Full transcript
0:00bienvenue chez audible nous vous
0:03souhaitons une bonne écoute
0:06[Musique]
0:16audio lit me présente
0:19un secret
0:22de philippe grimbert
0:26par l'auteur
0:31à tania et maxime à simon
0:37partie 1
0:391
0:39[Musique]
0:48fils unique j'ai longtemps eu un frère
0:52il fallait me croire sur parole quand je
0:54servais cette fable à mes relations de
0:56vacances à mes amis de passage j'avais
0:59un frère plus beau plus fort un frère
1:02aîné glorieux invisible
1:07envieux en visite chez un camarade quand
1:09s'ouvrait la porte sur un autre qui lui
1:11ressemblait quelque peu les cheveux en
1:14bataille un sourire en coin qu'on me
1:16présentais en deux mots mon frère une
1:19énigme cet intrus avec lequel il fallait
1:22tout partagé y compris l'amour un vrai
1:25frère un semblable dans le visage duquel
1:28on se découvraient pour trait commun une
1:31mèche rebelle ou une dents de loup
1:33un compagnon de chambrée dont on savait
1:36le plus intime les humeurs les goûts les
1:39faiblesses les odeurs une étrangeté pour
1:42moi qui régnait sol sur l' empire des
1:44quatre pièces de l'appartement familial
1:48unique objet d'amour tendre souci de mes
1:50parents je dormais pourtant mal agité
1:52par de mauvais rêve
1:54je pleurais si thomas lampe éteinte
1:57j'ignorais à qui s'adressait ses larmes
1:59qui traversait mon oreiller et se
2:01perdait dans la nuit honteux sans en
2:04connaître la cause souvent coupables
2:06sans raison je regardais le moment de
2:09sombrer dans le sommeil
2:11ma vie d'enfant me fournissait chaque
2:13jour des tristesses et des craintes que
2:16j'entretenais dans ma solitude
2:17ses larmes il me fallait quelqu'un avec
2:20qui les partager
2:23jour enfin je n'ai plus été seul j'avais
2:26tenu à accompagner ma mère dans la
2:28chambre de service où elle voulait faire
2:29un peu de rangement je découvrais sous
2:32les toits cette pièce inconnue son odeur
2:34de renfermé ses meubles bankal ces
2:37empilements de valises aux serrures
2:39rouillé elle avait soulevé le couvercle
2:41d'une malle dans laquelle elle pensait
2:43retrouver les magazines de mode qui
2:45publiait autrefois ses dessins
2:47elles avaient eu un sursaut en y
2:49découvrant le petit chien aux yeux de
2:51bakélite qui dormait là couché sur une
2:54pile de couverture
2:57si toi emparer elle avait serré sur ma
2:59poitrine mais j'avais dû renoncer à
3:01l'emporter dans ma chambre sensible au
3:03malaise de ma mère qui m'incitait à le
3:05remettre à sa place
3:07la nuit qui a suivi je pressais pour la
3:09première fois majou mouillé contre la
3:11poitrine d'un frère il venait de faire
3:13son entrée dans ma vie
3:15je n'allais plus le quitter
3:17jour j'ai marché dans son ombre flotter
3:20dans son empreinte comme dans un costume
3:22trop large
3:23il m'accompagnait au square à l'école je
3:26parlais de lui à tout ce que je
3:27rencontrais à la maison j'avais même
3:29inventé un jeu qui me permettait de lui
3:31faire partager notre existence je
3:33demandais qu'on l'attende avant de
3:35passer à table qu'on le serve avant moi
3:37que l'on prépare ses affaires avant les
3:39miennes au moment du départ en vacances
3:41je m'étais créé un frère derrière lequel
3:44j'allais m'effacer un frère qui allait
3:47peser sur moi de tout son poids
3:52demain maigreur de mapa leur maladive je
3:54voulais me croire la fierté de mon père
3:56adoré de ma mère j'étais le seul à avoir
3:59séjourné dans ce ventre musclée par
4:01l'exercice à avoir surgi d'entre ses
4:03cuisses de sportive gt le premier le sol
4:08avant moi personne juste une nuit un
4:12bain dont ben qu'est lé que
4:14photographies en noir et blanc célébrant
4:15la rencontre de deux corps glorieux
4:17rompu aux disciplines de l'athlétisme
4:19qui allaient unir leurs destinées pour
4:21me donner naissance mémé et me mentir
4:27à les entendre je portais depuis
4:28toujours ce nom bien de chez nous mes
4:30origines ne me condamner plus à une mort
4:32certaine je n'étais plus cette branche
4:34grêle au sommet d'un arbre généalogique
4:36qu'il fallait et été
4:40mon baptême avait eu lieu si tard que
4:42j'en gardais intact le souvenir le geste
4:45de l'officiant lacroix humide imprimé
4:48sur mon front ma sortie de l'église
4:50serré contre le prêtre soul elle brodé
4:52de son étole un rempart entre la colère
4:56du ciel et moi si par malheur la foudre
4:59devait de nouveau se déchaîner mon
5:01inscription sur les registres de la
5:02sacristie me protégerait
5:05on n'avait pas conscience me prêter au
5:06jeu obéissant silencieux tentant de
5:10croire avec tout ce qui me fait est que
5:11l'on réparé est une simple négligence
5:14la marque indélébile imprimé sur mon
5:17sexe se réduisait au souvenir d'une
5:19intervention chirurgicale nécessaire
5:21rien de rituels une simple décision
5:24médicale une parmi tant d'autres
5:28notre nom lui aussi porté sa cicatrice
5:30de lettres changer officiellement à la
5:33demande de mon père orthographe
5:35différente qui lui permettait de planter
5:37des racines profondes dans le sol de
5:39france
5:41l'oeuvre de destruction entreprises par
5:43les bourreaux quelques années avant ma
5:44naissance se poursuivait ainsi
5:46souterraine déversant ses tombereaux de
5:49secret de silence cultivant la honte
5:52mutilant les patronymes générant le
5:54mensonge
5:56défait le persécuteur triomphe est
5:58encore
6:00malgré ces précautions la vérité à
6:02fleurets accrochés à des détails
6:05quelques feuilles de basilic tremper
6:06dans de l'eau battus et dorer à la poêle
6:08un samovar modern style sur la cheminée
6:11du salon un chandelier enfermé dans le
6:14buffet sous le vaisselier
6:15et toujours ces questions régulièrement
6:19m'interrogeais sur les origines du nom
6:21grimbert on s'inquiétait de son
6:23orthographe exact exhumant le nkm était
6:27venu remplacer débusquant le g quinté
6:30devait faire oublier
6:32propos que je rapportais à la maison
6:34écarté d'un geste par mon père nous nous
6:38étions toujours appeler ainsi
6:39martelait-il cette évidence ne souffrait
6:41aucune contradiction ont trouvé trace de
6:44notre patronyme dès le moyen-âge
6:46grimbert n'était-il pas un héros du
6:48roman de renart
6:501 m pour un n 1 t pour un g
6:562 un film modifications mais m avait
7:00recouvert n
7:02dépossédé du jet j'obéissais désormais à
7:05l'impératif du thé
7:09contre le mur douloureux dont s'était
7:12entouré mes parents je les aime et trop
7:14pour tenter d'en franchir les limites
7:15pour écarter les lèvres de cette plaie
7:18j'étais décidé à ne rien savoir
7:22longtemps mon frère m'a aidée à
7:23surmonter mes peurs une pression de sa
7:26main sur mon bras ses doigts qui
7:28ébouriffe ai mes cheveux et je trouvais
7:30la force de franchir les obstacles
7:32sur les bancs de l'école le contact de
7:34son épaule contre la mienne me rassurer
7:36et souvent si l'on interrogeait le
7:39murmure de savoie à mon oreille mme
7:40souffler la bonne réponse
7:42il affichait la fierté des rebelles qui
7:45balayait les obstacles des héros de cour
7:47de récréation suspendu au vol d'un
7:49ballon des conquérants qui escaladé les
7:51grilles je les admirais le dos collé au
7:54mur incapable de rivaliser avec eux
7:56attendant la cloche libératrice pour
7:59enfin retrouver mes cahiers
8:03choisi un frère triomphant
8:05insurpassable il l'emportait dans toutes
8:08les disciplines pendant que je promenais
8:10ma fragilité sous le regard de mon père
8:12ignorant les clercs de déception qui le
8:15traverse est
8:18parents mes bien aimés dans chaque
8:21muscle avait été polis comme ses statuts
8:23qui me trouble est dans les galeries du
8:24louvre
8:26plongeon de haut-vol gymnastique
8:27sportive pour ma mère lutte à gré pour
8:30mon père tennis volley pour tous deux 2
8:33cor faits pour se rencontrer s'épouser
8:35se reproduire
8:37j'en étais le fruit mais avec une
8:40jouissance morbide je me plantais devant
8:42le miroir pour inventorier mes
8:44imperfections genou saillants en bassin
8:46pointant sous la peau bras arachnéen et
8:50je mets farret de ce trou sous le plexus
8:52dans lequel aurait tenu un point
8:54creusant ma poitrine comme l'empreinte
8:57jamais effacer d'un coup
8:59cabinets de médecins dispensaires
9:01hôpitaux odeur de désinfectant couvrant
9:04à peine les grosseurs d'angoise
9:06atmosphère délétère à laquelle j'ajoute
9:08est mon obole tous sens où le
9:10stéthoscope offrant mon bras la seringue
9:14chaque semaine ma mère ma compagne est
9:16dans l'un de ces lieux devenus familiers
9:17mais des tas me dévêtir pour confier mes
9:20symptômes un spécialiste qui se retirer
9:23ensuite avec elle pour une conversation
9:24chuchoter
9:26résigné à six sur la table d'examen
9:29j'attendais le verdict intervention à
9:32prévoir traitement de longue durée au
9:34mieux vitamines ou inhalation
9:37des années passées à soigner cette
9:40anatomie défaillante
9:42pendant ce temps insolemment mon frère
9:45exhibait ses épaules carrées leral de sa
9:47peau son duvet blond
9:52bancs de musculation et ce palier
9:55mon père s'entraîner chaque jour dans la
9:56pièce de l'appartement transformer en
9:58gymnase ma mère si elle y passer moins
10:01de temps ci livrait cependant à des
10:03exercices d'échauffement guettant pour y
10:06remédier aussitôt le moindre relâchement
10:10est un commerce de gros rue du
10:12bourg-l'abbé dans ce carré de l'un des
10:14plus anciens quartiers de paris réservé
10:15à la bonneterie la plupart des magasins
10:18de sport se fournissent chez eux en
10:19maillots juste au corps et sous
10:21vêtements
10:22je m'installais à la caisse à côté de ma
10:24mère pour accueillir les clients parfois
10:26j'aidais mon père trottinant à sa suite
10:28dans l'une ou l'autre des réserves pour
10:31le regarder soulever sans effort des
10:32piles de cartons en ni de photos de
10:34sportifs
10:35gymnastes aux anneaux aux nageuses
10:37lanceur de javelot que je regardais
10:39s'empiler sur les rayonnages
10:41les hommes portaient la coupe courte et
10:43légèrement ondulés de mon père est femme
10:46arborait la sombre cascade de cheveux de
10:48ma mère retenu par un ruban
10:52quelque temps prémat découverte dans la
10:53chambre de service j'avais insisté pour
10:56y retourner et cette fois ma mère
10:58n'avait pu m'empêcher de redescendre
11:00avec le petit chien
11:01le soir même je vais l'installer sur mon
11:03lit quand il m'arrivait de me brouiller
11:06avec mon frère je me réfugie auprès de
11:08mon nouveau compagnon sim
11:11où était d'aller lui chercher ce nom
11:13dans l'odeur poussiéreuses de sa peluche
11:15au détour des silences de ma mère dans
11:18la tristesse de mon père sim sim je
11:23promenais mon chien dans l'appartement
11:24et je ne voulais rien savoir du trouble
11:27de mes parents lorsqu il m'entendait la
11:28plaie
11:31plus j'avançais as tu lu mes relations
11:33avec mon frère devenait tendue je nous
11:36inventait des querelles je me rebelle
11:37est contre son autorité je tentais de le
11:40faire fléchir mais je sortait rarement
11:42vainqueur de nos empoignades
11:44les années passant il s'était transformé
11:46de protecteur il était devenu tyrannique
11:49moqueur parfois méprisant
11:52m'endormant au rythme de sa respiration
11:54jeu continuaient cependant de lui
11:56confier mes peurs mes défaites il les a
11:59cueillies sans un mot mais son regard me
12:02réduisait à néant il détaillait mes
12:04imperfections soulevé l'hydra et
12:06étouffer un rien
12:09alors la colère m'envahissait gel
12:10saisissez à la gorge frères ennemis faux
12:12frères frères dhombres retourne à la
12:15nuit
12:16mes doigts dans ses yeux j'appuyais de
12:18toutes mes forces sur son visage pour
12:20l'enfoncer dans les sables mouvants de
12:22l'oreiller
12:23ils riaient et tous deux nous roulions
12:25sur les couvertures et inventant les
12:28jeux du cirque dans l'ombre de notre
12:30chambre
12:32troublé par son contact j'imaginais la
12:34douceur de sa peau
12:38mais au son rés la maigreur s'est
12:41accentuée alerté le médecin de l'école a
12:43convoqué mes parents afin de s'assurer
12:46que je manger à ma faim
12:48ils en sont revenus blessés
12:49je m'en suis voulu de leur faire vivre
12:51cette honte mais à mes yeux leur
12:54prestige s'en est trouvé renforcé
12:55je haïssais mon corps et mon admiration
12:58pour le leur ne connaissait plus de
13:00limites je découvrais une nouvelle façon
13:03de jouir de mon statut d'invaincu le
13:06manque de sommeil creuser chaque jour un
13:07peu plus mes joues l'éclatante santé de
13:09mes parents contraste est encore
13:11davantage avec mon aspect souffreteux
13:14mon visage présentait les cernes bleuté
13:17le teint livide d'un enfant épuisé par
13:19les pratiques solitaire
13:21quand je m'enfermais dans ma chambre
13:23toujours j'ai emporté avec moi l'image
13:25d'un corps la tiédeur d'une chaire quand
13:28je n'accrochais pas mes membres à ceux
13:30de mon frère je célébrais l'éclair qui
13:32venait m'éblouit à l'heure de la
13:33récréation
13:35dans la cour de l'école je me réfugie au
13:37bord du carré réservé aux filles asie
13:40jouer à la marelle ou sauter à la corde
13:42loin des jeux de ballons et des
13:44exclamations qui résonnait sur le
13:45territoire des garçons assis à proximité
13:48de leurs voix claire sur le sol de
13:50ciment je me laisser bercer par le rire
13:52et leur comptines et au moment de leur
13:54envol je surprenais sous leurs jupes la
13:56blancheur d'une petite culotte
13:59j'avais pour les corps une curiosité
14:01sans limites très vite le rempart des
14:04vêtements ne m'avait plu rien cacher
14:06mes yeux fonctionner à l'image de ses
14:08lunettes magiques dont j'avais vu la
14:10publicité dans un magazine et qui
14:12vantait leur pouvoir le comparant à
14:14celui des rayons x
14:15débarrassés de leurs uniformes de
14:17citadins les passants révéler leurs
14:19trésors comme dans imperfections
14:22au premier coup d'oeil je repérais une
14:24jambe torse une poitrine au perche et un
14:27ventre proéminent mon regard exercer
14:30procéder à une véritable moisson d'image
14:32collection d'anatomie que je feuilletais
14:35la nuit venue
14:37rue du bourg-l'abbé je profitais de
14:39l'agitation des jours de presse pour
14:41explorer les réserves le magasin était
14:43installé au rez-de-chaussée d'un
14:44immeuble vétuste
14:46un escalier permettait d'accéder aux
14:48chambres d'un ancien appartement qu'est
14:50ce sombre tapissé de rayonnages imprégné
14:52d'une odeur de cartons et d'après
14:55comme j'aurai parcouru les étagères
14:57d'une bibliothèque à la recherche d'un
14:58titre je laissais courir mes yeux sur
15:00les étiquettes maillot culotte de sport
15:03cole en gymnastique
15:05page 2 me patron patron fillette femmes
15:09je comparais les tailles m'intéresser
15:12aux pointures
15:13chacun de ces chiffres convoqué une
15:15silhouette nouvelle aussi tous revêtus
15:17de ses accessoires
15:18lorsque j'étais certain de ne pas être
15:20dérangé jeu soulever le couvercle des
15:23boîtes le clan battant et me saisissent
15:25et de leurs contenus
15:27j'y plonge et mon visage puis-je étaler
15:29ses pièces sur le comptoir en pressant
15:31mon ventre sur le rebord de chaînes pour
15:34recomposer amaguiz la silhouette d'une
15:36gymnaste d'une basketteuse ou d'un
15:39coureur de fond
15:42le magasin partage est le
15:43rez-de-chaussée de l'immeuble avec le
15:45cabinet de mademoiselle louise
15:46son officine occupaient deux pièces lacs
15:49et de blanc un bureau et une salle de
15:51soins au sol recouvert d'un linoléum
15:55quelques plantes vertes chloro tic à
15:57bille est une vitrine sur laquelle
15:58s'étalait en lettres des miles et
16:00services offerts
16:01soit un domicile piqûre massage louise
16:05faisait partie de notre famille je
16:07l'avais toujours connu les jours calmes
16:09elle venait ça couderc à la caisse pour
16:11faire la conversation
16:13régulièrement sur sa table recouverte
16:15d'un drap blanc el massae mes parents
16:19par semaine elle m'a injecté des
16:20vitamines ou m'asseyais face à l'aérosol
16:23deux embouts crachotant dans les narines
16:25jeu restait immobile plongé dans mes
16:28pensées engourdi par le ronronnement de
16:30la machine
16:32louise avait dépassé la soixantaine elle
16:34portait sur son visage les stigmates de
16:36l'alcool et du tabac les excès avait
16:39marqué ses yeux soulignés de poche ça
16:41pour blême flotter sur un visage détruit
16:44seuls ses mains énergique émergent des
16:47manches de sa blouse semblait posséder
16:49une ossature demain autoritaire aux
16:52ongles courts ou longs doigts qui se
16:54déployait s'imposer lorsqu'elle parlait
16:57je recherchais sa compagnie traversant
17:00le plus souvent possible les trois
17:01couloirs encombrés de carton pour lui
17:03rendre visite je passer moins de temps
17:05dans le magasin est chez elle où je
17:07pouvais parler sans contrainte je la
17:10sentais proches de moi sans doute en
17:12raison de sa difformité
17:14elle devait sa démarche cahotante un
17:16pied bot dissimulé dans une chaussure
17:19orthopédique un boulet de cuir noir
17:21qu'elle traînait partout avec elle
17:24sa silhouette vacillante bousculés par
17:26les murs du couloir était à l'image de
17:28son visage un sac de peau que ne
17:30soutenait aucune armatures
17:33disposés à des crises de rhumatismes qui
17:34enflammait ses articulations louise
17:37balayer cette douleur sourde d'un
17:38mouvement exaspérés de la main je
17:41comprenais les raisons de son geste elle
17:43détestait son apparence
17:45est fasciné par ce corps sans squelette
17:47qui entretenait une telle intimité avec
17:49les nôtres celui de mes parents
17:51lorsqu'ils venaient déposer leur fatigue
17:53sur sa table de massage et le mien
17:56lorsque je lui présenter mes fesses pour
17:58qu'elle me injecte l'un de ses liquides
18:00revitalisant
18:02louise disait connaître mes parents
18:04depuis leur installation rue du
18:05bourg-l'abbé elle me vantait la beauté
18:08de ma mère l'élégance de mon père
18:09traversé par un frémissement quand elle
18:12prononcer leur nom nous avions nos
18:14rituels chacune de mes visites à me
18:16préparer un chocolat sur le réchaud où
18:19elle faisait bouillir ses aiguilles jeu
18:21le déguster à petites gorgées et elle me
18:23tenait compagnie avec un verre de la
18:25liqueur ambrée qu'elle cachait dans son
18:26armoire à pharmacie
18:28curieux de sa vie je lui posais des
18:30questions que je ne mettais jamais
18:32permise avec mes parents elle se
18:34prétendait sans secret sa vie était là
18:36dans ce cabinet sombre a dispensé ses
18:39bons soit aux habitués les écouter jour
18:41après jour
18:42le reste avait si peu d'intérêt elle
18:45vivait dans le pavillon de son enfance
18:46elle y était né il y avait grandi son
18:50horizon se limitait aux deux pièces de
18:51son cabinet et à la bâtisse de molière
18:54entouré de son jardinet de banlieue
18:56depuis la mort de son père elle y
18:58soigner sa mère répétant le soir pour la
19:00vieille femme impotente les gestes
19:01qu'elle accomplissait dans la journée
19:05jour plus propice à la confidence louise
19:07raconte l enfance d'une petite fille
19:09boiteuse moquer vivent dans l'ombre de
19:12ses camarades plus agiles
19:13je me reconnaissais je voulais en savoir
19:16davantage mais très vite comme à chaque
19:19fois qu'elle abordait un sujet pénible
19:21lui venait ce même geste pour écarter la
19:23douleur elle balayé l'air de ses mains
19:25et planter son regard interrogateur dans
19:27le mien attendant mes confidences
19:31alors je pouvais me laisser aller à lui
19:33raconter mes rêves ses soupirs
19:35ponctuellement ici matérialisée par la
19:37fumée de sa cigarette
19:39depuis des années l écouter mes parents
19:41avec la même attention laissant courir
19:43sur eux c'est main énergique qui les
19:45délester de leurs soucis
19:47avec leur fatigue il a abandonné chez
19:50elle leur secret
19:54partie 2
19:58[Musique]
20:04j'ai longtemps été un petit garçon qui
20:06se rêvait une famille idéale
20:08à partir des rares images qu'il me
20:11laissait entrevoir j'ai imaginé la
20:13rencontre de mes parents
20:15quelques mots lâchés sur leur enfance
20:16des bribes d'informations sur leur
20:19jeunesse sur leur idylle autant de
20:21parcelles sur lesquelles je me suis
20:23jetée pour construire mon improbable
20:24récit
20:27j'étais vidé à ma façon les chevaux de
20:29leur vie et de même que je m'étais
20:32inventé un frère j'ai fabriqué de toutes
20:34pièces la rencontre des deux corps dont
20:36j'étais né comme j'aurais écrit un roman
20:38la pratique du sport leur passion
20:40commune avait réuni maxime et tania mon
20:43histoire ne pouvait commencer que dans
20:45le stade où je les accompagnais si
20:46souvent
20:49n étant ces terrains de sport sa piscine
20:52et ses gymnases en bordure de marne on
20:55arrive devant sa grille surmontée d'une
20:56cigogne métalliques après avoir longé
20:58les berges parsemé de guinguette
21:01le dimanche on se presse vers ces
21:03dancing flanqué de restaurants où l'on
21:05déguste des assiettes de friture
21:06accompagné d'un petit vin blanc acide
21:09des garçons en bras de chemise et des
21:11filles en robe fleurie six ans l'as au
21:13son de l'accordéon et se dévêtent au
21:14plus fort de l'été pour plonger dans
21:16l'eau fraîche
21:17l'insouciance des baigneurs et les
21:20exclamations des danseurs contraste avec
21:22les souffles et les soupirs des as est
21:24en maillot blanc tout à leur discipline
21:26qui affichent leur concentration sur les
21:28pelouse du stade
21:30maxime est le fleuron de cette troupe il
21:33brille dans le gymnase terrasse ses
21:35adversaires à la lutte gréco-romaine
21:37effectué sans effort la croix de fer aux
21:39anneaux il a une revanche à prendre il a
21:43commencé à travailler très jeune dans le
21:44commerce de bonneterie de son père
21:47les faibles moyens de joseph émigrés
21:49roumain ne lui ont pas permis d'assurer
21:51à ses trois enfants de longues études
21:52les deux aînés se sont contentés de leur
21:55sort mariée très jeune il répète sans
21:57émouvoir la trajectoire paternel mais
22:00maxime le cadet aurait voulu devenir
22:03médecin ou avocat
22:05un de ces métiers qui autorise à faire
