sang

30:56prend à leurs yeux la simple apparence

30:58d'une rencontre sportive

31:02que mes parents abordé l'époque de la

31:04guerre

31:04surgissait le nom du village qui les

31:06avait accueillis lorsque la pénurie et

31:08les menaces de réquisition les avait

31:10amenés à franchir la ligne de

31:12démarcation

31:14il devait fermer le magasin on avait

31:16confié les clés à louise leurs voisines

31:17et amies fidèles elle veillerait à ce

31:20que les marchandises ne soit pas piller

31:22en leur absence

31:24une de ses cousines qui travaillait à la

31:25mairie d'une localité de l'indre leur

31:27avait fourni l'adresse d'une famille

31:29susceptibles de les héberger

31:31assurés d'y trouver un toit il avait

31:33quitté paris pour saint gaultier dont il

31:35prononçait le nom avec exaltation il

31:38l'associé à deux années exceptionnelles

31:40souvenir de pur bonheur parenthèse de

31:43sérénité dans la tourmente

31:46ils ont trouvé refuge chez un colonel en

31:48retraite qui vit en compagnie de sa

31:50fille une demoiselle déjà rage et

31:52ancienne institutrice

31:53loin des rumeurs de la guerre la

31:56bourgade est un îlot de calme les

31:58angoisses les privations et le

31:59rationnement dont souffrent les grandes

32:01villes ne semble pas l'avoir atteinte

32:04le colonel entretient de bonnes

32:05relations avec les fermiers des environs

32:06qu'il connaît de longue date

32:10depuis le début des hostilités ce si

32:11pratique l'abattage clandestin viande et

32:14matières premières ne manquent pas

32:17les premiers jours de leur installation

32:18maxime et tania croit rêver en voyant

32:20arriver sur la table du colonel dé aux

32:22frais du beurre en mode et des rôtis

32:26il loge dans une chambre sous les

32:28combles et partage la vie calme de leur

32:29hôte dont les soirées sont rythmées par

32:31le timbre d'un cartel

32:34maxime s'acquitte de sa pension en

32:36travaillant dans le parc de la propriété

32:37ainsi que dans ceux des demeures

32:39voisines débutant à la hache du poids

32:41pour l'hiver entretenant les plates

32:43bandes et les potagers tania propose des

32:46cours de gymnastique aux enfants de

32:47l'école

32:49ces activités leur laisse le loisir

32:50d'explorer la région parcourant à vélo

32:53les routes pentues qui montent à

32:54l'assaut des collines avoisinantes

32:57parce que le soleil le permettent a ni à

32:58travers cela creuse à la nage parfois

33:01l'escala de la pile d'un pont en ruine

33:02sur lequel vient se briser le courant et

33:04plonge dans les eaux fraîches de la

33:06rivière

33:07assis sur l'herbe de la berge maxime

33:10contemple sa silhouette nimbé de soleil

33:13le soir après avoir tenu compagnie au

33:16colonel et à sa fille maxime et tania

33:17sorte de la propriété au moment où la

33:19vie de sandor se promène dans l'ombre

33:22des berges et s'embrassent comme de

33:25jeunes amoureux appui aux murs de pierre

33:26encore tiède qui longe le chemin

33:30outil de la rivière en force la quiétude

33:32des lieux la lune baigne de sa lueur

33:34fantomatique les remparts qu'il domine

33:37comment imaginer le hurlement des

33:39sirènes arrachant à leur sommeil des

33:41familles apeurées comment se figure l

33:43angoisse de femmes et d'enfants serrés

33:45les uns contre les autres dans la

33:47pénombre de cave qui pourrait devenir

33:49leur tombeau

33:51dans la fraîcheur de la nuit tombe sur

33:52leurs épaules il rentre serrés l'un

33:55contre l'autre travis l'escalier en

33:57évitant d'en faire craquer le chêne smt

34:00en silence dans le lit étroit enlacés

34:02jusqu'à l'aube

34:05je me suis tant cru le premier le sol

34:08j'aurais aimé naître des amours de mes

34:10parents à saint-gaultier au retour de

34:12leur promenade nocturne dans leur petite

34:14chambre sous les toits

34:17- et prouver que d'autre part la guerre

34:18les humiliations et les crimes des

34:20envahisseurs il comparaît ce séjour à

34:23une période de grandes vacances

34:25j'imaginais qu un aiguilleur

34:27bienveillant avait détourné de

34:28saint-gaultier le long convoi de deuil

34:30de souffrance d'abominations et que sa

34:32sinistre cargaison n'avait pas transité

34:34par les rues paisibles de la petite

34:36localité

34:37la guerre réduite aux informations

34:40diffusées par les voix nasillarde des

34:42chroniqueurs n'avait déployé ces

34:44horreurs que dans les postes de tsf et

34:47les images d'épouvanté rester bien à

34:49l'abri sous les couvertures des manuels

34:50d'histoire

34:55lee maxime et anne y ont retrouvé le

34:57magasin intacte mais constaté avec dépit

35:00l'opulence des commerçants voisins

35:02ceux qui n'ont pas été obligés de fuir

35:04en bâti de véritables fortunes profitant

35:07de la rareté de la concurrence et de

35:09l'extraordinaire hausse des prix

35:11louise les a attendus elle a veillé sur

35:14leurs biens comme s'il s'était agit des

35:15siens survécu aux épreuves aux

35:18humiliations

35:21les premières années d'après-guerre se

35:22révèle moins confortable que celle de

35:24leur retraite de l'indre

35:25l'approvisionnement est difficile

35:27la marchandise leur parvient au

35:29compte-gouttes faut laisser aux

35:30industries le temps de se remettre en

35:32route

35:33les métiers à tisser de la vallée de

35:35l'aube tournent jour et nuit

35:37les usines peine à honorer leurs carnets

35:39de commandes la nourriture n'encombre

35:41pas leur table les tickets de

35:43rationnement sont encore en vigueur

35:46maxime et tania reprennent cependant

35:47leurs habitudes clientèle se pressent de

35:50nouveau dans le magasin et tous deux se

35:51retrouvent le chemin des bords de marne

35:52pour se consacrer comme autrefois à leur

35:55entraînement

35:59du pays paraît cicatriser tania insiste

36:02de nouveau auprès de maxime

36:04désir cet enfant depuis si longtemps

36:07mais il se montre encore réticents leur

36:10vie à deux lui apporte tant de joie son

36:12désir pour tania ne souffre d'aucune

36:13lassitude les mêmes hésitations

36:15qu'auparavant le font reculer

36:18il ne veut pas partager sa femme

36:21plus tard il dira en souriant en parlant

36:23de ma conception que cet enfant lui a

36:25échappé

36:28lorsqu'enfin venu s'annonce tania vois

36:30avec bonheur son ventre s'arrondir mais

36:32dès l'accouchement les choses se

36:34compliquent on en est à parler de

36:36forceps voire de césarienne

36:40enfin le résultat de l'union des deux

36:42athlètes et l'a recueillie dans un linge

36:44bien différent de celui dont ils ont

36:46rêvé

36:48c'est un enfant fragile qu'il faut

36:49arracher à la mort

36:53q grâce aux bons soins des médecins et à

36:55l'amour de ma mère mon père m'a aimé

36:58aussi je veux le croire

37:00surmontant sa déception trouvant dans

37:03les soins l'inquiétude la protection de

37:06quoi nourrir ses sentiments

37:08mais son premier regard à l'essai sur

37:10moi sa trace

37:11et régulièrement j'en ai retrouvé

37:13l'éclair d'amertume

37:18party 3

37:20à

37:20[Musique]

