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0:00Qui se souvient de l'année 1989 ? Allez,
0:03encore plus difficile. Lequel d'entre
0:05vous saurait me dire ce qui s'est passé
0:07précisément le dimanche 14 mai de cette
0:09année-là ? Bon, je vous avoue que si on
0:11m'avait posé la question, j'aurais fait
0:13la même tête que vous. Pourtant, un
0:14homme en particulier se souvient encore
0:17sans le moindre doute de cette belle
0:19journée ensoleillée. Et si vous lui
0:21demandez pourquoi cette date est si
0:22importante, il vous répondra
0:24certainement ceci. Elle a marqué le
0:26point de départ d'une traque infernale
0:29au premier sens du terme, une chasse à
0:31l'homme qui, loin des premières
0:33théories, le mènera sur les pas de l'un
0:35des pires tueurs en séries que la France
0:38a jamais connue. Un monstre qui tue au
0:40hasard de ses rencontres et qui depuis
0:43plusieurs années déjà sème la mort
0:45partout autour de lui. Aujourd'hui, ce
0:47n'est pas seulement de son parcours
0:49sanglant dont je vais vous parler. C'est
0:50surtout une plongée en apné au cœur de
0:52l'enquête. Le récit d'un duel qui a
0:55marqué l'histoire entre un assassin
0:57indéchiffrable et un jeune gendarme plus
0:59qu'obstiné.
1:24Bonjour à tous, je suis le cogiter.
1:25Bienvenue pour cette nouvelle enquête où
1:27le mot erreur pourrait devenir
1:29l'étendard des autorités françaises.
1:31Mais mais ne mettons pas la charrue
1:33avant les bœement, si jamais vous n'êtes
1:35pas encore abonné, n'hésitez pas à le
1:37faire. Moi, ça m'aide beaucoup. Et puis
1:38comme ça vous ne raterez pas la suite
1:39des contenus, je vous remercie. La plage
1:41du Moulin Blanc dans le Finister s'étend
1:44sur environ 1 km. Elle est à cheval
1:46entre la ville de Brest et le relais
1:49Keron, une commune de taille plus
1:50modeste. C'est un lieu paisible,
1:52agréable et calme que beaucoup de
1:54Brestois et de vacanciers apprécient
1:56notamment pour son accès facile ainsi
1:58que les nombreux bars et restaurants
2:00qu'il aborde. Bon, les Brestois sont
2:03plus là pour les bars, on va pas se
2:04mentir. Mais en même temps, ça se
2:06comprend quand tu vois plus ton patron
2:08que le soleil dans l'année. Enfin,
2:10quelle que soit la saison, les
2:11promeneurs que toi les nageurs courageux
2:13et les visiteurs de passage. En fait, il
2:15est rare de ne croiser personne sur
2:16cette étendue de sable, encore plus à
2:18l'occasion d'un si beau dimanche de
2:20printemps. Absolument personne n'oserait
2:22imaginer qu'un meurtre puisse être
2:24commis en pleine après-midi dans ce lieu
2:26si fréquenté. Pourtant, ce 14 mai à
2:2917h10, un message urgent est transmis à
2:32la section de recherche de Renn. Il
2:34apparaît sur Telex, une sorte de
2:37téléimprimeur de l'époque relié au
2:39réseau téléphonique. Le mot informe les
2:41gendarmes de la section de recherche que
2:43quelqu'un vient d'être tué sur la plage
2:46du Moulin Blanc. Jean-François Abgral,
2:48un sous-officier de gendarmerie tout
2:50juste trentenaire et originaire de la
2:52région, fait partie de l'équipe
2:53d'Astrinte ce weekend là. Il prend
2:55connaissance de la situation, résumé en
2:57quelques mots. Des promeneurs sont
2:59tombés sur le corps sans vie d'une
3:00certaine Aline Perz sur la plage. Cette
3:03aide soignante de 49 ans aurait été tuée
3:06de plusieurs coups de couteau. La
3:07nouvelle est fracassante. Jean-François
3:09connaît très bien le coin pour avoir
3:11vécu juste à côté pendant 5 ans. Il se
3:13demande qui oserait commettre un meurtre
3:15de sang frroid sur la plage devant des
3:17dizaines de témoins potentiels et en
3:19pleine journée qui plusaient. Ça paraît
3:22impensable comme la section de recherche
3:24de Rennes traite la majorité des cas
3:25d'homicide de la région, il sait
3:27d'avance qu'il a de grandes chances de
3:29prendre la tête de l'enquête et n'attend
3:31donc pas son reste pour se rendre sur
3:33place. 200 km plus tard, le voici enfin
3:36sur la fameuse bande de plage qui relie
3:38Brest au relais Kéon. Il constate par
3:40ailleurs que ses collègues de la commune
3:41voisine l'ont devancé. Il est 18h50. Un
3:45peu moins de 2h se sont écoulées depuis
3:47qu'il a reçu le TEX. Malgré la présence
3:50des forces de l'ordre, il craint déjà
3:52que les premiers indices aient pu s'en
3:53voler. Et effectivement, ces craintes se
3:56confirment rapidement. Non loin du corps
3:58de la victime, un gendarme passe sur les
4:00traces d'un lieu de lutte évident, sans
4:02y prêter la moindre attention. La scène
4:04de crime est déjà souillée, mais le
4:06manque de professionnalisme et les
4:08premiers loupés ne s'arrête pas là. Le
4:10sous-officier aperçoit au loin plusieurs