22:07précéder son nom d'un titre on le
22:09rappeler doctor who m ce qui aurait fait
22:12oublier la consonance étrangère de son
22:14patronyme
22:15on y flers le déracinement on éprouve la
22:19tentation d'en rouler les r il y flotte
22:21des relents de cuisines d'europe
22:23centrale relief trop accuser aux yeux de
22:25ce jeune homme aux ambitions de dandy
22:28amoureux de paris il veut s'y fondre en
22:30adopter des modes s'imprégner du parfum
22:32d'insouciance qui règne
22:35préférez de sa mère caroline disparu
22:38alors qu'il était encore enfant il aime
22:40séduire il s'habille avec goût portent
22:43des chemises sur mesure il veut briller
22:45et le premier achat important qu'il se
22:48permet est celui d'une voiture
22:49décapotable chrome et sièges de cuir
22:53ici on parie coude à la portière cheveux
22:56au vent guettant le regard des passantes
22:58ralentissant aux files d'attentes des
23:00stations de taxis pour proposer à
23:02quelqu'un connu de l'accompagner
23:05très tôt il a vu se refléter dans les
23:06yeux des jeunes femmes le charme de son
23:08visage
23:09au hasard de ses promenades automobile
23:11en bord de marne il a longé les grilles
23:13du club impressionné par l'ardeur de ces
23:16garçons et de ses filles et s'est
23:18aussitôt inscrit et a commencé à
23:20pratiquer différentes disciplines pour
23:21atteindre son idéal de perfection en
23:24quelques années la musculation et les
23:26agrès lui en dessiner la stature dont il
23:29rêvait sa carrure d'athlète fait oublier
23:31ses origines
23:35seul à percevoir les lignes invisibles
23:36qui traverse le stade son oeil de
23:39dessinatrice s'en saisit pour composer
23:41des abstractions rails d'acier est un
23:44sel tension et relâchement qu'elle
23:46traduit par des gerbes de couleur sur
23:48son carnet de croquis
23:51fils pour des couturiers et le reste du
23:53temps crocs des silhouettes qu'un
23:54journal de mode lui achète des femmes de
23:57trois-quarts légèrement déhanché vêtue
23:59d'un primé coiffer des great
24:02elle vit rue berthe au pied de
24:04montmartre dans le trois pièces qui
24:05prolonge l'atelier de couture de sa mère
24:08petite fille elle a passé des heures
24:09assis sur un tabouret à regarder volts
24:12et les mains de cette femme toute en
24:13rondeur vêtu d'une blouse chaussée de
24:16savate ses mains d'où jaillissaient des
24:18miracles d'élégance
24:22des créations de sa mère ses dessins
24:23d'enfants se sont affinés puisse valoir
24:25si des carnets entiers inventant des
24:27silhouettes aux épaules et des tailles
24:29marquées
24:30elle a quitté l'école sitôt après le
24:31certificat d'études la sûreté de son
24:34trait ayant attiré l'attention s'est
24:36inscrite dans une école de modéliste
24:39les deux femmes vivent sol marta taille
24:42jour et nuit ces étoffes pour assurer à
24:43sa fille une existence confortable
24:45le père de tania les a abandonnés elle
24:49conserve sur sa table de chevet un
24:50portrait de lui larcher à la main visage
24:53osseux que l'art du photographe a
24:55transformé en celui d'un virtuose
24:56ténébreux il lui a transmis un nom à
24:59consonance anglaise irréprochable
25:02celui de marta porte la trace de
25:04séailles aux immigrés l'accent de la
25:06lituanie province russe aux contours
25:08incertains que tania situerait
25:10difficilement sur une carte
25:14liste sans emploi andré a vécu de
25:16cachettes fortune jouant les yeux noirs
25:18où kalinka dans lé cabaret russe de la
25:21capitale accompagnant des chanteurs de
25:24variété dans des music halls sans gloire
25:27plus jeune âge il a tenté de l'initier à
25:29son instrument et elle garde de ces
25:31leçons à souvenirs terrifiés
25:34pour satisfaire l'ambition paternelle
25:36elle serait bien devenue l'une de ses
25:38filles est prodige dont la photo trône
25:40est à la une des journaux mais elle
25:42n'est parvenue à tirer de son instrument
25:43que d'insupportable stridences
25:46vrillant les tympans de son père
25:48déchaînant sa violence
25:51un jour andré a quitté la rue berthe
25:53sans prévenir elles ne l'ont jamais
25:55revue
25:57les dernières nouvelles qui leur sont
25:58parvenues il faut néo de cartes postales
26:01provenaient d'afrique
26:03qu'était-il allait faire là bas
26:05tania imaginait son père dans un village
26:07de brousse apprenant le violon à de
26:10petits indigènes bien plus doux et kehl
26:13de cet abandon lui restait la nostalgie
26:15d'une carrière artistique
26:17tania se ces belles mais ni les
26:19compliments ni les regarder le camp des
26:21passants ne suffisent à leurs assurés
26:24encore écolière elle a souffert de ne
26:27pouvoir briller en dehors du dessin
26:29seuls ses aptitudes physiques ont été
26:31remarquées
26:32une de ses amies qui s'entraînait à
26:33l'alsacienne lui a proposé les
26:35accompagner et très vite tania s'y est
26:38distingué
26:39maxime a remarqué la beauté de tania ils
26:42veulent à conquérir
26:44tania est elle aussi séduite par ce
26:46garçon elle kate sont arrivés le suit
26:49des yeux parfois se rendre au gymnase
26:51pour assister à un de ses combats
26:54le spectacle de maxime en tenue de
26:56lutter emprisonnant son adversaire dans
26:58les tours de ses jambes ne la laisse pas
26:59indifférente
27:01moulé dans un maillot noir coiffé d'un
27:04bonnet blanc qui souligne la pureté de
27:05ses traits tania est éblouissante
27:08projeté vers le ciel après quelques
27:10rebonds elle fend l'air puis ramasser
27:12sur elle-même inscrit ses figures
27:14parfaite dans l'espace avant de filer
27:16vers la surface qui se referme sur elle
27:18sans une éclaboussure
27:21maxime ne manque jamais de s'installer
27:22au pied du plongeoir lorsque l'équipe
27:24féminine s'entraîne
27:26il aime les conquêtes faciles il jette
27:29son dévolu sur une cheville fine sur un
27:31décolleté que les terrans scintillant un
27:34sourire un regard un peu appuyé et la
27:37jeune 3 monte dans sa décapotable
27:40ils l'emmènent dîner charge son regard
27:42de promesses
27:43enflammé dans l'instant aimanté par un
27:45détail il confond le désir avec l'amour
27:48est très vite le charme de la rencontre
27:50se fane
27:52il n'en sera pas de même avec tania il
27:54le sait
27:57traire mentation d'habitude de ne pas se
27:58rater
28:00son regard exercer repères
28:01impitoyablement le point faible d'une
28:03anatomie aussi prometteuse soit elle une
28:06jambe sans relief un pied trop carré un
28:09soupçon de mollesse dans le ventre et
28:11aussitôt le charme d'une chute de reins
28:12ou d'une poitrine s'étiole
28:15rien de semblable avec tania tout dans
28:17ce corps répond à son désir
28:21peu à peu au fil de leurs rencontres
28:23la championne à vulnérable lui dévoile
28:25sa fragilité ses doutes sous la statue
28:28il voit poindre la petite fille
28:31au bout de quelques semaines il ne peut
28:32plus se passer de sa présence
28:35ils se fréquentent en dehors du club au
28:37volant de sa décapotable il l'emmène
28:39découvrir ces coins préférés de la
28:40capitale la concorde sous la pluie le
28:44charme provincial de la place
28:46furstenberg le marché d'aligre le petit
28:48cimetière de campagne qui entoure
28:50l'église de charonne
28:53au bout de quelques mois il s'installe
28:54dans l'appartement de ce quartier
28:56tranquille où je vais m l'année suivante
28:59il décide de se marier tania cessent de
29:02défiler pour les couturiers elle rejoint
29:04maxime dans le magasin de la rue du
29:05bourg-l'abbé et sous leur influence le
29:08commerce se spécialise en articles de
29:10sport
29:11maxime vit toujours dans
29:13l'émerveillement de leur rencontre
29:15tania ressent elle aussi ce sentiment de
29:17plénitude mais elle voudrait un enfant
29:20maxime hésite il veut profiter sol de
29:23thann ya quelques années encore la
29:26menace de guerre qui se précise lui
29:27fournit un argument de plus est il
29:29raisonnable d'envisager une naissance
29:31dans cette période troublée
29:35attend la nouvelle on le sent à
29:37l'effervescence qui agite les rues aux
29:39débats qui animent les alentours des
29:40kiosques à journaux
29:42maxime et annie à travailler plus
29:44durement que jamais le rythme du magasin
29:46s'accélère comme si la menace d'une
29:48catastrophe faisait naître une fièvre de
29:50dépenses
29:52cette atmosphère est perceptible dans
29:54l'enceinte du stade où ils poursuivent
29:55leur entraînement
29:56chacun tente de se dépasser
29:59les rencontres en salle green town
30:01intensité lançant les adversaires dans
30:03des joutes plus ardente en proie à une
30:05soif de vaincre qui s'intensifie
30:09ils apprennent l'invasion de la pologne
30:10par les troupes allemandes la radio émet
30:13de fréquents communiqué alarmiste
30:15maxime et tania les écoutes pencher sur
30:17le gros poste de noyer dans le petit
30:19bureau aménagé au premier étage du
30:21magasin
30:22à la une des journaux des placards noirs
30:24comme des avis de deuils leur annonce la
30:26déclaration de guerre
30:28il éprouve un sentiment d'irréalité
30:31deux armées obéissant à des décisions
30:34politiques qui leur échappe élaboré dans
30:36de lointains bureaux vont combattre au
30:39nord de la france le long de frontière
30:40impalpable
30:42ils n'entendront ni déflagration ni cris
30:45d'agonie
30:46la france bien à l'abri derrière cette
30:49ligne maginot dont on leur a vanté
30:51l'invulnérabilité
30:52remportera rapidement la victoire ce qui
30:55va se jouer dans la boue et le sang
30:56prend à leurs yeux la simple apparence
30:58d'une rencontre sportive
31:02que mes parents abordé l'époque de la
31:04guerre
31:04surgissait le nom du village qui les
31:06avait accueillis lorsque la pénurie et
31:08les menaces de réquisition les avait
31:10amenés à franchir la ligne de
31:12démarcation
31:14il devait fermer le magasin on avait
31:16confié les clés à louise leurs voisines
31:17et amies fidèles elle veillerait à ce
31:20que les marchandises ne soit pas piller
31:22en leur absence
31:24une de ses cousines qui travaillait à la
31:25mairie d'une localité de l'indre leur
31:27avait fourni l'adresse d'une famille
31:29susceptibles de les héberger
31:31assurés d'y trouver un toit il avait
31:33quitté paris pour saint gaultier dont il
31:35prononçait le nom avec exaltation il
31:38l'associé à deux années exceptionnelles
31:40souvenir de pur bonheur parenthèse de
31:43sérénité dans la tourmente
31:46ils ont trouvé refuge chez un colonel en
31:48retraite qui vit en compagnie de sa
31:50fille une demoiselle déjà rage et
31:52ancienne institutrice
31:53loin des rumeurs de la guerre la
31:56bourgade est un îlot de calme les
31:58angoisses les privations et le
31:59rationnement dont souffrent les grandes
32:01villes ne semble pas l'avoir atteinte
32:04le colonel entretient de bonnes
32:05relations avec les fermiers des environs
32:06qu'il connaît de longue date
32:10depuis le début des hostilités ce si
32:11pratique l'abattage clandestin viande et
32:14matières premières ne manquent pas
32:17les premiers jours de leur installation
32:18maxime et tania croit rêver en voyant
32:20arriver sur la table du colonel dé aux
32:22frais du beurre en mode et des rôtis
32:26il loge dans une chambre sous les
32:28combles et partage la vie calme de leur
32:29hôte dont les soirées sont rythmées par
32:31le timbre d'un cartel
32:34maxime s'acquitte de sa pension en
32:36travaillant dans le parc de la propriété
32:37ainsi que dans ceux des demeures
32:39voisines débutant à la hache du poids
32:41pour l'hiver entretenant les plates
32:43bandes et les potagers tania propose des
32:46cours de gymnastique aux enfants de
32:47l'école
32:49ces activités leur laisse le loisir
32:50d'explorer la région parcourant à vélo
32:53les routes pentues qui montent à
32:54l'assaut des collines avoisinantes
32:57parce que le soleil le permettent a ni à
32:58travers cela creuse à la nage parfois
33:01l'escala de la pile d'un pont en ruine
33:02sur lequel vient se briser le courant et
33:04plonge dans les eaux fraîches de la
33:06rivière
33:07assis sur l'herbe de la berge maxime
33:10contemple sa silhouette nimbé de soleil
33:13le soir après avoir tenu compagnie au
33:16colonel et à sa fille maxime et tania
33:17sorte de la propriété au moment où la
33:19vie de sandor se promène dans l'ombre
33:22des berges et s'embrassent comme de
33:25jeunes amoureux appui aux murs de pierre
33:26encore tiède qui longe le chemin
33:30outil de la rivière en force la quiétude
33:32des lieux la lune baigne de sa lueur
33:34fantomatique les remparts qu'il domine
33:37comment imaginer le hurlement des
33:39sirènes arrachant à leur sommeil des
33:41familles apeurées comment se figure l
33:43angoisse de femmes et d'enfants serrés
33:45les uns contre les autres dans la
33:47pénombre de cave qui pourrait devenir
33:49leur tombeau
33:51dans la fraîcheur de la nuit tombe sur
33:52leurs épaules il rentre serrés l'un
33:55contre l'autre travis l'escalier en
33:57évitant d'en faire craquer le chêne smt
34:00en silence dans le lit étroit enlacés
34:02jusqu'à l'aube
34:05je me suis tant cru le premier le sol
34:08j'aurais aimé naître des amours de mes
34:10parents à saint-gaultier au retour de
34:12leur promenade nocturne dans leur petite
34:14chambre sous les toits
34:17- et prouver que d'autre part la guerre
34:18les humiliations et les crimes des
34:20envahisseurs il comparaît ce séjour à
34:23une période de grandes vacances
34:25j'imaginais qu un aiguilleur
34:27bienveillant avait détourné de
34:28saint-gaultier le long convoi de deuil
34:30de souffrance d'abominations et que sa
34:32sinistre cargaison n'avait pas transité
34:34par les rues paisibles de la petite
34:36localité
34:37la guerre réduite aux informations
34:40diffusées par les voix nasillarde des
34:42chroniqueurs n'avait déployé ces
34:44horreurs que dans les postes de tsf et
34:47les images d'épouvanté rester bien à
34:49l'abri sous les couvertures des manuels
34:50d'histoire
34:55lee maxime et anne y ont retrouvé le
34:57magasin intacte mais constaté avec dépit
35:00l'opulence des commerçants voisins
35:02ceux qui n'ont pas été obligés de fuir
35:04en bâti de véritables fortunes profitant
35:07de la rareté de la concurrence et de
35:09l'extraordinaire hausse des prix
35:11louise les a attendus elle a veillé sur
35:14leurs biens comme s'il s'était agit des
35:15siens survécu aux épreuves aux
35:18humiliations
35:21les premières années d'après-guerre se
35:22révèle moins confortable que celle de
35:24leur retraite de l'indre
35:25l'approvisionnement est difficile
35:27la marchandise leur parvient au
35:29compte-gouttes faut laisser aux
35:30industries le temps de se remettre en
35:32route
35:33les métiers à tisser de la vallée de
35:35l'aube tournent jour et nuit
35:37les usines peine à honorer leurs carnets
35:39de commandes la nourriture n'encombre
35:41pas leur table les tickets de
35:43rationnement sont encore en vigueur
35:46maxime et tania reprennent cependant
35:47leurs habitudes clientèle se pressent de
35:50nouveau dans le magasin et tous deux se
35:51retrouvent le chemin des bords de marne
35:52pour se consacrer comme autrefois à leur
35:55entraînement
35:59du pays paraît cicatriser tania insiste
36:02de nouveau auprès de maxime
36:04désir cet enfant depuis si longtemps
36:07mais il se montre encore réticents leur
36:10vie à deux lui apporte tant de joie son
36:12désir pour tania ne souffre d'aucune
36:13lassitude les mêmes hésitations
36:15qu'auparavant le font reculer
36:18il ne veut pas partager sa femme
36:21plus tard il dira en souriant en parlant
36:23de ma conception que cet enfant lui a
36:25échappé
36:28lorsqu'enfin venu s'annonce tania vois
36:30avec bonheur son ventre s'arrondir mais
36:32dès l'accouchement les choses se
36:34compliquent on en est à parler de
36:36forceps voire de césarienne
36:40enfin le résultat de l'union des deux
36:42athlètes et l'a recueillie dans un linge
36:44bien différent de celui dont ils ont
36:46rêvé
36:48c'est un enfant fragile qu'il faut
36:49arracher à la mort
36:53q grâce aux bons soins des médecins et à
36:55l'amour de ma mère mon père m'a aimé
36:58aussi je veux le croire
37:00surmontant sa déception trouvant dans
37:03les soins l'inquiétude la protection de
37:06quoi nourrir ses sentiments
37:08mais son premier regard à l'essai sur
37:10moi sa trace
37:11et régulièrement j'en ai retrouvé
37:13l'éclair d'amertume
37:18party 3
37:20à
37:20[Musique]
37:29chaque début d'année je me fixais le
37:32même objectif attirer l'attention de mme
37:35et m devenir leur préféré monter sur
37:37l'une des trois marches du podium
37:39de cette seule compétition je pouvais
37:41prétendre être le vainqueur
37:43là était mon domaine à mon frère j'avais
37:46abandonné le reste du monde à lui seul
37:49pouvait le conquérir
37:52des livres neufs me grise est je me
37:54saouler aux amandes de la colombo au
37:56cuir de mon cartable lorsque j
37:58enfouissez mon visage
38:00les cahiers s'accumulaient dans les
38:01tiroirs de mon bureau je n'ai relisais
38:03jamais
38:05la vigueur qui me faisait défaut lors
38:07des activités physiques se portaient à
38:09incandescence lorsqu un stylo à la main
38:11je remplissais des pages entières de
38:13récits de mon invention
38:16parfois ils me concerné de près saga
38:18familiale chronique parental parfois il
38:21s'est garé en compte d'abominables
38:23sommet de torture de mort et de
38:25retrouvailles jeux du cirque ici trempé
38:28de larmes
38:31assez et je franchissais 1 1 sans
38:34difficulté les obstacles de chaque place
38:37à l'école comme en famille j'étais un
38:39enfant modèle ma mère m'emmenait chaque
38:42semaine au louvre mon père me faisait
38:44partager sa passion pour paris que je
38:46parcourais avec lui découverte de lieux
38:48inconnus des touristes
38:50mon univers se restreignaient à notre
38:53trio
38:54le dimanche mes parents ont retrouvé
38:55leurs amis sportifs pour des tournois de
38:58volley ou de tennis
38:59assis dans l'herbe avec mon cahier mon
39:01stylo jeu dévorer des yeux ces corps qui
39:04bondissaient luisant de sueur sous le
39:05soleil j'enrichis c'est ma collection
39:08d'image
39:09je ne me laisse jamais au jeu des autres
39:11enfants qui déjà suivait les traces de
39:13leurs parents je laissais mon frère les
39:15rejoindre et leur disputer le ballon ont
39:17triomphé sur les pistes et les cours
39:18libéré par les adultes
39:22joseph mon grand père paternel
39:24sonné chaque mardi à notre porte avec
39:27dans son cabas un bocal de cornichons
39:28mal au sol ou une boîte de loukoums
39:32parfois il m'apportait des mendiants
39:34petit emballage de carton rempli de
39:36fruits secs et d'amandes à l'intérieur
39:38desquels je trouvais une devinette
39:41dans l'image d'épinal il fallait
39:42retrouver le loup au milieu d'un
39:44fouillis de branche le visage de la
39:46fermière dans les fissures d'un mur
39:48de sa voix presque éteinte il me
39:50détaillait ses souvenirs sépia
39:52intarissable sur le paris de la belle
39:54époque il est resté muet sur sa jeunesse
39:58n'avait jamais rien dit de sa décision
40:00de quitter son pays natal
40:01il avait tourné la page sur ses années
40:04laissant dans la banlieue de bucarest le
40:06souvenir d'une famille dont il
40:08prétendait n'avoir plus jamais reçu de
40:09nouvelles
40:11le dimanche soir la table était mise
40:13chez georges et esther réfugié dans le
40:15silence mon oncle pensais que tout était
40:17vain en dehors de la sagesse
40:19contemplative
40:20ma tante petite femme rousse à la bouche
40:23large et aux yeux verts avaient gardé
40:25l'habitude de souligner son regard de
40:27tragédienne d'un épais trait de crayon
40:30elle animait ces dîners de son bavardage
40:31incessant du temps de sa splendeur elle
40:34avait dû ressembler à sarah bernhardt on
40:37avait gardé le sens de la mise en scène
40:38et s'évanouissaient les jours de marché
40:40quand la foule l'a serré de trop près
40:43et ont perdu depuis longtemps l'espoir
40:45d'un dialogue possible avec son mari
40:46elle se rattrape et le dimanche soir
40:48avec sa belle famille qu'elle régaler de
40:50ces anecdotes
40:51le reste du temps elle fumait cigarette
40:53sur cigarette attendant la clientèle
40:55dans leurs boutiques de nouveautés près
40:57du métro charonne
40:59ma tante elise et son mari marcel
41:01vendait des vêtements professionnels
41:03bleu de travail chemise de l'aisne à
41:05gros carreaux blues anthracite au coeur
41:08de la banlieue ouvrière de malakoff
41:11elise lisait beaucoup si tu es aux
41:13auteurs et poètes et défendez
41:15farouchement ses opinions marxiste au
41:17cours du repas familial hebdomadaire
41:19je passais parfois de courtes périodes
41:21de vacances dans la proche banlieue où
41:23vivaient marta
41:24ronde gourmande empressé à me satisfaire
41:27ses yeux pétillent et derrière les verts
41:30répète ses lunettes
41:32tain j'ai imaginé sa rue habité par
41:35toutes les grands mères des enfants de
41:36la capitale asie préparer les mêmes
41:38douceur pour fêter leur venue porter la
41:40même blouse et harbour et toute cette
41:42jolie coiffure mousseuse
41:45louise restait ma préférée elle qui ne
41:48faisait pas partie de notre famille
41:50peut-être avait senti que notre
41:52complicité était plus profonde qu avec
41:54soin de mon sang
41:56aussi affectueux fusse-t-il henin
41:58palpable barrières les sept à bonne
41:59distance de moi conclut tente
42:01grands-parents interdisant les questions
42:05repoussant toute confidence
42:07une société secrète liés par un deuil
42:10impossible
42:13au cours de nos après midis dans la
42:15pénombre de son cabinet louise me
42:17détailler les réalités d'une guerre qui
42:19avait pris fin quelques années avant ma
42:21naissance
42:21elle était intarissable
42:24personne ne devait oublier les angoisses
42:26les humiliations des persécutés
42:29longtemps elle m'a caché les avoir connu
42:31elle aussi
42:33quinze ans louise à respecter le secret
42:36dans mes parents m'avaient entouré
42:37secret dont elle faisait partie
42:40peut-être est-elle un signe avant de
42:43m'en dire davantage un mot une allusion
42:46de ma part qui lui permettrait d'en
42:47ouvrir la porte
42:49un soir la télévision a diffusé un film
42:53sur cette période mon père s'est retiré
42:56dans son gymnase incapable d'en