37:29chaque début d'année je me fixais le

37:32même objectif attirer l'attention de mme

37:35et m devenir leur préféré monter sur

37:37l'une des trois marches du podium

37:39de cette seule compétition je pouvais

37:41prétendre être le vainqueur

37:43là était mon domaine à mon frère j'avais

37:46abandonné le reste du monde à lui seul

37:49pouvait le conquérir

37:52des livres neufs me grise est je me

37:54saouler aux amandes de la colombo au

37:56cuir de mon cartable lorsque j

37:58enfouissez mon visage

38:00les cahiers s'accumulaient dans les

38:01tiroirs de mon bureau je n'ai relisais

38:03jamais

38:05la vigueur qui me faisait défaut lors

38:07des activités physiques se portaient à

38:09incandescence lorsqu un stylo à la main

38:11je remplissais des pages entières de

38:13récits de mon invention

38:16parfois ils me concerné de près saga

38:18familiale chronique parental parfois il

38:21s'est garé en compte d'abominables

38:23sommet de torture de mort et de

38:25retrouvailles jeux du cirque ici trempé

38:28de larmes

38:31assez et je franchissais 1 1 sans

38:34difficulté les obstacles de chaque place

38:37à l'école comme en famille j'étais un

38:39enfant modèle ma mère m'emmenait chaque

38:42semaine au louvre mon père me faisait

38:44partager sa passion pour paris que je

38:46parcourais avec lui découverte de lieux

38:48inconnus des touristes

38:50mon univers se restreignaient à notre

38:53trio

38:54le dimanche mes parents ont retrouvé

38:55leurs amis sportifs pour des tournois de

38:58volley ou de tennis

38:59assis dans l'herbe avec mon cahier mon

39:01stylo jeu dévorer des yeux ces corps qui

39:04bondissaient luisant de sueur sous le

39:05soleil j'enrichis c'est ma collection

39:08d'image

39:09je ne me laisse jamais au jeu des autres

39:11enfants qui déjà suivait les traces de

39:13leurs parents je laissais mon frère les

39:15rejoindre et leur disputer le ballon ont

39:17triomphé sur les pistes et les cours

39:18libéré par les adultes

39:22joseph mon grand père paternel

39:24sonné chaque mardi à notre porte avec

39:27dans son cabas un bocal de cornichons

39:28mal au sol ou une boîte de loukoums

39:32parfois il m'apportait des mendiants

39:34petit emballage de carton rempli de

39:36fruits secs et d'amandes à l'intérieur

39:38desquels je trouvais une devinette

39:41dans l'image d'épinal il fallait

39:42retrouver le loup au milieu d'un

39:44fouillis de branche le visage de la

39:46fermière dans les fissures d'un mur

39:48de sa voix presque éteinte il me

39:50détaillait ses souvenirs sépia

39:52intarissable sur le paris de la belle

39:54époque il est resté muet sur sa jeunesse

39:58n'avait jamais rien dit de sa décision

40:00de quitter son pays natal

40:01il avait tourné la page sur ses années

40:04laissant dans la banlieue de bucarest le

40:06souvenir d'une famille dont il

40:08prétendait n'avoir plus jamais reçu de

40:09nouvelles

40:11le dimanche soir la table était mise

40:13chez georges et esther réfugié dans le

40:15silence mon oncle pensais que tout était

40:17vain en dehors de la sagesse

40:19contemplative

40:20ma tante petite femme rousse à la bouche

40:23large et aux yeux verts avaient gardé

40:25l'habitude de souligner son regard de

40:27tragédienne d'un épais trait de crayon

40:30elle animait ces dîners de son bavardage

40:31incessant du temps de sa splendeur elle

40:34avait dû ressembler à sarah bernhardt on

40:37avait gardé le sens de la mise en scène

40:38et s'évanouissaient les jours de marché

40:40quand la foule l'a serré de trop près

40:43et ont perdu depuis longtemps l'espoir

40:45d'un dialogue possible avec son mari

40:46elle se rattrape et le dimanche soir

40:48avec sa belle famille qu'elle régaler de

40:50ces anecdotes

40:51le reste du temps elle fumait cigarette

40:53sur cigarette attendant la clientèle

40:55dans leurs boutiques de nouveautés près

40:57du métro charonne

40:59ma tante elise et son mari marcel

41:01vendait des vêtements professionnels

41:03bleu de travail chemise de l'aisne à

41:05gros carreaux blues anthracite au coeur

41:08de la banlieue ouvrière de malakoff

41:11elise lisait beaucoup si tu es aux

41:13auteurs et poètes et défendez

41:15farouchement ses opinions marxiste au

41:17cours du repas familial hebdomadaire

41:19je passais parfois de courtes périodes

41:21de vacances dans la proche banlieue où

41:23vivaient marta

41:24ronde gourmande empressé à me satisfaire

41:27ses yeux pétillent et derrière les verts

41:30répète ses lunettes

41:32tain j'ai imaginé sa rue habité par

41:35toutes les grands mères des enfants de

41:36la capitale asie préparer les mêmes

41:38douceur pour fêter leur venue porter la

41:40même blouse et harbour et toute cette

41:42jolie coiffure mousseuse

41:45louise restait ma préférée elle qui ne

41:48faisait pas partie de notre famille

41:50peut-être avait senti que notre

41:52complicité était plus profonde qu avec

41:54soin de mon sang

41:56aussi affectueux fusse-t-il henin

41:58palpable barrières les sept à bonne

41:59distance de moi conclut tente

42:01grands-parents interdisant les questions

42:05repoussant toute confidence

42:07une société secrète liés par un deuil

42:10impossible

42:13au cours de nos après midis dans la

42:15pénombre de son cabinet louise me

42:17détailler les réalités d'une guerre qui

42:19avait pris fin quelques années avant ma

42:21naissance

42:21elle était intarissable

42:24personne ne devait oublier les angoisses

42:26les humiliations des persécutés

42:29longtemps elle m'a caché les avoir connu

42:31elle aussi

42:33quinze ans louise à respecter le secret

42:36dans mes parents m'avaient entouré

42:37secret dont elle faisait partie

42:40peut-être est-elle un signe avant de

42:43m'en dire davantage un mot une allusion

42:46de ma part qui lui permettrait d'en

42:47ouvrir la porte

42:49un soir la télévision a diffusé un film

42:53sur cette période mon père s'est retiré

42:56dans son gymnase incapable d'en

42:58supporter le spectacle

43:01de ses alter les sifflements de sa

43:03respiration ont couvert les ordres

43:05aboyés dans une langue qu'ils ne

43:07pouvaient plus entendre je suis resté

43:09seul avec ma mère sur le canapé du salon

43:11plus maître que jamais à qui pensez tél

43:16sans un mot nous avons assisté à cette

43:18fiction en noir et blanc

43:19décor reconstitué en studio comédiens en

43:22uniforme figurants massés dans des

43:24enclos

43:26fasciné par le spectacle de ces corps

43:28dévêtu serrés les uns contre les autres

43:30je n'ai pu détacher mes yeux de ces

43:32femmes qui protégeaient leur poitrine de

43:35ses hommes les mains en coquille sur

43:37leur sexe avançant dans le froid en file

43:39indienne pour se rendre au bâtiment des

43:41douches

43:42les premières nudité qu'il m'était

43:44donnée d'apercevoir à l'écran forme pâle

43:47qui se détachaient sur le fond gris des

43:49baraquements

43:50sachant trop bien ce que j'allais en

43:52faire une fois seul dans ma chambre

43:54j'ai attendu mon regard sur ces chers

43:56déjà profané

43:59j'avais quitté le mais je fréquenté le

44:02collège de mon quartier je me faisais un

44:04devoir de me maintenir en tête du

44:06peloton et je franchissait la ligne

44:07d'arrivée dans les premiers

44:10dispensés de sport pour raisons

44:11médicales je passais leur de gymnastique

44:14dans la salle de permanence plongé dans

44:15mes livres

44:16par la fenêtre

44:18je voyais les autres sans poignée

44:20chercher à s'emparer du ballon qui se

44:22faufilait entre leurs jambes

44:23j'entendais leurs cris leurs vivaki

44:25salut est un but

44:27aussi robuste que mon frère aussi

44:30impitoyable il terrassait leurs

44:31adversaires pendant que je penchais ma

44:34poitrine creuses sur la table de travail

44:36les jours défilent est tous semblables

44:39les nuits se succédaient j déployer mon

44:42théâtre d'ombrés une existence

44:44parfaitement réglé jusqu'à l'événement

44:47qui allaitent a marqué le tournant

44:50mon corps c'était angers je cachais mes

44:53jambes et mon torse et trois dans des

44:55vêtements amples

44:58la veille au soir je vais souffler mais

44:59quinze bougies

45:00bientôt on ferait un autre anniversaire

45:02celui de la victoire de 45

45:07heather qui avait décidé de projeter aux

45:08élèves un documentaire nous avait réunis

45:10dans l'obscurité d'une salle de classe

45:12face à un drap tendu sur le tableau noir

45:15je m'étais retrouvé assis à côté du

45:17capitaine de l'équipe de football un

45:19garçon rabelais chahuteurs aux cheveux

45:21taillés en brosse il me l'a jamais

45:23adressé la parole

45:25la projection commence a

45:28pour la première fois je vis les

45:30montagnes

45:32c'est terrible montagne dont je n'avais

45:35lu que des descriptions

45:37les bobines tournée des vies dans leurs

45:40pellicules on n'entendait que le

45:42ronronnement du projecteur

45:45des terrils de chaussures de vêtements

45:48des pyramides de cheveux et de membres

45:53figurant ni décor contrairement à ce

45:55film que ma mère et moi avions regardé

45:57en silence

46:00bien aller m'enfermer pour échapper à

46:01ces images

46:03l'une d'entre elles est arrivé à mon

46:04siège

46:05celle d'une femme qu'un soldat en

46:08uniforme tirée par un pied pour la

46:10précipiter dans une fosse déjà comble

46:14ce corps

46:15désarticulés avait été une femme une

46:19femme qui avait couru les magasins

46:22contempler dans un miroir la ligne

46:24élégante de sa nouvelle robe

46:26une femme qui avait remis en place une

46:28mèche échappé de son chignon

46:31elle n'était plus que cette poupée

46:33disloqué traîner comme 1,5 et dont le

46:36dos rebondissait sur les cailloux d'un

46:37sentier

46:40trop forte

46:42ces unités trop violente pour que je

46:44pense emporté cette image dans ma

46:45chambre et pourtant pas hésiter certains

46:48soirs en convoquer d'autres comme après

46:50la fiction télévisée

46:52lorsque j'avais fait mon choix dans la

46:54file des corps dénudés désignant celui

46:57que je soumettrai à mon désir

47:00voisin le capitaine l'équipe

47:02cet étage sur le banc dès le début de la

47:04projection profitant de l'obscurité il

47:06avait proféré à mi-voix quelques

47:08grossièretés qui avait déclenché

47:10l'hilarité de la classe

47:12il étouffe à un reer à la vue de ce

47:15corps obscène qui à chaque secousse

47:18ouvrez c'est cuit sur un triangle noir

47:21il me pousse à du coude et je m'entends

47:24dire moi aussi pour lui plaire

47:28j'aurais aimé trouver quelque chose de

47:29drôle à dire pour l'amuser il a imité

47:33l'accent allemand les dix ares chien de

47:35juifs

47:36égérie encore une fois plus fort

47:41j'ai ri parce qu'il m'avait poussée du

47:43coude parce que c'était la première fois

47:45que l'un de ces corps glorieux

47:46rechercher la complicité du mien

47:49jerry

47:50jusqu'à la nausée

47:52soudain mon estomac s'est retournée j'ai

47:55cru que j'allais vomir et sans prendre

47:57le temps de réfléchir je les frapper

47:59violemment au visage

48:01il a eu un moment de stupeur j'ai juste

48:03eu le temps de voir la femme en noir et

48:04blanc se refléter dans ses yeux

48:06écarquillés avant qu'il ne se jette sur

48:08moi pour me bourrer de coûts

48:10nous avons roulé sous la table je

48:13n'étais plus moi-même pour la première

48:15fois je n'éprouvais aucune crainte

48:17je n'avais pas peur que son point

48:18viennent se loger dans le creux de mon

48:19plexus manaudou avait disparu

48:23je l'aï attrapée par les cheveux pour

48:24les cogner la tête contre le sol j'ai

48:26enfoncé mais doit dans ses yeux j'ai

48:27craché dans sa bouche

48:29je n'étais plus au collège je luttais

48:31comme j'avais l'habitude de le faire

48:33chaque nuit avec la même excitation mais

48:36contrairement à mon frère mon adversaire

48:39n'allait pas prendre l'aventage je

48:41savais que j'allais tuer j'allais

48:42vraiment faire disparaître son visage

48:44dans le sable

48:47alerté par nos cris le surveillant

48:49interrompit la projection et rallumer

48:50les lumières

48:52aidés de quelques élèves ils nous sépara

48:54je ne voyais plus que d'un oeil un

48:56liquide chaud coulé sur ma joue on m'a

48:58emmené à l'infirmerie

49:00je quittais la salle sous les insultes

49:02de mon voisin il avait le visage en sang

49:04j'avais tout de même réussi à lui

49:06endommager sérieusement le nez

49:08victoire qui me valut durant quelques

49:10semaines la considération de ma classe

49:13je gardais de cet épisode un pansement

49:15sur l'arcade sourcilière promener dans

49:18les couloirs du collège avec fierté

49:20mais cette blessure ma porte a bien

49:23davantage qu'une douar éphémère

49:25le fut le signe que louise attendait

49:29dès le lendemain rue du bourg-l'abbé je

49:32racontais tout à ma vieille amie à mes

49:35parents j'avais servi une version qui

49:37m'évitait d'évoquer le documentaire une

49:39bagarre dans la cour de récréation

49:40ensuite un stylo volet celui que j'avais

49:43reçue la veille en cadeau d'anniversaire

49:46j'ai surpris une lueur d'étonnement dans

49:47l'oeil de mon père mais les d'un rien de

49:50satisfaction

49:51son fils serait donc capable de se

49:53battre

49:54à louise j'ai dit la vérité

49:57à elle seule je pouvais la dir

49:59je vais raconter la projection je lui ai

50:01parlé des montagnes je lui décrit la

50:03femme de caoutchouc je lui dis comment

50:06j'avais l'avait l'injure qui lui avaient

50:08été faites

50:09mais je ne lui ai pas parlé de mourir

50:12j'ai avancé dans mon récit

50:15est soudain submergé par l'émotion

50:18j'ai pleuré devant louise comme je ne

50:20l'avais jamais fait devant personne

50:23au visage s'est défait

50:25elle m'a saisi ses bras et je me suis

50:27laissé aller ma joue contre sa blouse de

50:29nylon

50:32j'ai senti des larmes mouillé mon front

50:34surpris j'ai relevé la tête loïs pleurer

50:38elle aussi sans retenue

50:41mike hart et dell pour me regarder comme

50:43si elle s'interrogeait sur une décision

50:44à prendre puis elle a souri et m'a parlé

50:50quinze ans j'apprenais enfin ce que

50:53j'avais toujours su

50:55j'aurais pu moi aussi coudre l'insignia

50:57ma poitrine comme un vieil ami

51:00fuir les persécutions comme mes parents

51:02mes chers statuts comme tous ceux de ma

51:05famille comme leurs semblables ses

51:08voisins ces inconnus dénoncé par la

51:11dernière syllabe de leurs noms en ski en

51:13ta louange times

51:15je découvrais tout ce qui me l'avait

51:17dissimulé marqué par cet adjectif si

51:20encombrant si coupable

51:23louise ne me parlez plus de la foule

51:26anonyme des victimes medel de son corps

51:28torturé marqué durant la guerre par une

51:31nouvelle singularité c'est un signe

51:34lourd au point d' accentuer sa démarche

51:36cahotante

51:39elle me disait les phrases qu'il avait

51:40giflé les panneaux humiliant les portes

51:42fermées les sièges d'interdît sa

51:45surprise le port de l'étoile devenue

51:47obligatoire à lorsqu'elle avait

51:49découvert la véritable identité de

51:51certains de ses voisins

51:53l'épicier du coin de la rue au nom si

51:55français le couple de retraités du

51:57pavillon d'à côté le médecin du quartier

52:00de même que le si désagréable

52:02pharmaciens qu'elle pensait antisémite

52:05la tache jaune les désignait au regard

52:08des autres mais leur permettait aussi de

52:10se reconnaître sous dans une communauté

52:12qui à force de se dissimuler c'était

52:14parfois ignorés

52:18quinze ans cette nouvelle donne

52:19changeait le fils de mon récit

52:22faire de cet adjectif collé à ma

52:24silhouette décharnée semblable à celle

52:26que j'avais vu flotter dans des pyjamas

52:28trop grand et comment les jeux l'écrire

52:30sur mes cahiers avec ou sans majuscule

52:34un qualificatif venaient s'ajouter à la

52:36liste j'étais plus seulement faible

52:37incapable ou inaptes

52:40à peine la nouvelle venait elle de

52:41tomber des lèvres de louise que déjà

52:43cette identité me transformer

52:46toujours le même j'étais devenu un autre

52:49curieusement plus fort

52:53ce n'était donc ni les privations ni les

52:55réquisitions qui avait poussé mes

52:57parents à tout abandonner pour se

52:58réfugier dans l'autre moitié de la

53:00france

53:01louise est elle restée rue du

53:04bourg-l'abbé comme il l'avait prétendu à

53:06surveiller le magasin ou faisait telle

53:09partie du voyage

53:10ce séjour dans l'indre avait t'il

53:13vraiment été le paradis qu'il m'avait

53:14décrit

53:15j'avais tant de questions à poser qui

53:17n'avait encore jamais franchi mes lèvres

53:21si elle en avait trop dit mais ne

53:24pouvait en rester là elle me devais la

53:27vérité elle allait se défaire de son

53:29serment trahir pour la première fois la

53:31confiance de mes parents elle même est

53:34assez pour cela elle qui n'avait jamais

53:36eu d'enfant ni à l'en croire de

53:39véritable amour dans sa vie

53:41la vieille demoiselle allait se faire un

53:43devoir de rompre le silence pour celui

53:46qui lui ressemble est marqué comme elle

53:48par sa différence

53:50et je n'imaginerais plus être le premier

53:52le sol

53:56avancez dans son aveu plus mes

53:58certitudes se défaisait nous trop forte

54:01émotion de ma part il aurait freiné dans

54:03son élan aussi je l'écoutais intensément

54:05les yeux secs maîtrisant mes réactions

54:09l'histoire de mes parents que j'avais

54:11voulu limpide dans mon premier récit

54:13devenait sinueuse je parcourais leur

54:16chemin en aveugle exode qui m'éloigner

54:19de ce que j'ai mais pour me conduire

54:21vers des visages inconnus

54:23long d'une route peuplé de murmures je

54:26distinguais maintenant des corps

54:27allongés sur le bas-côté

54:30trois morts surgir de l'ombre dont

54:34j'entendis les noms pour la première

54:35fois robert anna et simon

54:40robert le mari de tania simon le fils de

54:45maxime et dana

54:48j'ai entendu louise dire le mari de

54:51tania le fils de maxime et je n'ai rien

54:55senti

54:57j'ai appris que mon père et ma mère

54:59avant de devenir mari et femme étaient

55:02beaux frères et belles soeurs et je n'ai

55:04pas ri

55:06en équilibre sur le fil que louise

55:09venait de tendre les mains serrées sur

55:11le balancier j'ai regardé et loin devant

55:13moi l'oeil fixé sur la fin de son récit

55:18mais enfin de prononcer le nom de simon

55:20il faisait sa première apparition

55:22officielle

55:23après s'être glissé dans toutes ces

55:25images

55:26lutter anonyme garçons brut aux tyrans

55:29de cour de récréation

55:32le frère que je m'étais inventé celui

55:35qui avait rompu ma solitude ce grand

55:38frère fantôme avait donc exister

55:41louise l'avait connu aimé

55:44avant d'être le mien joseph avait été

55:46son grand père georges esther marcel

55:51élise sa famille proche

55:54avant de devenir ma mère tanya avait été

55:57sa tante

55:58comment l'appeler t-il

56:00quel geste avait-elle pour lui

56:06ces lieux interdits c'est panneaux

56:07infamant ces étoiles brodées des quatre

56:09lettres qui me désigne est aujourd'hui

56:12louise voulait me dire encore une chose

56:14la plus douloureuse

56:16mais sa voix s'est étranglé

56:21tous devoir traverser le couloir

56:24citation du magasin je n'étais plus le

56:26même est ce que j'allais rejoindre à

56:29quelques mètres du cabinet de louise

56:31s'étaient transformés eux aussi

56:34derrière les masques qui venait de

56:36tomber de moeurs et de souffrance

56:38insoupçonnable

56:40alerté par map à l'heure mes parents se

56:43sont inquiétés je les ai rassurés d'un

56:45sourire

56:46je les ai observés

56:48n'avait pas changé

56:51le silence allait persister

56:54je n'imaginais pas ce qui pourrait me

56:55décider à leur ombre

56:57à mon tour je cherchais à les protéger

57:03jallet multiplier mes rendez vous avec

57:06louise poursuivre mon enquête mon ami

57:09ouvrez 1-1 de nouveaux chapitres ces

57:13événements dont j'avais appris les

57:14détails dans mon livre d'histoire

57:16l'occupation vichy le sort des juifs la

57:19ligne de démarcation ne se réduisait

57:22plus au titre en gradin manuels

57:23scolaires il s'anime est soudain photos

57:26en noir et blanc qui retrouvaient leurs

57:27couleurs mes parents les avaient

57:29traversé il en avait été marquée bien

57:32davantage que je ne l'avais cru

57:36anna surgissait de la nuit première

57:39épouse de maxime avec ses yeux pâles son

57:41teint de porcelaine

57:43mère inquiète et tendre veillant sur son

57:45fils unique plus mr que femme d'hier et

57:48louise pour excuser maxime pour ne pas

57:52accabler tania

57:53j'apprenais à connaître simon

57:56fierté de son père coeur de sa mère

57:59graine de champion aux muscles délié

58:01conquérant dès son plus jeune âge

58:04et lorsque la voix de louise se brisait

58:06je rester insensible

58:09parvenait pas à m'apitoyer ce qu'elle me

58:12disait de simon provoqué en moi une

58:13colère sourde dont je me sentais déjà

58:16coupable

58:17j'essayais de me figurer sa détresse son

58:20corps devenu semblable au mien

58:21grelottant sous les toffes grossière ses

58:24côtes saillantes son enfance réduite à

58:26cette poignée de cendres soufflée par le

58:28vent de pologne

58:29mais je ressentais la morsure d'une

58:31jalousie féroce lorsque louise évoqué

58:33les traits le corps si bien dessinée du

58:36double parfait de maxime combes et par

58:38le regard admiratif de son père

58:41après avoir vécu toutes ces années sous

58:43l'ombre d'un frère je découvrais celui

58:46que mes parents m'avaient cacher et je

58:48ne l'aimais pas

58:51brosser le portrait d'un enfant

58:52séducteur sûr de sa force

58:55semblable en tout point à celui qui

58:57m'écraser chaque jour et cette image

59:00conscient de l'horreur de mondésir

59:02j'aurais voulu là livré aux flammes

59:07aussi longtemps

59:08cible j'avais retarder le moment de

59:10savoir je m' écorché aux barbelés d'un

59:13enclos de silence

59:15pour l'éviter je m'étais inventé un

59:17frère faute de pouvoir reconnaître celui

59:20qui s'était a jamais imprimé dans l'oeil

59:22taciturne de mon père

59:26ça louise j'apprenais qu'il avait un

59:28visage celui du petit garçon que l'on

59:31m'avait caché et qui ne cessait de me

59:33hanter

59:35l'essai a jamais de l'avoir abandonnée à

59:37son sort coupable d'avoir construit leur

59:40bonheur sur sa disparition mes parents

59:43l'avaient maintenu dans l'ombre

59:44jeu ployait sous la honte non j'avais

59:47hérité comme sous ce corps qui avait

59:49exercé la nuit sa tyrannie sur le mien

59:53j'ignorais qu'au delà de mon torse et

59:55trois de mes jambes grêle s'était lui

59:57que mon père contempler le voyez ce fils

1:00:01son projet de statuaire son rêve

1:00:03interrompue

1:00:06à ma naissance c'était simon que l'on

1:00:09avait déposé encore une fois dans ses

1:00:10bras le rêve d'un enfant qu'il allait

1:00:12former à son image ce n'était pas moi

1:00:16balbutiements de vie brouillons dont

1:00:19émerger aucun très reconnaissable

1:00:22avaient ils pu dissimuler sa déception

1:00:23aux yeux de ma mère

1:00:25avaient ils pu s'arracher un sourire

1:00:27attendri en le contemplant

1:00:30tous mes proches savaient tous avaient

1:00:32connu simon l'avait aimée

1:00:35tous avaient en mémoire sa vigueur son

1:00:37autorité et tous me lavais tu

1:00:41à leur tour sans le vouloir il l'avait

1:00:43rayé de la liste des morts comme de

1:00:44celle des vivants

1:00:45répétant par amour le geste de ces

1:00:48assassins

1:00:49on ne pouvait lire son nom sur aucune

1:00:51pierre il n'était plus prononcée par

1:00:54personne pas plus que celui d'anna sa

1:00:56mère

1:00:58simon et anna effacé à deux reprises par

1:01:02la haine de leurs persécuteurs et par

1:01:05l'amour de leurs proches

1:01:07pire et par ce vide dont je n'aurais pu

1:01:10m'approcher sans risquer le naufrage

1:01:13silence rayonnant soleil noir qui ne

1:01:16s'était pas contenté d'absorber son

1:01:18existence mais avait aussi recouvert

1:01:20toute trace de nos origines

1:01:24simon

1:01:25j'étais sûr que j'avais marché - tôt que

1:01:28lui

1:01:30prononcez mes premiers mots des mois

1:01:32après les siens

1:01:33comment aurais-je pu me mesurer à lui

1:01:36troublée par le plaisir que je retirais

1:01:39de cette défaite jean cultivait la

1:01:41satisfaction morbide je capitule est

1:01:44devant mon frère mon ventre contre le

1:01:46matelas son pied sur ma nuque

1:01:51louise qui m'avait fait le rencontrer il

1:01:54fallait bien qu'un jour ou l'autre son

1:01:55fantôme apparu dans cette brèche

1:01:58qu'il surgit de ses confidences

1:02:01ma découverte du petit chien de peluches

1:02:03l'avait arraché à sa nuit et il était

1:02:06venu hanter mon enfance

1:02:08sans ma vieille amie peut être n'aurait

1:02:10jamais su sans doute aurais-je continuer

1:02:13à partager mon lit avec celui qui m'a

1:02:15imposé sa force

1:02:17ignorant que c'était avec six mots que

1:02:19je luttais en roulant mes jambes aux

1:02:21siennes mais leur mon souffle aux siens

1:02:23et finissant toujours vaincu

1:02:28savoir qu'on ne gagne jamais contre un

1:02:30mort

1:02:33parti 4

1:02:36[Musique]

1:02:45j'ai ajouté de nouvelles pages à mon

1:02:46récit nourrie par les révélations de

1:02:49louise une seconde histoire est née dans

1:02:52mon imagination a rempli les blancs une

1:02:55histoire qui ne pouvaient cependant

1:02:56effacé la première les deux romans

1:02:59cohabiteraient tapie au fond de ma

1:03:00mémoire

1:03:01chacun éclairante à sa façon maxime et

1:03:04tania mes parents que je venais de

1:03:07découvrir

1:03:09maxime épouse anna un beau jour d'été

1:03:12sous un ciel sans menaces

1:03:14après avoir signé le registre de la

1:03:16mairie ils se rendaient à la synagogue

1:03:18à joseph est ravie d'assister à l'union

1:03:21du dernier de ses trois enfants

1:03:23les parents de la mariée sont présents

1:03:25eux aussi accompagnés de robert le frère

1:03:27d'anna et de son épouse tanya

1:03:32enfin rencontrer leur beau frère maxime

1:03:33dont anne avait tant de fois fait

1:03:35l'éloge dans ces lettres dès le

1:03:38lendemain ils reprendront la route pour

1:03:39lyon

1:03:41les parents de la mariée ont réservé

1:03:42pour le déjeuner l'arrière salle d'une

1:03:44brasserie de la république

1:03:46les places se sont succédé jusqu'à ce

1:03:48que les convives éprouve le besoin de

1:03:50secouer leur torpeur

1:03:52on a loué les services d'un trio de

1:03:54musiciens violons et accordéons réveil

1:03:55l'assemblée sur le parquet ciré les

1:03:58costumes sombres des hommes en las les

1:04:00robes fleuries des femmes on oublie la

1:04:02chaleur et l'on s'envole au rythme de

1:04:04l'orchestré mazeltov tout le monde

1:04:06félicite le jeune couple on brise des

1:04:08verts ont fait des moulinets avec les

1:04:10serviettes

1:04:11les plus vigoureux des hommes portent le

1:04:12marié en triomphe sur un siège

1:04:16maxime aurait aimé se dispenser de ces

1:04:18manifestations traditionnelles mais il

1:04:20s'y prête de bonne grâce il a cédé à

1:04:22l'insistance de sa belle famille et à

1:04:24accepter le mariage religieux

1:04:28dès son adolescence il s'est employé à

1:04:29faire oublier ses origines et n'apprécie

1:04:32guère qu'on les lui rappellent ils

1:04:34s'efforcent de participer souri à tous

1:04:36se prêtent au cérémonial par respect

1:04:38pour sa jeune femme et sa famille depuis

1:04:41sa bar mitsva passage obligé qu'il n'a

1:04:43pu refuser à joseph il a toujours évité

1:04:45de se joindre aux réjouissances des

1:04:47fêtes

1:04:49seul culte auquel il ait sacrifié et

1:04:51celui de son corps il y a consacré tout

1:04:53son temps libre ne s'imaginant pas le

1:04:56vendredi soir à la lueur des chandelles

1:04:57priant et partageant le repas

1:04:59traditionnel du shabbat avec les siens

1:05:03il atteint la trentaine son mariage

1:05:05espère t-il marquera la fin de sa quête

1:05:07éperdue de rencontres conquêtes faciles

1:05:10cher consommer dans la nuit dont le

1:05:12charme seront dès le petit matin

1:05:14la grâce et la fragilité d'annales ont

1:05:17séduit la situation prospère de sa belle

1:05:19famille n'a pas été pour rien dans sa

1:05:21décision

1:05:22il a épuisé ses plaisirs de célibataire

1:05:24et ressent pour la première fois le

1:05:26désir d'être père

1:05:30de leur voiture il ouvre la portière à

1:05:33la jeune mariée qui fait son apparition

1:05:34devant la mairie un voile transparent

1:05:37sur les cheveux un bouquet de fleurs

1:05:39fraîches dans les bras maxime s'avance

1:05:41pour l'accueillir son haut-de-forme à la

1:05:43main elle le regarde son émotion est

1:05:46perceptible à la pâleur de ses joues au

1:05:49léger tremblement de ses mains d'autres

1:05:51voitures se sont garés à proximité

1:05:53les invités en sortent des hommes en

1:05:55costumes des femmes en robes claires ou

1:05:57en tailleur

1:05:58maxime guette l'arrivée de robert et de

1:06:01son épouse tanya 1 à lui a souvent parlé

1:06:04de son frère

1:06:05le jeune homme ou sourire insolent elle

1:06:07lui a aussi avoué son admiration pour sa

1:06:09belle-soeur athlète accompli nageuse

1:06:11émérite et plongeuse de haut vol

1:06:15il arrive

1:06:18canal lui avait décrit je veux cours et

1:06:20ondulés un éclair rieurs dans les yeux

1:06:24mais tanya est la plus belle femme que

1:06:26maxime est jamais vu

1:06:28longue et fine silhouette vêtue d'une

1:06:30robe fleurie une cascade de cheveux

1:06:32noirs retenu par un fin ruban et un

1:06:34sourire radieux

1:06:36sa poitrine se déchire une telle beauté

1:06:39lui et douloureuse

1:06:41loin d'éclairer la fête elle vient

1:06:43l'assombrir l'éclat de cette femme lui

1:06:46brise le coeur

1:06:48c'est le jour de son mariage celui où

1:06:51ils uni son destin à anna et il est

1:06:54foudroyé par cet éclair d'été il cherche

1:06:57le regard de celle qui va devenir son

1:06:58épouse et l'a conduit vers la mairie

1:07:01bouleversé par tania il tente de se

1:07:03rassurer le séducteur qui sommeille en

1:07:05lui se manifeste sans doute une dernière

1:07:07fois

1:07:09quelques mois auparavant son désir

1:07:11aurait balayer tous les obstacles

1:07:13il aurait tout entrepris tout détruit

1:07:15s'il le fallait pour que cette beauté

1:07:17soit à lui

1:07:20des mariages familles invitées sont

1:07:22rassemblés derrière le jeune couple

1:07:23foule bruissante d'où s'échappent des

1:07:26rires des sanglots étouffés

1:07:29maxime et anne a échangé leurs alliances

1:07:30et s'embrassent sous les

1:07:32applaudissements il s'approche de la

1:07:34table pour apposer leur signature sur le

1:07:36registre

1:07:38maxime traversent ces instants dans un

1:07:40brouillard il tourne la tête vers

1:07:42l'assemblée pour sourire à tous

1:07:44il ne devrait pas recherché ce visage

1:07:47sachant qu'une fois encore il en sera

1:07:49ébloui

1:07:52tania est assise à côté de son mari la

1:07:54tête inclinée

1:07:55il fixe quelques secondes celle dans la

1:07:57vision a tout balayé un simple regard

1:08:00une intention à peine perceptible aux

1:08:04conséquences incalculables

1:08:05et si ce regard était surpris

1:08:09mais les invités tout à leurs émotions

1:08:10se sourient et parlent entre eux alors

1:08:14ils ne voient plus que tania quitte la

1:08:17cérémonie oublie sa famille ses invités

1:08:19il fixe la jeune femme

1:08:22jusqu'à ce qu'elles entendent enfin son

1:08:24appel muet et relève la tête

1:08:27ces boucles noires glisse sur sa robe

1:08:29s'ouvre comme un rideau sur ses yeux il

1:08:33soutient son regard une seconde de trop

1:08:36puis ils se détournent pour signer à son

1:08:38tour le registre

1:08:39il ne veut pas penser à l'injure qu'il

1:08:42fait à anna ainsi qu'à tous ceux qui

1:08:44sont venus les honorer

1:08:481 pendant que le timbre grave du kantor

1:08:51résonne sous les voûtes de la synagogue

1:08:53il lève les yeux vers le balcon qui se

1:08:55sont installés les femmes

1:08:57tania est au premier rang paupières

1:08:59baissées

1:09:00la jeune femme a sans doute oublié son

1:09:02premier regard mais il la fixe une fois

1:09:05encore

1:09:06elle ouvre les yeux traversée par le

1:09:08même éclair de surprises

1:09:10plus rien n'a d'importance

1:09:12l'absurdité de son comportement en son

1:09:15hommage plus brûlant tout se joue dans

1:09:17l'instant tania est la plus belle femme

1:09:20qu'il ait jamais rencontrée il ne peut

1:09:23la laisser s'échapper sans lui avoir

1:09:24fait savoir par ce regard appuyé

1:09:28au restaurant suffisamment éloigné

1:09:31d'elle maxime aura le temps de se

1:09:32ressaisir il fera honneur à chaque plat

1:09:35bardera gaiement avec ses voisins de

1:09:36table il dansera avec anna avec sa

1:09:39belle-mère invitera à la plupart des

1:09:40femmes de l'assemblée

1:09:42il évitera la proximité de tania le

1:09:45contact de son corps sous le tissu léger

1:09:47de la robe le parfum de sa nuque la

1:09:49caresse de ses cheveux

1:09:53les invités se sépareront il ressentira

1:09:55un véritable soulagement tania et son

1:09:57mari repartent pour lyon il ne sait

1:10:00quand il les reverra

1:10:01la vision de sa belle sera failli gâcher

1:10:04son mariage anna et lui vont partager

1:10:06leur première nuit aucune autre pensée

1:10:09ne doit le traverser

1:10:11plus tard

1:10:12serrant dans ses bras le corps de sa

1:10:14jeune femme maxime se fera à violence

1:10:17pour ne pas saisir dans ses mains les

1:10:19boucles de tania pour ne pas mordre sa

1:10:22bouche

1:10:25maxime et anne à son mari et femme

1:10:27depuis quelques mois de temps à autre

1:10:29maxime pense à tania qu'il n'a pas revue

1:10:32depuis le jour de son mariage

1:10:33meehan a suffi à remplir sa vie il

1:10:36travaille dans le magasin de son père sa

1:10:38femme leigh rejoindre lundi jour

1:10:40d'affluence où les détails et en

1:10:41viennent se fournir le reste du temps

1:10:43elle regarde son ventre s'arrondit

1:10:45l'enfant qu'ils désirent sera là au

1:10:47printemps

1:10:48ils vivent dans un petit appartement de

1:10:50l'avenue gambetta dans le balcon

1:10:52surplombe le père lachaise

1:10:55chaque dimanche à n'accompagne maxime au

1:10:57stade elle se montre une partenaire

1:10:58honorable au tennis le reste du temps

1:11:01elle s'installe sur la pelouse pour

1:11:02tricoter ou lire à l'ombre des grands

1:11:04arbres

1:11:07simon bientôt monde au début du

1:11:09printemps vigoureux hurlant à plein

1:11:12poumons on lui donne joseph pour second

1:11:14prénom

1:11:16lorsque le médecin suspens le bébé à ses

1:11:17deux pouces pour tester ses premiers

1:11:19réflexes maxime imagine son fils aux

1:11:22anneaux il veut se reconnaître dans la

1:11:24ligne de ses sourcils dans son menton

1:11:26volontaire

1:11:27une nouvelle existence commence pour eux

1:11:29trois

1:11:30simon se développe parfaitement il tord

1:11:33bien fait preuve d'un appétit féroce

1:11:35souri à tous

1:11:37il lui reste huit ans à vivre

1:11:41quelques mois plus un robbery tania leur

1:11:43rendre visite

1:11:44avant leur arrivée maxime se sentent

1:11:46anxieux mais il est vite rassuré

1:11:49toujours aussi ravissante tania se

1:11:51montre naturel avec lui s'émerveillant

1:11:54devant le nouveau né une après midi

1:11:56passée en sa compagnie devant le berceau

1:11:58de simon suffit à le détacher de cette

1:12:00image idéale son fils l'accaparent et le

1:12:03reste passe au second plan anne marie

1:12:06avec son frère qui la taquine robert

1:12:08semble heureux il tient souvent tania

1:12:10par la taille

1:12:11maximum remarque cependant que celle-ci

1:12:13ne s'est pas arrondi

1:12:16le dimanche à n'installe simon dans un

1:12:18couffin à l'ombre des marronniers entre

1:12:20les courts de tennis et le gymnase de

1:12:23temps en temps luisant de sueur une

1:12:24serviette nouée autour du cou maxime

1:12:26caresse la joue de son fils embrasse sa

1:12:28femme puis disparaît

1:12:30il attend avec impatience le moment

1:12:31d'initier simon à toutes ces disciplines

1:12:33de l'emmener sur le tapis de lutte de le

1:12:36saisir par la taille pour l'accrocher à

1:12:38la barre fixe

1:12:41simon a connu lui aussi le magasin de la

1:12:43rue du bourg-l'abbé il à grimper

1:12:45l'escalier couru dans le couloir de

1:12:47l'immeuble

1:12:48explorer les réserves

1:12:50sans doute comme moi s'est il construit

1:12:53des abris avec les cartons vides qui

1:12:55s'entassaient dans chaque pièce

1:12:56il a joué tenir la caisse aider à servir

1:13:00les clients

1:13:01geste que j'ai répété sans le savoir

1:13:04dans le cabinet de louise assis devant

1:13:07le même chocolat il a raconté ses soucis

1:13:10et ses rêves

1:13:11mais avait-il des soucis

1:13:13contrairement à moi il ne souffrait pas

1:13:16d'un corps qui le trahit ray sans cesse

1:13:18et ne serait pas lorsqu'il disait

1:13:20l'admiration dans les yeux de son père

1:13:23jusqu'à ce que la menace frappe à la

1:13:25porte de l'appartement de l'avenue

1:13:26gambetta les premières années de simon

1:13:29se sont déroulées dans l'insouciance

1:13:31louise mans n'a apporté le témoignage de

1:13:33nom de la chaire au petit fantôme

1:13:37l'ombre de la guerre se rapproche maxime

1:13:40et anne à vivre au rythme des événements

1:13:42qui bouleversent l'europe

1:13:44joseph gare de l'oreille collée au poste

1:13:46lit tous les journaux les brimades qu'il

1:13:48a subie en roumanie l'ont poussé à

1:13:50l'exil est plus que d'autres il est

1:13:53attentif à la vague brune qui s'étend au

1:13:55delà des frontières

1:13:56maxime le lui répète sans cesse ils sont

1:13:59en france patrie de la liberté rien de

1:14:02semblable ne peut aussi être envisagée

1:14:05il n'aime pas cette lueur de crainte

1:14:06dans les yeux de joseph

1:14:08il est insupportable de voir ses épaules

1:14:10ce goûter il lui arrive de brusquer son

1:14:13père de se moquer de ses inquiétudes

1:14:15bien sûr on tient simon à l'écart de ces

1:14:18discussions on éloigne les ombres de lui

1:14:20il est aimé enduro et de sollicitude

1:14:24le monde la sueur de sa protection les

1:14:26passants lui sourit comment un tel

1:14:28univers pourrait-il basculer lui devenir

1:14:31hostiles

1:14:32comment ces adultes bienveillant pour

1:14:34est il un jour devenir ses persécuteurs

1:14:36le bousculer le précipiter dans un wagon

1:14:39rempli de paille le sibérie dana

1:14:43les journaux rendent compte des grandes

1:14:45messes qui se déroule au delà des

1:14:47frontières les magazines en publie les

1:14:49photographies et lorsque par dessus

1:14:52l'épaule de ses parents il regarde ses

1:14:54alignement impeccable c'est torchère ces

1:14:57bannières claquante au dessus de foule

1:14:59en grand uniforme ébloui ils ouvrent de

1:15:02grands yeux

1:15:05jour après jour au fil de nos

1:15:07rendez-vous louise tourné pour moi les

1:15:09pages d'un livre que je n'avais encore

1:15:11jamais faillite et

1:15:13j'entrais avec est dans la tourmente que

1:15:14mes parents avaient traversé en sa

1:15:16compagnie elle remplissait à ras-bord

1:15:18son verre de liqueur

1:15:20tiré sur chacune de ces cigarettes

1:15:22jusqu'à s'en brûler les doigts

1:15:23lorsque la clochette de sa porte annoncé

1:15:26l'arrivée d'un client elle soupiré se

1:15:28levait à regret me demandait de

1:15:30patienter l expédier ses rendez vous et

1:15:33me rejoignait pour reprendre le fil de

1:15:35son récit qui allaient nourrir le mien

1:15:40l'autriche est c'est la pologne envahi

1:15:43la france entre en guerre

1:15:45les pages défilent victoire de

1:15:47l'allemagne nazie signature de

1:15:50l'armistice

1:15:50instauration du régime de vichy

1:15:53des noms claque crier dans les rues par

1:15:56les vendeurs de journaux des visages

1:15:58s'affiche auquel la france va confier sa

1:16:01destinée on voit défiler des chars des

1:16:03troupes de conquérant descendre au pas

1:16:05de l'oie les champs elysées

1:16:07sur la terrasse du trocadéro un homme en

1:16:09grand uniforme les mains dans le dos

1:16:11contemple la tour eiffel d'un oeil de

1:16:13propriétaire

1:16:14le mal se répand en quelques mois les

1:16:18valeurs s'inversent et les figures

1:16:20jusque-là familière deviennent

1:16:21l'incarnation du danger

1:16:24ceux qui assuraient la sécurité régler

1:16:26la circulation en poney les papiers

1:16:28officiels

1:16:29deviennent des auxiliaires et les d'un

1:16:31projet implacable

1:16:33fonctionnaires dont la simple signature

1:16:34peut bouleverser rhin distincts

1:16:39seulement reconnaissable à ses uniformes

1:16:40verts de gris assez long imperméable et

1:16:44peut aussi se dissimuler sous les

1:16:45manches de lustre in des employés de

1:16:46mairie sous la pèlerine des sergents de

1:16:48ville sous l'autorité des préfets

1:16:51jusque dans le regard amical des voisins

1:16:55le gros autobus à plate-forme qui

1:16:57transportait les citadins à leur travail

1:16:59déposer ses voyageurs devant jardin et

1:17:01cinéma va s'alourdir de cargaisons

1:17:04d'hommes et de femmes chargés de

1:17:05baluchons

1:17:07la 15 chevaux qui emmenait des familles

1:17:09heureuses sur la route des vacances

1:17:10s'arrête désormais au petit matin devant

1:17:13les portes des immeubles pour y semer la

1:17:15terreur

1:17:16un jour maxime trouve joseph appuyé au

1:17:19comptoir le visage défait

1:17:21gaston le manutentionnaire du magasin

1:17:23vient d'accompagner timo l'employé

1:17:26yougoslave du grossiste de l'immeuble

1:17:28voisin au gymnase japy où le jeune homme

1:17:31devait répondre à une convocation

1:17:35on est revenu seul chargé de rapporter à

1:17:38son ami des objets de première nécessité

1:17:41des bruits courent sur ces premières

1:17:43arrestations

1:17:44les malheureux serait retenue dans ces

1:17:46lieux transformés en centres de

1:17:47rassemblement

1:17:49joseph ils voient les premiers signes

1:17:51d'une persécution qui va se généraliser

1:17:53il le sait la répéter à tous ceux qui

1:17:56voulaient bien l'entendre ce qu'il a

1:17:57fuie en roumanie va se répéter

1:17:59déjà en allemagne la nuit de cristal

1:18:02depuis l'instauration du statut des

1:18:05juifs lui en laissait envisager le pire

1:18:08mais on ne veut pas l'écouter

1:18:11le quartier on parle de rafles qui se

1:18:13généralise

1:18:14maxime tente encore une fois de rassurer

1:18:16son père ce n'est pas à cause de ses

1:18:19origines juives que timo est inquiété

1:18:20mais en raison de son statut d'étranger

1:18:23on sait par les journaux et des radios

1:18:25que la politique d'épuration vise

1:18:27expulsés de france tous ceux qui n'ont

1:18:29pas été naturalisé joseph et sa famille

1:18:31sont français depuis plusieurs dizaines

1:18:33d'années et corps est il à craindre

1:18:36maxime fait la sourde oreille

1:18:38l'inquiétude des voisins lagaf' il

1:18:41n'aime pas ses yeux larmoyants ses mains

1:18:43qui se tordent il reçoit froidement ces

1:18:46timorés les éconduits parfois

1:18:48brutalement il veut encore croire à

1:18:51l'impossible

1:18:52comme beaucoup d'autres il a entendu le

1:18:54récit d'enlèvement au petit matin il est

1:18:56au courant des opérations organisées

1:18:58pour nettoyer le pays des éléments

1:18:59indésirables

1:19:01mais il persiste à croire que ces

1:19:02mesures visent polonais hongrois

1:19:04tchécoslovaque

1:19:05apatrides réfugié depuis peu parlantes à

1:19:08peine le français

1:19:09orthodoxe qui n'ont rien changé leur

1:19:11mode de vie et créer une véritable

1:19:12enclave au coeur de paris

1:19:15il n'ignore pourtant pas que la menace

1:19:17se rapproche

1:19:18elle a pris le visage de celui que

1:19:20l'allemagne a hissé au pouvoir il ne

1:19:23peut se défaire de l'image du pantin

1:19:25sinistre dont les vociférations lui

1:19:27rendu odieuse une langue qui jusque-là

1:19:30l'avait bercy de ses leaders de ces

1:19:31opéras l'avait nourri de sa littérature

1:19:33et de philosophie

1:19:37les pages tournent de plus en plus

1:19:39rapidement leur image gagner en

1:19:41précision

1:19:42on y voit des files d'attentes des

1:19:45ménagères qui patiente une matinée

1:19:46entière pour payer à prix d'or une

1:19:48viande de dernière qualité quelques

1:19:50légumes jusque-là méprisés et du pain

1:19:53qu'il faudra trancher le plus finement

1:19:54possible

1:19:56mais surtout elle donne raison aux

1:19:58prévisions les plus pessimistes de

1:20:00joseph lorsqu'elle montre des hommes qui

1:20:03ramassent des ballots ficelé à la hâte

1:20:05et s'entassent dans des autobus sous le

1:20:07contrôle de la police française

1:20:10plus tard ces mêmes images en noir et

1:20:13blanc

1:20:14projetteront aux yeux des incrédules les

1:20:16portes de wagon plombé le brouillard de

1:20:19gars dont on ne revient pas

1:20:23maxime a refusé de se rendre au

1:20:25commissariat pour faire apposer sur ses

1:20:27papiers d'identité le tampon rouge

1:20:29infamant

1:20:30cette décision à cause de conflits au

1:20:32sein de la famille

1:20:33esther et georges ont répondu à l'appel

1:20:36l'élysée marcel résiste encore joseph

1:20:40attend la décision de son fils tous en

1:20:42débattent au cours des échanges houleux

1:20:46travailler ses muscles devient un défi à

1:20:48la lâcheté et à la soumission maxime

1:20:51s'entraîne avec une énergie nouvelle

1:20:53jamais il n'a remporté autant de

1:20:55victoires triompher de ses adversaires

1:20:57avec si peu d'efforts

1:20:59il voudrait couvrir sa poitrine de

1:21:00médailles monter sur la plus haute

1:21:02marche du podium

1:21:03il emmène anna et simon au stade chaque

1:21:06dimanche le petit garçon est la fierté

1:21:08de son père sa silhouette déliée fait

1:21:11merveille dans les enchaînements

1:21:12équilibre et sauts périlleux

1:21:15bientôt il se lancera dans les agrès et

1:21:18s'initiera à la lutte

1:21:23robert a été mobilisés sur le front de

1:21:25l'est tania s'est occupé de la

1:21:27succursale de lyon aussi longtemps que

1:21:29possible mais les difficultés causées

1:21:31par la lenteur de l'approvisionnement la

1:21:33fermeture des usines l'ont contrainte à

1:21:35mettre la clé sous la porte elle est

1:21:37rentrée à paris pour loger de nouveau

1:21:39ouvertes chez sa mère

1:21:41son isolement l'a poussé à se rapprocher

1:21:43de la famille de son mari elle voit

1:21:45maxime et anne a régulièrement les

1:21:49soucis qu'elle a connu à lyon l'angoissé

1:21:51prouvée chaque jour à l'ouverture du

1:21:52courrier ont laissé leurs traces sur son

1:21:54visage les traits tirés elle prend moins

1:21:57soin de son apparence mais au détour

1:21:59d'un sourire à la faveur d'un geste

1:22:01maxime on retrouve face à elle son

1:22:03éblouissement d'autrefois

1:22:07dimanche louise georges esther et tania

1:22:10l'accompagnent simon et ses parents à

1:22:12l'alsacienne pour juger de ses progrès

1:22:14ou déjeunera sur les bords de marne on

1:22:17se régalera de friture et de vin blanc

1:22:19l'après-midi simon fera la démonstration

1:22:20de ses talents

1:22:22tania si elle le souhaite pourra renouer

1:22:25avec son entraînement

1:22:27lorsqu après le repas elle fait son

1:22:29apparition moulé dans son maillot noir

1:22:32maxime prend conscience du véritable

1:22:34motif de son invitation

1:22:36la contempler dans cette tenue

1:22:40il retrouve au fond de sa gorge la

1:22:41sensation douloureuse qu'il croyait

1:22:43avoir oublié

1:22:44bouleversé de nouveau par cette vision

1:22:46comme aux jours de son mariage

1:22:49du haut du plongeoir tania s'élance

1:22:52décrit une trajectoire parfaite avant de

1:22:56disparaître sous la surface de l'eau

1:22:58maxime ne peut détacher ses yeux de la

1:23:00ligne de ses épaules de cette taille de

1:23:03ses jambes ciselé

1:23:05anne a applaudi avant de chercher le

1:23:08regard complice de maxime

1:23:10elle n'y voit que tania

1:23:12elle connaît suffisamment son mari pour

1:23:15y lire un désir fou une fascination qui

1:23:18ne songe même pas dissimulé

1:23:20jamais il ne la regardait ainsi

1:23:23se tourner vers esther et georges tous

1:23:27ses yeux brillent pour tania de la même

1:23:28ferveur

1:23:30elle ne trouve de soutien que dans le

1:23:32regard de louise qui a compris et tente

1:23:35de la rassurer d'un sourire

1:23:37elle vacille dans un brouillard elle

1:23:40entend les bravos qui salue un nouvel

1:23:42exploit de tania

1:23:44celle ci sort ruisselante de la piscine

1:23:46secoue sa lourde chevelure et anna est

1:23:50saisi par l'image de couple idéal

1:23:51qu'imposent les deux sportifs

1:23:54ils sont sur leur territoire le stade

1:23:57leur appartient ils rayonnent

1:23:59georges et esther ont la même pensée

1:24:01elle en est persuadée

1:24:02son tempérament ne l'a jamais poussé au

1:24:05combat aussitôt elle voudrait

1:24:06disparaître s'effacer pour leur laisser

1:24:08la place

1:24:10la journée s'assombrit elle va passer le

1:24:13reste de l'après midi auprès de simon

1:24:14l'embrassant le serrant dans ses bras

1:24:16plus proche que jamais de son fils

1:24:21st y'a devenus complices et gueye de

1:24:24leur reer les dîners du dimanche

1:24:26éloignant les menaces un ac face dans

1:24:30l'ombre de ses deux femmes avec

1:24:32lesquelles elle ne peut chercher à

1:24:33rivaliser

1:24:35elle disparaît derrière la bonne humeur

1:24:36et le bavardage incessant d'esther elle

1:24:39se soumet à la beauté triomphante de

1:24:41tania et vaincus se réfugier auprès de

1:24:45simon

1:24:47j'ai rétréci par les privations mais

1:24:49illuminée par des éclaircies ces dîners

1:24:52organisés par esther avec le peu dont

1:24:54elles disposent toutes une table est

1:24:56réunie qui s'interdit le temps d'une

1:24:58soirée d'évoquer les rigueurs de

1:25:00l'époque et laisse les ombres derrière

1:25:02la porte

1:25:07[Musique]