42:58supporter le spectacle
43:01de ses alter les sifflements de sa
43:03respiration ont couvert les ordres
43:05aboyés dans une langue qu'ils ne
43:07pouvaient plus entendre je suis resté
43:09seul avec ma mère sur le canapé du salon
43:11plus maître que jamais à qui pensez tél
43:16sans un mot nous avons assisté à cette
43:18fiction en noir et blanc
43:19décor reconstitué en studio comédiens en
43:22uniforme figurants massés dans des
43:24enclos
43:26fasciné par le spectacle de ces corps
43:28dévêtu serrés les uns contre les autres
43:30je n'ai pu détacher mes yeux de ces
43:32femmes qui protégeaient leur poitrine de
43:35ses hommes les mains en coquille sur
43:37leur sexe avançant dans le froid en file
43:39indienne pour se rendre au bâtiment des
43:41douches
43:42les premières nudité qu'il m'était
43:44donnée d'apercevoir à l'écran forme pâle
43:47qui se détachaient sur le fond gris des
43:49baraquements
43:50sachant trop bien ce que j'allais en
43:52faire une fois seul dans ma chambre
43:54j'ai attendu mon regard sur ces chers
43:56déjà profané
43:59j'avais quitté le mais je fréquenté le
44:02collège de mon quartier je me faisais un
44:04devoir de me maintenir en tête du
44:06peloton et je franchissait la ligne
44:07d'arrivée dans les premiers
44:10dispensés de sport pour raisons
44:11médicales je passais leur de gymnastique
44:14dans la salle de permanence plongé dans
44:15mes livres
44:16par la fenêtre
44:18je voyais les autres sans poignée
44:20chercher à s'emparer du ballon qui se
44:22faufilait entre leurs jambes
44:23j'entendais leurs cris leurs vivaki
44:25salut est un but
44:27aussi robuste que mon frère aussi
44:30impitoyable il terrassait leurs
44:31adversaires pendant que je penchais ma
44:34poitrine creuses sur la table de travail
44:36les jours défilent est tous semblables
44:39les nuits se succédaient j déployer mon
44:42théâtre d'ombrés une existence
44:44parfaitement réglé jusqu'à l'événement
44:47qui allaitent a marqué le tournant
44:50mon corps c'était angers je cachais mes
44:53jambes et mon torse et trois dans des
44:55vêtements amples
44:58la veille au soir je vais souffler mais
44:59quinze bougies
45:00bientôt on ferait un autre anniversaire
45:02celui de la victoire de 45
45:07heather qui avait décidé de projeter aux
45:08élèves un documentaire nous avait réunis
45:10dans l'obscurité d'une salle de classe
45:12face à un drap tendu sur le tableau noir
45:15je m'étais retrouvé assis à côté du
45:17capitaine de l'équipe de football un
45:19garçon rabelais chahuteurs aux cheveux
45:21taillés en brosse il me l'a jamais
45:23adressé la parole
45:25la projection commence a
45:28pour la première fois je vis les
45:30montagnes
45:32c'est terrible montagne dont je n'avais
45:35lu que des descriptions
45:37les bobines tournée des vies dans leurs
45:40pellicules on n'entendait que le
45:42ronronnement du projecteur
45:45des terrils de chaussures de vêtements
45:48des pyramides de cheveux et de membres
45:53figurant ni décor contrairement à ce
45:55film que ma mère et moi avions regardé
45:57en silence
46:00bien aller m'enfermer pour échapper à
46:01ces images
46:03l'une d'entre elles est arrivé à mon
46:04siège
46:05celle d'une femme qu'un soldat en
46:08uniforme tirée par un pied pour la
46:10précipiter dans une fosse déjà comble
46:14ce corps
46:15désarticulés avait été une femme une
46:19femme qui avait couru les magasins
46:22contempler dans un miroir la ligne
46:24élégante de sa nouvelle robe
46:26une femme qui avait remis en place une
46:28mèche échappé de son chignon
46:31elle n'était plus que cette poupée
46:33disloqué traîner comme 1,5 et dont le
46:36dos rebondissait sur les cailloux d'un
46:37sentier
46:40trop forte
46:42ces unités trop violente pour que je
46:44pense emporté cette image dans ma
46:45chambre et pourtant pas hésiter certains
46:48soirs en convoquer d'autres comme après
46:50la fiction télévisée
46:52lorsque j'avais fait mon choix dans la
46:54file des corps dénudés désignant celui
46:57que je soumettrai à mon désir
47:00voisin le capitaine l'équipe
47:02cet étage sur le banc dès le début de la
47:04projection profitant de l'obscurité il
47:06avait proféré à mi-voix quelques
47:08grossièretés qui avait déclenché
47:10l'hilarité de la classe
47:12il étouffe à un reer à la vue de ce
47:15corps obscène qui à chaque secousse
47:18ouvrez c'est cuit sur un triangle noir
47:21il me pousse à du coude et je m'entends
47:24dire moi aussi pour lui plaire
47:28j'aurais aimé trouver quelque chose de
47:29drôle à dire pour l'amuser il a imité
47:33l'accent allemand les dix ares chien de
47:35juifs
47:36égérie encore une fois plus fort
47:41j'ai ri parce qu'il m'avait poussée du
47:43coude parce que c'était la première fois
47:45que l'un de ces corps glorieux
47:46rechercher la complicité du mien
47:49jerry
47:50jusqu'à la nausée
47:52soudain mon estomac s'est retournée j'ai
47:55cru que j'allais vomir et sans prendre
47:57le temps de réfléchir je les frapper
47:59violemment au visage
48:01il a eu un moment de stupeur j'ai juste
48:03eu le temps de voir la femme en noir et
48:04blanc se refléter dans ses yeux
48:06écarquillés avant qu'il ne se jette sur
48:08moi pour me bourrer de coûts
48:10nous avons roulé sous la table je
48:13n'étais plus moi-même pour la première
48:15fois je n'éprouvais aucune crainte
48:17je n'avais pas peur que son point
48:18viennent se loger dans le creux de mon
48:19plexus manaudou avait disparu
48:23je l'aï attrapée par les cheveux pour
48:24les cogner la tête contre le sol j'ai
48:26enfoncé mais doit dans ses yeux j'ai
48:27craché dans sa bouche
48:29je n'étais plus au collège je luttais
48:31comme j'avais l'habitude de le faire
48:33chaque nuit avec la même excitation mais
48:36contrairement à mon frère mon adversaire
48:39n'allait pas prendre l'aventage je
48:41savais que j'allais tuer j'allais
48:42vraiment faire disparaître son visage
48:44dans le sable
48:47alerté par nos cris le surveillant
48:49interrompit la projection et rallumer
48:50les lumières
48:52aidés de quelques élèves ils nous sépara
48:54je ne voyais plus que d'un oeil un
48:56liquide chaud coulé sur ma joue on m'a
48:58emmené à l'infirmerie
49:00je quittais la salle sous les insultes
49:02de mon voisin il avait le visage en sang
49:04j'avais tout de même réussi à lui
49:06endommager sérieusement le nez
49:08victoire qui me valut durant quelques
49:10semaines la considération de ma classe
49:13je gardais de cet épisode un pansement
49:15sur l'arcade sourcilière promener dans
49:18les couloirs du collège avec fierté
49:20mais cette blessure ma porte a bien
49:23davantage qu'une douar éphémère
49:25le fut le signe que louise attendait
49:29dès le lendemain rue du bourg-l'abbé je
49:32racontais tout à ma vieille amie à mes
49:35parents j'avais servi une version qui
49:37m'évitait d'évoquer le documentaire une
49:39bagarre dans la cour de récréation
49:40ensuite un stylo volet celui que j'avais
49:43reçue la veille en cadeau d'anniversaire
49:46j'ai surpris une lueur d'étonnement dans
49:47l'oeil de mon père mais les d'un rien de
49:50satisfaction
49:51son fils serait donc capable de se
49:53battre
49:54à louise j'ai dit la vérité
49:57à elle seule je pouvais la dir
49:59je vais raconter la projection je lui ai
50:01parlé des montagnes je lui décrit la
50:03femme de caoutchouc je lui dis comment
50:06j'avais l'avait l'injure qui lui avaient
50:08été faites
50:09mais je ne lui ai pas parlé de mourir
50:12j'ai avancé dans mon récit
50:15est soudain submergé par l'émotion
50:18j'ai pleuré devant louise comme je ne
50:20l'avais jamais fait devant personne
50:23au visage s'est défait
50:25elle m'a saisi ses bras et je me suis
50:27laissé aller ma joue contre sa blouse de
50:29nylon
50:32j'ai senti des larmes mouillé mon front
50:34surpris j'ai relevé la tête loïs pleurer
50:38elle aussi sans retenue
50:41mike hart et dell pour me regarder comme
50:43si elle s'interrogeait sur une décision
50:44à prendre puis elle a souri et m'a parlé
50:50quinze ans j'apprenais enfin ce que
50:53j'avais toujours su
50:55j'aurais pu moi aussi coudre l'insignia
50:57ma poitrine comme un vieil ami
51:00fuir les persécutions comme mes parents
51:02mes chers statuts comme tous ceux de ma
51:05famille comme leurs semblables ses
51:08voisins ces inconnus dénoncé par la
51:11dernière syllabe de leurs noms en ski en
51:13ta louange times
51:15je découvrais tout ce qui me l'avait
51:17dissimulé marqué par cet adjectif si
51:20encombrant si coupable
51:23louise ne me parlez plus de la foule
51:26anonyme des victimes medel de son corps
51:28torturé marqué durant la guerre par une
51:31nouvelle singularité c'est un signe
51:34lourd au point d' accentuer sa démarche
51:36cahotante
51:39elle me disait les phrases qu'il avait
51:40giflé les panneaux humiliant les portes
51:42fermées les sièges d'interdît sa
51:45surprise le port de l'étoile devenue
51:47obligatoire à lorsqu'elle avait
51:49découvert la véritable identité de
51:51certains de ses voisins
51:53l'épicier du coin de la rue au nom si
51:55français le couple de retraités du
51:57pavillon d'à côté le médecin du quartier
52:00de même que le si désagréable
52:02pharmaciens qu'elle pensait antisémite
52:05la tache jaune les désignait au regard
52:08des autres mais leur permettait aussi de
52:10se reconnaître sous dans une communauté
52:12qui à force de se dissimuler c'était
52:14parfois ignorés
52:18quinze ans cette nouvelle donne
52:19changeait le fils de mon récit
52:22faire de cet adjectif collé à ma
52:24silhouette décharnée semblable à celle
52:26que j'avais vu flotter dans des pyjamas
52:28trop grand et comment les jeux l'écrire
52:30sur mes cahiers avec ou sans majuscule
52:34un qualificatif venaient s'ajouter à la
52:36liste j'étais plus seulement faible
52:37incapable ou inaptes
52:40à peine la nouvelle venait elle de
52:41tomber des lèvres de louise que déjà
52:43cette identité me transformer
52:46toujours le même j'étais devenu un autre
52:49curieusement plus fort
52:53ce n'était donc ni les privations ni les
52:55réquisitions qui avait poussé mes
52:57parents à tout abandonner pour se
52:58réfugier dans l'autre moitié de la
53:00france
53:01louise est elle restée rue du
53:04bourg-l'abbé comme il l'avait prétendu à
53:06surveiller le magasin ou faisait telle
53:09partie du voyage
53:10ce séjour dans l'indre avait t'il
53:13vraiment été le paradis qu'il m'avait
53:14décrit
53:15j'avais tant de questions à poser qui
53:17n'avait encore jamais franchi mes lèvres
53:21si elle en avait trop dit mais ne
53:24pouvait en rester là elle me devais la
53:27vérité elle allait se défaire de son
53:29serment trahir pour la première fois la
53:31confiance de mes parents elle même est
53:34assez pour cela elle qui n'avait jamais
53:36eu d'enfant ni à l'en croire de
53:39véritable amour dans sa vie
53:41la vieille demoiselle allait se faire un
53:43devoir de rompre le silence pour celui
53:46qui lui ressemble est marqué comme elle
53:48par sa différence
53:50et je n'imaginerais plus être le premier
53:52le sol
53:56avancez dans son aveu plus mes
53:58certitudes se défaisait nous trop forte
54:01émotion de ma part il aurait freiné dans
54:03son élan aussi je l'écoutais intensément
54:05les yeux secs maîtrisant mes réactions
54:09l'histoire de mes parents que j'avais
54:11voulu limpide dans mon premier récit
54:13devenait sinueuse je parcourais leur
54:16chemin en aveugle exode qui m'éloigner
54:19de ce que j'ai mais pour me conduire
54:21vers des visages inconnus
54:23long d'une route peuplé de murmures je
54:26distinguais maintenant des corps
54:27allongés sur le bas-côté
54:30trois morts surgir de l'ombre dont
54:34j'entendis les noms pour la première
54:35fois robert anna et simon
54:40robert le mari de tania simon le fils de
54:45maxime et dana
54:48j'ai entendu louise dire le mari de
54:51tania le fils de maxime et je n'ai rien
54:55senti
54:57j'ai appris que mon père et ma mère
54:59avant de devenir mari et femme étaient
55:02beaux frères et belles soeurs et je n'ai
55:04pas ri
55:06en équilibre sur le fil que louise
55:09venait de tendre les mains serrées sur
55:11le balancier j'ai regardé et loin devant
55:13moi l'oeil fixé sur la fin de son récit
55:18mais enfin de prononcer le nom de simon
55:20il faisait sa première apparition
55:22officielle
55:23après s'être glissé dans toutes ces
55:25images
55:26lutter anonyme garçons brut aux tyrans
55:29de cour de récréation
55:32le frère que je m'étais inventé celui
55:35qui avait rompu ma solitude ce grand
55:38frère fantôme avait donc exister
55:41louise l'avait connu aimé
55:44avant d'être le mien joseph avait été
55:46son grand père georges esther marcel
55:51élise sa famille proche
55:54avant de devenir ma mère tanya avait été
55:57sa tante
55:58comment l'appeler t-il
56:00quel geste avait-elle pour lui
56:06ces lieux interdits c'est panneaux
56:07infamant ces étoiles brodées des quatre
56:09lettres qui me désigne est aujourd'hui
56:12louise voulait me dire encore une chose
56:14la plus douloureuse
56:16mais sa voix s'est étranglé
56:21tous devoir traverser le couloir
56:24citation du magasin je n'étais plus le
56:26même est ce que j'allais rejoindre à
56:29quelques mètres du cabinet de louise
56:31s'étaient transformés eux aussi
56:34derrière les masques qui venait de
56:36tomber de moeurs et de souffrance
56:38insoupçonnable
56:40alerté par map à l'heure mes parents se
56:43sont inquiétés je les ai rassurés d'un
56:45sourire
56:46je les ai observés
56:48n'avait pas changé
56:51le silence allait persister
56:54je n'imaginais pas ce qui pourrait me
56:55décider à leur ombre
56:57à mon tour je cherchais à les protéger
57:03jallet multiplier mes rendez vous avec
57:06louise poursuivre mon enquête mon ami
57:09ouvrez 1-1 de nouveaux chapitres ces
57:13événements dont j'avais appris les
57:14détails dans mon livre d'histoire
57:16l'occupation vichy le sort des juifs la
57:19ligne de démarcation ne se réduisait
57:22plus au titre en gradin manuels
57:23scolaires il s'anime est soudain photos
57:26en noir et blanc qui retrouvaient leurs
57:27couleurs mes parents les avaient
57:29traversé il en avait été marquée bien
57:32davantage que je ne l'avais cru
57:36anna surgissait de la nuit première
57:39épouse de maxime avec ses yeux pâles son
57:41teint de porcelaine
57:43mère inquiète et tendre veillant sur son
57:45fils unique plus mr que femme d'hier et
57:48louise pour excuser maxime pour ne pas
57:52accabler tania
57:53j'apprenais à connaître simon
57:56fierté de son père coeur de sa mère
57:59graine de champion aux muscles délié
58:01conquérant dès son plus jeune âge
58:04et lorsque la voix de louise se brisait
58:06je rester insensible
58:09parvenait pas à m'apitoyer ce qu'elle me
58:12disait de simon provoqué en moi une
58:13colère sourde dont je me sentais déjà
58:16coupable
58:17j'essayais de me figurer sa détresse son
58:20corps devenu semblable au mien
58:21grelottant sous les toffes grossière ses
58:24côtes saillantes son enfance réduite à
58:26cette poignée de cendres soufflée par le
58:28vent de pologne
58:29mais je ressentais la morsure d'une
58:31jalousie féroce lorsque louise évoqué
58:33les traits le corps si bien dessinée du
58:36double parfait de maxime combes et par
58:38le regard admiratif de son père
58:41après avoir vécu toutes ces années sous
58:43l'ombre d'un frère je découvrais celui
58:46que mes parents m'avaient cacher et je
58:48ne l'aimais pas
58:51brosser le portrait d'un enfant
58:52séducteur sûr de sa force
58:55semblable en tout point à celui qui
58:57m'écraser chaque jour et cette image
59:00conscient de l'horreur de mondésir
59:02j'aurais voulu là livré aux flammes
59:07aussi longtemps
59:08cible j'avais retarder le moment de
59:10savoir je m' écorché aux barbelés d'un
59:13enclos de silence
59:15pour l'éviter je m'étais inventé un
59:17frère faute de pouvoir reconnaître celui
59:20qui s'était a jamais imprimé dans l'oeil
59:22taciturne de mon père
59:26ça louise j'apprenais qu'il avait un
59:28visage celui du petit garçon que l'on
59:31m'avait caché et qui ne cessait de me
59:33hanter
59:35l'essai a jamais de l'avoir abandonnée à
59:37son sort coupable d'avoir construit leur
59:40bonheur sur sa disparition mes parents
59:43l'avaient maintenu dans l'ombre
59:44jeu ployait sous la honte non j'avais
59:47hérité comme sous ce corps qui avait
59:49exercé la nuit sa tyrannie sur le mien
59:53j'ignorais qu'au delà de mon torse et
59:55trois de mes jambes grêle s'était lui
59:57que mon père contempler le voyez ce fils
1:00:01son projet de statuaire son rêve
1:00:03interrompue
1:00:06à ma naissance c'était simon que l'on
1:00:09avait déposé encore une fois dans ses
1:00:10bras le rêve d'un enfant qu'il allait
1:00:12former à son image ce n'était pas moi
1:00:16balbutiements de vie brouillons dont
1:00:19émerger aucun très reconnaissable
1:00:22avaient ils pu dissimuler sa déception
1:00:23aux yeux de ma mère
1:00:25avaient ils pu s'arracher un sourire
1:00:27attendri en le contemplant
1:00:30tous mes proches savaient tous avaient
1:00:32connu simon l'avait aimée
1:00:35tous avaient en mémoire sa vigueur son
1:00:37autorité et tous me lavais tu
1:00:41à leur tour sans le vouloir il l'avait
1:00:43rayé de la liste des morts comme de
1:00:44celle des vivants
1:00:45répétant par amour le geste de ces
1:00:48assassins
1:00:49on ne pouvait lire son nom sur aucune
1:00:51pierre il n'était plus prononcée par
1:00:54personne pas plus que celui d'anna sa
1:00:56mère
1:00:58simon et anna effacé à deux reprises par
1:01:02la haine de leurs persécuteurs et par
1:01:05l'amour de leurs proches
1:01:07pire et par ce vide dont je n'aurais pu
1:01:10m'approcher sans risquer le naufrage
1:01:13silence rayonnant soleil noir qui ne
1:01:16s'était pas contenté d'absorber son
1:01:18existence mais avait aussi recouvert
1:01:20toute trace de nos origines
1:01:24simon
1:01:25j'étais sûr que j'avais marché - tôt que
1:01:28lui
1:01:30prononcez mes premiers mots des mois
1:01:32après les siens
1:01:33comment aurais-je pu me mesurer à lui
1:01:36troublée par le plaisir que je retirais
1:01:39de cette défaite jean cultivait la
1:01:41satisfaction morbide je capitule est
1:01:44devant mon frère mon ventre contre le
1:01:46matelas son pied sur ma nuque
1:01:51louise qui m'avait fait le rencontrer il
1:01:54fallait bien qu'un jour ou l'autre son
1:01:55fantôme apparu dans cette brèche
1:01:58qu'il surgit de ses confidences
1:02:01ma découverte du petit chien de peluches
1:02:03l'avait arraché à sa nuit et il était
1:02:06venu hanter mon enfance
1:02:08sans ma vieille amie peut être n'aurait
1:02:10jamais su sans doute aurais-je continuer
1:02:13à partager mon lit avec celui qui m'a
1:02:15imposé sa force
1:02:17ignorant que c'était avec six mots que
1:02:19je luttais en roulant mes jambes aux
1:02:21siennes mais leur mon souffle aux siens
1:02:23et finissant toujours vaincu
1:02:28savoir qu'on ne gagne jamais contre un
1:02:30mort
1:02:33parti 4
1:02:36[Musique]
1:02:45j'ai ajouté de nouvelles pages à mon
1:02:46récit nourrie par les révélations de
1:02:49louise une seconde histoire est née dans
1:02:52mon imagination a rempli les blancs une
1:02:55histoire qui ne pouvaient cependant
1:02:56effacé la première les deux romans
1:02:59cohabiteraient tapie au fond de ma
1:03:00mémoire
1:03:01chacun éclairante à sa façon maxime et
1:03:04tania mes parents que je venais de
1:03:07découvrir
1:03:09maxime épouse anna un beau jour d'été
1:03:12sous un ciel sans menaces
1:03:14après avoir signé le registre de la
1:03:16mairie ils se rendaient à la synagogue
1:03:18à joseph est ravie d'assister à l'union
1:03:21du dernier de ses trois enfants
1:03:23les parents de la mariée sont présents
1:03:25eux aussi accompagnés de robert le frère
1:03:27d'anna et de son épouse tanya
1:03:32enfin rencontrer leur beau frère maxime
1:03:33dont anne avait tant de fois fait
1:03:35l'éloge dans ces lettres dès le
1:03:38lendemain ils reprendront la route pour
1:03:39lyon
1:03:41les parents de la mariée ont réservé
1:03:42pour le déjeuner l'arrière salle d'une
1:03:44brasserie de la république
1:03:46les places se sont succédé jusqu'à ce
1:03:48que les convives éprouve le besoin de
1:03:50secouer leur torpeur
1:03:52on a loué les services d'un trio de
1:03:54musiciens violons et accordéons réveil
1:03:55l'assemblée sur le parquet ciré les
1:03:58costumes sombres des hommes en las les
1:04:00robes fleuries des femmes on oublie la
1:04:02chaleur et l'on s'envole au rythme de
1:04:04l'orchestré mazeltov tout le monde
1:04:06félicite le jeune couple on brise des
1:04:08verts ont fait des moulinets avec les
1:04:10serviettes
1:04:11les plus vigoureux des hommes portent le
1:04:12marié en triomphe sur un siège
1:04:16maxime aurait aimé se dispenser de ces
1:04:18manifestations traditionnelles mais il
1:04:20s'y prête de bonne grâce il a cédé à
1:04:22l'insistance de sa belle famille et à
1:04:24accepter le mariage religieux
1:04:28dès son adolescence il s'est employé à
1:04:29faire oublier ses origines et n'apprécie
1:04:32guère qu'on les lui rappellent ils
1:04:34s'efforcent de participer souri à tous
1:04:36se prêtent au cérémonial par respect
1:04:38pour sa jeune femme et sa famille depuis
1:04:41sa bar mitsva passage obligé qu'il n'a
1:04:43pu refuser à joseph il a toujours évité
1:04:45de se joindre aux réjouissances des
1:04:47fêtes
1:04:49seul culte auquel il ait sacrifié et
1:04:51celui de son corps il y a consacré tout
1:04:53son temps libre ne s'imaginant pas le
1:04:56vendredi soir à la lueur des chandelles
1:04:57priant et partageant le repas
1:04:59traditionnel du shabbat avec les siens
1:05:03il atteint la trentaine son mariage
1:05:05espère t-il marquera la fin de sa quête
1:05:07éperdue de rencontres conquêtes faciles
1:05:10cher consommer dans la nuit dont le
1:05:12charme seront dès le petit matin
1:05:14la grâce et la fragilité d'annales ont
1:05:17séduit la situation prospère de sa belle
1:05:19famille n'a pas été pour rien dans sa
1:05:21décision
1:05:22il a épuisé ses plaisirs de célibataire
1:05:24et ressent pour la première fois le
1:05:26désir d'être père
1:05:30de leur voiture il ouvre la portière à
1:05:33la jeune mariée qui fait son apparition
1:05:34devant la mairie un voile transparent
1:05:37sur les cheveux un bouquet de fleurs
1:05:39fraîches dans les bras maxime s'avance
1:05:41pour l'accueillir son haut-de-forme à la
1:05:43main elle le regarde son émotion est
1:05:46perceptible à la pâleur de ses joues au
1:05:49léger tremblement de ses mains d'autres
1:05:51voitures se sont garés à proximité
1:05:53les invités en sortent des hommes en
1:05:55costumes des femmes en robes claires ou
1:05:57en tailleur
1:05:58maxime guette l'arrivée de robert et de
1:06:01son épouse tanya 1 à lui a souvent parlé
1:06:04de son frère
1:06:05le jeune homme ou sourire insolent elle
1:06:07lui a aussi avoué son admiration pour sa
1:06:09belle-soeur athlète accompli nageuse
1:06:11émérite et plongeuse de haut vol
1:06:15il arrive
1:06:18canal lui avait décrit je veux cours et
1:06:20ondulés un éclair rieurs dans les yeux
1:06:24mais tanya est la plus belle femme que
1:06:26maxime est jamais vu
1:06:28longue et fine silhouette vêtue d'une
1:06:30robe fleurie une cascade de cheveux
1:06:32noirs retenu par un fin ruban et un
1:06:34sourire radieux
1:06:36sa poitrine se déchire une telle beauté
1:06:39lui et douloureuse
1:06:41loin d'éclairer la fête elle vient
1:06:43l'assombrir l'éclat de cette femme lui
1:06:46brise le coeur
1:06:48c'est le jour de son mariage celui où
1:06:51ils uni son destin à anna et il est
1:06:54foudroyé par cet éclair d'été il cherche
1:06:57le regard de celle qui va devenir son
1:06:58épouse et l'a conduit vers la mairie
1:07:01bouleversé par tania il tente de se
1:07:03rassurer le séducteur qui sommeille en
1:07:05lui se manifeste sans doute une dernière
1:07:07fois
1:07:09quelques mois auparavant son désir
1:07:11aurait balayer tous les obstacles
1:07:13il aurait tout entrepris tout détruit
1:07:15s'il le fallait pour que cette beauté
1:07:17soit à lui
1:07:20des mariages familles invitées sont
1:07:22rassemblés derrière le jeune couple
1:07:23foule bruissante d'où s'échappent des
1:07:26rires des sanglots étouffés
1:07:29maxime et anne a échangé leurs alliances
1:07:30et s'embrassent sous les
1:07:32applaudissements il s'approche de la
1:07:34table pour apposer leur signature sur le
1:07:36registre
1:07:38maxime traversent ces instants dans un
1:07:40brouillard il tourne la tête vers
1:07:42l'assemblée pour sourire à tous
1:07:44il ne devrait pas recherché ce visage
1:07:47sachant qu'une fois encore il en sera
1:07:49ébloui
1:07:52tania est assise à côté de son mari la
1:07:54tête inclinée
1:07:55il fixe quelques secondes celle dans la
1:07:57vision a tout balayé un simple regard
1:08:00une intention à peine perceptible aux
1:08:04conséquences incalculables
1:08:05et si ce regard était surpris
1:08:09mais les invités tout à leurs émotions
1:08:10se sourient et parlent entre eux alors
1:08:14ils ne voient plus que tania quitte la
1:08:17cérémonie oublie sa famille ses invités
1:08:19il fixe la jeune femme
1:08:22jusqu'à ce qu'elles entendent enfin son
1:08:24appel muet et relève la tête
1:08:27ces boucles noires glisse sur sa robe
1:08:29s'ouvre comme un rideau sur ses yeux il
1:08:33soutient son regard une seconde de trop
1:08:36puis ils se détournent pour signer à son
1:08:38tour le registre
1:08:39il ne veut pas penser à l'injure qu'il
1:08:42fait à anna ainsi qu'à tous ceux qui
1:08:44sont venus les honorer
1:08:481 pendant que le timbre grave du kantor
1:08:51résonne sous les voûtes de la synagogue
1:08:53il lève les yeux vers le balcon qui se
1:08:55sont installés les femmes
1:08:57tania est au premier rang paupières
1:08:59baissées
1:09:00la jeune femme a sans doute oublié son
1:09:02premier regard mais il la fixe une fois
1:09:05encore
1:09:06elle ouvre les yeux traversée par le
1:09:08même éclair de surprises
1:09:10plus rien n'a d'importance
1:09:12l'absurdité de son comportement en son
1:09:15hommage plus brûlant tout se joue dans
1:09:17l'instant tania est la plus belle femme
1:09:20qu'il ait jamais rencontrée il ne peut
1:09:23la laisser s'échapper sans lui avoir
1:09:24fait savoir par ce regard appuyé
1:09:28au restaurant suffisamment éloigné
1:09:31d'elle maxime aura le temps de se
1:09:32ressaisir il fera honneur à chaque plat
1:09:35bardera gaiement avec ses voisins de
1:09:36table il dansera avec anna avec sa
1:09:39belle-mère invitera à la plupart des
1:09:40femmes de l'assemblée
1:09:42il évitera la proximité de tania le
1:09:45contact de son corps sous le tissu léger
1:09:47de la robe le parfum de sa nuque la
1:09:49caresse de ses cheveux
1:09:53les invités se sépareront il ressentira
1:09:55un véritable soulagement tania et son
1:09:57mari repartent pour lyon il ne sait
1:10:00quand il les reverra
1:10:01la vision de sa belle sera failli gâcher
1:10:04son mariage anna et lui vont partager
1:10:06leur première nuit aucune autre pensée
1:10:09ne doit le traverser
1:10:11plus tard
1:10:12serrant dans ses bras le corps de sa
1:10:14jeune femme maxime se fera à violence
1:10:17pour ne pas saisir dans ses mains les
1:10:19boucles de tania pour ne pas mordre sa
1:10:22bouche
1:10:25maxime et anne à son mari et femme
1:10:27depuis quelques mois de temps à autre
1:10:29maxime pense à tania qu'il n'a pas revue
1:10:32depuis le jour de son mariage
1:10:33meehan a suffi à remplir sa vie il
1:10:36travaille dans le magasin de son père sa
1:10:38femme leigh rejoindre lundi jour
1:10:40d'affluence où les détails et en
1:10:41viennent se fournir le reste du temps
1:10:43elle regarde son ventre s'arrondit
1:10:45l'enfant qu'ils désirent sera là au
1:10:47printemps
1:10:48ils vivent dans un petit appartement de
1:10:50l'avenue gambetta dans le balcon
1:10:52surplombe le père lachaise
1:10:55chaque dimanche à n'accompagne maxime au
1:10:57stade elle se montre une partenaire
1:10:58honorable au tennis le reste du temps
1:11:01elle s'installe sur la pelouse pour
1:11:02tricoter ou lire à l'ombre des grands
1:11:04arbres
1:11:07simon bientôt monde au début du
1:11:09printemps vigoureux hurlant à plein
1:11:12poumons on lui donne joseph pour second
1:11:14prénom
1:11:16lorsque le médecin suspens le bébé à ses
1:11:17deux pouces pour tester ses premiers
1:11:19réflexes maxime imagine son fils aux
1:11:22anneaux il veut se reconnaître dans la
1:11:24ligne de ses sourcils dans son menton
1:11:26volontaire
1:11:27une nouvelle existence commence pour eux
1:11:29trois
1:11:30simon se développe parfaitement il tord
1:11:33bien fait preuve d'un appétit féroce
1:11:35souri à tous
1:11:37il lui reste huit ans à vivre
1:11:41quelques mois plus un robbery tania leur
1:11:43rendre visite
1:11:44avant leur arrivée maxime se sentent
1:11:46anxieux mais il est vite rassuré
1:11:49toujours aussi ravissante tania se
1:11:51montre naturel avec lui s'émerveillant
1:11:54devant le nouveau né une après midi
1:11:56passée en sa compagnie devant le berceau
1:11:58de simon suffit à le détacher de cette
1:12:00image idéale son fils l'accaparent et le
1:12:03reste passe au second plan anne marie
1:12:06avec son frère qui la taquine robert
1:12:08semble heureux il tient souvent tania
1:12:10par la taille
1:12:11maximum remarque cependant que celle-ci
1:12:13ne s'est pas arrondi
1:12:16le dimanche à n'installe simon dans un
1:12:18couffin à l'ombre des marronniers entre
1:12:20les courts de tennis et le gymnase de
1:12:23temps en temps luisant de sueur une
1:12:24serviette nouée autour du cou maxime
1:12:26caresse la joue de son fils embrasse sa
1:12:28femme puis disparaît
1:12:30il attend avec impatience le moment
1:12:31d'initier simon à toutes ces disciplines
1:12:33de l'emmener sur le tapis de lutte de le
1:12:36saisir par la taille pour l'accrocher à
1:12:38la barre fixe
1:12:41simon a connu lui aussi le magasin de la
1:12:43rue du bourg-l'abbé il à grimper
1:12:45l'escalier couru dans le couloir de
1:12:47l'immeuble
1:12:48explorer les réserves
1:12:50sans doute comme moi s'est il construit
1:12:53des abris avec les cartons vides qui
1:12:55s'entassaient dans chaque pièce
1:12:56il a joué tenir la caisse aider à servir
1:13:00les clients
1:13:01geste que j'ai répété sans le savoir
1:13:04dans le cabinet de louise assis devant
1:13:07le même chocolat il a raconté ses soucis
1:13:10et ses rêves
1:13:11mais avait-il des soucis
1:13:13contrairement à moi il ne souffrait pas
1:13:16d'un corps qui le trahit ray sans cesse
1:13:18et ne serait pas lorsqu'il disait
1:13:20l'admiration dans les yeux de son père
1:13:23jusqu'à ce que la menace frappe à la
1:13:25porte de l'appartement de l'avenue
1:13:26gambetta les premières années de simon
1:13:29se sont déroulées dans l'insouciance
1:13:31louise mans n'a apporté le témoignage de
1:13:33nom de la chaire au petit fantôme
1:13:37l'ombre de la guerre se rapproche maxime
1:13:40et anne à vivre au rythme des événements
1:13:42qui bouleversent l'europe
1:13:44joseph gare de l'oreille collée au poste
1:13:46lit tous les journaux les brimades qu'il
1:13:48a subie en roumanie l'ont poussé à
1:13:50l'exil est plus que d'autres il est
1:13:53attentif à la vague brune qui s'étend au
1:13:55delà des frontières
1:13:56maxime le lui répète sans cesse ils sont
1:13:59en france patrie de la liberté rien de
1:14:02semblable ne peut aussi être envisagée
1:14:05il n'aime pas cette lueur de crainte
1:14:06dans les yeux de joseph
1:14:08il est insupportable de voir ses épaules
1:14:10ce goûter il lui arrive de brusquer son
1:14:13père de se moquer de ses inquiétudes
1:14:15bien sûr on tient simon à l'écart de ces
1:14:18discussions on éloigne les ombres de lui
1:14:20il est aimé enduro et de sollicitude
1:14:24le monde la sueur de sa protection les
1:14:26passants lui sourit comment un tel
1:14:28univers pourrait-il basculer lui devenir
1:14:31hostiles
1:14:32comment ces adultes bienveillant pour
1:14:34est il un jour devenir ses persécuteurs
1:14:36le bousculer le précipiter dans un wagon
1:14:39rempli de paille le sibérie dana
1:14:43les journaux rendent compte des grandes
1:14:45messes qui se déroule au delà des
1:14:47frontières les magazines en publie les
1:14:49photographies et lorsque par dessus
1:14:52l'épaule de ses parents il regarde ses
1:14:54alignement impeccable c'est torchère ces
1:14:57bannières claquante au dessus de foule
1:14:59en grand uniforme ébloui ils ouvrent de
1:15:02grands yeux
1:15:05jour après jour au fil de nos
1:15:07rendez-vous louise tourné pour moi les
1:15:09pages d'un livre que je n'avais encore
1:15:11jamais faillite et
1:15:13j'entrais avec est dans la tourmente que
1:15:14mes parents avaient traversé en sa
1:15:16compagnie elle remplissait à ras-bord
1:15:18son verre de liqueur
1:15:20tiré sur chacune de ces cigarettes
1:15:22jusqu'à s'en brûler les doigts
1:15:23lorsque la clochette de sa porte annoncé
1:15:26l'arrivée d'un client elle soupiré se
1:15:28levait à regret me demandait de
1:15:30patienter l expédier ses rendez vous et
1:15:33me rejoignait pour reprendre le fil de
1:15:35son récit qui allaient nourrir le mien
1:15:40l'autriche est c'est la pologne envahi
1:15:43la france entre en guerre
1:15:45les pages défilent victoire de
1:15:47l'allemagne nazie signature de
1:15:50l'armistice
1:15:50instauration du régime de vichy
1:15:53des noms claque crier dans les rues par
1:15:56les vendeurs de journaux des visages
1:15:58s'affiche auquel la france va confier sa
1:16:01destinée on voit défiler des chars des
1:16:03troupes de conquérant descendre au pas
1:16:05de l'oie les champs elysées
1:16:07sur la terrasse du trocadéro un homme en
1:16:09grand uniforme les mains dans le dos
1:16:11contemple la tour eiffel d'un oeil de
1:16:13propriétaire
1:16:14le mal se répand en quelques mois les
1:16:18valeurs s'inversent et les figures
1:16:20jusque-là familière deviennent
1:16:21l'incarnation du danger
1:16:24ceux qui assuraient la sécurité régler
1:16:26la circulation en poney les papiers
1:16:28officiels
1:16:29deviennent des auxiliaires et les d'un
1:16:31projet implacable
1:16:33fonctionnaires dont la simple signature
1:16:34peut bouleverser rhin distincts
1:16:39seulement reconnaissable à ses uniformes
1:16:40verts de gris assez long imperméable et
1:16:44peut aussi se dissimuler sous les
1:16:45manches de lustre in des employés de
1:16:46mairie sous la pèlerine des sergents de
1:16:48ville sous l'autorité des préfets
1:16:51jusque dans le regard amical des voisins
1:16:55le gros autobus à plate-forme qui
1:16:57transportait les citadins à leur travail
1:16:59déposer ses voyageurs devant jardin et
1:17:01cinéma va s'alourdir de cargaisons
1:17:04d'hommes et de femmes chargés de
1:17:05baluchons
1:17:07la 15 chevaux qui emmenait des familles
1:17:09heureuses sur la route des vacances
1:17:10s'arrête désormais au petit matin devant
1:17:13les portes des immeubles pour y semer la
1:17:15terreur
1:17:16un jour maxime trouve joseph appuyé au
1:17:19comptoir le visage défait
1:17:21gaston le manutentionnaire du magasin
1:17:23vient d'accompagner timo l'employé
1:17:26yougoslave du grossiste de l'immeuble
1:17:28voisin au gymnase japy où le jeune homme
1:17:31devait répondre à une convocation
1:17:35on est revenu seul chargé de rapporter à
1:17:38son ami des objets de première nécessité
1:17:41des bruits courent sur ces premières
1:17:43arrestations
1:17:44les malheureux serait retenue dans ces
1:17:46lieux transformés en centres de
1:17:47rassemblement
1:17:49joseph ils voient les premiers signes
1:17:51d'une persécution qui va se généraliser
1:17:53il le sait la répéter à tous ceux qui
1:17:56voulaient bien l'entendre ce qu'il a
1:17:57fuie en roumanie va se répéter
1:17:59déjà en allemagne la nuit de cristal
1:18:02depuis l'instauration du statut des
1:18:05juifs lui en laissait envisager le pire
1:18:08mais on ne veut pas l'écouter
1:18:11le quartier on parle de rafles qui se
1:18:13généralise
1:18:14maxime tente encore une fois de rassurer
1:18:16son père ce n'est pas à cause de ses
1:18:19origines juives que timo est inquiété
1:18:20mais en raison de son statut d'étranger
1:18:23on sait par les journaux et des radios
1:18:25que la politique d'épuration vise
1:18:27expulsés de france tous ceux qui n'ont
1:18:29pas été naturalisé joseph et sa famille
1:18:31sont français depuis plusieurs dizaines
1:18:33d'années et corps est il à craindre
1:18:36maxime fait la sourde oreille
1:18:38l'inquiétude des voisins lagaf' il
1:18:41n'aime pas ses yeux larmoyants ses mains
1:18:43qui se tordent il reçoit froidement ces
1:18:46timorés les éconduits parfois
1:18:48brutalement il veut encore croire à
1:18:51l'impossible
1:18:52comme beaucoup d'autres il a entendu le
1:18:54récit d'enlèvement au petit matin il est
1:18:56au courant des opérations organisées
1:18:58pour nettoyer le pays des éléments
1:18:59indésirables
1:19:01mais il persiste à croire que ces
1:19:02mesures visent polonais hongrois
1:19:04tchécoslovaque
1:19:05apatrides réfugié depuis peu parlantes à
1:19:08peine le français
1:19:09orthodoxe qui n'ont rien changé leur
1:19:11mode de vie et créer une véritable
1:19:12enclave au coeur de paris
1:19:15il n'ignore pourtant pas que la menace
1:19:17se rapproche
1:19:18elle a pris le visage de celui que
1:19:20l'allemagne a hissé au pouvoir il ne
1:19:23peut se défaire de l'image du pantin
1:19:25sinistre dont les vociférations lui
1:19:27rendu odieuse une langue qui jusque-là
1:19:30l'avait bercy de ses leaders de ces
1:19:31opéras l'avait nourri de sa littérature
1:19:33et de philosophie
1:19:37les pages tournent de plus en plus
1:19:39rapidement leur image gagner en
1:19:41précision
1:19:42on y voit des files d'attentes des
1:19:45ménagères qui patiente une matinée
1:19:46entière pour payer à prix d'or une
1:19:48viande de dernière qualité quelques
1:19:50légumes jusque-là méprisés et du pain
1:19:53qu'il faudra trancher le plus finement
1:19:54possible
1:19:56mais surtout elle donne raison aux
1:19:58prévisions les plus pessimistes de
1:20:00joseph lorsqu'elle montre des hommes qui
1:20:03ramassent des ballots ficelé à la hâte
1:20:05et s'entassent dans des autobus sous le
1:20:07contrôle de la police française
1:20:10plus tard ces mêmes images en noir et
1:20:13blanc
1:20:14projetteront aux yeux des incrédules les
1:20:16portes de wagon plombé le brouillard de
1:20:19gars dont on ne revient pas
1:20:23maxime a refusé de se rendre au
1:20:25commissariat pour faire apposer sur ses
1:20:27papiers d'identité le tampon rouge
1:20:29infamant
1:20:30cette décision à cause de conflits au
1:20:32sein de la famille
1:20:33esther et georges ont répondu à l'appel
1:20:36l'élysée marcel résiste encore joseph
1:20:40attend la décision de son fils tous en
1:20:42débattent au cours des échanges houleux
1:20:46travailler ses muscles devient un défi à
1:20:48la lâcheté et à la soumission maxime
1:20:51s'entraîne avec une énergie nouvelle
1:20:53jamais il n'a remporté autant de
1:20:55victoires triompher de ses adversaires
1:20:57avec si peu d'efforts
1:20:59il voudrait couvrir sa poitrine de
1:21:00médailles monter sur la plus haute
1:21:02marche du podium
1:21:03il emmène anna et simon au stade chaque
1:21:06dimanche le petit garçon est la fierté
1:21:08de son père sa silhouette déliée fait
1:21:11merveille dans les enchaînements
1:21:12équilibre et sauts périlleux
1:21:15bientôt il se lancera dans les agrès et
1:21:18s'initiera à la lutte
1:21:23robert a été mobilisés sur le front de
1:21:25l'est tania s'est occupé de la
1:21:27succursale de lyon aussi longtemps que
1:21:29possible mais les difficultés causées
1:21:31par la lenteur de l'approvisionnement la
1:21:33fermeture des usines l'ont contrainte à
1:21:35mettre la clé sous la porte elle est
1:21:37rentrée à paris pour loger de nouveau
1:21:39ouvertes chez sa mère
1:21:41son isolement l'a poussé à se rapprocher
1:21:43de la famille de son mari elle voit
1:21:45maxime et anne a régulièrement les
1:21:49soucis qu'elle a connu à lyon l'angoissé
1:21:51prouvée chaque jour à l'ouverture du
1:21:52courrier ont laissé leurs traces sur son
1:21:54visage les traits tirés elle prend moins
1:21:57soin de son apparence mais au détour
1:21:59d'un sourire à la faveur d'un geste
1:22:01maxime on retrouve face à elle son
1:22:03éblouissement d'autrefois
1:22:07dimanche louise georges esther et tania
1:22:10l'accompagnent simon et ses parents à
1:22:12l'alsacienne pour juger de ses progrès
1:22:14ou déjeunera sur les bords de marne on
1:22:17se régalera de friture et de vin blanc
1:22:19l'après-midi simon fera la démonstration
1:22:20de ses talents
1:22:22tania si elle le souhaite pourra renouer
1:22:25avec son entraînement
1:22:27lorsqu après le repas elle fait son
1:22:29apparition moulé dans son maillot noir
1:22:32maxime prend conscience du véritable
1:22:34motif de son invitation
1:22:36la contempler dans cette tenue
1:22:40il retrouve au fond de sa gorge la
1:22:41sensation douloureuse qu'il croyait
1:22:43avoir oublié
1:22:44bouleversé de nouveau par cette vision
1:22:46comme aux jours de son mariage
1:22:49du haut du plongeoir tania s'élance
1:22:52décrit une trajectoire parfaite avant de
1:22:56disparaître sous la surface de l'eau
1:22:58maxime ne peut détacher ses yeux de la
1:23:00ligne de ses épaules de cette taille de
1:23:03ses jambes ciselé
1:23:05anne a applaudi avant de chercher le
1:23:08regard complice de maxime
1:23:10elle n'y voit que tania
1:23:12elle connaît suffisamment son mari pour
1:23:15y lire un désir fou une fascination qui
1:23:18ne songe même pas dissimulé
1:23:20jamais il ne la regardait ainsi
1:23:23se tourner vers esther et georges tous
1:23:27ses yeux brillent pour tania de la même
1:23:28ferveur
1:23:30elle ne trouve de soutien que dans le
1:23:32regard de louise qui a compris et tente
1:23:35de la rassurer d'un sourire
1:23:37elle vacille dans un brouillard elle
1:23:40entend les bravos qui salue un nouvel
1:23:42exploit de tania
1:23:44celle ci sort ruisselante de la piscine
1:23:46secoue sa lourde chevelure et anna est
1:23:50saisi par l'image de couple idéal
1:23:51qu'imposent les deux sportifs
1:23:54ils sont sur leur territoire le stade
1:23:57leur appartient ils rayonnent
1:23:59georges et esther ont la même pensée
1:24:01elle en est persuadée
1:24:02son tempérament ne l'a jamais poussé au
1:24:05combat aussitôt elle voudrait
1:24:06disparaître s'effacer pour leur laisser
1:24:08la place
1:24:10la journée s'assombrit elle va passer le
1:24:13reste de l'après midi auprès de simon
1:24:14l'embrassant le serrant dans ses bras
1:24:16plus proche que jamais de son fils
1:24:21st y'a devenus complices et gueye de
1:24:24leur reer les dîners du dimanche
1:24:26éloignant les menaces un ac face dans
1:24:30l'ombre de ses deux femmes avec
1:24:32lesquelles elle ne peut chercher à
1:24:33rivaliser
1:24:35elle disparaît derrière la bonne humeur
1:24:36et le bavardage incessant d'esther elle
1:24:39se soumet à la beauté triomphante de
1:24:41tania et vaincus se réfugier auprès de
1:24:45simon
1:24:47j'ai rétréci par les privations mais
1:24:49illuminée par des éclaircies ces dîners
1:24:52organisés par esther avec le peu dont
1:24:54elles disposent toutes une table est
1:24:56réunie qui s'interdit le temps d'une
1:24:58soirée d'évoquer les rigueurs de
1:25:00l'époque et laisse les ombres derrière
1:25:02la porte
1:25:07[Musique]
1:25:15le port de l'étoile est devenu
1:25:17obligatoire une gifle pour maxime qui ne
1:25:20peut plus rien opposé à ce qu'il a tenté
1:25:22de rassurer
1:25:24les inquiétudes de joseph
1:25:26les crânes des commerçants voisins
1:25:27étaient fondées
1:25:29la perspective d'arborer l'insigne jaune
1:25:31anéanti tous ses efforts le rallye de
1:25:33force à une communauté avec laquelle il
1:25:35voudrait prendre ses distances
1:25:37pire l'ennemi n'est plus l'envahisseur
1:25:40mais son pays lui même qui le rangent du
1:25:43côté des proscrits
1:25:45il décide une fois encore de désobéir ce
1:25:48chiffon ne viendra pas salir ses
1:25:49costumes de prix ni humilié sa famille
1:25:53attention avec ses proches devient
1:25:54électrique
1:25:56georges lui reproche ce qu'il considère
1:25:57comme un reniement estérez lui porteront
1:26:00les toiles avec fierté pourquoi
1:26:02devrait-il en avoir honte
1:26:05sion est l'occasion d'une nouvelle
1:26:06empoignade joseph ose à peine s'adresser
1:26:09à son fils tente parfois de lui faire
1:26:11entendre le risque que sa décision fait
1:26:13courir à sa femme et à simon
1:26:15maxime balaye avec colère ses arguments