1:25:15le port de l'étoile est devenu

1:25:17obligatoire une gifle pour maxime qui ne

1:25:20peut plus rien opposé à ce qu'il a tenté

1:25:22de rassurer

1:25:24les inquiétudes de joseph

1:25:26les crânes des commerçants voisins

1:25:27étaient fondées

1:25:29la perspective d'arborer l'insigne jaune

1:25:31anéanti tous ses efforts le rallye de

1:25:33force à une communauté avec laquelle il

1:25:35voudrait prendre ses distances

1:25:37pire l'ennemi n'est plus l'envahisseur

1:25:40mais son pays lui même qui le rangent du

1:25:43côté des proscrits

1:25:45il décide une fois encore de désobéir ce

1:25:48chiffon ne viendra pas salir ses

1:25:49costumes de prix ni humilié sa famille

1:25:53attention avec ses proches devient

1:25:54électrique

1:25:56georges lui reproche ce qu'il considère

1:25:57comme un reniement estérez lui porteront

1:26:00les toiles avec fierté pourquoi

1:26:02devrait-il en avoir honte

1:26:05sion est l'occasion d'une nouvelle

1:26:06empoignade joseph ose à peine s'adresser

1:26:09à son fils tente parfois de lui faire

1:26:11entendre le risque que sa décision fait

1:26:13courir à sa femme et à simon

1:26:15maxime balaye avec colère ses arguments

1:26:17rien ne le désigne aux yeux de l'ennemi

1:26:19pour quoi l'inquiéter ton at-il le nez

1:26:22aquilin les doigts crochus le menton

1:26:24fuyant que les affiches de la terrible

1:26:26exposition du palais berlitz propose aux

1:26:29parisiens pour leur permettre de

1:26:31reconnaître les ennemis de la france

1:26:35louise obéit elle a cousu l'insignia sa

1:26:38poitrine elle ne s'est pas senti la

1:26:40force de se dérober mais l'étoile lui

1:26:42pèse plus encore que la lourde semelle

1:26:45de sa chaussure orthopédique

1:26:47maxime passe la voir chaque jour discute

1:26:50avec elle s'inquiète de son avis sur la

1:26:51situation

1:26:53il voudrait lui reprocher sa

1:26:55capitulation mais le visage défait de

1:26:57son ami l'en dissuade

1:27:00plus reculées le lutteur sait à quel

1:27:03point de secondes d'hésitation un regard

1:27:05qui défaillent un geste un certain

1:27:07peuvent profiter à l'adversaire

1:27:09cette mesure est peut-être le signe

1:27:11qu'il attendait

1:27:13il lui faut franchir la ligne de

1:27:15démarcation avec anna et simon

1:27:18à plusieurs reprises il va en parler à

1:27:20louise elle tentera d'abord de l'en

1:27:23dissuader effrayé par le danger mais

1:27:26devant sa détermination lui proposera

1:27:28une solution

1:27:29une de ses cousines travail à la mairie

1:27:31de saint gaultier une petite commune de

1:27:33l'indre est là joindra à pour organiser

1:27:35avec elles leur accueil

1:27:38maxime est persuadé que le passage en

1:27:40zone libre reste la seule issue possible

1:27:42le dimanche suivant il organise chez

1:27:46georges un conseil de famille afin de

1:27:48recueillir l'avis de tous

1:27:51elise protégé par le patronyme de mars

1:27:53elle veut rester rabary les réunions

1:27:57avec ses amis politiques sont une

1:27:58nécessité pour elle elle va participer à

1:28:00l'organisation d'un réseau de résistance

1:28:02georges et esther se disent prêts pour

1:28:05des raisons différentes il ne supporte

1:28:08plus les privations elle est séduite par

1:28:11l'aspect romanesque de l' aventure tous

1:28:13deux pensent cependant qu'il serait

1:28:15prudent d'envoyer les hommes qui sont

1:28:16les plus menacés en avant-garde

1:28:20une fois en sécurité nous pourrons faire

1:28:21signer aux autres

1:28:23simon sera du second voyage avec sa mère

1:28:26tanya ne veut pas abandonner ma retard

1:28:29qui souffrirait le savoir loin d'elle

1:28:32femmes pourraient assurer la garde du

1:28:33magasin puis accompagné de louise elle

1:28:36prendrait elle aussi la route de saint

1:28:37gaultier tout le monde décide de

1:28:40s'accorder une semaine de réflexion

1:28:43simon pendant ce temps est il sensible à

1:28:47l'inquiétude de ces regards

1:28:49il surprend des conversations en temps

1:28:52parler de départ sans doute ressenti le

1:28:55désarroi de son père l'angoissent de sa

1:28:57mère

1:28:58mais il reste le véritable centre de

1:29:00cette constellation

1:29:01comme maxime il sait obtenir d'un sourit

1:29:04à ceux qui le désirent la vie lui

1:29:06appartient

1:29:07dans le quartier il croise des voisins

1:29:09des inconnus qui porte cette étoile sur

1:29:12leur coeur ils la voudrait aussi

1:29:15peut-être même at il demandé à anna de

1:29:17la coudre à son gilet afin de l'arborer

1:29:19fièrement comme les médailles de son

1:29:21père

1:29:24tania a retrouvé rue berthe sa chambre

1:29:26de jeune fille

1:29:28les activité de couturière de sa mère le

1:29:30rassura toutes deux un minimum de

1:29:32confort

1:29:34tu as la situation robert n'est plus au

1:29:36centre de ses préoccupations

1:29:38ses mains ne tremble plus à l'ouverture

1:29:40du courrier elle a reçu quelques lettres

1:29:42optimiste il ne se plaint pas il a la

1:29:45chance de ne pas se trouver au centre

1:29:46des plus violents combats ils l'assurent

1:29:48de son amour et lui dit qu'ils feront un

1:29:51enfant dès son retour

1:29:54c'est année à lyon on confinait tania

1:29:56entre le magasin de literie et le petit

1:29:58appartement du premier étage

1:29:59seule la fréquentation de la piscine à

1:30:02apporter un peu de lumière à cette

1:30:03existence

1:30:05robert s'est montré un compagnon

1:30:07attentif mais sa fantaisie n'a pas suffi

1:30:09à rompre la monotonie de la vie

1:30:10provinciale

1:30:12le caractère enfantin de son mari a

1:30:14commencé à lui peser son obéissance

1:30:16aveugle aux désirs de ses parents lui

1:30:18est devenue insupportable la soumission

1:30:21de robert leur avait valu ce départ pour

1:30:22lyon elle ne pouvait pardonner à ses

1:30:25beaux parents de les avoir ainsi exil et

1:30:27martha lui a manqué dans cette période

1:30:29de menace et l'aurait tout donner pour

1:30:32retrouver sa mère l'atelier de la rue

1:30:33berthe l'animation de la butte

1:30:35montmartre

1:30:37de retour à paris elle renoue avec sa

1:30:39famille elle apprécie les dîners du

1:30:41dimanche soir chez georges et esther sa

1:30:44belle soeur est devenue une amie une

1:30:45confidente elle a retrouvé avec bonheur

1:30:47anna la soeur de robert a fait la

1:30:50connaissance de son mari de leur fils

1:30:51simon ce petit garçon autoritaire et

1:30:54charmeur si semblable à son père

1:30:58ne peut se défendre d'une attirance pour

1:30:59maxime dont l'apparence l'a séduite dès

1:31:02leur première rencontre

1:31:03mais le regard appuyé qui lui a adressée

1:31:06le jour même de son mariage la glace et

1:31:08elle le devine habitué aux conquêtes

1:31:10faciles sur de son charme un de ces

1:31:13hommes pour qui les femmes sont des

1:31:14proies

1:31:16robert fier d'avoir épousé une femme sur

1:31:19laquelle on se retourne n'a cessé de

1:31:21manifester pour elle une gourmandise

1:31:22deux petits garçons

1:31:24au début de leur vie lyonnaise il

1:31:27descendait parfois au magasin le soir

1:31:28venu et cm sur l'un des lits proposés à

1:31:31la vente

1:31:33robert faisait son choix au stick grand

1:31:36siècle ou contemporains tous les styles

1:31:38de chambre à coucher et est proposé dans

1:31:40leur hall d'exposition promesse de

1:31:42plaisir différent les stores des

1:31:44vitrines baissé pour la nuit laissait

1:31:45filtrer la lueur des réverbères et serré

1:31:48contre son mari tania sur sotter chaque

1:31:50claquements de talons dans la rue

1:31:54maxime occupe ses pensées plus qu'elle

1:31:55ne le voudrait elle a beau lutter son

1:31:59image là poursuit image troublante d'un

1:32:01homme qu'elle n'aime pas à chaque fois

1:32:04qu elle le retrouve en compagnie d'anna

1:32:05et de simon elle repense à son regard en

1:32:09toute autre circonstance elle l'aurait

1:32:10considéré comme un simple hommage mais

1:32:13le jour de son mariage

1:32:15elle n'a rien dit à robert ni à esther

1:32:18et s'en veut de ce silence comme s'ils

1:32:21sel est un pacte entre maxime et l

1:32:24cet homme qu'elle pourrait méprisé mais

1:32:27qu'elle désire pour la première fois

1:32:29elle éprouve une attirance qui ne

1:32:31s'accompagne il estime ni tendresse

1:32:34des visions trop précises l'assaillent

1:32:36leral de son cou tranchant sur la

1:32:38blancheur de sa chemise la ligne de ses

1:32:40épaules les veines saillantes de ses

1:32:43avant bras

1:32:44elle se laisse aller à imaginer son

1:32:46odeur le poids de son corps son sexe les

1:32:48muscles de ses fesses

1:32:50elle a toujours mené le jeu avec robert

1:32:52rien de son impatience jouant avec son

1:32:55désir par maxime elle se sent déjà

1:32:58dominé une sensation a connu une tension

1:33:00éprouvante

1:33:03pour s'en défaire elle renoue avec le

1:33:04dessin elle ouvre de nouveau ses carnets

1:33:07de croquis et page après page prend

1:33:09possession de ce corps en souligner les

1:33:11contours en dégagent les lignes de force

1:33:15le résultat la surprend tout le

1:33:17contraire des silhouettes fluides

1:33:19qu'elle proposait chaque semaine au

1:33:20journal

1:33:21grâce à maxime elle se découvre un style

1:33:23vigueur dans le trait qu'elles ne se

1:33:26connaissaient pas

1:33:28cette activité-là pèse elle s'isole dans

1:33:31sa chambre de longues heures le crayon à

1:33:33la main puis comme un enfant coupable

1:33:35elle cache ses esquisses au fond d'un

1:33:37tiroir

1:33:40au début de l'été s'ouvre une

1:33:41perspective nouvelle

1:33:42le magasin de lyon est devenu une charge

1:33:44inutile le risque d'une spoliation se

1:33:47précise un acheteur s'est présentée

1:33:49pourrait-elle se charger de cette

1:33:51mission le rencontrer et discuter avec

1:33:53lui des conditions

1:33:54sa belle mère trop éprouvée par le

1:33:57départ de son fils ne se sent pas la

1:33:58force d'entreprendre le voyage

1:34:00un de leurs amis qui travaillent à la

1:34:02préfecture pour à lui procurer les

1:34:04papiers nécessaires elle reprendrait son

1:34:06nom de jeune fille à la consonance

1:34:07anglaise

1:34:09tania hésite robert aurait obéi à sa

1:34:13mère sans discuter mais elle veut

1:34:15prendre le temps de réfléchir

1:34:18une idée là décident si les membres de

1:34:20la famille mettent leur projet à

1:34:21exécution et se réfugie dans l'indre

1:34:23elles pourraient les y rejoindre une

1:34:25fois ces affaires réglées la vivrai

1:34:28cette période difficile près de ceux

1:34:30qu'elle aime elle partagerait la vie

1:34:32d'anna et de simon elle se rapprocherait

1:34:34d'estaires

1:34:35elle verrait maxime tous les jours

1:34:40éprise louise a pu joindre sa cousine

1:34:42celle-ci lui à communiquer l'adresse

1:34:44d'un colonel à la retraite qui vit avec

1:34:46sa fille et pourra les accueillir dans

1:34:48sa propriété des bords de la creuse

1:34:51georges et maxime vont franchir la ligne

1:34:52en premier et s'établir à saint-gaultier

1:34:56esther anna louise et simon les

1:34:58rejoindront aussi tôt que possible

1:35:01joseph ne veux pas tenter l'aventuré

1:35:03franchir de nouveau une frontière lui

1:35:05paraît insurmontable

1:35:06il ira vivre à malakoff chez lise et

1:35:08marcel

1:35:11trouver un passeur n'a pas été aussi

1:35:13difficile qu'ils le craignaient les amis

1:35:15d'élise leur ont fourni une adresse

1:35:16l'homme rencontré dans un café de

1:35:19belleville inspire confiance il a

1:35:21franchi la ligne à plusieurs reprises et

1:35:22leur assure une totale sécurité

1:35:25ils ont rendez vous avec lui dans un

1:35:26village au sud de montoir marcel les y

1:35:29déposera

1:35:31ils connaissent les conditions une somme

1:35:33coquette à verser un minimum de bagages

1:35:36les économies cousu dans la doublure de

1:35:38la veste des faux papiers

1:35:42comme convenu une date une heure le

1:35:45temps d'une boisson dans l'arrière salle

1:35:46d'un café et puis une marche sous la

1:35:48lune dans le bruissement d'une campagne

1:35:50inconnu

1:35:52la vision du poste de garde en ombres

1:35:54chinoises sur le ciel étoilé l' angoisse

1:35:56du passage et enfin la liberté la

1:35:59poignée de main de l'homme qui s'enfonce

1:36:00de nouveau dans l'obscurité et les

1:36:02abandonnent à proximité d'un village

1:36:03endormi

1:36:05la tante du petit matin sur la paille

1:36:07d'une grange et le trajet en autocar

1:36:09jusqu'à châteauroux

1:36:12enfin le coup de téléphone au colonel

1:36:13qui vient les chercher dans sa vieille

1:36:15traction et les conduits chez lui

1:36:18thérèse sa fille leur fait les honneurs

1:36:20de la maison ils sont libres le temps de

1:36:23prendre leurs repères et ils pourront

1:36:25faire signer aux femmes

1:36:28sur un escarpement qui domine la creuse

1:36:30la petite ville est blotti autour de son

1:36:32église romane elle précipite ses

1:36:35venelles en pente raide vers les berges

1:36:36recouverte de aux herbes présent voir

1:36:39franchis le pile d'un pont dont les

1:36:40trois arches reflétée par le cours en

1:36:41dessinent des cercles parfaits la

1:36:44rivière s'engouffre sous l' usine

1:36:45hydroélectrique qui transforme ses eaux

1:36:47grises en lumière

1:36:49les rues du centre de l'agglomération a

1:36:51ligne de modestes maisons qui ne dépasse

1:36:53pas un étage et à la périphérie de

1:36:56chaque côté des berges quelques

1:36:57propriétés imposante règne sur des

1:36:59parquets l'ombragé

1:37:01celle du colonel trône au milieu

1:37:03d'arbres centenaires

1:37:05les bordés d'un mur est percé d'une

1:37:06porte métallique qui donne accès aux

1:37:08berges

1:37:09l'euro tu habites le rez de chaussée

1:37:11avec sa fille au premier étage 4

1:37:13chambres sont à leur disposition

1:37:16maxime et georges choisissent les plus

1:37:18spacieuses qu'ils occuperont avec anna

1:37:20esther louise et simon se partageront

1:37:23les deux autres

1:37:25tout leur a paru si facile ils ne

1:37:28mesurent pas les risques qu'ils ont

1:37:29couru

1:37:29sur les conseils de thérèse maxime prend

1:37:32contact avec l'école du village pour

1:37:34proposer ses services et participer à

1:37:36l'éducation sportive des enfants

1:37:38georges pourrait entretenir les jardins

1:37:40il renoue avec la pêche pour

1:37:41approvisionner thérèse avec ces poissons

1:37:43de rivière qui agrémentera l'ordinaire

1:37:47à 50 ans passés thérèse l'institutrice

1:37:49du village vit dans l'ombre du sol

1:37:51hommes de sa vie son père elle dirige la

1:37:54maison avec autorité veille sur le

1:37:56régime du colonel ans gouvernante

1:37:58inflexible

1:38:00cette femme sans homme se méfie de

1:38:02maxime

1:38:03mais le séducteur finit par

1:38:05l'apprivoiser

1:38:06sensible à son charme elle le lui

1:38:08témoigne par de multiples attentions

1:38:10est à sa fenêtre lorsqu'il fait sa

1:38:12gymnastique matinale torse nu sur la

1:38:14pelouse

1:38:15le contemple bouleversé et confie ses

1:38:18émois son journal intime

1:38:23magasin de la rue du bourg-l'abbé aidé

1:38:25de joseph esther est venu la rejoindre

1:38:28louise leur prêtent main forte les jours

1:38:30d'affluence

1:38:32sa clientèle s'est raréfiée elle ne

1:38:34reçoit plus que ces patients les plus

1:38:35fidèles et préfère ne pas savoir

1:38:37pourquoi les autres ne font plus appel à

1:38:39ses services

1:38:40les trois femmes c'est paul se confie

1:38:43dînent ensemble elles ont reçu un

1:38:45premier courrier des sommes qui leur

1:38:47chante les louanges de saint gaultier et

1:38:48promettent d'écrire bientôt pour leur

1:38:50donner le feu vert

1:38:51simon règne sur l'assemblée il

1:38:53s'accroche à cette mère qui n'a plus que

1:38:55lui 1-1 66 seul dans l'appartement de

1:38:58l'avenue gambetta qu'elle ne trouve pas

1:39:00le courage d'interdire son grand lit

1:39:01glacée à son fils

1:39:04il s'installe à la place de son père la

1:39:06tête sur son oreiller son chien de

1:39:08peluches serré contre sa poitrine

1:39:10chaque soir le petit homme redevient un

1:39:13enfant craintif effrayés par les ombres

1:39:16de sa chambre

1:39:17anna le regard de s'endormir ému par son

1:39:20application à trouver le sommeil elle

1:39:23reconnaît maxime danser sourcil froncé

1:39:24dans ses poings serrés

1:39:27cet homme et toute sa vie elle en est

1:39:28plus sûr que jamais

1:39:30dans quelques jours elle retrouvera sa

1:39:32chaleur elle partagera de nouveau ses

1:39:34nuits

1:39:36qui accorde si facilement sa confiance

1:39:38distribuer sans compter son affection se

1:39:42sent coupable de ressentir comme une

1:39:43menace la présence de sa belle-soeur

1:39:47depuis cet après midi au stade son coeur

1:39:49est toujours en alerte

1:39:51elle admire tania mais cette force vive

1:39:54cette beauté en liberté représente un

1:39:55véritable danger et elle ne peut

1:39:57s'empêcher de se réjouir de son départ

1:39:59pour lyon

1:40:00elle pense souvent à robert écrin chaque

1:40:03jour l'annoncent d'une mauvaise nouvelle

1:40:05que son petit frère revienne et que

1:40:07tania trouve à nouveau refuge auprès de

1:40:08lui elle est fière de parvenir à faire

1:40:11tourner le commerce sans l'aide de son

1:40:13mari heureuse de se priver pour simon de

1:40:16veiller sur lui avec tout son amour

1:40:18maxime lui en sera reconnaissant

1:40:22vraiment

1:40:23c'est la phrase qui m'est venu à

1:40:25l'esprit lorsque plus tard j'ai

1:40:26découvert ces photos ému par sa rondeur

1:40:29par la fraîcheur de ses yeux clairs posé

1:40:31sur maxime brient d'une confiance

1:40:33absolue

1:40:35ce regard qui allait se voiler ce

1:40:38sourire sur lequel s abattre le feu du

1:40:40ciel

1:40:42jusqu'à l'arrivée de la seconde lettre

1:40:44elle a pu croire que son départ pour cet

1:40:46autre france allait lui permettre de

1:40:48retrouver son bonheur

1:40:49mais un à un les murs sont tombés ces

1:40:53murs au kb s appuyer chaque jour si peu

1:40:56sûr de sa force

1:41:00des tenues secrètes

1:41:02petit matin tout le 11e arrondissement a

1:41:03été bouclé à chaque entrée de rue chaque

1:41:06bouche de métro les forces de police se

1:41:08tiennent prêtes

1:41:09on frappe aux portes on surprend des

1:41:11familles un sommet y est on leur laisse

1:41:13à peine le temps de réunir quelques

1:41:14affaires et on les force à dévaler les

1:41:16escaliers parfois à coups de pied ou de

1:41:18cross pour les entasser dans des autobus

1:41:21pour quelle destination

1:41:25informations sont contradictoires les

1:41:27plus optimistes ont entendu parler de

1:41:29cet état juif que l'allemagne

1:41:30hitlérienne envisage de créer à l'est ou

1:41:32bien encore à madagascar qui deviendrait

1:41:34la nouvelle palestine

1:41:37les autres ceux qui tentent de s'enfuir

1:41:39ceux qui se jettent par la fenêtre ou

1:41:41confient leurs enfants en toute hâte des

1:41:42voisins n'ont accordé aucun crédit à

1:41:45cette fable ils savent qu'il existe au

1:41:47delà des frontières des lieux dont on ne

1:41:49revient pas

1:41:51à peine arrivé rue du bourg-l'abbé à

1:41:53n'apprend pas rester à la nouvelle qui a

1:41:55fait le tour de tous les magasins du

1:41:56quartier

1:41:57plus grandes rafles organisées depuis le

1:41:59début de l'occupation vient de se

1:42:01dérouler

1:42:02elle se précipite boulevard richard

1:42:04lenoir et comprend aussitôt en voyant le

1:42:06magasin fermé ainsi que l'appartement

1:42:08des scellés ont été apposés sur les

1:42:11portes des voisins lui confirme le

1:42:13départ de ses parents au petit matin

1:42:14avec les centaines d'autres habitants du

1:42:16quartier et recenser ou dénoncer

1:42:20le premier mur vient de tomber à nava si

1:42:23je retourne au magasin se jeter dans les

1:42:26bras de louise esther au milieu de ses

1:42:29larmes elle réclame maxime comme une

1:42:31petite fille perdue

1:42:34lorsque la seconde lettre arrive de

1:42:36l'indre anin reprend espoir

1:42:39les hommes leur annonce que tout est

1:42:40prêt pour les accueillir les bords de

1:42:42creuse leur feront oublier menacé

1:42:43privations elle des chiffres avec peine

1:42:46l'écriture serrée de maxime jusqu'à ce

1:42:49qu'elle tombe sur les deux lignes qu'il

1:42:51atteigne en plein coeur

1:42:52la lettre tant attendu lui tombe des

1:42:55mains tania vient de rejoindre ses beaux

1:42:58frères arrivé de lyon elle s'est

1:43:01installée auprès d'eux depuis quelques

1:43:02jours

1:43:03quand elles seront à saint gaultier avec

1:43:05simon la famille sera presque au complet

1:43:07maxime lui annonce cette bonne nouvelle

1:43:09avec joie

1:43:12le deuxième mur s'effondre avec fracas

1:43:15anna a quitté la protection de sa

1:43:18famille pour se réfugier sous la halle

1:43:19de maxime sans lui n'est plus rien

1:43:24elle croit perdre la raison ses parents

1:43:26l'ont abandonnée c'est au tour de son

1:43:27mari soudain elle en est sûre elle c'est

1:43:31pourquoi sa belle sera fait ce voyage

1:43:33tu as besoin d'aucune preuve son

1:43:35instinct ne peut la trompait au fond

1:43:38d'elle-même une certitude aurait fait

1:43:40son nid rien ne pourrait empêcher ces

1:43:42deux-là de se retrouver tania est là bas

1:43:44auprès de maxime

1:43:47tout bascule vie lui devient

1:43:49insupportable

1:43:51esther et louise lavoie défaillir ses

1:43:54jambes ne la soutiennent plus livide

1:43:57elle s'accroche à un comptoir

1:43:58en lisant la lettre toutes deux

1:44:00comprennent

1:44:02ce terreau est bouleversée par la

1:44:03douleur dana elle voudrait pouvoir lui

1:44:05dire à quel point ils se sentent

1:44:06coupables c'est elle qui a fourni à

1:44:09tania l'adresse du colonel juste avant

1:44:11son départ pour lyon

1:44:14décide de hâter leur voyage gaston le

1:44:17manutentionnaire du magasin leur a

1:44:19procuré les faux papiers dont elle avait

1:44:20besoin elles connaissent l'adresse du

1:44:22passeur dans quelques jours elles seront

1:44:24à saint gaultier

1:44:26anna les laisse tout organiser fermer le

1:44:29magasin le cabinet de louise elle ne

1:44:32réagit plus il faut la prendre par la

1:44:34main choisir pour elle les objets de

1:44:36première nécessité

1:44:37préparez le bagage de simon

1:44:41la veille du départ elle refuse soudain

1:44:42deux parties elle veut rester à paris

1:44:44avec son fils elle doit attendre le

1:44:47retour de ses parents si robert revient

1:44:49blessé elle devra prendre soin de lui

1:44:51ses yeux segarel délire presque il faut

1:44:55toute l'énergie de louise et d'esther

1:44:56pour la convaincre

1:44:58sous leur autorité elle finit par

1:45:00accepter le départ mais se réfugie dans

1:45:02un mutisme total

1:45:05marcel se charge de les mener près de

1:45:07montoir et de les déposer sur le lieu de

1:45:09leur rendez vous avec le passeur simon

1:45:11excité par l' aventure dévore des yeux

1:45:14le paysage derrière les vitres de la

1:45:15citroën il interpelle sa mère qui le

1:45:18regardent à peine

1:45:20louise esther se taisent elles aussi

1:45:22leurs angoisses décuplée par le

1:45:24comportement d'anna elle ne tente aucun

1:45:26geste affectueux vairelles de crainte de

1:45:28provoquer ses pleurs

1:45:30jusqu'à leur arrivée dans le café on

1:45:33n'entendra pas sa voix un peu plus tard

1:45:35elle parlera pour la première fois

1:45:38depuis le départ de paris alors elle

1:45:41prononcera une phrase une seule qui

1:45:43perdra ciment

1:45:47insistance louise m'a raconté ce qui

1:45:50resterait à jamais gravé dans sa mémoire

1:45:52elle m'avait tout du drame tout ce que

1:45:55mes parents lui avaient confié tout ce

1:45:57qu'elle avait vécu en leur compagnie

1:45:58tout sauf l'essentiel

1:46:01une ombre demeurait la famille voulait

1:46:04croire à l'incroyable imprudence dana

1:46:06qui avait causé sa perte entraînant

1:46:08celle de simon

1:46:11devant mon insistance

1:46:12ma vieille amie a fini par m'avouer ce

1:46:14qui s'était réellement passé ce soir là

1:46:16dans le café tout près du poste de garde

1:46:19anna la timide la mère parfaite s'est

1:46:23transformé en héroïne tragique la

1:46:26fragile jeune femme est soudain devenue

1:46:27une médée sacrifiant son enfant et sa

1:46:30propre vie sur l'autel de son amour

1:46:32blessés

1:46:36louise sont installés à une table à côté

1:46:38du bar à nay simon un peu plus loin près

1:46:41de la fenêtre la salle est vide ils sont

1:46:45les seuls clients du café on entend le

1:46:47tic-tac d'une grosse comtoise le patron

1:46:50nettoie son zinc en bavardant avec le

1:46:52passeur tout paraît si calme

1:46:55un avant goût de cette liberté qui les

1:46:57attend à quelques kilomètres à peine

1:47:00l'homme leur a conseillé de se séparer

1:47:02afin que leurs groupes n'attire pas

1:47:03l'attention après avoir remisé leurs

1:47:05bagages à l'extérieur dans un appentis

1:47:07il est allé le rechercher des boissons

1:47:10il a repéré les horaires des tours de

1:47:11garde c'est à quel moment la tension des

1:47:14veilleurs se relâchera leur a dit qu'il

1:47:17faudrait faire vite récupérer les sacs

1:47:19et courir dans l'obscurité d'un petit

1:47:20chemin dont il connaît chaque pierre

1:47:23prévenu que l'on allait marché de nuit

1:47:25dans la campagne simon sert son petit

1:47:28chien contre lui et bois la limonade que

1:47:30l'homme lui a servi anna ne touche pas

1:47:32sa tasse elle fixe le ciel étoilé au

1:47:35delà de la fenêtre de temps à autre

1:47:37comme absente elle caresse les cheveux

1:47:39de son fils

1:47:40esther et louise la regarde de loin avec

1:47:43anxiété

1:47:44symonds demandent à aller aux toilettes

1:47:46on lui indique le chemin

1:47:48anin veut se lever pour l'accompagner

1:47:50mais d'un geste il lui signifie qu'il

1:47:52est assez grand pour se débrouiller tout

1:47:53seul

1:47:55au passage il confie son chien à louise

1:47:59elle sourit regardant s'éloigner vers le

1:48:02fond de la salle le petit homme

1:48:04autoritaire et charmeur

1:48:071 on entend crise et les freins d'une

1:48:09automobile des packs lac dans la nuit et

1:48:12la porte du restaurant s'ouvre sur trois

1:48:14officiers en uniforme

1:48:17louise esther se sentent blêmir

1:48:18instinctivement louise cache le petit

1:48:20chien sous la table puis porte la main à

1:48:22sa poitrine pour s'assurer qu'aucun fil

1:48:24de l'étoile décousu unis est resté

1:48:26accroché

1:48:27anna ne réagit pas à l'entrée des hommes

1:48:31le dos du passeur se contracte accoudé

1:48:34au bar il porte son verre à ses lèvres

1:48:35et fixe les rangées de bouteilles

1:48:37deux des hommes restent en faction près

1:48:40de la porte le troisième se dirige vers

1:48:42louise esther et leur demander leurs

1:48:44papiers

1:48:45elle maîtrise le tremblement de leurs

1:48:47mains sortent leur carte d'identité de

1:48:49leurs sacs

1:48:50au moment où louis se lève l'épaisse

1:48:53semelle de sa chaussure orthopédique

1:48:54heurte le pied de sa chaise

1:48:56l'homme dit quelque chose en allemand à

1:48:58ses deux collègues qui lui répondent en

1:48:59rien

1:49:00le patron du café temps une plaisanterie

1:49:03le passeur se force à sourire

1:49:05l'officier ne réagit pas et plonge son

1:49:07regard dans les yeux des deux femmes

1:49:08après avoir contemplé leur photographie

1:49:12il laurent leurs papiers contrôler ceux

1:49:15du passeur puis se dirige vers anaky ne

1:49:17s'est pas détourner de la fenêtre

1:49:19une fois près d'elle il tente une main

1:49:21autoritaire et là je me fais un plan de

1:49:24ses yeux dans les siens

1:49:26louise esther retiennent leur souffle la

1:49:29voix fouiller dans son sac contempler

1:49:31ses papiers déposés en évidence sur la

1:49:34table avant d'en sortir d'autres qu'elle

1:49:37tend à l'homme sans lâcher son regard

1:49:41décontenancé l'officier hausse les

1:49:42sourcils

1:49:44à peine at il jeté un oeil sur le

1:49:46document qui la boit un ordre

1:49:48leicester et louise paralysé comprennent

1:49:51ce qui vient de se passer

1:49:52on entend alors un trottinements sur le

1:49:54parquet de la salle simon vient de

1:49:57sortir des toilettes et se précipite

1:49:58vers sa mère

1:50:00louise voudrait lui faire signe de se

1:50:01taire de se diriger vers elle mais il

1:50:04est trop tard l'homme interrogé delà du

1:50:06regard

1:50:07sans hésiter d'une voix calme elle

1:50:11répond

1:50:12c'est mon fils

1:50:15anaïs symonds quittent le café encadrés

1:50:18par les trois hommes tout s'est joué en

1:50:21quelques secondes

1:50:23anna est déjà loin le regard perdu

1:50:25simon suis sa mère et longe la table des

1:50:28deux femmes sans leur adresser la parole

1:50:29sur son passage louise se dresse mais

1:50:32une main ferme posée sur son épaule la

1:50:36force à se rasseoir celle du passeur qui

1:50:38la fout droit du regard

1:50:40les officiers n'ont rien vu la porte se

1:50:43referme sur la nuit noire on entend

1:50:45démarrer la voiture et c'est nouveau le

1:50:47silence

1:50:50esther et louise s'effondre mais le

1:50:53passeur ne leur laisse pas le temps de

1:50:54réfléchir il est pâle le front luisant

1:50:57de sueur c'est maintenant ou jamais

1:51:00il faut partir ramasser les affaires

1:51:02dans l'appentis et emprunter le sentier

1:51:04qui mène vers la liberté elles se

1:51:06chargeront des soc de la mère et de

1:51:08l'enfant

1:51:10en se levant louise cogne un objet sous

1:51:12la table le chien de simon

1:51:16petit garçon est parti sans son

1:51:17compagnon lui rendre les aurait

1:51:20condamnés de toute façon il n'ya même

1:51:22pas songé est le pressent contre son

1:51:24visage le mouiller de ses larmes

1:51:27l'homme le bouscule les fait sortir en

1:51:29hâte

1:51:30esther fait peur à voir le trait de

1:51:32crayon gras qui souligne ses yeux a

1:51:34coulé lui dessine des cernes verdâtre

1:51:36son épaisse chevelure rousse accentue sa

1:51:39pâleur la nuit fraîche malgré la saison

1:51:42le ciel constellé d'étoilés

1:51:44louise sert le petit chien contre sa

1:51:46poitrine elle se dit que six mois a eu

1:51:49raison de le protéger avec le manteau

1:51:51tricoté par anna

1:51:55une heure plus tard elles sont en zone

1:51:57libre la campagne est agité de murmures

1:52:00les herbes ondule au passage de chasse

1:52:02en maraude on entend le hululement d'un

1:52:05rapace elle avance sur une route déserte

1:52:08baignée par la clarté de la lune

1:52:10cherchant un abri pour attendre le lever

1:52:13du jour

1:52:15louise imagine le tableau pitoyable que

1:52:17doivent offrir leurs deux silhouettes un

1:52:19fantôme blafard au maquillage en islande

1:52:21qui étouffe des sanglots et une pauvre

1:52:24juive claudicante un sac dans chaque

1:52:26main un chien en peluche coincé sous le

1:52:29bras

1:52:31de l'autre côté de la ligne une voiture

1:52:32file dans la nuit balayant de ses phares

1:52:34la route hostile

1:52:36vers quel cauchemar conduit-elle ses

1:52:38passagers une femme hagarde et un petit

1:52:41garçon qui de son nom est inquiétante de

1:52:43percer l'obscurité

1:52:46louise esther partagent la même pensée

1:52:49elles ont échoué dans la mission qui

1:52:51leur a été confiée comment pourront-ils

1:52:54affronter l'arrivée à saint gaultier

1:52:55annoncé la nouvelle aux hommes qui les

1:52:57attendent

1:53:02[Musique]