1:26:17rien ne le désigne aux yeux de l'ennemi
1:26:19pour quoi l'inquiéter ton at-il le nez
1:26:22aquilin les doigts crochus le menton
1:26:24fuyant que les affiches de la terrible
1:26:26exposition du palais berlitz propose aux
1:26:29parisiens pour leur permettre de
1:26:31reconnaître les ennemis de la france
1:26:35louise obéit elle a cousu l'insignia sa
1:26:38poitrine elle ne s'est pas senti la
1:26:40force de se dérober mais l'étoile lui
1:26:42pèse plus encore que la lourde semelle
1:26:45de sa chaussure orthopédique
1:26:47maxime passe la voir chaque jour discute
1:26:50avec elle s'inquiète de son avis sur la
1:26:51situation
1:26:53il voudrait lui reprocher sa
1:26:55capitulation mais le visage défait de
1:26:57son ami l'en dissuade
1:27:00plus reculées le lutteur sait à quel
1:27:03point de secondes d'hésitation un regard
1:27:05qui défaillent un geste un certain
1:27:07peuvent profiter à l'adversaire
1:27:09cette mesure est peut-être le signe
1:27:11qu'il attendait
1:27:13il lui faut franchir la ligne de
1:27:15démarcation avec anna et simon
1:27:18à plusieurs reprises il va en parler à
1:27:20louise elle tentera d'abord de l'en
1:27:23dissuader effrayé par le danger mais
1:27:26devant sa détermination lui proposera
1:27:28une solution
1:27:29une de ses cousines travail à la mairie
1:27:31de saint gaultier une petite commune de
1:27:33l'indre est là joindra à pour organiser
1:27:35avec elles leur accueil
1:27:38maxime est persuadé que le passage en
1:27:40zone libre reste la seule issue possible
1:27:42le dimanche suivant il organise chez
1:27:46georges un conseil de famille afin de
1:27:48recueillir l'avis de tous
1:27:51elise protégé par le patronyme de mars
1:27:53elle veut rester rabary les réunions
1:27:57avec ses amis politiques sont une
1:27:58nécessité pour elle elle va participer à
1:28:00l'organisation d'un réseau de résistance
1:28:02georges et esther se disent prêts pour
1:28:05des raisons différentes il ne supporte
1:28:08plus les privations elle est séduite par
1:28:11l'aspect romanesque de l' aventure tous
1:28:13deux pensent cependant qu'il serait
1:28:15prudent d'envoyer les hommes qui sont
1:28:16les plus menacés en avant-garde
1:28:20une fois en sécurité nous pourrons faire
1:28:21signer aux autres
1:28:23simon sera du second voyage avec sa mère
1:28:26tanya ne veut pas abandonner ma retard
1:28:29qui souffrirait le savoir loin d'elle
1:28:32femmes pourraient assurer la garde du
1:28:33magasin puis accompagné de louise elle
1:28:36prendrait elle aussi la route de saint
1:28:37gaultier tout le monde décide de
1:28:40s'accorder une semaine de réflexion
1:28:43simon pendant ce temps est il sensible à
1:28:47l'inquiétude de ces regards
1:28:49il surprend des conversations en temps
1:28:52parler de départ sans doute ressenti le
1:28:55désarroi de son père l'angoissent de sa
1:28:57mère
1:28:58mais il reste le véritable centre de
1:29:00cette constellation
1:29:01comme maxime il sait obtenir d'un sourit
1:29:04à ceux qui le désirent la vie lui
1:29:06appartient
1:29:07dans le quartier il croise des voisins
1:29:09des inconnus qui porte cette étoile sur
1:29:12leur coeur ils la voudrait aussi
1:29:15peut-être même at il demandé à anna de
1:29:17la coudre à son gilet afin de l'arborer
1:29:19fièrement comme les médailles de son
1:29:21père
1:29:24tania a retrouvé rue berthe sa chambre
1:29:26de jeune fille
1:29:28les activité de couturière de sa mère le
1:29:30rassura toutes deux un minimum de
1:29:32confort
1:29:34tu as la situation robert n'est plus au
1:29:36centre de ses préoccupations
1:29:38ses mains ne tremble plus à l'ouverture
1:29:40du courrier elle a reçu quelques lettres
1:29:42optimiste il ne se plaint pas il a la
1:29:45chance de ne pas se trouver au centre
1:29:46des plus violents combats ils l'assurent
1:29:48de son amour et lui dit qu'ils feront un
1:29:51enfant dès son retour
1:29:54c'est année à lyon on confinait tania
1:29:56entre le magasin de literie et le petit
1:29:58appartement du premier étage
1:29:59seule la fréquentation de la piscine à
1:30:02apporter un peu de lumière à cette
1:30:03existence
1:30:05robert s'est montré un compagnon
1:30:07attentif mais sa fantaisie n'a pas suffi
1:30:09à rompre la monotonie de la vie
1:30:10provinciale
1:30:12le caractère enfantin de son mari a
1:30:14commencé à lui peser son obéissance
1:30:16aveugle aux désirs de ses parents lui
1:30:18est devenue insupportable la soumission
1:30:21de robert leur avait valu ce départ pour
1:30:22lyon elle ne pouvait pardonner à ses
1:30:25beaux parents de les avoir ainsi exil et
1:30:27martha lui a manqué dans cette période
1:30:29de menace et l'aurait tout donner pour
1:30:32retrouver sa mère l'atelier de la rue
1:30:33berthe l'animation de la butte
1:30:35montmartre
1:30:37de retour à paris elle renoue avec sa
1:30:39famille elle apprécie les dîners du
1:30:41dimanche soir chez georges et esther sa
1:30:44belle soeur est devenue une amie une
1:30:45confidente elle a retrouvé avec bonheur
1:30:47anna la soeur de robert a fait la
1:30:50connaissance de son mari de leur fils
1:30:51simon ce petit garçon autoritaire et
1:30:54charmeur si semblable à son père
1:30:58ne peut se défendre d'une attirance pour
1:30:59maxime dont l'apparence l'a séduite dès
1:31:02leur première rencontre
1:31:03mais le regard appuyé qui lui a adressée
1:31:06le jour même de son mariage la glace et
1:31:08elle le devine habitué aux conquêtes
1:31:10faciles sur de son charme un de ces
1:31:13hommes pour qui les femmes sont des
1:31:14proies
1:31:16robert fier d'avoir épousé une femme sur
1:31:19laquelle on se retourne n'a cessé de
1:31:21manifester pour elle une gourmandise
1:31:22deux petits garçons
1:31:24au début de leur vie lyonnaise il
1:31:27descendait parfois au magasin le soir
1:31:28venu et cm sur l'un des lits proposés à
1:31:31la vente
1:31:33robert faisait son choix au stick grand
1:31:36siècle ou contemporains tous les styles
1:31:38de chambre à coucher et est proposé dans
1:31:40leur hall d'exposition promesse de
1:31:42plaisir différent les stores des
1:31:44vitrines baissé pour la nuit laissait
1:31:45filtrer la lueur des réverbères et serré
1:31:48contre son mari tania sur sotter chaque
1:31:50claquements de talons dans la rue
1:31:54maxime occupe ses pensées plus qu'elle
1:31:55ne le voudrait elle a beau lutter son
1:31:59image là poursuit image troublante d'un
1:32:01homme qu'elle n'aime pas à chaque fois
1:32:04qu elle le retrouve en compagnie d'anna
1:32:05et de simon elle repense à son regard en
1:32:09toute autre circonstance elle l'aurait
1:32:10considéré comme un simple hommage mais
1:32:13le jour de son mariage
1:32:15elle n'a rien dit à robert ni à esther
1:32:18et s'en veut de ce silence comme s'ils
1:32:21sel est un pacte entre maxime et l
1:32:24cet homme qu'elle pourrait méprisé mais
1:32:27qu'elle désire pour la première fois
1:32:29elle éprouve une attirance qui ne
1:32:31s'accompagne il estime ni tendresse
1:32:34des visions trop précises l'assaillent
1:32:36leral de son cou tranchant sur la
1:32:38blancheur de sa chemise la ligne de ses
1:32:40épaules les veines saillantes de ses
1:32:43avant bras
1:32:44elle se laisse aller à imaginer son
1:32:46odeur le poids de son corps son sexe les
1:32:48muscles de ses fesses
1:32:50elle a toujours mené le jeu avec robert
1:32:52rien de son impatience jouant avec son
1:32:55désir par maxime elle se sent déjà
1:32:58dominé une sensation a connu une tension
1:33:00éprouvante
1:33:03pour s'en défaire elle renoue avec le
1:33:04dessin elle ouvre de nouveau ses carnets
1:33:07de croquis et page après page prend
1:33:09possession de ce corps en souligner les
1:33:11contours en dégagent les lignes de force
1:33:15le résultat la surprend tout le
1:33:17contraire des silhouettes fluides
1:33:19qu'elle proposait chaque semaine au
1:33:20journal
1:33:21grâce à maxime elle se découvre un style
1:33:23vigueur dans le trait qu'elles ne se
1:33:26connaissaient pas
1:33:28cette activité-là pèse elle s'isole dans
1:33:31sa chambre de longues heures le crayon à
1:33:33la main puis comme un enfant coupable
1:33:35elle cache ses esquisses au fond d'un
1:33:37tiroir
1:33:40au début de l'été s'ouvre une
1:33:41perspective nouvelle
1:33:42le magasin de lyon est devenu une charge
1:33:44inutile le risque d'une spoliation se
1:33:47précise un acheteur s'est présentée
1:33:49pourrait-elle se charger de cette
1:33:51mission le rencontrer et discuter avec
1:33:53lui des conditions
1:33:54sa belle mère trop éprouvée par le
1:33:57départ de son fils ne se sent pas la
1:33:58force d'entreprendre le voyage
1:34:00un de leurs amis qui travaillent à la
1:34:02préfecture pour à lui procurer les
1:34:04papiers nécessaires elle reprendrait son
1:34:06nom de jeune fille à la consonance
1:34:07anglaise
1:34:09tania hésite robert aurait obéi à sa
1:34:13mère sans discuter mais elle veut
1:34:15prendre le temps de réfléchir
1:34:18une idée là décident si les membres de
1:34:20la famille mettent leur projet à
1:34:21exécution et se réfugie dans l'indre
1:34:23elles pourraient les y rejoindre une
1:34:25fois ces affaires réglées la vivrai
1:34:28cette période difficile près de ceux
1:34:30qu'elle aime elle partagerait la vie
1:34:32d'anna et de simon elle se rapprocherait
1:34:34d'estaires
1:34:35elle verrait maxime tous les jours
1:34:40éprise louise a pu joindre sa cousine
1:34:42celle-ci lui à communiquer l'adresse
1:34:44d'un colonel à la retraite qui vit avec
1:34:46sa fille et pourra les accueillir dans
1:34:48sa propriété des bords de la creuse
1:34:51georges et maxime vont franchir la ligne
1:34:52en premier et s'établir à saint-gaultier
1:34:56esther anna louise et simon les
1:34:58rejoindront aussi tôt que possible
1:35:01joseph ne veux pas tenter l'aventuré
1:35:03franchir de nouveau une frontière lui
1:35:05paraît insurmontable
1:35:06il ira vivre à malakoff chez lise et
1:35:08marcel
1:35:11trouver un passeur n'a pas été aussi
1:35:13difficile qu'ils le craignaient les amis
1:35:15d'élise leur ont fourni une adresse
1:35:16l'homme rencontré dans un café de
1:35:19belleville inspire confiance il a
1:35:21franchi la ligne à plusieurs reprises et
1:35:22leur assure une totale sécurité
1:35:25ils ont rendez vous avec lui dans un
1:35:26village au sud de montoir marcel les y
1:35:29déposera
1:35:31ils connaissent les conditions une somme
1:35:33coquette à verser un minimum de bagages
1:35:36les économies cousu dans la doublure de
1:35:38la veste des faux papiers
1:35:42comme convenu une date une heure le
1:35:45temps d'une boisson dans l'arrière salle
1:35:46d'un café et puis une marche sous la
1:35:48lune dans le bruissement d'une campagne
1:35:50inconnu
1:35:52la vision du poste de garde en ombres
1:35:54chinoises sur le ciel étoilé l' angoisse
1:35:56du passage et enfin la liberté la
1:35:59poignée de main de l'homme qui s'enfonce
1:36:00de nouveau dans l'obscurité et les
1:36:02abandonnent à proximité d'un village
1:36:03endormi
1:36:05la tante du petit matin sur la paille
1:36:07d'une grange et le trajet en autocar
1:36:09jusqu'à châteauroux
1:36:12enfin le coup de téléphone au colonel
1:36:13qui vient les chercher dans sa vieille
1:36:15traction et les conduits chez lui
1:36:18thérèse sa fille leur fait les honneurs
1:36:20de la maison ils sont libres le temps de
1:36:23prendre leurs repères et ils pourront
1:36:25faire signer aux femmes
1:36:28sur un escarpement qui domine la creuse
1:36:30la petite ville est blotti autour de son
1:36:32église romane elle précipite ses
1:36:35venelles en pente raide vers les berges
1:36:36recouverte de aux herbes présent voir
1:36:39franchis le pile d'un pont dont les
1:36:40trois arches reflétée par le cours en
1:36:41dessinent des cercles parfaits la
1:36:44rivière s'engouffre sous l' usine
1:36:45hydroélectrique qui transforme ses eaux
1:36:47grises en lumière
1:36:49les rues du centre de l'agglomération a
1:36:51ligne de modestes maisons qui ne dépasse
1:36:53pas un étage et à la périphérie de
1:36:56chaque côté des berges quelques
1:36:57propriétés imposante règne sur des
1:36:59parquets l'ombragé
1:37:01celle du colonel trône au milieu
1:37:03d'arbres centenaires
1:37:05les bordés d'un mur est percé d'une
1:37:06porte métallique qui donne accès aux
1:37:08berges
1:37:09l'euro tu habites le rez de chaussée
1:37:11avec sa fille au premier étage 4
1:37:13chambres sont à leur disposition
1:37:16maxime et georges choisissent les plus
1:37:18spacieuses qu'ils occuperont avec anna
1:37:20esther louise et simon se partageront
1:37:23les deux autres
1:37:25tout leur a paru si facile ils ne
1:37:28mesurent pas les risques qu'ils ont
1:37:29couru
1:37:29sur les conseils de thérèse maxime prend
1:37:32contact avec l'école du village pour
1:37:34proposer ses services et participer à
1:37:36l'éducation sportive des enfants
1:37:38georges pourrait entretenir les jardins
1:37:40il renoue avec la pêche pour
1:37:41approvisionner thérèse avec ces poissons
1:37:43de rivière qui agrémentera l'ordinaire
1:37:47à 50 ans passés thérèse l'institutrice
1:37:49du village vit dans l'ombre du sol
1:37:51hommes de sa vie son père elle dirige la
1:37:54maison avec autorité veille sur le
1:37:56régime du colonel ans gouvernante
1:37:58inflexible
1:38:00cette femme sans homme se méfie de
1:38:02maxime
1:38:03mais le séducteur finit par
1:38:05l'apprivoiser
1:38:06sensible à son charme elle le lui
1:38:08témoigne par de multiples attentions
1:38:10est à sa fenêtre lorsqu'il fait sa
1:38:12gymnastique matinale torse nu sur la
1:38:14pelouse
1:38:15le contemple bouleversé et confie ses
1:38:18émois son journal intime
1:38:23magasin de la rue du bourg-l'abbé aidé
1:38:25de joseph esther est venu la rejoindre
1:38:28louise leur prêtent main forte les jours
1:38:30d'affluence
1:38:32sa clientèle s'est raréfiée elle ne
1:38:34reçoit plus que ces patients les plus
1:38:35fidèles et préfère ne pas savoir
1:38:37pourquoi les autres ne font plus appel à
1:38:39ses services
1:38:40les trois femmes c'est paul se confie
1:38:43dînent ensemble elles ont reçu un
1:38:45premier courrier des sommes qui leur
1:38:47chante les louanges de saint gaultier et
1:38:48promettent d'écrire bientôt pour leur
1:38:50donner le feu vert
1:38:51simon règne sur l'assemblée il
1:38:53s'accroche à cette mère qui n'a plus que
1:38:55lui 1-1 66 seul dans l'appartement de
1:38:58l'avenue gambetta qu'elle ne trouve pas
1:39:00le courage d'interdire son grand lit
1:39:01glacée à son fils
1:39:04il s'installe à la place de son père la
1:39:06tête sur son oreiller son chien de
1:39:08peluches serré contre sa poitrine
1:39:10chaque soir le petit homme redevient un
1:39:13enfant craintif effrayés par les ombres
1:39:16de sa chambre
1:39:17anna le regard de s'endormir ému par son
1:39:20application à trouver le sommeil elle
1:39:23reconnaît maxime danser sourcil froncé
1:39:24dans ses poings serrés
1:39:27cet homme et toute sa vie elle en est
1:39:28plus sûr que jamais
1:39:30dans quelques jours elle retrouvera sa
1:39:32chaleur elle partagera de nouveau ses
1:39:34nuits
1:39:36qui accorde si facilement sa confiance
1:39:38distribuer sans compter son affection se
1:39:42sent coupable de ressentir comme une
1:39:43menace la présence de sa belle-soeur
1:39:47depuis cet après midi au stade son coeur
1:39:49est toujours en alerte
1:39:51elle admire tania mais cette force vive
1:39:54cette beauté en liberté représente un
1:39:55véritable danger et elle ne peut
1:39:57s'empêcher de se réjouir de son départ
1:39:59pour lyon
1:40:00elle pense souvent à robert écrin chaque
1:40:03jour l'annoncent d'une mauvaise nouvelle
1:40:05que son petit frère revienne et que
1:40:07tania trouve à nouveau refuge auprès de
1:40:08lui elle est fière de parvenir à faire
1:40:11tourner le commerce sans l'aide de son
1:40:13mari heureuse de se priver pour simon de
1:40:16veiller sur lui avec tout son amour
1:40:18maxime lui en sera reconnaissant
1:40:22vraiment
1:40:23c'est la phrase qui m'est venu à
1:40:25l'esprit lorsque plus tard j'ai
1:40:26découvert ces photos ému par sa rondeur
1:40:29par la fraîcheur de ses yeux clairs posé
1:40:31sur maxime brient d'une confiance
1:40:33absolue
1:40:35ce regard qui allait se voiler ce
1:40:38sourire sur lequel s abattre le feu du
1:40:40ciel
1:40:42jusqu'à l'arrivée de la seconde lettre
1:40:44elle a pu croire que son départ pour cet
1:40:46autre france allait lui permettre de
1:40:48retrouver son bonheur
1:40:49mais un à un les murs sont tombés ces
1:40:53murs au kb s appuyer chaque jour si peu
1:40:56sûr de sa force
1:41:00des tenues secrètes
1:41:02petit matin tout le 11e arrondissement a
1:41:03été bouclé à chaque entrée de rue chaque
1:41:06bouche de métro les forces de police se
1:41:08tiennent prêtes
1:41:09on frappe aux portes on surprend des
1:41:11familles un sommet y est on leur laisse
1:41:13à peine le temps de réunir quelques
1:41:14affaires et on les force à dévaler les
1:41:16escaliers parfois à coups de pied ou de
1:41:18cross pour les entasser dans des autobus
1:41:21pour quelle destination
1:41:25informations sont contradictoires les
1:41:27plus optimistes ont entendu parler de
1:41:29cet état juif que l'allemagne
1:41:30hitlérienne envisage de créer à l'est ou
1:41:32bien encore à madagascar qui deviendrait
1:41:34la nouvelle palestine
1:41:37les autres ceux qui tentent de s'enfuir
1:41:39ceux qui se jettent par la fenêtre ou
1:41:41confient leurs enfants en toute hâte des
1:41:42voisins n'ont accordé aucun crédit à
1:41:45cette fable ils savent qu'il existe au
1:41:47delà des frontières des lieux dont on ne
1:41:49revient pas
1:41:51à peine arrivé rue du bourg-l'abbé à
1:41:53n'apprend pas rester à la nouvelle qui a
1:41:55fait le tour de tous les magasins du
1:41:56quartier
1:41:57plus grandes rafles organisées depuis le
1:41:59début de l'occupation vient de se
1:42:01dérouler
1:42:02elle se précipite boulevard richard
1:42:04lenoir et comprend aussitôt en voyant le
1:42:06magasin fermé ainsi que l'appartement
1:42:08des scellés ont été apposés sur les
1:42:11portes des voisins lui confirme le
1:42:13départ de ses parents au petit matin
1:42:14avec les centaines d'autres habitants du
1:42:16quartier et recenser ou dénoncer
1:42:20le premier mur vient de tomber à nava si
1:42:23je retourne au magasin se jeter dans les
1:42:26bras de louise esther au milieu de ses
1:42:29larmes elle réclame maxime comme une
1:42:31petite fille perdue
1:42:34lorsque la seconde lettre arrive de
1:42:36l'indre anin reprend espoir
1:42:39les hommes leur annonce que tout est
1:42:40prêt pour les accueillir les bords de
1:42:42creuse leur feront oublier menacé
1:42:43privations elle des chiffres avec peine
1:42:46l'écriture serrée de maxime jusqu'à ce
1:42:49qu'elle tombe sur les deux lignes qu'il
1:42:51atteigne en plein coeur
1:42:52la lettre tant attendu lui tombe des
1:42:55mains tania vient de rejoindre ses beaux
1:42:58frères arrivé de lyon elle s'est
1:43:01installée auprès d'eux depuis quelques
1:43:02jours
1:43:03quand elles seront à saint gaultier avec
1:43:05simon la famille sera presque au complet
1:43:07maxime lui annonce cette bonne nouvelle
1:43:09avec joie
1:43:12le deuxième mur s'effondre avec fracas
1:43:15anna a quitté la protection de sa
1:43:18famille pour se réfugier sous la halle
1:43:19de maxime sans lui n'est plus rien
1:43:24elle croit perdre la raison ses parents
1:43:26l'ont abandonnée c'est au tour de son
1:43:27mari soudain elle en est sûre elle c'est
1:43:31pourquoi sa belle sera fait ce voyage
1:43:33tu as besoin d'aucune preuve son
1:43:35instinct ne peut la trompait au fond
1:43:38d'elle-même une certitude aurait fait
1:43:40son nid rien ne pourrait empêcher ces
1:43:42deux-là de se retrouver tania est là bas
1:43:44auprès de maxime
1:43:47tout bascule vie lui devient
1:43:49insupportable
1:43:51esther et louise lavoie défaillir ses
1:43:54jambes ne la soutiennent plus livide
1:43:57elle s'accroche à un comptoir
1:43:58en lisant la lettre toutes deux
1:44:00comprennent
1:44:02ce terreau est bouleversée par la
1:44:03douleur dana elle voudrait pouvoir lui
1:44:05dire à quel point ils se sentent
1:44:06coupables c'est elle qui a fourni à
1:44:09tania l'adresse du colonel juste avant
1:44:11son départ pour lyon
1:44:14décide de hâter leur voyage gaston le
1:44:17manutentionnaire du magasin leur a
1:44:19procuré les faux papiers dont elle avait
1:44:20besoin elles connaissent l'adresse du
1:44:22passeur dans quelques jours elles seront
1:44:24à saint gaultier
1:44:26anna les laisse tout organiser fermer le
1:44:29magasin le cabinet de louise elle ne
1:44:32réagit plus il faut la prendre par la
1:44:34main choisir pour elle les objets de
1:44:36première nécessité
1:44:37préparez le bagage de simon
1:44:41la veille du départ elle refuse soudain
1:44:42deux parties elle veut rester à paris
1:44:44avec son fils elle doit attendre le
1:44:47retour de ses parents si robert revient
1:44:49blessé elle devra prendre soin de lui
1:44:51ses yeux segarel délire presque il faut
1:44:55toute l'énergie de louise et d'esther
1:44:56pour la convaincre
1:44:58sous leur autorité elle finit par
1:45:00accepter le départ mais se réfugie dans
1:45:02un mutisme total
1:45:05marcel se charge de les mener près de
1:45:07montoir et de les déposer sur le lieu de
1:45:09leur rendez vous avec le passeur simon
1:45:11excité par l' aventure dévore des yeux
1:45:14le paysage derrière les vitres de la
1:45:15citroën il interpelle sa mère qui le
1:45:18regardent à peine
1:45:20louise esther se taisent elles aussi
1:45:22leurs angoisses décuplée par le
1:45:24comportement d'anna elle ne tente aucun
1:45:26geste affectueux vairelles de crainte de
1:45:28provoquer ses pleurs
1:45:30jusqu'à leur arrivée dans le café on
1:45:33n'entendra pas sa voix un peu plus tard
1:45:35elle parlera pour la première fois
1:45:38depuis le départ de paris alors elle
1:45:41prononcera une phrase une seule qui
1:45:43perdra ciment
1:45:47insistance louise m'a raconté ce qui
1:45:50resterait à jamais gravé dans sa mémoire
1:45:52elle m'avait tout du drame tout ce que
1:45:55mes parents lui avaient confié tout ce
1:45:57qu'elle avait vécu en leur compagnie
1:45:58tout sauf l'essentiel
1:46:01une ombre demeurait la famille voulait
1:46:04croire à l'incroyable imprudence dana
1:46:06qui avait causé sa perte entraînant