1:53:10lorsque tania apparaît derrière les

1:53:12grilles de la propriété maxime d'ebita

1:53:15lâche le tronc d'un arbre arraché par le

1:53:17vent il a trouvé son rythme assure son

1:53:20geste et la lame s'enfonce à chaque fois

1:53:22plus profondément dans la blessure

1:53:24cette activité occupe son esprit

1:53:26mobilise ses muscles rester trop

1:53:29longtemps inactif

1:53:30georges n'est pas encore rentré de la

1:53:32pêche et s'est installé au bord de la

1:53:34rivière à l'abri d'un sol son saut est

1:53:36rempli de poissons il imagine son

1:53:38arrivée dans la cuisine la joie de

1:53:39thérèse la vue de son butin

1:53:42fille du colonel lee sur la terrasse

1:53:44allongé sur une chaise longue bercé par

1:53:46le choc régulier de la hache de temps à

1:53:49autre elle caresse des yeux l'homme en

1:53:51bras de chemise admire son effort

1:53:53l'encouragent de la voix c'est elle qui

1:53:56voit tagne en premier

1:54:00saute saisi par la beauté de la jeune

1:54:02femme qui se tient immobile de l'autre

1:54:04côté du mur est un sac de voyage à la

1:54:06main une silhouette parfaite vêtue d'une

1:54:10petite robe grise aux épaules droites à

1:54:12la taille marquée

1:54:14le ressens un pincement au coeur cette

1:54:17présence radieuse annonce un malheur

1:54:18elle en est sûre

1:54:20les deux hommes lui ont parlé d'elle et

1:54:23elle l'a reconnu avant même que maxime

1:54:25ne lève la tête pour l'apercevoir à son

1:54:26tour il tressaille laisse sa hache

1:54:30plantée dans le tronc de l'arbre et suit

1:54:33son front

1:54:34ils se font face

1:54:37maxime est debout les bras ballants à

1:54:40quelques mètres de tania toujours

1:54:41immobile derrière les grilles

1:54:43lorsque thérèse surprend leur regard

1:54:45elle comprend un nuage traversent le

1:54:48ciel et vient masquer le soleil de cet

1:54:51après midi

1:54:54installera dans la chambre destinée à

1:54:55simon qui dispose de deux lits jumeaux

1:54:58maxime et george-sand presse auprès de

1:55:00leurs belles soeurs il faut faire le

1:55:02tour du village l'emmène admirer

1:55:04l'église et le prieuré l'accompagnent

1:55:06sur les rives de la creuse

1:55:10son arrivée elle tente d'appeler ses

1:55:11beaux parents sans succès elle imagine

1:55:14le grelot du téléphone résonnant dans le

1:55:16salon désert trou en un silence de mort

1:55:19elle envoie un télégramme à martha pour

1:55:22la rassurer mais ne veux pas penser à

1:55:24robert

1:55:26comme une petite fille obstinée elle a

1:55:28cédé à un caprice elle est enfin auprès

1:55:30de l'homme qu'elle désire

1:55:32il la tire plus que jamais elles luttent

1:55:34contre la tentation de se réfugier

1:55:35contre son torse de coller sa bouche à

1:55:38la sienne rien n'a d'importance en

1:55:40dehors de cette force qui la possèdent

1:55:42tout entière

1:55:45jour après jour les yeux de maxime se

1:55:47font plus insistants leur réponds se

1:55:50laisse envahir par ces vagues de désir

1:55:53elle peut se livrer encore à ce jeu

1:55:55troublant l'arrivée d'anna et de simon y

1:55:57mettra fin

1:55:58à chaque fois qu'elle s'abandonne au

1:56:00regard clair de maxime elle se sait

1:56:03observée par thérèse institutrice réagit

1:56:05comme une enfant jalouse

1:56:09bouleversé par tania maxime se retourne

1:56:11chaque nuit sans fin obsédé par l'image

1:56:13de la jeune femme qui dort dans la

1:56:14chambre voisine sa chevelure répandu sur

1:56:17l'oreiller ça pour aller tranchant sur

1:56:19la pâleur des draps

1:56:23terre et louise à peine arrivé s'était

1:56:26effondré dans les bras de maxime et de

1:56:27jorge

1:56:28luiz me dira qu'elle ne s'était senti ni

1:56:31l'une ni l'autre le courage d'évoquer

1:56:32l'acte suicidaire d'anna et avait choisi

1:56:35de parler d'une imprudence d'un oubli

1:56:39comment la vie elle et elle s'organisait

1:56:40autour de l'absence d' hannah et de

1:56:41simon laissant chacun aux prises avec

1:56:44des images insoutenables

1:56:46maxime s'était réfugié dans sa chambre

1:56:48il était resté de longues heures assis

1:56:50sur le bord du lit la tête entre les

1:56:52mains

1:56:53dans un coin derrière un fauteuil en

1:56:56avait déposé les sacs rapportés par

1:56:58louise esther

1:56:59il resterait fermée sur leurs souvenirs

1:57:03couché sur celui de simon le petit chien

1:57:05au moins taux de tricot veiller sur les

1:57:07affaires de son maître

1:57:09maxime n'avait pu supporter sa présence

1:57:11il avait demandé qu'on l'éloignent de

1:57:13lui

1:57:14son fils et sa femme aux mains de

1:57:16l'ennemi sans doute parquet avec

1:57:19quelques milliers d'autres dans l'une de

1:57:20ces enceintes où la haine s'exprime sans

1:57:22retenue et lui pendant ce temps à

1:57:25l'ombre des grands arbres du parc bercé

1:57:27par le chant des oiseaux tout entier à

1:57:30son désir

1:57:32tenter d'imaginer les sentiments de ma

1:57:34mère face à la nouvelle

1:57:35l'ennemi dont elle avait fui la menace

1:57:38devenait un allié balayant le seul

1:57:40obstacle qui se dressait entre elle et

1:57:42mon père

1:57:43tout devenait possible si anna et simon

1:57:46ne devait pas revenir

1:57:50à saint-gaultier on essaie de se

1:57:51rassurer on veut croire que la mère et

1:57:53l'enfant sont détenus dans l'une de ces

1:57:55localités dont le nom sur un salie à

1:57:57jamais dans six pithiviers et

1:58:00beaune-la-rolande

1:58:02on y souffre de la promiscuité

1:58:04on y manquent de tout mais comment

1:58:06imaginer que l'on puisse y mourir

1:58:09seul le colonel en sait davantage ses

1:58:12échanges avec les réseaux de résistance

1:58:14les informations que lui font parvenir

1:58:15ses contacts américains lui ont appris

1:58:18l'existence d'un mal absolu au delà des

1:58:20frontières

1:58:21il n'en a parlé à aucun de ses hôtes il

1:58:24ne veut pas ajouter à leurs inquiétudes

1:58:25et refusent encore de croire à une telle

1:58:28entreprise de destruction

1:58:31maxime

1:58:32enfermé dans sa chambre la plus grande

1:58:34partie de la journée traces autour de

1:58:36lui un cercle de silence

1:58:38on ne sait que lui dire on respecte sa

1:58:41douleur dans la grande demeure les

1:58:44ombres danaï de simon plane sur chacun

1:58:46on croit entendre les cavalcades du

1:58:48petit garçon dans l'escalier on voudrait

1:58:51emmener se baigner dans la creuse

1:58:53on imagine anna sur la terrasse occupé à

1:58:56sa broderie couvant des yeux son mari et

1:58:58son fils qui luttent sur l'herbe du parc

1:59:01tania pour s'éloigner de maxime passe

1:59:03ses journées en compagnie des stars et

1:59:04de louise

1:59:06se promène dans les chemins de campagne

1:59:07parle de tout sauf de nay de simon

1:59:11commente annie à pourrait-elle encore

1:59:13joué avec le désir de maxime elle évite

1:59:16baisse les yeux lorsqu elle le croise

1:59:18l'absence de sa femme et de son fils

1:59:20dresse entre une barrière

1:59:22infranchissable

1:59:25les semaines passant maxime revient peu

1:59:28à peu à la vie il sort de sa chambre

1:59:30pour débiter du bois à longueur de

1:59:31journée ou parcours de longues marches

1:59:35car l'observent à la dérobée guettant

1:59:37une étincelle de vie dans son oeil est

1:59:39un

1:59:40quand la maison s'éveille la table est

1:59:42déjà mise pour le petit déjeuner sur la

1:59:44nappe trône un bain frais un pot de

1:59:46confiture

1:59:47maxime levée dès l'aube s'est occupé de

1:59:50tout après sa gymnastique matinale

1:59:52il ne peut s'attarder au lit dès son

1:59:55réveil il angoisse pèse de tout son

1:59:56poids l'idée d'un détour par la chambre

1:59:58de tania lui est devenu impossible

2:00:01lui qui méprisent superstition et rituel

2:00:03n'est pas loin de croire à un châtiment

2:00:05du ciel tous les jours ils passent à la

2:00:08poste pour téléphoner à paris son retour

2:00:11personne ne se hasarde à lui poser des

2:00:13questions

2:00:15en début d'après midi au plus fort de la

2:00:17chaleur tania enfile une robe légère par

2:00:20dessus son maillot elle descend vers la

2:00:22creuse une serviette à son bras elle

2:00:24nage d'une rive à l'autre jusqu'à n'en

2:00:26plus pouvoir elle parfait ses plongeons

2:00:29depuis la pile du pont effondré

2:00:32dans l'eau glacée elle voit les herbes

2:00:34qui ondule le tapis grisâtre de la vase

2:00:37devant ses yeux défilent une procession

2:00:40des débris de végétation entraîné par le

2:00:42courant happé par les vannes de lusine

2:00:45quand elles émergent dans la lumière

2:00:47aveuglante la spire une goulée d'air

2:00:48secoue ses cheveux comme pour dissiper

2:00:50un mauvais rêve et se lance à nouveau

2:00:52dans une nage obstiné

2:00:55elle épuise son corps ne sort de look à

2:00:57bout de souffle lorsque ses muscles ne

2:00:59répondent plus

2:01:02soir à la veillée les conversations

2:01:04languissent

2:01:05maxime prend congé le premier

2:01:08on entend son pas lourd gravir les

2:01:10marches la porte de sa chambre se

2:01:12refermer

2:01:13plus tard georges et les femmes montent

2:01:16à leur tour

2:01:17tous avant de sombrer dans le sommeil

2:01:19pense tous deux absents blottis l'un

2:01:23contre l'autre dans une nuit peuplé de

2:01:24sanglots

2:01:27s'il n'en peut plus de ces nuits passées

2:01:29à rechercher anna et simon parfois

2:01:32repensant tout récit de louise et

2:01:33d'esther il maudit l'inconscience de sa

2:01:35femme

2:01:36comment at elle pu oublier ses vrais

2:01:38papiers au fond de son sac par sa faute

2:01:41il est peut-être jamais séparée de son

2:01:43fils

2:01:45ce qu'il émerge de ces semaines

2:01:46d'isolement son premier regard et pour

2:01:49tania

2:01:50il ne veut plus résister

2:01:53une après midi alors que la maison

2:01:55s'assoupit ils l'accompagnent sur les

2:01:57bords de la rivière

2:01:59sans échanger un mot il traverse le parc

2:02:01franchissent le portail qui mène à la

2:02:03berge étendent leur serviette sur

2:02:05l'herbe tiède

2:02:06tania se déshabille devant lui fait

2:02:09glisser sa robe et apparaît dans le

2:02:11maillot noir qu'elle portait à

2:02:12l'alsacienne

2:02:14elle plonge aussitôt il commence sa

2:02:16traversée battant l'aude un mouvement

2:02:18régulier

2:02:21s'ils me regarde s'éloigner la

2:02:22silhouette de la nageuse qui fend l'eau

2:02:23scintillante à mi chemin et s'arrêtent

2:02:26pour grimper sur la pile du pont lui

2:02:28adresse un signe

2:02:30l'air vibre autour d'elle elle écarte

2:02:33les bras cambre le dos il voit frémir

2:02:35les muscles de ses cuisses avant qu'elle

2:02:37prenne son essor et reste suspendue un

2:02:39instant dans l'espace

2:02:40à la vue de cette flèche noire tranchant

2:02:43sur le blanc du ciel son désir rooney

2:02:46l'étau se desserre et il pleure pour la

2:02:50première fois depuis l'arrivée de louise

2:02:51esther

2:02:54il ne cherche pas à se cacher de tania

2:02:55lorsqu'elle se hisse sur la berge il lui

2:02:58offre sa douleur les yeux nu

2:03:01face à lui et le reste immobile

2:03:03ruisselante elle tend sa main mouillée

2:03:06il s'en saisit ayant fui son visage elle

2:03:11s'approche de lui ils entourent sa

2:03:13taille de ses bras et puis ça joue sur

2:03:14les toffes du maillot ils touchent enfin

2:03:17le corps de tania

2:03:19après s'être allongée dans deux fois en

2:03:21rêve dans ce chaleur c'est la peau glace

2:03:23et de la nageuse qui s'offre à lui

2:03:26l'eau de la creuse se mêle à ses larmes

2:03:28il reste ainsi un long moment puis se

2:03:31détache toujours sans amour

2:03:35tania s'allonge à côté de lui et tous

2:03:36deux fils le ciel la ville dort seul le

2:03:41grondement sourd de lusine trouble le

2:03:42silence

2:03:44maxime c'est qu'il ne résistera plus

2:03:48la nuit venue il pousse la porte de la

2:03:51chambre s'y glissent sans bruit se

2:03:53faufile entre les draps écoles ça

2:03:55pourrait celle de la jeune femme

2:03:57la douleur le submerge ça bouge contre

2:04:01celle de tania dans la saveur salée de

2:04:04ses larmes ils se pressent contre elle

2:04:06sans rouler ses muscles palpite contre

2:04:09le ventre de la jeune femme

2:04:11ils n'osent aucune caresses mais

2:04:12s'accroche à son corps l'entourant de

2:04:14ses bras et de ses jambes

2:04:16et s'enivre de son parfum et sombre dans

2:04:19un sommeil sans rêves

2:04:21plusieurs nuits syndrome d'un si serrés

2:04:24l'un contre l'autre chassant les ombres

2:04:26qui les entoure

2:04:28au petit matin il regagne sa chambre

2:04:30avec des précautions de collégiens

2:04:33séducteur est devenu à l'adolescent

2:04:35transit recherchant la douceur et la

2:04:37tendresse de tania s'approchant d'elle

2:04:39avec prudence pour se contenter de ses

2:04:41baisers et du contact de sa peau

2:04:46soir enfin

2:04:48israël à prendre

2:04:49la crainte d'être entendu bridera ses

2:04:52élans louise esther et georges ne sont

2:04:55séparés d'eux que par une cloison

2:04:56maxime laissera aller et venir serrer un

2:04:59plongera au plus profond de tania

2:05:01jusqu'au moment où n'y tenant plus il

2:05:04mordra ses lèvres pour ne pas crier

2:05:06l'effort pour se contenir décuplera son

2:05:08plaisir il tient dans ses bras celles

2:05:11qui le désirent depuis des années mais

2:05:13sur le point de perdre conscience c'est

2:05:16l'image d'anna qui lui apparaît

2:05:18alors de toutes ses forces il la

2:05:21repousse rejetant son visage clair dans

2:05:23la nuit

2:05:26j'en étais là grâce aux révélations de

2:05:29louise je vais bâti ce récit pour en

2:05:32arriver à cette nuit une nuit durant

2:05:36laquelle un petit garçon et sa mère

2:05:37quittait définitivement cette terre pour

2:05:40entrer dans le silence

2:05:42lcl est le destin de mes parents et

2:05:45allait me permettre de venir au monde

2:05:46quelques années après la mort de simon

2:05:49je ne pouvais n'être qu'à cette

2:05:51condition

2:05:52sa vigueur cédait la place à ma

2:05:54fragilité et s'enfoncer dans la nuit

2:05:56afin que je puisse voir le jour

2:06:00lui ou moi un scénario comparable à

2:06:03celui des corps à corps nocturne avec le

2:06:05frère imaginaire qui partageait ma

2:06:06chambre

2:06:08on ne prononcera plus son nom ni celui

2:06:10d'anna

2:06:12ne resteront deux que des sales

2:06:13abandonnées derrière un fauteuil

2:06:16des vêtements des odeurs un chien de

2:06:19peluches des objets orphelins quelques

2:06:22photos que l'on reléguerait dans l'ombre

2:06:24il dépensé coupable dont je supporterai

2:06:27le poids

2:06:30à saint gaultier la tension est palpable

2:06:32dans le salon à l'heure de la veillée

2:06:34dans la salle à manger au moment des

2:06:36repas

2:06:37la maisonnée aux aguets observer les

2:06:39amants aucun des autres n'est dupe de

2:06:42leur apparente indifférence

2:06:44esther se contient avec peine elle

2:06:47voudrait écrié son mépris craché au

2:06:49visage du couple dont chaque étreinte

2:06:51est une insulte à la mémoire des

2:06:52disparus

2:06:53un vrai crime à ses yeux répétez nuit

2:06:57après nuit exilant à chaque fois un peu

2:06:59plus à nay simon

2:07:00luis tente de la calmer elle même

2:07:03déchirée à la fois indigné par la

2:07:06trahison de maxime est poussé à

2:07:08l'indulgence

2:07:09troublé par la beauté triomphante de

2:07:12tania elle accepte leur rencontre comme

2:07:14un fait du ciel contre lequel il serait

2:07:16vain de lutter

2:07:18thérèse souffrent en silence elle a

2:07:21retrouvé sa défiance habituel vis-à-vis

2:07:22des hommes

2:07:24maxime est semblable aux autres elle

2:07:26aurait dû s'en douter un de ceux dont

2:07:28elle sait préserver un mâle préoccuper

2:07:31de son seul plaisir

2:07:32son instinct ne l'a pas trompé l'arrivée

2:07:35de tania a marqué la fin d'une période

2:07:37heureuse elle rue doit son père

2:07:39pointilleuse sur les questions

2:07:41d'intendance elle tyrannise la maisonnée

2:07:43et se retire aussi souvent que possible

2:07:45dans sa chambre pour remplir d'amertume

2:07:47les pages de son journal

2:07:49georges et le colonel juge sévèrement le

2:07:52comportement des deux amants mais

2:07:53considère cette union comme inévitable

2:07:57le seul moyen pour maxime de survivre à

2:07:59sa douleur

2:08:02que cet été c'est ensuite

2:08:05et ma mère coupable aux yeux de tous

2:08:07déchirés par leur désir avait t-il aux

2:08:10essais mais au grand jour se promener

2:08:12main dans la main sur les rives de la

2:08:14creuse afficher leur liaison aux yeux de

2:08:16leurs familles

2:08:18peu à peu sans doute avec d'infimes

2:08:21geste au début puis s'enhardissant au

2:08:23fil du temps

2:08:25je me demandais si esther avait affronté

2:08:27ma mère

2:08:29et bien ma tante au profil de

2:08:30tragédienne hurlant son indignation à la

2:08:33phase de sa belle-soeur capitulant de

2:08:35lancer larmes tombant dans ses bras et

2:08:37recueillant enfin ses confidences

2:08:41les semaines s'étaient écoulées les

2:08:43regards s'étaient sans doute adoucie et

2:08:45la vie avait repris son cours

2:08:47jusqu'à ce que l'horreur se fraie un

2:08:49chemin au travers de la barrière de

2:08:50tranquillité qui protégeait saint

2:08:51gaultier

2:08:54la rumeur commence à circuler dans la

2:08:56rue chez les commerçants au hasard des

2:08:58conversations

2:08:59on ne peut plus se voiler la face croire

2:09:02à un simple déplacement de population on

2:09:05parle désormais d extermination

2:09:06systématique de camps de la mort

2:09:10lorsque ces informations franchissent le

2:09:12seuil de la maison projetant sur les

2:09:14murs des images de convois de barbelés

2:09:16comment maxime peut-il encore trouver le

2:09:18sommeil

2:09:20anna simon reviennent hanter ses nuits

2:09:24il n'a plus la ressource de les croire

2:09:25prisonniers de l'autre côté de la ligne

2:09:26de démarcation

2:09:27il doit maintenant envisager le pire

2:09:33in et les jours qui allait suivre

2:09:34jusqu'à la fin de la guerre

2:09:37alors on saurait

2:09:39la déportation des parents d'anna après

2:09:41la grande rafle la mort de robert dans

2:09:44un stalag victimes du typhus un obstacle

2:09:48de moins sur le chemin de maxime et de

2:09:50tania le garçon au regard moqueur

2:09:52valayer lui aussi par l'histoire

2:09:55et l'on connaîtrait enfin la destination

2:09:58du convoi qui avait emporté à nice simon

2:10:00il faudrait bien donner un nom à ce lieu

2:10:03on enverrait pour la première fois les

2:10:06images

2:10:07resterait à jamais imprimé dans les

2:10:09mémoires l'ombre d'un porche qui se

2:10:11découpe sur le blanc du ciel les rails

2:10:14noir qui file vers la bim

2:10:18la famille a regagné paris le sort qui

2:10:22s'est acharné sur un an et les siens

2:10:23leur a laissé la vie sauve

2:10:26tania est revenu vivre avec martha

2:10:29maxime n'a pu supporter l'idée de dormir

2:10:31avenue gambetta et s'est installé un lit

2:10:33de fortune au premier étage du magasin

2:10:36les deux amants s'impose cette distance

2:10:38ils n'osent plus touchés il leur est

2:10:42devenu impossible d'écarter l'image des

2:10:44absents de ces mets dans ces lieux

2:10:45hantés il leur faut attendre

2:10:51on y apprend la mort de robert elle le

2:10:53plus rappel il est déjà si loin

2:10:56elle pense même qu'elle n'aura pas à

2:10:58affronter son regard

2:11:00mais que se passera-t-il si anaïs simon

2:11:02reviennent de leur exil

2:11:04elle affirme à maxime dès leur retour à

2:11:06paris elle sort à s'effacer il lui faut

2:11:10le dire et elle veut y croire

2:11:14l'écoutent silencieux la serre dans ses

2:11:16bras

2:11:18il s'efforce de chasser toute pensée de

2:11:20leurs esprits

2:11:23après la libération

2:11:25espérer encore

2:11:27à paris on guette l'arrivée des déportés

2:11:29jour après jour on se rend aux nouvelles

2:11:31on consulte les listes affichées dans le

2:11:34rôle de l'hôtel lutetia

2:11:36on passe de groupe en groupe en

2:11:38brandissant des photos on pose des

2:11:40questions on assiste à l'arrivée des

2:11:42autobus déchargeant sur le trottoir leur

2:11:44cargaison de fantômes

2:11:48à plusieurs

2:11:50s'ils me prends le métro jusqu'à sèvres

2:11:51babylone il en revient bouleverser une

2:11:54foule hagarde envahir les salons de

2:11:56réception korte misérable tranchant sur

2:11:59le luxe des lieux des ombres foule les

2:12:02tapis épais r entre les grands canapés

2:12:04et les miroirs voici et s'accroche au

2:12:07bar ou peu de temps auparavant des

2:12:09officiellement levé leur coupe pas la

2:12:11victoire

2:12:12chaque visage d'enfant chaque oeil creux

2:12:16chaque pas leur faire essayer à maxime

2:12:20vêtements en lambeaux des femmes il

2:12:22croît chaque fois reconnaître la

2:12:23silhouette amaigrie d'anna une douleur

2:12:26aiguë le traverse celle de l'espoir qui

2:12:29se mêle à la crainte

2:12:30un mur s'est élevé qui étouffent leurs

2:12:34voix ils peinent à en retrouver les

2:12:36intonations il a oublié le timbre clair

2:12:38de son fils les murmures de sa femme

2:12:42en vain ils cherchent à retrouver leurs

2:12:44rires leurs expressions favorites leur

2:12:46parfum

2:12:47il a commencé à faire son deuil anna et

2:12:50simon ne reviendront jamais

2:12:56catania et maxime envisage d'une vie

2:12:58commune des mois passés à déménager des

2:13:01meubles remplir des valises soulever des

2:13:05objets est encore habité

2:13:06plier des affaires imprégné d'odeurs

2:13:08familière faire place nette

2:13:11maxime ne pourra se résoudre à donner

2:13:14les jouets de son fils il était posera

2:13:16dans la chambre de service au 6e étage

2:13:18de l'immeuble où tania et lui vont vivre

2:13:20désormais c'est là que je découvrirai

2:13:24sim quand j accompagnerait ma mère

2:13:28des années avant qu'un véritable chien

2:13:29échos le petit bâtard noir et blanc

2:13:32recueillies sur les bords de la marne ne

2:13:34viennent partager notre existence

2:13:38être dans ce quartier habité cette rue

2:13:41calme une des pièces de l'appartement

2:13:44sera transformé en gymnase ou tania et

2:13:47maxime poursuivront leur entraînement

2:13:48ils se marieront

2:13:50travaillons ensemble rue du bourg-l'abbé

2:13:53se spécialiseront dans les articles de

2:13:55sport la clientèle cyprès sera

2:13:58de l'autre côté du couloir louise

2:14:00ouvrira de nouveau son cabinet

2:14:01d'infirmières

2:14:03chaque fin de semaine ils se rendront au

2:14:04stade le dimanche soir ils participeront

2:14:07au dîner rituel chez esther et georges

2:14:10avec le reste de la famille

2:14:13les blessures seront moins vive

2:14:15seule une douleur sourde restera tapie

2:14:18au fond de chacun on ne parlera plus de

2:14:20la guerre on ne prononcera plus le nom

2:14:22des disparus

2:14:25peu de temps après ma naissance maxime

2:14:27provoquera de nouvelles tensions en

2:14:29faisant modifier l'orthographe de notre

2:14:30nom

2:14:31imbert sera lavé de ce n est de ce g ces

2:14:36deux lettres devenu pour tous deux morts

2:14:41parti 5

2:14:46[Musique]

2:14:53louise m'avait permis de reconstituer

2:14:55l'idylle de mes parents coupables

2:14:57j'avais 15 ans je savais ce que l'on

2:15:00avait caché et à mon tour je me taisais

2:15:02par amour

2:15:06sûre de mon ami ne m'avait pas seulement

2:15:07rendu plus fort elle avait aussi

2:15:10transformer mes nuits je ne lui ai plus

2:15:12avec mon frère maintenant que je

2:15:14connaissais son nom

2:15:16un peu je me détacher de mes parents

2:15:18j'acceptais de voir les fêlures apparu

2:15:21sur ces perfection je le voyais

2:15:23combattre les premières atteintes de

2:15:25l'âge en redoublant d'énergie sur les

2:15:27courts le dimanche mon père en soufre

2:15:29est davantage que ma mère et je

2:15:32surprenais parfois l'anxiété de son

2:15:33regard face au miroir

2:15:35un soir il était rentré effondré pour la

2:15:39première fois une jeune femme lui avait

2:15:41cédé sa place dans le métro

2:15:45en apparence ne mettait plus une

2:15:46souffrance je m'échauffais mais creux se

2:15:49combler grâce à luiz ma poitrine s'était

2:15:53élargi le vide sous mon plexus s'étaient

2:15:55atténués comme si la vérité avait été

2:15:58jusque-là inscrits en creux

2:16:01je savais désormais ce que recherchait

2:16:02les yeux de mon père lorsqu'il fixer

2:16:04l'horizon je comprenais ce qui rendait

2:16:07mamère muette

2:16:08pour autant je ne suis comblé plus sous

2:16:11le poids de ce silence je le portais

2:16:13élite au fait mes épaules je poursuivrai

2:16:16mes études avec succès je lisais enfin

2:16:18l'estiment dans les yeux de mon père

2:16:20depuis que je pouvais les nommer les

2:16:22fantômes avait desserré leur étreinte

2:16:24j'allais devenir un homme

2:16:28quelques années plus tard ma mère perdre

2:16:31l usage de la parole et de la marche à

2:16:33la suite d'une hémorragie cérébrale

2:16:35je verrai fondre ses muscles

2:16:38j'aurai à affronter la vision d'une

2:16:40femme a maigri méconnaissable se

2:16:44balançant sur un fauteuil

2:16:47cette douleur mon père la ressentirai

2:16:48plus violemment encore que moi

2:16:52habitué à lutter il ferait face les

2:16:54premiers temps et dans ma mère dans sa

2:16:56rééducation

2:16:58mais le spectacle de sa championne

2:17:00appuyé à une béquille sa jambe droite

2:17:02fauchant l'air à chacun de ses pas il

2:17:05deviendrait vite insupportable et blessé

2:17:08plus cruel manque un autre par cette

2:17:10vision il déciderait d'y mettre fin

2:17:15eco partager notre vie de quelques

2:17:16années passant ses journées en compagnie

2:17:19de mon père dormant le soir sur mon lit

2:17:21il avait remplacé sim dont la peluche

2:17:24rap et avait rejoint les souvenirs

2:17:25poussiéreux de la chambre de service

2:17:28je savais que je ne pourrais plus

2:17:30affronté les clercs de ses petits yeux

2:17:31noirs maintenant que je connaissais son

2:17:33histoire

2:17:34comment mon père avait t'il plus

2:17:36supporter de me voir le serrer contre ma

2:17:38poitrine

2:17:39l'installer à côté de moi à chacun de

2:17:41nos repas

2:17:42et ma mère qu'avait-elle ressenti en

2:17:45entendant de nouveau le nom de celui que

2:17:46j'avais arraché à sa nuit qu'elle avait

2:17:49sans doute si longtemps craint de voir

2:17:51réapparaître

2:17:53mon père s'attendrit c'est lorsqu'il

2:17:55sert et son chien noir et blanc contre

2:17:57sa poitrine

2:17:59il emmenait écho en promenade au bois

2:18:00jouer avec lui comme avec un enfant le

2:18:04lâcher le dimanche sur la pelouse du

2:18:05stade roulé avec lui dans l'herbe

2:18:08dès que mon emploi du temps le

2:18:10permettait je me rendais au magasin et

2:18:12sitôt arrivé je traversé le couloir pour

2:18:14rendre visite à louise n'avions jamais

2:18:16interrompu nos conversations

2:18:18elle savait toujours écouté ses yeux

2:18:20dans les miens ça bouge projetant ses

2:18:23volutes de fumée ses mains chassant de

2:18:25vieilles douleurs

2:18:27lorsque j'étais remonté dans la chambre

2:18:28de service pour y rendre sim son lit de

2:18:30couverture j'étais tombé sur un album de

2:18:33photographies à peine visible sous la

2:18:35poussière au milieu d'une pile de

2:18:37magazines

2:18:38j avais contempler maxime et anna en

2:18:41tenue de mariés j'avais vu la jaquette

2:18:44noir et le chapeau de forme de mon père

2:18:47j'avais fait connaissance avec le visage

2:18:49inquiet de sa jeune femme aussi pâle que

2:18:51son voile tournant vers son époux ses

2:18:54yeux clairs qui allait si vite se ternir

2:18:57les pages cartonnées s'était ouverte sur

2:18:59des scènes de famille des groupes

2:19:01d'inconnus posant devant des maisons

2:19:02ensoleillé des plages des parterres de

2:19:05fleurs

2:19:06une vie en noir et blanc

2:19:08des sourires aujourd'hui est un des

2:19:11morts qui se tenait par la taille

2:19:13enfin j'avais vu simon dont les photos

2:19:17remplissait plusieurs pages

2:19:19son visage m'avait paru étrangement

2:19:21familier je m'étais reconnu dans ses

2:19:24traits à défaut de me retrouver dans ce

2:19:26corps

2:19:28j'avais glissé dans ma poche l'une des

2:19:30photos de l'album qui s'était décoller

2:19:32autour de laquelle une date est inscrite

2:19:34on y voyait un short et un maillot au

2:19:38garde à vous devant un champ de blé

2:19:40glissant les yeux face au soleil de son

2:19:42dernier été

2:19:461 peux avoir mon 18ème anniversaire

2:19:49le téléphone a sonné

2:19:52après avoir répondu mon père a raccroché

2:19:55le regard absent la main encore appuyé

2:19:57sur le récepteur il nous annonçait la

2:20:00nouvelle d'une voix calme puis s'est

2:20:02penché pour caresser et cours venus se

2:20:04couchèrent à ses pieds

2:20:06il est resté incliné un long moment sa

2:20:08main ébouriffant la fourrure de son

2:20:10chien

2:20:11puis c'est enfin redresser les parties

2:20:13enfilé son manteau il a accepté que je

2:20:16l'accompagnent

2:20:18la voisine qui est des joseph pour ses

2:20:20courses et son ménage nous a fait entrer

2:20:22sur la table recouverte d'une toile

2:20:25cirée j'ai vu une assiette vide un verre

2:20:27à demi rempli une série de chiffonner

2:20:30j'ai suivi mon père jusqu'à la chambre

2:20:32où j'allais voir mon premier mort

2:20:34mon grand-père reposer dans son lit la

2:20:36tête rejetée en arrière le teint cireux

2:20:39la bouche ouverte

2:20:41on perd la contempler puis s'est tourné

2:20:43vers moi pour me dire qu'il était

2:20:44heureux que son père soit mort dans son

2:20:46sommeil

2:20:47la plus belle façon de quitter ce monde

2:20:49at il ajouté

2:20:51je me suis approché du visage de joseph

2:20:53j'ai touché ça joue du dos de ma main ça

2:20:57pourrait classer qu'elle rêve l'avait

2:21:00emporté

2:21:01avec ci-dessus qu'il disparaissait

2:21:05nous avons enterré joseph au père

2:21:07lachaise nous sommes dirigés vers le

2:21:09carré juif où mon grand père allait

2:21:11reposer à côté de sa femme

2:21:13j'ai découvert la tombe de caroline à

2:21:16deux pas de l'appartement de joseph à

2:21:18quelques minutes de l'avenue gambetta

2:21:20encore une question que je n'avais

2:21:22jamais posée lors de nos balades

2:21:24parisienne mon père m'avait souvent

2:21:26amenés à rendre visite aux morts les

2:21:28plus célèbres du père lachaise mais

2:21:30jamais nous n'avions fait le détour par

2:21:31le carré juif

2:21:33pourquoi serait-il allé se recueillir

2:21:35devant la dalle ou été gravé le nom de

2:21:37sa mère

2:21:38ils portaient ces morts en lui ce qui

2:21:41lui avaient été les plus chères n'avait

2:21:42pas de sépulture

2:21:43leur nom est inscrit sur aucun marbre

2:21:49reprise lorsque nous étions passés

2:21:51devant le bâtiment du columbarium il

2:21:53m'avait fait part de sa volonté d'être

2:21:55incinéré

2:21:57maintenant seulement je pouvais

2:21:58comprendre la véritable raison de son

2:22:00choix

2:22:02à peine arrivé à la maison mon père a

2:22:04saisi écho dans ses bras s'est approché

2:22:07de la fenêtre il l'a ouverte s'est

2:22:09avancé sur le balcon pour rester un long

2:22:12moment à contempler la rue

2:22:14puis il s'est enfermé comme à son

2:22:16habitude dans le gymnase

2:22:22je vais tirer

2:22:23quelle était inscrit le sujet à traiter

2:22:25qui se résumait à un nom laval

2:22:30paralysé j'avais bredouille et une

2:22:32phrase sur la collaboration une sole

2:22:35qui avait mécontenté mon examinateurs

2:22:38persuadé d'avoir affaire à un

2:22:39nostalgique de vichy je m'étais muré

2:22:42dans un mutisme qui m'avait valu de

2:22:44redoubler ma terminale

2:22:47un signe dans cette mésaventure je

2:22:50butait encore sur un mur il restait un

2:22:53blanc dans mon récit un chapitre dans

2:22:56mes parents ignoraient aussi le contenu

2:22:58je connaissais un moyen d'en décoller

2:23:00les pages

2:23:02je les ai appris l'existence d'un lieu à

2:23:03paris où je pourrais trouver les

2:23:05informations qui me manquait

2:23:09du marais le mémorial possédait un

2:23:11service de documentation

2:23:12les recherches de béate et serge

2:23:14klarsfeld avait permis un recensement

2:23:16complet de toutes les victimes du

2:23:18nazisme en consultant les registres il

2:23:21était possible de retrouver le nom de

2:23:22chaque déportés le numéro est la

2:23:24destination du convoi dans lequel il

2:23:26avait pris place la date de son arrivée

2:23:28au camp et s'il n'avait pas survécu la

2:23:31date de sa mort

2:23:33j'y ai passé une après-midi à feuilleter

2:23:36l'un après l'autre ces énormes volumes

2:23:38au milieu de milliers d'autres j'ai

2:23:41enfin découvert les noms que je

2:23:42cherchais

2:23:43je les voyais écrit pour la première

2:23:46fois

2:23:46et j'apprenais ce qu'avait été leur

2:23:49destin anna et simon après avoir

2:23:52transité par le camp de pithiviers

2:23:54avaient été expédiés en pologne

2:23:56direction à auschwitz il y avait été

2:24:00gazé au lendemain de leur arrivée

2:24:04le numéro de leur convoi la date de leur

2:24:07mort des faits bruts les chiffres

2:24:10les événements sur lesquels j'avais

2:24:12construit mes hypothèses prenait à la

2:24:14lecture du registre un extraordinaire

2:24:16poids de réalité

2:24:20j'ai relu les noms de ceux qui avaient

2:24:21partagé avec anaïs simon le terrible

2:24:24voyage qui avaient connu comme

2:24:26l'obscurité d'un wagon plombé l'horreur

2:24:29de la promiscuité

2:24:30des noms d'hommes de femmes et des noms

2:24:33d'enfants dont le président laval avait

2:24:36autorisé la déportation au nom du

2:24:38rassemblement familial

2:24:41savoir qu'ils avaient été assassinés dès

2:24:43leur arrivée me soulage à d'un poids

2:24:46cette date mettait un terme à toutes mes

2:24:48suppositions je n'aurai pas à convoquer

2:24:51les images de leurs années de

2:24:52déportation leur calvaire leurs nuits

2:24:57ce que je d'apprendre mon père l'ignorer

2:25:00qu'avait-il imaginer de la détention

2:25:02d'un deuil de simon durant toutes ces

2:25:04années qui imagine est il encore

2:25:06aujourd'hui quand son regard s'absentait

2:25:07quand ils ne pouvaient trouver le

2:25:09sommeil

2:25:11retournement me troublait tenu si

2:25:14longtemps à l'écart de ce drame j'en

2:25:16savais aujourd'hui davantage que mon

2:25:18père sur son secret

2:25:19devait le laisser dans l'ignorance

2:25:22je suis resté longtemps à me le demandez

2:25:25attendant qu'une occasion que la vie

2:25:27serait bien me fournir

2:25:31l'année suivante j'ai été reçus au bac

2:25:33avec mention et j'ai décidé de

2:25:36m'inscrire en faculté ma découverte de

2:25:38la psychanalyse durant les cours de

2:25:40philosophie avait été décisive plus tard

2:25:43lorsque l'on me demanderais qu'elle

2:25:45avait été ma motivation pour

2:25:46entreprendre de telles études je saurai

2:25:49quoi répondre louise qui savait si bien

2:25:52écouter m'avait ouvert les portes elle

2:25:55m'avait permis de dissiper les ombres

2:25:56m'avait restituer mon histoire je savais

2:26:00qu'elle place j occupais délivrer du

2:26:02fardeau qui pesait sur mes épaules j'en

2:26:04avais fait une force j'en ferai de même

2:26:07avec ceux qui viendraient à moi

2:26:10pas encore que j'avais commencé avec mon

2:26:12père

2:26:16un soir de retour de la faculté j'ai

2:26:19trouvé ma mère en pleurs et qu'on venait

2:26:21de se faire écraser

2:26:23il avait rapporté le petit animal à la

2:26:25maison est labellisée dans les gymnases

2:26:28baissant la voix ma mère me dit que

2:26:31depuis leur retour mon père n'avait pas

2:26:33quitté la chambre elle ignorait s'il

2:26:35dormait ou lisait et n'osaient pas le

2:26:37déranger

2:26:38il n'est pas voulu déjeuner n'avait pas

2:26:41prononcé un mot sans doute se sentait-il

2:26:44responsable de cette mort il le promener

2:26:46au bois et mon père n'avait pas jugé

2:26:48utile de le tenir en laisse pour

2:26:49traverser l'une des avenues ma mère a

2:26:52ajouté qu'elle n'avait jamais vu maxime

2:26:53aussi bouleversé

2:26:55mon père avait surmonté la disparition

2:26:58de son fils et de sa femme la mort de

2:27:01son chien le faisait s'effondrer

2:27:05gymnase

2:27:06je me suis penché sur eco couché sur le

2:27:08côté la truffe ensanglanté

2:27:11au visage s'est reflétée dans ses yeux

2:27:13grands ouverts

2:27:14j'ai proposé à ma mère d'aller moi même

2:27:17le déposer chez le vétérinaire qui

2:27:18saurait quoi faire de sa dépouille

2:27:21j'ai détaché son collier avec précaution

2:27:24ébouriffés une dernière fois ça fou rire

2:27:26jallet enveloppé dans sa serviette

2:27:30une heure plus tard j'étais de retour je

2:27:33suis entré dans la chambre

2:27:36perrette est assis sur le bord du lit la

2:27:38tête entre les mains

2:27:40les doubles rideaux la pièce était

2:27:42éclairée que par sa lampe de chevet

2:27:45j'ai pris place à côté de lui je lui ai

2:27:47dit mon chagrin

2:27:49sans relever la tête il m'a répondu

2:27:51d'une voix éteinte il m'a dit qu est qu

2:27:53était mort par sa faute

2:27:55je me suis entendu lui dire que c'était

2:27:58vrai

2:27:59il était responsable de cela mais de

2:28:02cela seulement

2:28:04cette phrase m'est venue sans que je les

2:28:06prémédité il s'est redressé pendant que

2:28:10je fixe et la fenêtre

2:28:11mon épaule contre la sienne son regard

2:28:14interrogateur pesant sur moi

2:28:19que j'étais fier de ce dont j'avais

2:28:20hérité fier qu'il met tout doux transmis

2:28:23cette difficulté cette question toujours

2:28:25ouverte qui m'avait rendu plus fort

2:28:28fier de mon nom au point de souhaiter en

2:28:31rétablir l'orthographe d'origine

2:28:33cela aussi m'a échappé et mon père a

2:28:36soupiré comme si j'allais antilles c'est

2:28:39des années d'efforts

2:28:41après une profonde inspiration j'ai

2:28:43continué j'ai prononcé le nom d'anna et

2:28:47celui de simon

2:28:49surmontant ma crainte de le blesser je

2:28:52lui livrer tout ce que j'avais appris

2:28:54ne laissant dans l'ombre que l'acte

2:28:56suicidaire d'anna

2:28:58gelé senti serait dire serrer ses mains

2:29:01sur ses genoux j'ai vu blanchir ses

2:29:04jointures mais décidé à poursuivre je

2:29:07lui ai donné le numéro du convoi

2:29:09la date du départ de sa femme et de son

2:29:11fils pour auschwitz celle de leur mort

2:29:14je lui ai dit qu'il n'avait pas connu

2:29:16l'horreur quotidienne du camp seule la

2:29:19haine des persécuteurs était responsable

2:29:21de la mort d'anna et de simon

2:29:23sa douleur d'aujourd'hui sa culpabilité

2:29:26de toujours ne devait pas permettre à

2:29:28cette haine d'exercer encore une fois c

2:29:30est fait

2:29:32je n'ai rien dit plus je me suis levé

2:29:36j'ai tiré les doubles rideaux ouvert la

2:29:38porte qui demandait à ma mère de nous

2:29:41rejoindre

2:29:43et j'ai tout répéter afin qu'elle sache

2:29:44elle aussi

2:29:49pour dîner avec nous

2:29:51au moment où je partais me coucher il

2:29:54m'a arrêté d'une pression légère de sa

2:29:56main sur mon épaule

2:29:58je les serrer dans mes bras ce que de ma

2:30:01vie je n'avais encore jamais fait

2:30:04son corps m'a paru frêle celui d'un

2:30:07homme âgé que je dominais maintenant

2:30:09d'une tête

2:30:10me sentant étrangement fort je n'ai pas

2:30:14versé une larme

2:30:15la mort de notre chien avait été

2:30:17l'occasion d'un nouveau retournement je

2:30:20venais de délivrer mon père de son

2:30:22secret

2:30:25épilogue

2:30:28un

2:30:29[Musique]