1:46:08celle de simon
1:46:11devant mon insistance
1:46:12ma vieille amie a fini par m'avouer ce
1:46:14qui s'était réellement passé ce soir là
1:46:16dans le café tout près du poste de garde
1:46:19anna la timide la mère parfaite s'est
1:46:23transformé en héroïne tragique la
1:46:26fragile jeune femme est soudain devenue
1:46:27une médée sacrifiant son enfant et sa
1:46:30propre vie sur l'autel de son amour
1:46:32blessés
1:46:36louise sont installés à une table à côté
1:46:38du bar à nay simon un peu plus loin près
1:46:41de la fenêtre la salle est vide ils sont
1:46:45les seuls clients du café on entend le
1:46:47tic-tac d'une grosse comtoise le patron
1:46:50nettoie son zinc en bavardant avec le
1:46:52passeur tout paraît si calme
1:46:55un avant goût de cette liberté qui les
1:46:57attend à quelques kilomètres à peine
1:47:00l'homme leur a conseillé de se séparer
1:47:02afin que leurs groupes n'attire pas
1:47:03l'attention après avoir remisé leurs
1:47:05bagages à l'extérieur dans un appentis
1:47:07il est allé le rechercher des boissons
1:47:10il a repéré les horaires des tours de
1:47:11garde c'est à quel moment la tension des
1:47:14veilleurs se relâchera leur a dit qu'il
1:47:17faudrait faire vite récupérer les sacs
1:47:19et courir dans l'obscurité d'un petit
1:47:20chemin dont il connaît chaque pierre
1:47:23prévenu que l'on allait marché de nuit
1:47:25dans la campagne simon sert son petit
1:47:28chien contre lui et bois la limonade que
1:47:30l'homme lui a servi anna ne touche pas
1:47:32sa tasse elle fixe le ciel étoilé au
1:47:35delà de la fenêtre de temps à autre
1:47:37comme absente elle caresse les cheveux
1:47:39de son fils
1:47:40esther et louise la regarde de loin avec
1:47:43anxiété
1:47:44symonds demandent à aller aux toilettes
1:47:46on lui indique le chemin
1:47:48anin veut se lever pour l'accompagner
1:47:50mais d'un geste il lui signifie qu'il
1:47:52est assez grand pour se débrouiller tout
1:47:53seul
1:47:55au passage il confie son chien à louise
1:47:59elle sourit regardant s'éloigner vers le
1:48:02fond de la salle le petit homme
1:48:04autoritaire et charmeur
1:48:071 on entend crise et les freins d'une
1:48:09automobile des packs lac dans la nuit et
1:48:12la porte du restaurant s'ouvre sur trois
1:48:14officiers en uniforme
1:48:17louise esther se sentent blêmir
1:48:18instinctivement louise cache le petit
1:48:20chien sous la table puis porte la main à
1:48:22sa poitrine pour s'assurer qu'aucun fil
1:48:24de l'étoile décousu unis est resté
1:48:26accroché
1:48:27anna ne réagit pas à l'entrée des hommes
1:48:31le dos du passeur se contracte accoudé
1:48:34au bar il porte son verre à ses lèvres
1:48:35et fixe les rangées de bouteilles
1:48:37deux des hommes restent en faction près
1:48:40de la porte le troisième se dirige vers
1:48:42louise esther et leur demander leurs
1:48:44papiers
1:48:45elle maîtrise le tremblement de leurs
1:48:47mains sortent leur carte d'identité de
1:48:49leurs sacs
1:48:50au moment où louis se lève l'épaisse
1:48:53semelle de sa chaussure orthopédique
1:48:54heurte le pied de sa chaise
1:48:56l'homme dit quelque chose en allemand à
1:48:58ses deux collègues qui lui répondent en
1:48:59rien
1:49:00le patron du café temps une plaisanterie
1:49:03le passeur se force à sourire
1:49:05l'officier ne réagit pas et plonge son
1:49:07regard dans les yeux des deux femmes
1:49:08après avoir contemplé leur photographie
1:49:12il laurent leurs papiers contrôler ceux
1:49:15du passeur puis se dirige vers anaky ne
1:49:17s'est pas détourner de la fenêtre
1:49:19une fois près d'elle il tente une main
1:49:21autoritaire et là je me fais un plan de
1:49:24ses yeux dans les siens
1:49:26louise esther retiennent leur souffle la
1:49:29voix fouiller dans son sac contempler
1:49:31ses papiers déposés en évidence sur la
1:49:34table avant d'en sortir d'autres qu'elle
1:49:37tend à l'homme sans lâcher son regard
1:49:41décontenancé l'officier hausse les
1:49:42sourcils
1:49:44à peine at il jeté un oeil sur le
1:49:46document qui la boit un ordre
1:49:48leicester et louise paralysé comprennent
1:49:51ce qui vient de se passer
1:49:52on entend alors un trottinements sur le
1:49:54parquet de la salle simon vient de
1:49:57sortir des toilettes et se précipite
1:49:58vers sa mère
1:50:00louise voudrait lui faire signe de se
1:50:01taire de se diriger vers elle mais il
1:50:04est trop tard l'homme interrogé delà du
1:50:06regard
1:50:07sans hésiter d'une voix calme elle
1:50:11répond
1:50:12c'est mon fils
1:50:15anaïs symonds quittent le café encadrés
1:50:18par les trois hommes tout s'est joué en
1:50:21quelques secondes
1:50:23anna est déjà loin le regard perdu
1:50:25simon suis sa mère et longe la table des
1:50:28deux femmes sans leur adresser la parole
1:50:29sur son passage louise se dresse mais
1:50:32une main ferme posée sur son épaule la
1:50:36force à se rasseoir celle du passeur qui
1:50:38la fout droit du regard
1:50:40les officiers n'ont rien vu la porte se
1:50:43referme sur la nuit noire on entend
1:50:45démarrer la voiture et c'est nouveau le
1:50:47silence
1:50:50esther et louise s'effondre mais le
1:50:53passeur ne leur laisse pas le temps de
1:50:54réfléchir il est pâle le front luisant
1:50:57de sueur c'est maintenant ou jamais
1:51:00il faut partir ramasser les affaires
1:51:02dans l'appentis et emprunter le sentier
1:51:04qui mène vers la liberté elles se
1:51:06chargeront des soc de la mère et de
1:51:08l'enfant
1:51:10en se levant louise cogne un objet sous
1:51:12la table le chien de simon
1:51:16petit garçon est parti sans son
1:51:17compagnon lui rendre les aurait
1:51:20condamnés de toute façon il n'ya même
1:51:22pas songé est le pressent contre son
1:51:24visage le mouiller de ses larmes
1:51:27l'homme le bouscule les fait sortir en
1:51:29hâte
1:51:30esther fait peur à voir le trait de
1:51:32crayon gras qui souligne ses yeux a
1:51:34coulé lui dessine des cernes verdâtre
1:51:36son épaisse chevelure rousse accentue sa
1:51:39pâleur la nuit fraîche malgré la saison
1:51:42le ciel constellé d'étoilés
1:51:44louise sert le petit chien contre sa
1:51:46poitrine elle se dit que six mois a eu
1:51:49raison de le protéger avec le manteau
1:51:51tricoté par anna
1:51:55une heure plus tard elles sont en zone
1:51:57libre la campagne est agité de murmures
1:52:00les herbes ondule au passage de chasse
1:52:02en maraude on entend le hululement d'un
1:52:05rapace elle avance sur une route déserte
1:52:08baignée par la clarté de la lune
1:52:10cherchant un abri pour attendre le lever
1:52:13du jour
1:52:15louise imagine le tableau pitoyable que
1:52:17doivent offrir leurs deux silhouettes un
1:52:19fantôme blafard au maquillage en islande
1:52:21qui étouffe des sanglots et une pauvre
1:52:24juive claudicante un sac dans chaque
1:52:26main un chien en peluche coincé sous le
1:52:29bras
1:52:31de l'autre côté de la ligne une voiture
1:52:32file dans la nuit balayant de ses phares
1:52:34la route hostile
1:52:36vers quel cauchemar conduit-elle ses
1:52:38passagers une femme hagarde et un petit
1:52:41garçon qui de son nom est inquiétante de
1:52:43percer l'obscurité
1:52:46louise esther partagent la même pensée
1:52:49elles ont échoué dans la mission qui
1:52:51leur a été confiée comment pourront-ils
1:52:54affronter l'arrivée à saint gaultier
1:52:55annoncé la nouvelle aux hommes qui les
1:52:57attendent
1:53:02[Musique]
1:53:10lorsque tania apparaît derrière les
1:53:12grilles de la propriété maxime d'ebita
1:53:15lâche le tronc d'un arbre arraché par le
1:53:17vent il a trouvé son rythme assure son
1:53:20geste et la lame s'enfonce à chaque fois
1:53:22plus profondément dans la blessure
1:53:24cette activité occupe son esprit
1:53:26mobilise ses muscles rester trop
1:53:29longtemps inactif
1:53:30georges n'est pas encore rentré de la
1:53:32pêche et s'est installé au bord de la
1:53:34rivière à l'abri d'un sol son saut est
1:53:36rempli de poissons il imagine son
1:53:38arrivée dans la cuisine la joie de
1:53:39thérèse la vue de son butin
1:53:42fille du colonel lee sur la terrasse
1:53:44allongé sur une chaise longue bercé par
1:53:46le choc régulier de la hache de temps à
1:53:49autre elle caresse des yeux l'homme en
1:53:51bras de chemise admire son effort
1:53:53l'encouragent de la voix c'est elle qui
1:53:56voit tagne en premier
1:54:00saute saisi par la beauté de la jeune
1:54:02femme qui se tient immobile de l'autre
1:54:04côté du mur est un sac de voyage à la
1:54:06main une silhouette parfaite vêtue d'une
1:54:10petite robe grise aux épaules droites à
1:54:12la taille marquée
1:54:14le ressens un pincement au coeur cette
1:54:17présence radieuse annonce un malheur
1:54:18elle en est sûre
1:54:20les deux hommes lui ont parlé d'elle et
1:54:23elle l'a reconnu avant même que maxime
1:54:25ne lève la tête pour l'apercevoir à son
1:54:26tour il tressaille laisse sa hache
1:54:30plantée dans le tronc de l'arbre et suit
1:54:33son front
1:54:34ils se font face
1:54:37maxime est debout les bras ballants à
1:54:40quelques mètres de tania toujours
1:54:41immobile derrière les grilles
1:54:43lorsque thérèse surprend leur regard
1:54:45elle comprend un nuage traversent le
1:54:48ciel et vient masquer le soleil de cet
1:54:51après midi
1:54:54installera dans la chambre destinée à
1:54:55simon qui dispose de deux lits jumeaux
1:54:58maxime et george-sand presse auprès de
1:55:00leurs belles soeurs il faut faire le
1:55:02tour du village l'emmène admirer
1:55:04l'église et le prieuré l'accompagnent
1:55:06sur les rives de la creuse
1:55:10son arrivée elle tente d'appeler ses
1:55:11beaux parents sans succès elle imagine
1:55:14le grelot du téléphone résonnant dans le
1:55:16salon désert trou en un silence de mort
1:55:19elle envoie un télégramme à martha pour
1:55:22la rassurer mais ne veux pas penser à
1:55:24robert
1:55:26comme une petite fille obstinée elle a
1:55:28cédé à un caprice elle est enfin auprès
1:55:30de l'homme qu'elle désire
1:55:32il la tire plus que jamais elles luttent
1:55:34contre la tentation de se réfugier
1:55:35contre son torse de coller sa bouche à
1:55:38la sienne rien n'a d'importance en
1:55:40dehors de cette force qui la possèdent
1:55:42tout entière
1:55:45jour après jour les yeux de maxime se
1:55:47font plus insistants leur réponds se
1:55:50laisse envahir par ces vagues de désir
1:55:53elle peut se livrer encore à ce jeu
1:55:55troublant l'arrivée d'anna et de simon y
1:55:57mettra fin
1:55:58à chaque fois qu'elle s'abandonne au
1:56:00regard clair de maxime elle se sait
1:56:03observée par thérèse institutrice réagit
1:56:05comme une enfant jalouse
1:56:09bouleversé par tania maxime se retourne
1:56:11chaque nuit sans fin obsédé par l'image
1:56:13de la jeune femme qui dort dans la
1:56:14chambre voisine sa chevelure répandu sur
1:56:17l'oreiller ça pour aller tranchant sur
1:56:19la pâleur des draps
1:56:23terre et louise à peine arrivé s'était
1:56:26effondré dans les bras de maxime et de
1:56:27jorge
1:56:28luiz me dira qu'elle ne s'était senti ni
1:56:31l'une ni l'autre le courage d'évoquer
1:56:32l'acte suicidaire d'anna et avait choisi
1:56:35de parler d'une imprudence d'un oubli
1:56:39comment la vie elle et elle s'organisait
1:56:40autour de l'absence d' hannah et de
1:56:41simon laissant chacun aux prises avec
1:56:44des images insoutenables
1:56:46maxime s'était réfugié dans sa chambre
1:56:48il était resté de longues heures assis
1:56:50sur le bord du lit la tête entre les
1:56:52mains
1:56:53dans un coin derrière un fauteuil en
1:56:56avait déposé les sacs rapportés par
1:56:58louise esther
1:56:59il resterait fermée sur leurs souvenirs
1:57:03couché sur celui de simon le petit chien
1:57:05au moins taux de tricot veiller sur les
1:57:07affaires de son maître
1:57:09maxime n'avait pu supporter sa présence
1:57:11il avait demandé qu'on l'éloignent de
1:57:13lui
1:57:14son fils et sa femme aux mains de
1:57:16l'ennemi sans doute parquet avec
1:57:19quelques milliers d'autres dans l'une de
1:57:20ces enceintes où la haine s'exprime sans
1:57:22retenue et lui pendant ce temps à
1:57:25l'ombre des grands arbres du parc bercé
1:57:27par le chant des oiseaux tout entier à
1:57:30son désir
1:57:32tenter d'imaginer les sentiments de ma
1:57:34mère face à la nouvelle
1:57:35l'ennemi dont elle avait fui la menace
1:57:38devenait un allié balayant le seul
1:57:40obstacle qui se dressait entre elle et
1:57:42mon père
1:57:43tout devenait possible si anna et simon
1:57:46ne devait pas revenir
1:57:50à saint-gaultier on essaie de se
1:57:51rassurer on veut croire que la mère et
1:57:53l'enfant sont détenus dans l'une de ces
1:57:55localités dont le nom sur un salie à
1:57:57jamais dans six pithiviers et
1:58:00beaune-la-rolande
1:58:02on y souffre de la promiscuité
1:58:04on y manquent de tout mais comment
1:58:06imaginer que l'on puisse y mourir
1:58:09seul le colonel en sait davantage ses
1:58:12échanges avec les réseaux de résistance
1:58:14les informations que lui font parvenir
1:58:15ses contacts américains lui ont appris
1:58:18l'existence d'un mal absolu au delà des
1:58:20frontières
1:58:21il n'en a parlé à aucun de ses hôtes il
1:58:24ne veut pas ajouter à leurs inquiétudes
1:58:25et refusent encore de croire à une telle
1:58:28entreprise de destruction
1:58:31maxime
1:58:32enfermé dans sa chambre la plus grande
1:58:34partie de la journée traces autour de
1:58:36lui un cercle de silence
1:58:38on ne sait que lui dire on respecte sa
1:58:41douleur dans la grande demeure les
1:58:44ombres danaï de simon plane sur chacun
1:58:46on croit entendre les cavalcades du
1:58:48petit garçon dans l'escalier on voudrait
1:58:51emmener se baigner dans la creuse
1:58:53on imagine anna sur la terrasse occupé à
1:58:56sa broderie couvant des yeux son mari et
1:58:58son fils qui luttent sur l'herbe du parc
1:59:01tania pour s'éloigner de maxime passe
1:59:03ses journées en compagnie des stars et
1:59:04de louise
1:59:06se promène dans les chemins de campagne
1:59:07parle de tout sauf de nay de simon
1:59:11commente annie à pourrait-elle encore
1:59:13joué avec le désir de maxime elle évite
1:59:16baisse les yeux lorsqu elle le croise
1:59:18l'absence de sa femme et de son fils
1:59:20dresse entre une barrière
1:59:22infranchissable
1:59:25les semaines passant maxime revient peu
1:59:28à peu à la vie il sort de sa chambre
1:59:30pour débiter du bois à longueur de
1:59:31journée ou parcours de longues marches
1:59:35car l'observent à la dérobée guettant
1:59:37une étincelle de vie dans son oeil est
1:59:39un
1:59:40quand la maison s'éveille la table est
1:59:42déjà mise pour le petit déjeuner sur la
1:59:44nappe trône un bain frais un pot de
1:59:46confiture
1:59:47maxime levée dès l'aube s'est occupé de
1:59:50tout après sa gymnastique matinale
1:59:52il ne peut s'attarder au lit dès son
1:59:55réveil il angoisse pèse de tout son
1:59:56poids l'idée d'un détour par la chambre
1:59:58de tania lui est devenu impossible
2:00:01lui qui méprisent superstition et rituel
2:00:03n'est pas loin de croire à un châtiment
2:00:05du ciel tous les jours ils passent à la
2:00:08poste pour téléphoner à paris son retour
2:00:11personne ne se hasarde à lui poser des
2:00:13questions
2:00:15en début d'après midi au plus fort de la
2:00:17chaleur tania enfile une robe légère par
2:00:20dessus son maillot elle descend vers la
2:00:22creuse une serviette à son bras elle
2:00:24nage d'une rive à l'autre jusqu'à n'en
2:00:26plus pouvoir elle parfait ses plongeons
2:00:29depuis la pile du pont effondré
2:00:32dans l'eau glacée elle voit les herbes
2:00:34qui ondule le tapis grisâtre de la vase
2:00:37devant ses yeux défilent une procession
2:00:40des débris de végétation entraîné par le
2:00:42courant happé par les vannes de lusine
2:00:45quand elles émergent dans la lumière
2:00:47aveuglante la spire une goulée d'air
2:00:48secoue ses cheveux comme pour dissiper
2:00:50un mauvais rêve et se lance à nouveau
2:00:52dans une nage obstiné
2:00:55elle épuise son corps ne sort de look à
2:00:57bout de souffle lorsque ses muscles ne
2:00:59répondent plus
2:01:02soir à la veillée les conversations
2:01:04languissent
2:01:05maxime prend congé le premier
2:01:08on entend son pas lourd gravir les
2:01:10marches la porte de sa chambre se
2:01:12refermer
2:01:13plus tard georges et les femmes montent
2:01:16à leur tour
2:01:17tous avant de sombrer dans le sommeil
2:01:19pense tous deux absents blottis l'un
2:01:23contre l'autre dans une nuit peuplé de
2:01:24sanglots
2:01:27s'il n'en peut plus de ces nuits passées
2:01:29à rechercher anna et simon parfois
2:01:32repensant tout récit de louise et
2:01:33d'esther il maudit l'inconscience de sa
2:01:35femme
2:01:36comment at elle pu oublier ses vrais
2:01:38papiers au fond de son sac par sa faute
2:01:41il est peut-être jamais séparée de son
2:01:43fils
2:01:45ce qu'il émerge de ces semaines
2:01:46d'isolement son premier regard et pour
2:01:49tania
2:01:50il ne veut plus résister
2:01:53une après midi alors que la maison
2:01:55s'assoupit ils l'accompagnent sur les
2:01:57bords de la rivière
2:01:59sans échanger un mot il traverse le parc
2:02:01franchissent le portail qui mène à la
2:02:03berge étendent leur serviette sur
2:02:05l'herbe tiède
2:02:06tania se déshabille devant lui fait
2:02:09glisser sa robe et apparaît dans le
2:02:11maillot noir qu'elle portait à
2:02:12l'alsacienne
2:02:14elle plonge aussitôt il commence sa
2:02:16traversée battant l'aude un mouvement
2:02:18régulier
2:02:21s'ils me regarde s'éloigner la
2:02:22silhouette de la nageuse qui fend l'eau
2:02:23scintillante à mi chemin et s'arrêtent
2:02:26pour grimper sur la pile du pont lui
2:02:28adresse un signe
2:02:30l'air vibre autour d'elle elle écarte
2:02:33les bras cambre le dos il voit frémir
2:02:35les muscles de ses cuisses avant qu'elle
2:02:37prenne son essor et reste suspendue un
2:02:39instant dans l'espace
2:02:40à la vue de cette flèche noire tranchant
2:02:43sur le blanc du ciel son désir rooney
2:02:46l'étau se desserre et il pleure pour la
2:02:50première fois depuis l'arrivée de louise
2:02:51esther
2:02:54il ne cherche pas à se cacher de tania
2:02:55lorsqu'elle se hisse sur la berge il lui
2:02:58offre sa douleur les yeux nu
2:03:01face à lui et le reste immobile
2:03:03ruisselante elle tend sa main mouillée
2:03:06il s'en saisit ayant fui son visage elle
2:03:11s'approche de lui ils entourent sa
2:03:13taille de ses bras et puis ça joue sur
2:03:14les toffes du maillot ils touchent enfin
2:03:17le corps de tania
2:03:19après s'être allongée dans deux fois en
2:03:21rêve dans ce chaleur c'est la peau glace
2:03:23et de la nageuse qui s'offre à lui
2:03:26l'eau de la creuse se mêle à ses larmes
2:03:28il reste ainsi un long moment puis se
2:03:31détache toujours sans amour
2:03:35tania s'allonge à côté de lui et tous
2:03:36deux fils le ciel la ville dort seul le
2:03:41grondement sourd de lusine trouble le
2:03:42silence
2:03:44maxime c'est qu'il ne résistera plus
2:03:48la nuit venue il pousse la porte de la
2:03:51chambre s'y glissent sans bruit se
2:03:53faufile entre les draps écoles ça
2:03:55pourrait celle de la jeune femme
2:03:57la douleur le submerge ça bouge contre
2:04:01celle de tania dans la saveur salée de
2:04:04ses larmes ils se pressent contre elle
2:04:06sans rouler ses muscles palpite contre
2:04:09le ventre de la jeune femme
2:04:11ils n'osent aucune caresses mais
2:04:12s'accroche à son corps l'entourant de
2:04:14ses bras et de ses jambes
2:04:16et s'enivre de son parfum et sombre dans
2:04:19un sommeil sans rêves
2:04:21plusieurs nuits syndrome d'un si serrés
2:04:24l'un contre l'autre chassant les ombres
2:04:26qui les entoure
2:04:28au petit matin il regagne sa chambre
2:04:30avec des précautions de collégiens
2:04:33séducteur est devenu à l'adolescent
2:04:35transit recherchant la douceur et la
2:04:37tendresse de tania s'approchant d'elle
2:04:39avec prudence pour se contenter de ses
2:04:41baisers et du contact de sa peau
2:04:46soir enfin
2:04:48israël à prendre
2:04:49la crainte d'être entendu bridera ses
2:04:52élans louise esther et georges ne sont
2:04:55séparés d'eux que par une cloison
2:04:56maxime laissera aller et venir serrer un
2:04:59plongera au plus profond de tania
2:05:01jusqu'au moment où n'y tenant plus il
2:05:04mordra ses lèvres pour ne pas crier
2:05:06l'effort pour se contenir décuplera son
2:05:08plaisir il tient dans ses bras celles
2:05:11qui le désirent depuis des années mais
2:05:13sur le point de perdre conscience c'est
2:05:16l'image d'anna qui lui apparaît
2:05:18alors de toutes ses forces il la
2:05:21repousse rejetant son visage clair dans
2:05:23la nuit
2:05:26j'en étais là grâce aux révélations de
2:05:29louise je vais bâti ce récit pour en
2:05:32arriver à cette nuit une nuit durant
2:05:36laquelle un petit garçon et sa mère
2:05:37quittait définitivement cette terre pour
2:05:40entrer dans le silence
2:05:42lcl est le destin de mes parents et
2:05:45allait me permettre de venir au monde
2:05:46quelques années après la mort de simon
2:05:49je ne pouvais n'être qu'à cette
2:05:51condition
2:05:52sa vigueur cédait la place à ma
2:05:54fragilité et s'enfoncer dans la nuit
2:05:56afin que je puisse voir le jour
2:06:00lui ou moi un scénario comparable à
2:06:03celui des corps à corps nocturne avec le
2:06:05frère imaginaire qui partageait ma
2:06:06chambre
2:06:08on ne prononcera plus son nom ni celui
2:06:10d'anna
2:06:12ne resteront deux que des sales
2:06:13abandonnées derrière un fauteuil
2:06:16des vêtements des odeurs un chien de
2:06:19peluches des objets orphelins quelques
2:06:22photos que l'on reléguerait dans l'ombre
2:06:24il dépensé coupable dont je supporterai
2:06:27le poids
2:06:30à saint gaultier la tension est palpable
2:06:32dans le salon à l'heure de la veillée
2:06:34dans la salle à manger au moment des
2:06:36repas
2:06:37la maisonnée aux aguets observer les
2:06:39amants aucun des autres n'est dupe de
2:06:42leur apparente indifférence
2:06:44esther se contient avec peine elle
2:06:47voudrait écrié son mépris craché au
2:06:49visage du couple dont chaque étreinte
2:06:51est une insulte à la mémoire des
2:06:52disparus
2:06:53un vrai crime à ses yeux répétez nuit
2:06:57après nuit exilant à chaque fois un peu