2:30:36soir d'été j'ai eu envie de retourner

2:30:40dans le petit bois qui entoure le

2:30:41château tout près de notre maison

2:30:43j'ai demandé à ma fille de mieux

2:30:45accompagner

2:30:47rose et moi avons remonté la rue qui

2:30:48mène à la sortie du village sommes

2:30:51arrivés face à l'ancienne perse et un

2:30:53peu plus loin nous nous sommes enfoncés

2:30:54dans le fouillis de branches et d'arbres

2:30:56abattus par la tempête pour gagner

2:30:58l'arrière du château

2:30:59assis au milieu de ses douves flanqué de

2:31:02quatre tours coiffer dardoise il

2:31:04paraissait assoupi derrière ces volets

2:31:06clos

2:31:07la fois précédente

2:31:09j'avais franchi les limites de la

2:31:11propriété en toute innocence et le

2:31:13hasard m'a vais mener non loin du petit

2:31:14cimetière

2:31:15qui reposait sous ces pierres

2:31:19craignant d'être surpris je sursautais à

2:31:21chaque craquements de brindilles la

2:31:24silhouette d'un garde-chasse sur

2:31:25l'esplanade du château l'avait dissuadée

2:31:27de m'approcher davantage

2:31:28mais ce jour là la voie était libre nous

2:31:31pouvions en jean bel arbre couché qui

2:31:33défend l'entrée du carré d'herbe et

2:31:35pénétrer dans l'enclos face à

2:31:37l'alignement des tombes

2:31:39entre temps je m'étais renseigné sur le

2:31:41propriétaire du château un ancien du

2:31:43village m'avait donné son nom le compte

2:31:45de chambre un descendant du marquis de

2:31:48la fayette avocat international

2:31:50époux de la fille de laval fervent

2:31:54défenseur de son beau père auteur

2:31:56d'ouvragés visant à réhabiliter sa

2:31:58mémoire

2:31:59je savais maintenant chez qui nous

2:32:01étions

2:32:02ma fille et moi nous sommes approchés

2:32:05des stèles

2:32:06sur la première nous avons pu lire

2:32:10paris 1890 pomper 1891 madou 1908 brutus

2:32:181909

2:32:20un cimetière de chiens

2:32:22semblables à ceux qui entourent les

2:32:25vieilles églises de nos campagnes

2:32:27une tradition instaurée par les anciens

2:32:29maîtres des lieux est entretenu par les

2:32:31suivants en juger par les tombes plus

2:32:33récente

2:32:35whisky

2:32:371948 1962 chien de soko ami fidèle de

2:32:42mon père josé de chambrun

2:32:44vasco

2:32:461972 1982 de mourir est la seule peine

2:32:52qu'il nous ait jamais faite josette

2:32:54chambre un

2:32:56ami fidèle la seule peine qui nous ait

2:32:59jamais faite

2:33:01ces lieux communs m'ont touché

2:33:03aussitôt j'ai revu et qu abandonner sur

2:33:07la table d'un cabinet vétérinaire avant

2:33:10de rejoindre une montagne de dépouilles

2:33:12destinés à l'incinération

2:33:14mais j'ai vite ressenti un malaise à la

2:33:17lecture de ces stèles dont les dates si

2:33:19rapprochées faisait penser à des tombes

2:33:21d'enfants

2:33:22josé de chambrun fille de laval en

2:33:26terreau est ici ces animaux chéri

2:33:30le nom était de nouveau sorti de son

2:33:32chapeau

2:33:33le président laval qui avait encouragé

2:33:36afin de ne pas séparer les familles

2:33:39plaide at il pour sa défense

2:33:41la déportation des enfants de moins de

2:33:4316 ans avec leurs parents

2:33:46voilà ce que j'aurais répondu à

2:33:47l'examinateur le jour du bac s'il ne

2:33:50m'avait pétrifié et j'aurais même ajouté

2:33:53la phrase odieuse de brasillach surtout

2:33:55n'oubliez pas les petits

2:33:58comment oublier les petits ombre sans

2:34:01sépulture fumée planant sur des terres

2:34:04hostiles

2:34:05je suis resté immobile l'oeil fixé sur

2:34:08les inscriptions

2:34:10devant ce cimetière

2:34:12entretenu avec amour par la fille de

2:34:15celui qui avait offert à simon un aller

2:34:16simple vers le bout du monde

2:34:18l'idée de ce livre m'est venue

2:34:22dans ces pages reposerait la blessure

2:34:24dont je n'avais jamais pu faire le deuil

2:34:27un appel de ma fille m'a fait sursauter

2:34:29elle voulait me montrer une pierre isolé

2:34:32au sommet taillé en demi-cercle cachés

2:34:34par des branchages une sépulture plus

2:34:37modeste que les autres

2:34:39dire grigris

2:34:411934 1948

2:34:45s'ils avaient été particulièrement aimé

2:34:47et regretté

2:34:49peut-être était-ce la brièveté de

2:34:51l'épitaphe qui la rendait plus

2:34:52émouvantes

2:34:54mais par qui avait t-il été pleuré

2:34:58encore une fois ces simples mots m'ont

2:35:00touché et j'ai de nouveau penser à échos

2:35:03avant de me révolter

2:35:05qu'elle est chère de ma colère profanées

2:35:08ces lieux couvrir ces stèles

2:35:10d'inscriptions injurieuses

2:35:13je m'en suis voulu ses pensées ne me

2:35:15ressemblait pas

2:35:18signes d'impatience je lui ai proposé de

2:35:21rentrer rejoindre sa mère de me laisser

2:35:23ici encore quelques instants

2:35:26elle a accepté s'est éloigné agitant sa

2:35:29main sans se retourner

2:35:32je me suis assis sur le tronc

2:35:35derrière moi la flèche d'une tourelle et

2:35:37tirait son ombre dans le soleil couchant

2:35:39jusqu'à venir toucher les premières

2:35:41tombes

2:35:43on n'entendait que le froissement des

2:35:44feuilles agité par la brise le cri aigu

2:35:47d'un merle

2:35:48je regardais mes mains posées sur mes

2:35:51cuisses

2:35:52les sillons qui peut appuyer étaient

2:35:54apparus les fêlures

2:35:56elles m'ont fait penser à celle de mon

2:35:59père tels que je les avais connu dans

2:36:01ces dernières années

2:36:02je lui ressemblais enfin

2:36:06j'ai revu les mains de louise ses doigts

2:36:09si puissant qui soulageait mes parents

2:36:12celle d'esther oiseaux qui voletaient

2:36:15autour de son visage lorsqu'elle animait

2:36:16les dîners du dimanche soir

2:36:19enfin je me suis souvenu de la main de

2:36:21ma mère les mois qui avaient suivi son

2:36:23attaque

2:36:24crispés sur un rouleau de mousse pour

2:36:27éviter que ses ongles ne viennent

2:36:28s'incruster dans ses paumes

2:36:31mamère

2:36:32définitivement silencieuse se déplaçant

2:36:35du salon à la chambre appuyer sa

2:36:38béquille

2:36:42détresse de mon père devant ce spectable

2:36:44cherchant en vain à retrouver dans cette

2:36:46silhouette la splendeur de celle qu'il

2:36:48admirait lorsqu elle s'élançait depuis

2:36:50la pile du pont pour suspendre son vol

2:36:52au dessus des eaux de la creuse

2:36:55face aux tombes aligné dans le carré

2:36:57d'herbe j'ai repensé aux derniers gestes

2:37:00de mon père

2:37:01prenant sa femme par la taille il

2:37:04l'avait aidée à se lever pour la

2:37:06conduire tout doucement vers le balcon

2:37:07du salon

2:37:08pour un ultime plongeon

2:37:12qu'avait-il murmuré à son oreille avant

2:37:14de l'enlacer et de basculer avec elle

2:37:20esther les deux seule survivante de la

2:37:23famille m'avaient accompagné au père

2:37:25lachaise

2:37:27tous trois nous avions veiller sur le

2:37:29cercueil de ma mère pendant que mon père

2:37:31selon son voeu

2:37:33rejoignez à nay simon colonne de fumée

2:37:36noire s'échappant des cheminées du

2:37:38crématorium

2:37:40ensemble nous avions recueilli ses

2:37:42cendres pour les déposer auprès de ma

2:37:44mère dans la tombe du carré juif

2:37:49les deux fins

2:37:50retirer discrètement pour me laisser

2:37:51seul au bord de la fosse

2:37:53parce que je les avais vu s'éloigner

2:37:55dans l'allée bordée d'arbres voûte est

2:37:58désemparé comme après leur passage de la

2:38:00ligne je m'étais arrêté de les rejoindre

2:38:02et mettez glisser entre elles mon bras

2:38:05sous le leur pour conduire mais de

2:38:07vieilles amies jusqu'aux portes du

2:38:08cimetière

2:38:12après j'étais retourné au mémorial ayant

2:38:15lu dans la presse que les klarsfeld

2:38:16envisagé de publier un ouvrage consacré

2:38:19aux enfants de france morts en

2:38:20déportation

2:38:21j'avais déposé au service de

2:38:23documentation la photo de simon

2:38:24conservés dans le tiroir de son bureau

2:38:26accompagné des renseignements demandés

2:38:30quelques mois plus tard je recevais le

2:38:33gros livre noir le terrible album rempli

2:38:36de sourire de robes et de costumes du

2:38:39dimanche de coiffure à prêter dans

2:38:42lequel il figurait clignant les yeux

2:38:44sous le soleil devant son rempart d'épis

2:38:47de blé

2:38:50des années après que mon frère avait

2:38:52déserté ma chambre

2:38:53après avoir mis en terre tout ce qui

2:38:55m'était cher

2:38:57geoffrey enfin simon la sépulture à

2:38:59laquelle il n'avait jamais eu droit

2:39:01il a laissé dormir en compagnie des

2:39:04enfants qui avait connu son destin sur

2:39:07cette page portant sa photo ses dates si

2:39:10rapprochées et son nom dont

2:39:13l'orthographe différé si peu du mien

2:39:16ce livre serait sa tombe

2:39:22[Musique]

2:39:35à

2:39:58entretien avec philippe grimbert

2:40:00paris

2:40:01le 19 octobre 2007

2:40:04[Musique]

2:40:13philippe grimbert tout d'abord merci

2:40:16pour cette merveilleuse lecture un

2:40:18secret raconte-t-il votre histoire un

2:40:22secret est un livre très largement

2:40:24autobiographique mais vous noterez tout

2:40:27de même que sous le titre j'ai écrit un

2:40:30roman j'ai écrit le mot roman parce que

2:40:32cette histoire gelé construite à partir

2:40:35de de quelques repères auxquels j'ai eu

2:40:37accès et il m'a fallu pour combler les

2:40:41blancs de cette histoire va faire appel

2:40:43à ma technique de narrateur ou de

2:40:46romancier il ya donc dans ce livre

2:40:49intimement mêlées du vrai vous pourrez

2:40:51dire de l'autobiographique et de la

2:40:54fiction les éléments que mon imaginaire

2:40:57de romancier à façonner pour donner du

2:41:00lien ou du liant à cette histoire

2:41:02j'ai souvent envie de dire tout est vrai

2:41:05tout est faux

2:41:06pour donner un exemple je dirais que

2:41:07l'enfant imaginaire que je décris au

2:41:11début du livre qui est censé être moi

2:41:14même lorsque j'étais enfant présente de

2:41:16morphologiques moins creux dans la

2:41:18poitrine que je n'ai jamais eu

2:41:20pour vous donner un exemple et ce creux

2:41:24dans la poitrine si je n'ai jamais eu je

2:41:26vais quand même eu d'une certaine façon

2:41:28sur le plan psychique dans la mesure où

2:41:30ce secret dans lequel j'ai été élevé à

2:41:32forcément imprimer un cru en moi mais

2:41:35qui était davantage accru psychique

2:41:36qu'un creux physique alors évidemment

2:41:39quand on repense à ce que j'ai écrit on

2:41:41pourrait dire que je me suis plus

2:41:42s'approcher de la vérité de ce qui m'est

2:41:44arrivé plutôt que de la réalité de ce

2:41:46qui m'est arrivé on connaît le succès de

2:41:48cet ouvrage il a eu le prix goncourt des

2:41:52lycéens le grand prix des lectrices de

2:41:54elle est-ce que cela a eu un impact sur

2:41:57votre vie personnelle sur votre vie

2:41:59professionnelle

2:42:00j'ai eu une chance

2:42:02inwi avec ce livre j'ai l'impression

2:42:04qu'il ya comme une grâce qui courent sur

2:42:06cette aventure dans la mesure où où le

2:42:08livre lui même a connu un succès durable

2:42:12ce qui est quand même de nos jours

2:42:13apparemment je l' ai appris quelque

2:42:15chose d'assez rare le bouche à oreille a

2:42:18fonctionné le prix goncourt des lycéens

2:42:19a lancé le livre d'une façon formidable

2:42:22plusieurs mois plus tard le grand prix

2:42:24des lectrices de elle à nouveau relancé

2:42:25la guerre de ce livre aujourd'hui le

2:42:27film olemps encore une fois la carrière

2:42:29de ce livre il a donc quelque chose de

2:42:30tout à fait étonnant qu'il ya évidemment

2:42:31un un effet sur moi d'abord de me faire

2:42:34vivre un grand bonheur celui de

2:42:37rencontres multiples avec les lecteurs

2:42:40avec un public que je ne soupçonnais pas

2:42:43avec des rencontres d'émotions auquel je

2:42:46ne m'attendais pas à ce point là

2:42:47l'émotion est temps pour les lecteurs

2:42:49que pour moi d'ailleurs pas ce qui me

2:42:50renvoie toujours des choses nouvelles

2:42:52sur ce que j'ai écrit et puis bien sûr

2:42:54le fait tout à coup d'entrée

2:42:56dans une aventure formidable dont je

2:43:01prends conscience et je prends

2:43:02conscience aussi de la chance que j'ai

2:43:04de traverser cette aventure parce que

2:43:05beaucoup d'auteurs n'ont pas la chance

2:43:06de rencontrer un tel succès auquel je ne

2:43:09m'attendais pas quand on écrit un livre

2:43:10comme celui ci aussi confidentiel dans

2:43:13le sujet on pense qu'on va toucher un

2:43:15public confidentiel

2:43:16et même si on espère toujours le succès

2:43:19ça reste toujours une surprise il suite

2:43:23à ce succès vous pensez continuer votre

2:43:25métier de psychanalyste ou vous

2:43:28consacrer à l'écriture mon métier de

2:43:30psychanalyste est un métier que j'aime

2:43:32qui me passionne et qui enrichit

2:43:34absolument - en univers d'écriture il

2:43:36n'est pas question que je renonce à

2:43:38cette activité qui est qui est un métier

2:43:40qui m'apporte énormément et sur le plan

2:43:43de la passion que j'ai pour la

2:43:44psychanalyse et sur le fait que au fond

2:43:47quand j'écris même si je ne me suis

2:43:49jamais autorisé à écrire des romans ou

2:43:51des nouvelles qui traiterait du cas d'un

2:43:53de mes patients bien que parfois ce

2:43:54serait tentant bien en revanche les

2:43:58mécanismes mentaux qui sont à l'oeuvre

2:44:00chez chacun d'entre nous et que je vois

2:44:02encore plus à l'oeuvre lorsque j'ai un

2:44:04patient en face de moi ces mécanismes là

2:44:06en revanche ils enrichissent vraiment la

2:44:08composition de personnages

2:44:09la compréhension profonde de ce qui peut

2:44:12animer un personnage de roman dans ce

2:44:15sens je n'ai aucune envie d'arrêter la

2:44:16psychanalyse qui reste quand même mon

2:44:18métier principal vous aviez déjà fait

2:44:21des lectures publiques de ce livre mais

2:44:23là vous l'avez lu du début à la fin

2:44:25pratiquement d'un seul trait est ce que

2:44:28pour vous cela a été une expérience

2:44:29différente il m'est arrivé de lire ce

2:44:32livre quelques extraits de ce livre un

2:44:35chapitre ou deux en face d'un public de

2:44:37lecteurs mais jamais ne m'était arrivé

2:44:39de le lire en entier comme je lé fais

2:44:41aujourd'hui c'est une expérience très

2:44:42troublante parce que c'est parfois que

2:44:44je ressens à quel point d'auteur du

2:44:47livre je passe celui d'acteur du livre

2:44:49et alors c'est vraiment c'est une lettre

2:44:51qui change mais enfin les changements de

2:44:52l'être dans mon livre déjà c'est quelque

2:44:54chose d'important mais passé d'auteur

2:44:55acteurs c'est quand même quelque chose

2:44:56de très troublant à la fois on est dans

2:44:58son propre texte et en même temps tout à

2:45:00coup ce texte vous apparaît aussi comme

2:45:02extérieur avouant quand vous commencez à

2:45:04le lire comme ça sur la durée d'abord

2:45:06c'est un exercice physique ce n'est pas

2:45:07conscience c'est un abord très physique

2:45:09de son propre texte alors que la lecture

2:45:11intérieur est un abord beaucoup plus

2:45:13psychique du livre alors c'est une vraie

2:45:15différence et j'ai été enchanté de vivre

2:45:17cette expérience d'abord parce que

2:45:18j'aime bien lire et que je crois que

2:45:21j'aurais aimé sûrement quand j'étais

2:45:22adolescent et tracteurs j'ai pas eu le

2:45:24courage de choisir cette voie j'ai

2:45:25choisi la sécurité des études de

2:45:27psychologie alors que peut-être j'aurais

2:45:29pu viser à autre chose de plus

2:45:31aventureux ça me permet de renouer avec

2:45:33ce désir là et j'aime j'aime cet

2:45:36exercice vraiment mais voyez ce qui est

2:45:37important vraiment ces essais en vous le

2:45:3910 ans que j'en ai conscience et c'est

2:45:41l'aspect physique de 7 à bord du texte

2:45:43le prendre à bras le corps pensez vous

2:45:45que l'on peut entendre des choses

2:45:47différentes à l'ecoute du texte que l'on

2:45:50ne perçoit pas toujours à la lecture

2:45:51muette ce qui est très intéressant dans

2:45:54le fait de lire son propre texte à voix

2:45:56haute c'est d'abord qu'en effet on

2:45:58entend très différemment le rythme même

2:46:00des phrases alors qu'on seul figurait

2:46:03jusqu'à maintenant à l'aide d'une

2:46:04musique intérieure alors en lisant à

2:46:06voix haute que j'ai par exemple il

2:46:09pourrait me venir l'envi de modifier

2:46:10certaines phrases parce que tout à coup

2:46:12la musicalité et puis la même j'ai vu

2:46:14qu'il y avait des moments où j'ai chopé

2:46:15qui était peut-être des moments de

2:46:17fatigue mais peut-être aussi des moments

2:46:19où je n'étais peut-être plus tout à fait

2:46:20en accord avec la la formulation même de

2:46:22ma phrase ça c'est très étonnant et

2:46:23c'est vraiment lisant à voix haute qu'on

2:46:25se rend compte que ce sont des trucs

2:46:26petites choses un article une liaison

2:46:29par exemple les liaisons c'est un vrai

2:46:31problème quand on lit un texte à voix

2:46:33haute alors que l'entente se lit dans la

2:46:34musique intérieure ça n'est pas un

2:46:36problème du tout mais ça fait apparaître

2:46:38je suis très sensible mois là à la

2:46:40musicalité d'un texte quand en tant que

2:46:42lecteur déjà en tant qu'auteur aussi ce

2:46:44qui fait que cette musicalité jeu là la

2:46:46provoc par une lecture intérieur qui est

2:46:48quand même une façon de de fredonner mon

2:46:51texte

2:46:52mais le chanter à pleine voix ça donne

2:46:54des résultats troublants en tant que

2:46:56psychanalyste

2:46:57pouvez vous nous parler un petit peu du

2:47:00rôle de la voie de la parole alors je

2:47:04suis en tant que psychanalyste

2:47:05évidemment très intéressés par la

2:47:07question de la voix et de la parole sont

2:47:09deux choses différentes d'ailleurs la

2:47:10voix lit ça renvoie davantage un

2:47:12exercice physique la voix est un muscle

2:47:14il ya quelque chose qui engage tout le

2:47:16corps la parole c'est déjà beaucoup plus

2:47:19du niveau du du symbolique c'est à dire

2:47:21que c'est l'outil principal de travail

2:47:23du psychanalyste et il est vrai que il

2:47:25est intéressant quand on lit un texte

2:47:27parfois même d'entendre une partie d'un

2:47:31sens à soi-même inconnue c'est à dire

2:47:33qu'il m'est arrivé en lisant extra

2:47:35autres d'entendre tout à coup quelque

2:47:36chose que je n'ai pas forcément entendu

2:47:39où nous n'avait pas forcément eu

2:47:40conscience moment où je l'écrivais ça

2:47:42c'est très curieux mais ça aboutit en

2:47:44sommes à quelque chose qui est de

2:47:45l'ordre de la psychanalyse c'est

2:47:46quelqu'un vient vous parler sur le divan

2:47:48cette personne juridique ne sait pas ce

2:47:52qu'elle disait hier que le psychanalyste

2:47:53va lui renvoyer dans ce qu'elle dit un

2:47:55sens qu'elle n'ait pas eu accès jusqu'à

2:47:57maintenant bien quand on lit à voix

2:47:59haute son propre texte parfois il ya

2:48:01une partie du sens de son propos thèse

2:48:04qui vous saute aux oreilles surtout

2:48:05quand on est ici qu analyste auxquelles

2:48:07on n'avait pas eu forcément accès jusque

2:48:08là alors la parole c'est l'outil de la

2:48:11psychanalyse parce que nous sommes des

2:48:12êtres humains et que le propre de

2:48:14l'homme ne s'est pas spécialement le

2:48:15rire parce que le saint jory le merle au

2:48:176 mai il n'ya que l'homme a parlé mais

2:48:20ce n'est pas qu'ils utilisent le langage

2:48:21comme c'est qu'il est un effet du

2:48:23langage c acc et le langage qui le

2:48:24façonne et que nous sommes construits

2:48:26largement autant avec des mots qu avec

2:48:28de la chair et du sang alors ce sens

2:48:30j'ai mieux vous dire que la parole pour

2:48:32moi c'est important merci beaucoup

2:48:34pourriez vous nous parler de vos projets

2:48:37j'ai plusieurs projets j'ai beaucoup

2:48:40travaillé quand même depuis l'écriture

2:48:42d'un secret en écrivant des nouvelles

2:48:44des textes articles d adaptation

2:48:46théâtrale même mais le prochain roman

2:48:50est en cours il est un tout petit peu je

2:48:54dirais retardée par le feq bien heureux

2:48:57du secret

2:48:59ce qui m'amène comme comme succès et

2:49:02comme

2:49:03invitation à en parler régulièrement il

2:49:05faut que je sois complètement disponible

2:49:07pour écrire un roman il est construit

2:49:10dans ma tête il est déjà en partie sur

2:49:12papier mais je sais déjà qu'il me faudra

2:49:14vraiment prendre un peu le large avec un

2:49:17secret pour pour me lancer à corps perdu

2:49:19dans l'écriture du prochain roman mais

2:49:21ça prend pas beaucoup de temps quand il

2:49:22est dans ma tête je sais que dès que

2:49:24l'opportunité sera là il se verra le

2:49:27jour mais il est des lignes déjà le

2:49:29thème est là le sujet et là je sais ce

2:49:31que je sais ce que je vais écrire

2:49:33philippe grimbert merci beaucoup

2:49:42merci et à bientôt chez audible

This transcript was generated from the captions YouTube publishes for this video. Get the transcript of any YouTube video atfreeyoutubetranscribe.com: free, unlimited, no sign-up.