2:06:59plus à nay simon
2:07:00luis tente de la calmer elle même
2:07:03déchirée à la fois indigné par la
2:07:06trahison de maxime est poussé à
2:07:08l'indulgence
2:07:09troublé par la beauté triomphante de
2:07:12tania elle accepte leur rencontre comme
2:07:14un fait du ciel contre lequel il serait
2:07:16vain de lutter
2:07:18thérèse souffrent en silence elle a
2:07:21retrouvé sa défiance habituel vis-à-vis
2:07:22des hommes
2:07:24maxime est semblable aux autres elle
2:07:26aurait dû s'en douter un de ceux dont
2:07:28elle sait préserver un mâle préoccuper
2:07:31de son seul plaisir
2:07:32son instinct ne l'a pas trompé l'arrivée
2:07:35de tania a marqué la fin d'une période
2:07:37heureuse elle rue doit son père
2:07:39pointilleuse sur les questions
2:07:41d'intendance elle tyrannise la maisonnée
2:07:43et se retire aussi souvent que possible
2:07:45dans sa chambre pour remplir d'amertume
2:07:47les pages de son journal
2:07:49georges et le colonel juge sévèrement le
2:07:52comportement des deux amants mais
2:07:53considère cette union comme inévitable
2:07:57le seul moyen pour maxime de survivre à
2:07:59sa douleur
2:08:02que cet été c'est ensuite
2:08:05et ma mère coupable aux yeux de tous
2:08:07déchirés par leur désir avait t-il aux
2:08:10essais mais au grand jour se promener
2:08:12main dans la main sur les rives de la
2:08:14creuse afficher leur liaison aux yeux de
2:08:16leurs familles
2:08:18peu à peu sans doute avec d'infimes
2:08:21geste au début puis s'enhardissant au
2:08:23fil du temps
2:08:25je me demandais si esther avait affronté
2:08:27ma mère
2:08:29et bien ma tante au profil de
2:08:30tragédienne hurlant son indignation à la
2:08:33phase de sa belle-soeur capitulant de
2:08:35lancer larmes tombant dans ses bras et
2:08:37recueillant enfin ses confidences
2:08:41les semaines s'étaient écoulées les
2:08:43regards s'étaient sans doute adoucie et
2:08:45la vie avait repris son cours
2:08:47jusqu'à ce que l'horreur se fraie un
2:08:49chemin au travers de la barrière de
2:08:50tranquillité qui protégeait saint
2:08:51gaultier
2:08:54la rumeur commence à circuler dans la
2:08:56rue chez les commerçants au hasard des
2:08:58conversations
2:08:59on ne peut plus se voiler la face croire
2:09:02à un simple déplacement de population on
2:09:05parle désormais d extermination
2:09:06systématique de camps de la mort
2:09:10lorsque ces informations franchissent le
2:09:12seuil de la maison projetant sur les
2:09:14murs des images de convois de barbelés
2:09:16comment maxime peut-il encore trouver le
2:09:18sommeil
2:09:20anna simon reviennent hanter ses nuits
2:09:24il n'a plus la ressource de les croire
2:09:25prisonniers de l'autre côté de la ligne
2:09:26de démarcation
2:09:27il doit maintenant envisager le pire
2:09:33in et les jours qui allait suivre
2:09:34jusqu'à la fin de la guerre
2:09:37alors on saurait
2:09:39la déportation des parents d'anna après
2:09:41la grande rafle la mort de robert dans
2:09:44un stalag victimes du typhus un obstacle
2:09:48de moins sur le chemin de maxime et de
2:09:50tania le garçon au regard moqueur
2:09:52valayer lui aussi par l'histoire
2:09:55et l'on connaîtrait enfin la destination
2:09:58du convoi qui avait emporté à nice simon
2:10:00il faudrait bien donner un nom à ce lieu
2:10:03on enverrait pour la première fois les
2:10:06images
2:10:07resterait à jamais imprimé dans les
2:10:09mémoires l'ombre d'un porche qui se
2:10:11découpe sur le blanc du ciel les rails
2:10:14noir qui file vers la bim
2:10:18la famille a regagné paris le sort qui
2:10:22s'est acharné sur un an et les siens
2:10:23leur a laissé la vie sauve
2:10:26tania est revenu vivre avec martha
2:10:29maxime n'a pu supporter l'idée de dormir
2:10:31avenue gambetta et s'est installé un lit
2:10:33de fortune au premier étage du magasin
2:10:36les deux amants s'impose cette distance
2:10:38ils n'osent plus touchés il leur est
2:10:42devenu impossible d'écarter l'image des
2:10:44absents de ces mets dans ces lieux
2:10:45hantés il leur faut attendre
2:10:51on y apprend la mort de robert elle le
2:10:53plus rappel il est déjà si loin
2:10:56elle pense même qu'elle n'aura pas à
2:10:58affronter son regard
2:11:00mais que se passera-t-il si anaïs simon
2:11:02reviennent de leur exil
2:11:04elle affirme à maxime dès leur retour à
2:11:06paris elle sort à s'effacer il lui faut
2:11:10le dire et elle veut y croire
2:11:14l'écoutent silencieux la serre dans ses
2:11:16bras
2:11:18il s'efforce de chasser toute pensée de
2:11:20leurs esprits
2:11:23après la libération
2:11:25espérer encore
2:11:27à paris on guette l'arrivée des déportés
2:11:29jour après jour on se rend aux nouvelles
2:11:31on consulte les listes affichées dans le
2:11:34rôle de l'hôtel lutetia
2:11:36on passe de groupe en groupe en
2:11:38brandissant des photos on pose des
2:11:40questions on assiste à l'arrivée des
2:11:42autobus déchargeant sur le trottoir leur
2:11:44cargaison de fantômes
2:11:48à plusieurs
2:11:50s'ils me prends le métro jusqu'à sèvres
2:11:51babylone il en revient bouleverser une
2:11:54foule hagarde envahir les salons de
2:11:56réception korte misérable tranchant sur
2:11:59le luxe des lieux des ombres foule les
2:12:02tapis épais r entre les grands canapés
2:12:04et les miroirs voici et s'accroche au
2:12:07bar ou peu de temps auparavant des
2:12:09officiellement levé leur coupe pas la
2:12:11victoire
2:12:12chaque visage d'enfant chaque oeil creux
2:12:16chaque pas leur faire essayer à maxime
2:12:20vêtements en lambeaux des femmes il
2:12:22croît chaque fois reconnaître la
2:12:23silhouette amaigrie d'anna une douleur
2:12:26aiguë le traverse celle de l'espoir qui
2:12:29se mêle à la crainte
2:12:30un mur s'est élevé qui étouffent leurs
2:12:34voix ils peinent à en retrouver les
2:12:36intonations il a oublié le timbre clair
2:12:38de son fils les murmures de sa femme
2:12:42en vain ils cherchent à retrouver leurs
2:12:44rires leurs expressions favorites leur
2:12:46parfum
2:12:47il a commencé à faire son deuil anna et
2:12:50simon ne reviendront jamais
2:12:56catania et maxime envisage d'une vie
2:12:58commune des mois passés à déménager des
2:13:01meubles remplir des valises soulever des
2:13:05objets est encore habité
2:13:06plier des affaires imprégné d'odeurs
2:13:08familière faire place nette
2:13:11maxime ne pourra se résoudre à donner
2:13:14les jouets de son fils il était posera
2:13:16dans la chambre de service au 6e étage
2:13:18de l'immeuble où tania et lui vont vivre
2:13:20désormais c'est là que je découvrirai
2:13:24sim quand j accompagnerait ma mère
2:13:28des années avant qu'un véritable chien
2:13:29échos le petit bâtard noir et blanc
2:13:32recueillies sur les bords de la marne ne
2:13:34viennent partager notre existence
2:13:38être dans ce quartier habité cette rue
2:13:41calme une des pièces de l'appartement
2:13:44sera transformé en gymnase ou tania et
2:13:47maxime poursuivront leur entraînement
2:13:48ils se marieront
2:13:50travaillons ensemble rue du bourg-l'abbé
2:13:53se spécialiseront dans les articles de
2:13:55sport la clientèle cyprès sera
2:13:58de l'autre côté du couloir louise
2:14:00ouvrira de nouveau son cabinet
2:14:01d'infirmières
2:14:03chaque fin de semaine ils se rendront au
2:14:04stade le dimanche soir ils participeront
2:14:07au dîner rituel chez esther et georges
2:14:10avec le reste de la famille
2:14:13les blessures seront moins vive
2:14:15seule une douleur sourde restera tapie
2:14:18au fond de chacun on ne parlera plus de
2:14:20la guerre on ne prononcera plus le nom
2:14:22des disparus
2:14:25peu de temps après ma naissance maxime
2:14:27provoquera de nouvelles tensions en
2:14:29faisant modifier l'orthographe de notre
2:14:30nom
2:14:31imbert sera lavé de ce n est de ce g ces
2:14:36deux lettres devenu pour tous deux morts
2:14:41parti 5
2:14:46[Musique]
2:14:53louise m'avait permis de reconstituer
2:14:55l'idylle de mes parents coupables
2:14:57j'avais 15 ans je savais ce que l'on
2:15:00avait caché et à mon tour je me taisais
2:15:02par amour
2:15:06sûre de mon ami ne m'avait pas seulement
2:15:07rendu plus fort elle avait aussi
2:15:10transformer mes nuits je ne lui ai plus
2:15:12avec mon frère maintenant que je
2:15:14connaissais son nom
2:15:16un peu je me détacher de mes parents
2:15:18j'acceptais de voir les fêlures apparu
2:15:21sur ces perfection je le voyais
2:15:23combattre les premières atteintes de
2:15:25l'âge en redoublant d'énergie sur les
2:15:27courts le dimanche mon père en soufre
2:15:29est davantage que ma mère et je
2:15:32surprenais parfois l'anxiété de son
2:15:33regard face au miroir
2:15:35un soir il était rentré effondré pour la
2:15:39première fois une jeune femme lui avait
2:15:41cédé sa place dans le métro
2:15:45en apparence ne mettait plus une
2:15:46souffrance je m'échauffais mais creux se
2:15:49combler grâce à luiz ma poitrine s'était
2:15:53élargi le vide sous mon plexus s'étaient
2:15:55atténués comme si la vérité avait été
2:15:58jusque-là inscrits en creux
2:16:01je savais désormais ce que recherchait
2:16:02les yeux de mon père lorsqu'il fixer
2:16:04l'horizon je comprenais ce qui rendait
2:16:07mamère muette
2:16:08pour autant je ne suis comblé plus sous
2:16:11le poids de ce silence je le portais
2:16:13élite au fait mes épaules je poursuivrai
2:16:16mes études avec succès je lisais enfin
2:16:18l'estiment dans les yeux de mon père
2:16:20depuis que je pouvais les nommer les
2:16:22fantômes avait desserré leur étreinte
2:16:24j'allais devenir un homme
2:16:28quelques années plus tard ma mère perdre
2:16:31l usage de la parole et de la marche à
2:16:33la suite d'une hémorragie cérébrale
2:16:35je verrai fondre ses muscles
2:16:38j'aurai à affronter la vision d'une
2:16:40femme a maigri méconnaissable se
2:16:44balançant sur un fauteuil
2:16:47cette douleur mon père la ressentirai
2:16:48plus violemment encore que moi
2:16:52habitué à lutter il ferait face les
2:16:54premiers temps et dans ma mère dans sa
2:16:56rééducation
2:16:58mais le spectacle de sa championne
2:17:00appuyé à une béquille sa jambe droite
2:17:02fauchant l'air à chacun de ses pas il
2:17:05deviendrait vite insupportable et blessé
2:17:08plus cruel manque un autre par cette
2:17:10vision il déciderait d'y mettre fin
2:17:15eco partager notre vie de quelques
2:17:16années passant ses journées en compagnie
2:17:19de mon père dormant le soir sur mon lit
2:17:21il avait remplacé sim dont la peluche
2:17:24rap et avait rejoint les souvenirs
2:17:25poussiéreux de la chambre de service
2:17:28je savais que je ne pourrais plus
2:17:30affronté les clercs de ses petits yeux
2:17:31noirs maintenant que je connaissais son
2:17:33histoire
2:17:34comment mon père avait t'il plus
2:17:36supporter de me voir le serrer contre ma
2:17:38poitrine
2:17:39l'installer à côté de moi à chacun de
2:17:41nos repas
2:17:42et ma mère qu'avait-elle ressenti en
2:17:45entendant de nouveau le nom de celui que
2:17:46j'avais arraché à sa nuit qu'elle avait
2:17:49sans doute si longtemps craint de voir
2:17:51réapparaître
2:17:53mon père s'attendrit c'est lorsqu'il
2:17:55sert et son chien noir et blanc contre
2:17:57sa poitrine
2:17:59il emmenait écho en promenade au bois
2:18:00jouer avec lui comme avec un enfant le
2:18:04lâcher le dimanche sur la pelouse du
2:18:05stade roulé avec lui dans l'herbe
2:18:08dès que mon emploi du temps le
2:18:10permettait je me rendais au magasin et
2:18:12sitôt arrivé je traversé le couloir pour
2:18:14rendre visite à louise n'avions jamais
2:18:16interrompu nos conversations
2:18:18elle savait toujours écouté ses yeux
2:18:20dans les miens ça bouge projetant ses
2:18:23volutes de fumée ses mains chassant de
2:18:25vieilles douleurs
2:18:27lorsque j'étais remonté dans la chambre
2:18:28de service pour y rendre sim son lit de
2:18:30couverture j'étais tombé sur un album de
2:18:33photographies à peine visible sous la
2:18:35poussière au milieu d'une pile de
2:18:37magazines
2:18:38j avais contempler maxime et anna en
2:18:41tenue de mariés j'avais vu la jaquette
2:18:44noir et le chapeau de forme de mon père
2:18:47j'avais fait connaissance avec le visage
2:18:49inquiet de sa jeune femme aussi pâle que
2:18:51son voile tournant vers son époux ses
2:18:54yeux clairs qui allait si vite se ternir
2:18:57les pages cartonnées s'était ouverte sur
2:18:59des scènes de famille des groupes
2:19:01d'inconnus posant devant des maisons
2:19:02ensoleillé des plages des parterres de
2:19:05fleurs
2:19:06une vie en noir et blanc
2:19:08des sourires aujourd'hui est un des
2:19:11morts qui se tenait par la taille
2:19:13enfin j'avais vu simon dont les photos
2:19:17remplissait plusieurs pages
2:19:19son visage m'avait paru étrangement
2:19:21familier je m'étais reconnu dans ses
2:19:24traits à défaut de me retrouver dans ce
2:19:26corps
2:19:28j'avais glissé dans ma poche l'une des
2:19:30photos de l'album qui s'était décoller
2:19:32autour de laquelle une date est inscrite
2:19:34on y voyait un short et un maillot au
2:19:38garde à vous devant un champ de blé
2:19:40glissant les yeux face au soleil de son
2:19:42dernier été
2:19:461 peux avoir mon 18ème anniversaire
2:19:49le téléphone a sonné
2:19:52après avoir répondu mon père a raccroché
2:19:55le regard absent la main encore appuyé
2:19:57sur le récepteur il nous annonçait la
2:20:00nouvelle d'une voix calme puis s'est
2:20:02penché pour caresser et cours venus se
2:20:04couchèrent à ses pieds
2:20:06il est resté incliné un long moment sa
2:20:08main ébouriffant la fourrure de son
2:20:10chien
2:20:11puis c'est enfin redresser les parties
2:20:13enfilé son manteau il a accepté que je
2:20:16l'accompagnent
2:20:18la voisine qui est des joseph pour ses
2:20:20courses et son ménage nous a fait entrer
2:20:22sur la table recouverte d'une toile
2:20:25cirée j'ai vu une assiette vide un verre
2:20:27à demi rempli une série de chiffonner
2:20:30j'ai suivi mon père jusqu'à la chambre
2:20:32où j'allais voir mon premier mort
2:20:34mon grand-père reposer dans son lit la
2:20:36tête rejetée en arrière le teint cireux
2:20:39la bouche ouverte
2:20:41on perd la contempler puis s'est tourné
2:20:43vers moi pour me dire qu'il était
2:20:44heureux que son père soit mort dans son
2:20:46sommeil
2:20:47la plus belle façon de quitter ce monde
2:20:49at il ajouté
2:20:51je me suis approché du visage de joseph
2:20:53j'ai touché ça joue du dos de ma main ça
2:20:57pourrait classer qu'elle rêve l'avait
2:21:00emporté
2:21:01avec ci-dessus qu'il disparaissait
2:21:05nous avons enterré joseph au père
2:21:07lachaise nous sommes dirigés vers le
2:21:09carré juif où mon grand père allait
2:21:11reposer à côté de sa femme
2:21:13j'ai découvert la tombe de caroline à
2:21:16deux pas de l'appartement de joseph à
2:21:18quelques minutes de l'avenue gambetta
2:21:20encore une question que je n'avais
2:21:22jamais posée lors de nos balades
2:21:24parisienne mon père m'avait souvent
2:21:26amenés à rendre visite aux morts les
2:21:28plus célèbres du père lachaise mais
2:21:30jamais nous n'avions fait le détour par
2:21:31le carré juif
2:21:33pourquoi serait-il allé se recueillir
2:21:35devant la dalle ou été gravé le nom de
2:21:37sa mère
2:21:38ils portaient ces morts en lui ce qui
2:21:41lui avaient été les plus chères n'avait
2:21:42pas de sépulture
2:21:43leur nom est inscrit sur aucun marbre
2:21:49reprise lorsque nous étions passés
2:21:51devant le bâtiment du columbarium il
2:21:53m'avait fait part de sa volonté d'être
2:21:55incinéré
2:21:57maintenant seulement je pouvais
2:21:58comprendre la véritable raison de son
2:22:00choix
2:22:02à peine arrivé à la maison mon père a
2:22:04saisi écho dans ses bras s'est approché
2:22:07de la fenêtre il l'a ouverte s'est
2:22:09avancé sur le balcon pour rester un long
2:22:12moment à contempler la rue
2:22:14puis il s'est enfermé comme à son
2:22:16habitude dans le gymnase
2:22:22je vais tirer
2:22:23quelle était inscrit le sujet à traiter
2:22:25qui se résumait à un nom laval
2:22:30paralysé j'avais bredouille et une
2:22:32phrase sur la collaboration une sole
2:22:35qui avait mécontenté mon examinateurs
2:22:38persuadé d'avoir affaire à un
2:22:39nostalgique de vichy je m'étais muré
2:22:42dans un mutisme qui m'avait valu de
2:22:44redoubler ma terminale
2:22:47un signe dans cette mésaventure je
2:22:50butait encore sur un mur il restait un
2:22:53blanc dans mon récit un chapitre dans
2:22:56mes parents ignoraient aussi le contenu
2:22:58je connaissais un moyen d'en décoller
2:23:00les pages
2:23:02je les ai appris l'existence d'un lieu à
2:23:03paris où je pourrais trouver les
2:23:05informations qui me manquait
2:23:09du marais le mémorial possédait un
2:23:11service de documentation
2:23:12les recherches de béate et serge
2:23:14klarsfeld avait permis un recensement
2:23:16complet de toutes les victimes du
2:23:18nazisme en consultant les registres il
2:23:21était possible de retrouver le nom de
2:23:22chaque déportés le numéro est la
2:23:24destination du convoi dans lequel il
2:23:26avait pris place la date de son arrivée
2:23:28au camp et s'il n'avait pas survécu la
2:23:31date de sa mort
2:23:33j'y ai passé une après-midi à feuilleter
2:23:36l'un après l'autre ces énormes volumes
2:23:38au milieu de milliers d'autres j'ai
2:23:41enfin découvert les noms que je
2:23:42cherchais
2:23:43je les voyais écrit pour la première
2:23:46fois
2:23:46et j'apprenais ce qu'avait été leur
2:23:49destin anna et simon après avoir
2:23:52transité par le camp de pithiviers
2:23:54avaient été expédiés en pologne
2:23:56direction à auschwitz il y avait été
2:24:00gazé au lendemain de leur arrivée
2:24:04le numéro de leur convoi la date de leur
2:24:07mort des faits bruts les chiffres
2:24:10les événements sur lesquels j'avais
2:24:12construit mes hypothèses prenait à la
2:24:14lecture du registre un extraordinaire
2:24:16poids de réalité
2:24:20j'ai relu les noms de ceux qui avaient
2:24:21partagé avec anaïs simon le terrible
2:24:24voyage qui avaient connu comme
2:24:26l'obscurité d'un wagon plombé l'horreur
2:24:29de la promiscuité
2:24:30des noms d'hommes de femmes et des noms
2:24:33d'enfants dont le président laval avait
2:24:36autorisé la déportation au nom du
2:24:38rassemblement familial
2:24:41savoir qu'ils avaient été assassinés dès
2:24:43leur arrivée me soulage à d'un poids
2:24:46cette date mettait un terme à toutes mes
2:24:48suppositions je n'aurai pas à convoquer
2:24:51les images de leurs années de
2:24:52déportation leur calvaire leurs nuits
2:24:57ce que je d'apprendre mon père l'ignorer
2:25:00qu'avait-il imaginer de la détention
2:25:02d'un deuil de simon durant toutes ces
2:25:04années qui imagine est il encore
2:25:06aujourd'hui quand son regard s'absentait
2:25:07quand ils ne pouvaient trouver le
2:25:09sommeil
2:25:11retournement me troublait tenu si
2:25:14longtemps à l'écart de ce drame j'en
2:25:16savais aujourd'hui davantage que mon
2:25:18père sur son secret
2:25:19devait le laisser dans l'ignorance
2:25:22je suis resté longtemps à me le demandez
2:25:25attendant qu'une occasion que la vie
2:25:27serait bien me fournir
2:25:31l'année suivante j'ai été reçus au bac
2:25:33avec mention et j'ai décidé de
2:25:36m'inscrire en faculté ma découverte de
2:25:38la psychanalyse durant les cours de
2:25:40philosophie avait été décisive plus tard
2:25:43lorsque l'on me demanderais qu'elle
2:25:45avait été ma motivation pour
2:25:46entreprendre de telles études je saurai
2:25:49quoi répondre louise qui savait si bien
2:25:52écouter m'avait ouvert les portes elle
2:25:55m'avait permis de dissiper les ombres
2:25:56m'avait restituer mon histoire je savais
2:26:00qu'elle place j occupais délivrer du
2:26:02fardeau qui pesait sur mes épaules j'en
2:26:04avais fait une force j'en ferai de même
2:26:07avec ceux qui viendraient à moi
2:26:10pas encore que j'avais commencé avec mon
2:26:12père
2:26:16un soir de retour de la faculté j'ai
2:26:19trouvé ma mère en pleurs et qu'on venait
2:26:21de se faire écraser
2:26:23il avait rapporté le petit animal à la
2:26:25maison est labellisée dans les gymnases
2:26:28baissant la voix ma mère me dit que
2:26:31depuis leur retour mon père n'avait pas
2:26:33quitté la chambre elle ignorait s'il
2:26:35dormait ou lisait et n'osaient pas le
2:26:37déranger
2:26:38il n'est pas voulu déjeuner n'avait pas
2:26:41prononcé un mot sans doute se sentait-il
2:26:44responsable de cette mort il le promener
2:26:46au bois et mon père n'avait pas jugé
2:26:48utile de le tenir en laisse pour
2:26:49traverser l'une des avenues ma mère a
2:26:52ajouté qu'elle n'avait jamais vu maxime
2:26:53aussi bouleversé
2:26:55mon père avait surmonté la disparition
2:26:58de son fils et de sa femme la mort de
2:27:01son chien le faisait s'effondrer
2:27:05gymnase
2:27:06je me suis penché sur eco couché sur le
2:27:08côté la truffe ensanglanté
2:27:11au visage s'est reflétée dans ses yeux
2:27:13grands ouverts
2:27:14j'ai proposé à ma mère d'aller moi même
2:27:17le déposer chez le vétérinaire qui
2:27:18saurait quoi faire de sa dépouille
2:27:21j'ai détaché son collier avec précaution
2:27:24ébouriffés une dernière fois ça fou rire
2:27:26jallet enveloppé dans sa serviette
2:27:30une heure plus tard j'étais de retour je
2:27:33suis entré dans la chambre
2:27:36perrette est assis sur le bord du lit la
2:27:38tête entre les mains
2:27:40les doubles rideaux la pièce était
2:27:42éclairée que par sa lampe de chevet
2:27:45j'ai pris place à côté de lui je lui ai
2:27:47dit mon chagrin
2:27:49sans relever la tête il m'a répondu
2:27:51d'une voix éteinte il m'a dit qu est qu
2:27:53était mort par sa faute
2:27:55je me suis entendu lui dire que c'était
2:27:58vrai
2:27:59il était responsable de cela mais de
2:28:02cela seulement
2:28:04cette phrase m'est venue sans que je les
2:28:06prémédité il s'est redressé pendant que
2:28:10je fixe et la fenêtre
2:28:11mon épaule contre la sienne son regard
2:28:14interrogateur pesant sur moi
2:28:19que j'étais fier de ce dont j'avais
2:28:20hérité fier qu'il met tout doux transmis
2:28:23cette difficulté cette question toujours
2:28:25ouverte qui m'avait rendu plus fort
2:28:28fier de mon nom au point de souhaiter en
2:28:31rétablir l'orthographe d'origine
2:28:33cela aussi m'a échappé et mon père a
2:28:36soupiré comme si j'allais antilles c'est
2:28:39des années d'efforts
2:28:41après une profonde inspiration j'ai
2:28:43continué j'ai prononcé le nom d'anna et
2:28:47celui de simon
2:28:49surmontant ma crainte de le blesser je
2:28:52lui livrer tout ce que j'avais appris
2:28:54ne laissant dans l'ombre que l'acte
2:28:56suicidaire d'anna
2:28:58gelé senti serait dire serrer ses mains
2:29:01sur ses genoux j'ai vu blanchir ses
2:29:04jointures mais décidé à poursuivre je
2:29:07lui ai donné le numéro du convoi
2:29:09la date du départ de sa femme et de son
2:29:11fils pour auschwitz celle de leur mort
2:29:14je lui ai dit qu'il n'avait pas connu
2:29:16l'horreur quotidienne du camp seule la
2:29:19haine des persécuteurs était responsable
2:29:21de la mort d'anna et de simon
2:29:23sa douleur d'aujourd'hui sa culpabilité
2:29:26de toujours ne devait pas permettre à
2:29:28cette haine d'exercer encore une fois c
2:29:30est fait
2:29:32je n'ai rien dit plus je me suis levé
2:29:36j'ai tiré les doubles rideaux ouvert la
2:29:38porte qui demandait à ma mère de nous
2:29:41rejoindre
2:29:43et j'ai tout répéter afin qu'elle sache
2:29:44elle aussi
2:29:49pour dîner avec nous
2:29:51au moment où je partais me coucher il
2:29:54m'a arrêté d'une pression légère de sa
2:29:56main sur mon épaule
2:29:58je les serrer dans mes bras ce que de ma
2:30:01vie je n'avais encore jamais fait
2:30:04son corps m'a paru frêle celui d'un
2:30:07homme âgé que je dominais maintenant
2:30:09d'une tête
2:30:10me sentant étrangement fort je n'ai pas
2:30:14versé une larme
2:30:15la mort de notre chien avait été
2:30:17l'occasion d'un nouveau retournement je
2:30:20venais de délivrer mon père de son
2:30:22secret
2:30:25épilogue
2:30:28un
2:30:29[Musique]
2:30:36soir d'été j'ai eu envie de retourner
2:30:40dans le petit bois qui entoure le
2:30:41château tout près de notre maison
2:30:43j'ai demandé à ma fille de mieux
2:30:45accompagner
2:30:47rose et moi avons remonté la rue qui
2:30:48mène à la sortie du village sommes
2:30:51arrivés face à l'ancienne perse et un
2:30:53peu plus loin nous nous sommes enfoncés
2:30:54dans le fouillis de branches et d'arbres
2:30:56abattus par la tempête pour gagner
2:30:58l'arrière du château
2:30:59assis au milieu de ses douves flanqué de
2:31:02quatre tours coiffer dardoise il
2:31:04paraissait assoupi derrière ces volets
2:31:06clos
2:31:07la fois précédente
2:31:09j'avais franchi les limites de la
2:31:11propriété en toute innocence et le
2:31:13hasard m'a vais mener non loin du petit
2:31:14cimetière
2:31:15qui reposait sous ces pierres
2:31:19craignant d'être surpris je sursautais à
2:31:21chaque craquements de brindilles la
2:31:24silhouette d'un garde-chasse sur
2:31:25l'esplanade du château l'avait dissuadée
2:31:27de m'approcher davantage
2:31:28mais ce jour là la voie était libre nous
2:31:31pouvions en jean bel arbre couché qui
2:31:33défend l'entrée du carré d'herbe et
2:31:35pénétrer dans l'enclos face à
2:31:37l'alignement des tombes
2:31:39entre temps je m'étais renseigné sur le
2:31:41propriétaire du château un ancien du
2:31:43village m'avait donné son nom le compte
2:31:45de chambre un descendant du marquis de
2:31:48la fayette avocat international
2:31:50époux de la fille de laval fervent
2:31:54défenseur de son beau père auteur
2:31:56d'ouvragés visant à réhabiliter sa
2:31:58mémoire
2:31:59je savais maintenant chez qui nous
2:32:01étions
2:32:02ma fille et moi nous sommes approchés
2:32:05des stèles
2:32:06sur la première nous avons pu lire
2:32:10paris 1890 pomper 1891 madou 1908 brutus
2:32:181909
2:32:20un cimetière de chiens
2:32:22semblables à ceux qui entourent les
2:32:25vieilles églises de nos campagnes
2:32:27une tradition instaurée par les anciens
2:32:29maîtres des lieux est entretenu par les
2:32:31suivants en juger par les tombes plus
2:32:33récente
2:32:35whisky
2:32:371948 1962 chien de soko ami fidèle de
2:32:42mon père josé de chambrun
2:32:44vasco
2:32:461972 1982 de mourir est la seule peine
2:32:52qu'il nous ait jamais faite josette
2:32:54chambre un
2:32:56ami fidèle la seule peine qui nous ait
2:32:59jamais faite
2:33:01ces lieux communs m'ont touché
2:33:03aussitôt j'ai revu et qu abandonner sur
2:33:07la table d'un cabinet vétérinaire avant
2:33:10de rejoindre une montagne de dépouilles
2:33:12destinés à l'incinération
2:33:14mais j'ai vite ressenti un malaise à la
2:33:17lecture de ces stèles dont les dates si
2:33:19rapprochées faisait penser à des tombes
2:33:21d'enfants
2:33:22josé de chambrun fille de laval en
2:33:26terreau est ici ces animaux chéri
2:33:30le nom était de nouveau sorti de son
2:33:32chapeau
2:33:33le président laval qui avait encouragé
2:33:36afin de ne pas séparer les familles
2:33:39plaide at il pour sa défense
2:33:41la déportation des enfants de moins de
2:33:4316 ans avec leurs parents
2:33:46voilà ce que j'aurais répondu à
2:33:47l'examinateur le jour du bac s'il ne
2:33:50m'avait pétrifié et j'aurais même ajouté
2:33:53la phrase odieuse de brasillach surtout
2:33:55n'oubliez pas les petits
2:33:58comment oublier les petits ombre sans
2:34:01sépulture fumée planant sur des terres
2:34:04hostiles
2:34:05je suis resté immobile l'oeil fixé sur
2:34:08les inscriptions
2:34:10devant ce cimetière
2:34:12entretenu avec amour par la fille de
2:34:15celui qui avait offert à simon un aller
2:34:16simple vers le bout du monde
2:34:18l'idée de ce livre m'est venue
2:34:22dans ces pages reposerait la blessure
2:34:24dont je n'avais jamais pu faire le deuil
2:34:27un appel de ma fille m'a fait sursauter
2:34:29elle voulait me montrer une pierre isolé
2:34:32au sommet taillé en demi-cercle cachés
2:34:34par des branchages une sépulture plus
2:34:37modeste que les autres
2:34:39dire grigris
2:34:411934 1948
2:34:45s'ils avaient été particulièrement aimé
2:34:47et regretté
2:34:49peut-être était-ce la brièveté de
2:34:51l'épitaphe qui la rendait plus
2:34:52émouvantes
2:34:54mais par qui avait t-il été pleuré
2:34:58encore une fois ces simples mots m'ont
2:35:00touché et j'ai de nouveau penser à échos
2:35:03avant de me révolter
2:35:05qu'elle est chère de ma colère profanées
2:35:08ces lieux couvrir ces stèles
2:35:10d'inscriptions injurieuses
2:35:13je m'en suis voulu ses pensées ne me
2:35:15ressemblait pas
2:35:18signes d'impatience je lui ai proposé de
2:35:21rentrer rejoindre sa mère de me laisser
2:35:23ici encore quelques instants
2:35:26elle a accepté s'est éloigné agitant sa
2:35:29main sans se retourner
2:35:32je me suis assis sur le tronc
2:35:35derrière moi la flèche d'une tourelle et
2:35:37tirait son ombre dans le soleil couchant
2:35:39jusqu'à venir toucher les premières
2:35:41tombes
2:35:43on n'entendait que le froissement des
2:35:44feuilles agité par la brise le cri aigu
2:35:47d'un merle
2:35:48je regardais mes mains posées sur mes
2:35:51cuisses
2:35:52les sillons qui peut appuyer étaient
2:35:54apparus les fêlures
2:35:56elles m'ont fait penser à celle de mon
2:35:59père tels que je les avais connu dans
2:36:01ces dernières années
2:36:02je lui ressemblais enfin
2:36:06j'ai revu les mains de louise ses doigts
2:36:09si puissant qui soulageait mes parents
2:36:12celle d'esther oiseaux qui voletaient
2:36:15autour de son visage lorsqu'elle animait
2:36:16les dîners du dimanche soir
2:36:19enfin je me suis souvenu de la main de
2:36:21ma mère les mois qui avaient suivi son
2:36:23attaque
2:36:24crispés sur un rouleau de mousse pour
2:36:27éviter que ses ongles ne viennent
2:36:28s'incruster dans ses paumes
2:36:31mamère
2:36:32définitivement silencieuse se déplaçant
2:36:35du salon à la chambre appuyer sa
2:36:38béquille
2:36:42détresse de mon père devant ce spectable
2:36:44cherchant en vain à retrouver dans cette
2:36:46silhouette la splendeur de celle qu'il
2:36:48admirait lorsqu elle s'élançait depuis
2:36:50la pile du pont pour suspendre son vol
2:36:52au dessus des eaux de la creuse
2:36:55face aux tombes aligné dans le carré
2:36:57d'herbe j'ai repensé aux derniers gestes
2:37:00de mon père
2:37:01prenant sa femme par la taille il
2:37:04l'avait aidée à se lever pour la
2:37:06conduire tout doucement vers le balcon
2:37:07du salon
2:37:08pour un ultime plongeon
2:37:12qu'avait-il murmuré à son oreille avant
2:37:14de l'enlacer et de basculer avec elle
2:37:20esther les deux seule survivante de la
2:37:23famille m'avaient accompagné au père
2:37:25lachaise
2:37:27tous trois nous avions veiller sur le
2:37:29cercueil de ma mère pendant que mon père
2:37:31selon son voeu
2:37:33rejoignez à nay simon colonne de fumée
2:37:36noire s'échappant des cheminées du
2:37:38crématorium
2:37:40ensemble nous avions recueilli ses
2:37:42cendres pour les déposer auprès de ma
2:37:44mère dans la tombe du carré juif
2:37:49les deux fins
2:37:50retirer discrètement pour me laisser
2:37:51seul au bord de la fosse
2:37:53parce que je les avais vu s'éloigner
2:37:55dans l'allée bordée d'arbres voûte est
2:37:58désemparé comme après leur passage de la
2:38:00ligne je m'étais arrêté de les rejoindre
2:38:02et mettez glisser entre elles mon bras
2:38:05sous le leur pour conduire mais de
2:38:07vieilles amies jusqu'aux portes du
2:38:08cimetière
2:38:12après j'étais retourné au mémorial ayant
2:38:15lu dans la presse que les klarsfeld
2:38:16envisagé de publier un ouvrage consacré
2:38:19aux enfants de france morts en
2:38:20déportation
2:38:21j'avais déposé au service de
2:38:23documentation la photo de simon
2:38:24conservés dans le tiroir de son bureau
2:38:26accompagné des renseignements demandés
2:38:30quelques mois plus tard je recevais le
2:38:33gros livre noir le terrible album rempli
2:38:36de sourire de robes et de costumes du
2:38:39dimanche de coiffure à prêter dans
2:38:42lequel il figurait clignant les yeux
2:38:44sous le soleil devant son rempart d'épis
2:38:47de blé
2:38:50des années après que mon frère avait
2:38:52déserté ma chambre
2:38:53après avoir mis en terre tout ce qui
2:38:55m'était cher
2:38:57geoffrey enfin simon la sépulture à
2:38:59laquelle il n'avait jamais eu droit
2:39:01il a laissé dormir en compagnie des
2:39:04enfants qui avait connu son destin sur
2:39:07cette page portant sa photo ses dates si
2:39:10rapprochées et son nom dont
2:39:13l'orthographe différé si peu du mien
2:39:16ce livre serait sa tombe
2:39:22[Musique]
2:39:35à
2:39:58entretien avec philippe grimbert
2:40:00paris
2:40:01le 19 octobre 2007
2:40:04[Musique]
2:40:13philippe grimbert tout d'abord merci
2:40:16pour cette merveilleuse lecture un
2:40:18secret raconte-t-il votre histoire un
2:40:22secret est un livre très largement
2:40:24autobiographique mais vous noterez tout
2:40:27de même que sous le titre j'ai écrit un
2:40:30roman j'ai écrit le mot roman parce que
2:40:32cette histoire gelé construite à partir
2:40:35de de quelques repères auxquels j'ai eu
2:40:37accès et il m'a fallu pour combler les
2:40:41blancs de cette histoire va faire appel
2:40:43à ma technique de narrateur ou de
2:40:46romancier il ya donc dans ce livre
2:40:49intimement mêlées du vrai vous pourrez
2:40:51dire de l'autobiographique et de la
2:40:54fiction les éléments que mon imaginaire
2:40:57de romancier à façonner pour donner du
2:41:00lien ou du liant à cette histoire
2:41:02j'ai souvent envie de dire tout est vrai
2:41:05tout est faux
2:41:06pour donner un exemple je dirais que
2:41:07l'enfant imaginaire que je décris au
2:41:11début du livre qui est censé être moi
2:41:14même lorsque j'étais enfant présente de
2:41:16morphologiques moins creux dans la
2:41:18poitrine que je n'ai jamais eu
2:41:20pour vous donner un exemple et ce creux
2:41:24dans la poitrine si je n'ai jamais eu je
2:41:26vais quand même eu d'une certaine façon
2:41:28sur le plan psychique dans la mesure où
2:41:30ce secret dans lequel j'ai été élevé à
2:41:32forcément imprimer un cru en moi mais
2:41:35qui était davantage accru psychique
2:41:36qu'un creux physique alors évidemment
2:41:39quand on repense à ce que j'ai écrit on
2:41:41pourrait dire que je me suis plus
2:41:42s'approcher de la vérité de ce qui m'est
2:41:44arrivé plutôt que de la réalité de ce
2:41:46qui m'est arrivé on connaît le succès de
2:41:48cet ouvrage il a eu le prix goncourt des
2:41:52lycéens le grand prix des lectrices de
2:41:54elle est-ce que cela a eu un impact sur
2:41:57votre vie personnelle sur votre vie
2:41:59professionnelle
2:42:00j'ai eu une chance
2:42:02inwi avec ce livre j'ai l'impression
2:42:04qu'il ya comme une grâce qui courent sur
2:42:06cette aventure dans la mesure où où le
2:42:08livre lui même a connu un succès durable
2:42:12ce qui est quand même de nos jours
2:42:13apparemment je l' ai appris quelque
2:42:15chose d'assez rare le bouche à oreille a
2:42:18fonctionné le prix goncourt des lycéens
2:42:19a lancé le livre d'une façon formidable
2:42:22plusieurs mois plus tard le grand prix
2:42:24des lectrices de elle à nouveau relancé
2:42:25la guerre de ce livre aujourd'hui le
2:42:27film olemps encore une fois la carrière
2:42:29de ce livre il a donc quelque chose de
2:42:30tout à fait étonnant qu'il ya évidemment
2:42:31un un effet sur moi d'abord de me faire
2:42:34vivre un grand bonheur celui de
2:42:37rencontres multiples avec les lecteurs
2:42:40avec un public que je ne soupçonnais pas
2:42:43avec des rencontres d'émotions auquel je
2:42:46ne m'attendais pas à ce point là
2:42:47l'émotion est temps pour les lecteurs
2:42:49que pour moi d'ailleurs pas ce qui me
2:42:50renvoie toujours des choses nouvelles
2:42:52sur ce que j'ai écrit et puis bien sûr
2:42:54le fait tout à coup d'entrée
2:42:56dans une aventure formidable dont je
2:43:01prends conscience et je prends
2:43:02conscience aussi de la chance que j'ai
2:43:04de traverser cette aventure parce que
2:43:05beaucoup d'auteurs n'ont pas la chance
2:43:06de rencontrer un tel succès auquel je ne
2:43:09m'attendais pas quand on écrit un livre
2:43:10comme celui ci aussi confidentiel dans
2:43:13le sujet on pense qu'on va toucher un
2:43:15public confidentiel
2:43:16et même si on espère toujours le succès
2:43:19ça reste toujours une surprise il suite
2:43:23à ce succès vous pensez continuer votre
2:43:25métier de psychanalyste ou vous
2:43:28consacrer à l'écriture mon métier de
2:43:30psychanalyste est un métier que j'aime
2:43:32qui me passionne et qui enrichit
2:43:34absolument - en univers d'écriture il
2:43:36n'est pas question que je renonce à
2:43:38cette activité qui est qui est un métier
2:43:40qui m'apporte énormément et sur le plan
2:43:43de la passion que j'ai pour la
2:43:44psychanalyse et sur le fait que au fond
2:43:47quand j'écris même si je ne me suis
2:43:49jamais autorisé à écrire des romans ou
2:43:51des nouvelles qui traiterait du cas d'un
2:43:53de mes patients bien que parfois ce
2:43:54serait tentant bien en revanche les
2:43:58mécanismes mentaux qui sont à l'oeuvre
2:44:00chez chacun d'entre nous et que je vois
2:44:02encore plus à l'oeuvre lorsque j'ai un
2:44:04patient en face de moi ces mécanismes là
2:44:06en revanche ils enrichissent vraiment la
2:44:08composition de personnages
2:44:09la compréhension profonde de ce qui peut
2:44:12animer un personnage de roman dans ce
2:44:15sens je n'ai aucune envie d'arrêter la
2:44:16psychanalyse qui reste quand même mon
2:44:18métier principal vous aviez déjà fait
2:44:21des lectures publiques de ce livre mais
2:44:23là vous l'avez lu du début à la fin
2:44:25pratiquement d'un seul trait est ce que
2:44:28pour vous cela a été une expérience
2:44:29différente il m'est arrivé de lire ce
2:44:32livre quelques extraits de ce livre un
2:44:35chapitre ou deux en face d'un public de
2:44:37lecteurs mais jamais ne m'était arrivé
2:44:39de le lire en entier comme je lé fais
2:44:41aujourd'hui c'est une expérience très
2:44:42troublante parce que c'est parfois que
2:44:44je ressens à quel point d'auteur du
2:44:47livre je passe celui d'acteur du livre
2:44:49et alors c'est vraiment c'est une lettre
2:44:51qui change mais enfin les changements de
2:44:52l'être dans mon livre déjà c'est quelque
2:44:54chose d'important mais passé d'auteur
2:44:55acteurs c'est quand même quelque chose
2:44:56de très troublant à la fois on est dans
2:44:58son propre texte et en même temps tout à
2:45:00coup ce texte vous apparaît aussi comme
2:45:02extérieur avouant quand vous commencez à
2:45:04le lire comme ça sur la durée d'abord
2:45:06c'est un exercice physique ce n'est pas
2:45:07conscience c'est un abord très physique
2:45:09de son propre texte alors que la lecture
2:45:11intérieur est un abord beaucoup plus
2:45:13psychique du livre alors c'est une vraie
2:45:15différence et j'ai été enchanté de vivre
2:45:17cette expérience d'abord parce que
2:45:18j'aime bien lire et que je crois que
2:45:21j'aurais aimé sûrement quand j'étais
2:45:22adolescent et tracteurs j'ai pas eu le
2:45:24courage de choisir cette voie j'ai
2:45:25choisi la sécurité des études de
2:45:27psychologie alors que peut-être j'aurais
2:45:29pu viser à autre chose de plus
2:45:31aventureux ça me permet de renouer avec
2:45:33ce désir là et j'aime j'aime cet
2:45:36exercice vraiment mais voyez ce qui est
2:45:37important vraiment ces essais en vous le
2:45:3910 ans que j'en ai conscience et c'est
2:45:41l'aspect physique de 7 à bord du texte
2:45:43le prendre à bras le corps pensez vous
2:45:45que l'on peut entendre des choses
2:45:47différentes à l'ecoute du texte que l'on
2:45:50ne perçoit pas toujours à la lecture
2:45:51muette ce qui est très intéressant dans
2:45:54le fait de lire son propre texte à voix
2:45:56haute c'est d'abord qu'en effet on
2:45:58entend très différemment le rythme même
2:46:00des phrases alors qu'on seul figurait
2:46:03jusqu'à maintenant à l'aide d'une
2:46:04musique intérieure alors en lisant à
2:46:06voix haute que j'ai par exemple il
2:46:09pourrait me venir l'envi de modifier
2:46:10certaines phrases parce que tout à coup
2:46:12la musicalité et puis la même j'ai vu
2:46:14qu'il y avait des moments où j'ai chopé
2:46:15qui était peut-être des moments de
2:46:17fatigue mais peut-être aussi des moments
2:46:19où je n'étais peut-être plus tout à fait
2:46:20en accord avec la la formulation même de
2:46:22ma phrase ça c'est très étonnant et
2:46:23c'est vraiment lisant à voix haute qu'on
2:46:25se rend compte que ce sont des trucs
2:46:26petites choses un article une liaison
2:46:29par exemple les liaisons c'est un vrai
2:46:31problème quand on lit un texte à voix
2:46:33haute alors que l'entente se lit dans la
2:46:34musique intérieure ça n'est pas un
2:46:36problème du tout mais ça fait apparaître
2:46:38je suis très sensible mois là à la
2:46:40musicalité d'un texte quand en tant que
2:46:42lecteur déjà en tant qu'auteur aussi ce
2:46:44qui fait que cette musicalité jeu là la
2:46:46provoc par une lecture intérieur qui est
2:46:48quand même une façon de de fredonner mon
2:46:51texte
2:46:52mais le chanter à pleine voix ça donne
2:46:54des résultats troublants en tant que
2:46:56psychanalyste
2:46:57pouvez vous nous parler un petit peu du
2:47:00rôle de la voie de la parole alors je
2:47:04suis en tant que psychanalyste
2:47:05évidemment très intéressés par la
2:47:07question de la voix et de la parole sont
2:47:09deux choses différentes d'ailleurs la
2:47:10voix lit ça renvoie davantage un
2:47:12exercice physique la voix est un muscle
2:47:14il ya quelque chose qui engage tout le
2:47:16corps la parole c'est déjà beaucoup plus
2:47:19du niveau du du symbolique c'est à dire
2:47:21que c'est l'outil principal de travail
2:47:23du psychanalyste et il est vrai que il
2:47:25est intéressant quand on lit un texte
2:47:27parfois même d'entendre une partie d'un
2:47:31sens à soi-même inconnue c'est à dire
2:47:33qu'il m'est arrivé en lisant extra
2:47:35autres d'entendre tout à coup quelque
2:47:36chose que je n'ai pas forcément entendu
2:47:39où nous n'avait pas forcément eu
2:47:40conscience moment où je l'écrivais ça
2:47:42c'est très curieux mais ça aboutit en
2:47:44sommes à quelque chose qui est de
2:47:45l'ordre de la psychanalyse c'est
2:47:46quelqu'un vient vous parler sur le divan
2:47:48cette personne juridique ne sait pas ce
2:47:52qu'elle disait hier que le psychanalyste
2:47:53va lui renvoyer dans ce qu'elle dit un
2:47:55sens qu'elle n'ait pas eu accès jusqu'à
2:47:57maintenant bien quand on lit à voix
2:47:59haute son propre texte parfois il ya
2:48:01une partie du sens de son propos thèse
2:48:04qui vous saute aux oreilles surtout
2:48:05quand on est ici qu analyste auxquelles
2:48:07on n'avait pas eu forcément accès jusque
2:48:08là alors la parole c'est l'outil de la
2:48:11psychanalyse parce que nous sommes des
2:48:12êtres humains et que le propre de
2:48:14l'homme ne s'est pas spécialement le
2:48:15rire parce que le saint jory le merle au
2:48:176 mai il n'ya que l'homme a parlé mais
2:48:20ce n'est pas qu'ils utilisent le langage
2:48:21comme c'est qu'il est un effet du
2:48:23langage c acc et le langage qui le
2:48:24façonne et que nous sommes construits
2:48:26largement autant avec des mots qu avec
2:48:28de la chair et du sang alors ce sens
2:48:30j'ai mieux vous dire que la parole pour
2:48:32moi c'est important merci beaucoup
2:48:34pourriez vous nous parler de vos projets
2:48:37j'ai plusieurs projets j'ai beaucoup
2:48:40travaillé quand même depuis l'écriture
2:48:42d'un secret en écrivant des nouvelles
2:48:44des textes articles d adaptation
2:48:46théâtrale même mais le prochain roman
2:48:50est en cours il est un tout petit peu je
2:48:54dirais retardée par le feq bien heureux
2:48:57du secret
2:48:59ce qui m'amène comme comme succès et
2:49:02comme
2:49:03invitation à en parler régulièrement il
2:49:05faut que je sois complètement disponible
2:49:07pour écrire un roman il est construit
2:49:10dans ma tête il est déjà en partie sur
2:49:12papier mais je sais déjà qu'il me faudra
2:49:14vraiment prendre un peu le large avec un
2:49:17secret pour pour me lancer à corps perdu
2:49:19dans l'écriture du prochain roman mais
2:49:21ça prend pas beaucoup de temps quand il
2:49:22est dans ma tête je sais que dès que
2:49:24l'opportunité sera là il se verra le
2:49:27jour mais il est des lignes déjà le
2:49:29thème est là le sujet et là je sais ce
2:49:31que je sais ce que je vais écrire
2:49:33philippe grimbert merci beaucoup
2:49:42merci et à bientôt chez audible