4:12personnes quittant la plage avant même
4:14d'avoir été identifié. Il pourrait
4:16pourtant s'agir de témoins capitaux ou
4:18pire encore, il prend sur lui et inspire
4:21un grand coup en se rappelant que ceux
4:22qui sont arrivés en premier sur les
4:24lieux était plutôt dernier au concours
4:25de gendarmerie. Cette enquête s'annonce
4:28pour le moins compliquée. D'ailleurs,
4:30les premiers éléments qu'il relèvent sur
4:32le corps d'Aline le rendent tout aussi
4:34perplexe que le contexte. En l'observant
4:36de plus près, il a le sentiment d'une
4:38explosion de violence incompréhensible
4:40pendant un moment de repos. comme si
4:43cette femme d'une cinquantaine d'années
4:45avait été attaquée par surprise et très
4:47brusquement alors qu'elle leszardait au
4:49soleil. Ses affaires se trouvent encore
4:51posé à quelques mètres d'elle près des
4:52rochers. Elle est allongée sur le dos
4:54parallèle à l'océan et détail qui a son
4:57importance, le haut de son corps est
4:59dénudé. Visiblement, plusieurs coups de
5:01couteau lui ont été portés à la base des
5:03reins et au niveau du cœur, si
5:05profondément que la garde de l'arme est
5:08encore gravé sur sa peau. Mais le coup
5:10qui lui a probablement été fatal est
5:12celui qu'elle a reçu à la gorge. Elle a
5:14été tranchée très nettement jusqu'à
5:16l'arrière de l'oreille, laissant
5:18apparaître une plée béante. En fait,
5:20plus qu'un meurtre brutal, tout ça
5:22ressemble à une exécution. Chaque coup
5:24de couteau a été porté avec une
5:26précision extrême, ce qui traduit une
5:28certaine expérience de la part du tueur
5:30et surtout une volonté de ne pas manquer
5:33la mise à mort. Et ça, c'est vraiment
5:35pas bon. Le crime est particulièrement
5:37choquant et incompréhensible, même pour
5:39les gendarmes qui peinent à trouver une
5:41explication plausible à cette attaque
5:44inconcevable. Malgré ça, un lieutenant
5:46chargé d'organiser le début de l'enquête
5:48s'est déjà fait son propre avis sur la
5:50question. Il s'empresse donc d'exposer
5:52sa théorie aux sous-officier venu de
5:54Rennes, expliquant que l'aide soignante
5:56a été agressée de dos et qu'elle a rampé
5:59pour tenter de fuir. Ah, et puis tant
6:01qu'à faire, il peut même préciser
6:02l'ordre dans lequel elle a reçu les
6:04coups de couteau. En réalité, rien n'est
6:06sûr tant que le médecin légiste n'a pas
6:08réalisé son expertise. Mais pour le
6:10lieutenant, tout ce qui compte est de
6:12rendre un rapport à sa hiérarchie au
6:14plus vite et d'arrêter l'assassin dans
6:16la foulée. Malheureusement, c'est
6:17souvent comme ça qu'on prend de
6:19dangereux raccourcis et que l'on commet
6:21des erreurs. Jean-François Abgral, lui,
6:23n'a pas envie de précipiter les choses
6:25et de tirer des conclusions attives. Il
6:28tente donc de calmer un peu les ardeurs
6:30de la vingtaine d'enquêteurs mobilisés
6:32sur cette affaire, tout en commençant à
6:34répartir les équipes chargé d'aller
6:36recueillir les témoignages de chaque
6:37habitant. Il n'est pas du genre à bacler
6:40ses enquêtes pour faire plaisir à ses
6:42supérieurs. Chaque piste [musique] est
6:44ainsi explorée. On demande la liste des
6:46derniers détenus libérés de prison, des
6:48blessés arrivé ces dernières heures dans
6:50les hôpitaux et on interrompt le
6:51ramassage des poubelles aux abords de la
6:53plage pour avoir le temps d'enfouiller
6:55le contenu. Mais c'est sur les
6:57témoignages des personnes présentes à la
6:58plage cet après-midi là que reposent
7:01tous les espoirs du gendarme. Il refuse
7:03de croire que personne d'autre n'était
7:05présent sur cette plage par ce dimanche
7:07après-midi ensoleillé. D'ailleurs, le
7:09nombre d'auditions qui commence à
7:10s'accumuler prouve bien que l'endroit
7:12était loin d'être désert. Il réalise
7:15même un test grandeur nature en se
7:17plaçant à l'endroit où se tenait la
7:18victime avec un petit Mister Freez goût
7:20bleu. C'est quand j'ai appris que les
7:22bleus était à la framboise, j'ai arrêté
7:24d'en manger. Bref, le gendarme crie
7:26alors de toutes ses forces pour tenter
7:28de reproduire les probables appels au
7:29secours de l'aide soignante. Sauf qu'il
7:32s'avère que le roulement des vagues dans
7:34son dos et le passage des voitures sur
7:35la route situé juste au-dessus couvre le
7:38son de sa voix. Il se pourrait que
7:40personne n'est entendu Aline. Seulement
7:43pour ce qui est de ne pas la voir, c'est
7:45tout autre chose. Le témoignage d'un
7:47Brestoi va justement abonder en ce sens.
7:50Il affirme avoir croisé la quadragénère
7:52installée sur sa serviette à 17h
7:54précise. Il l'a salué puis s'est
7:56détourné pour écouter les commentaires
7:58d'une course de chevaux à la radio. Mais
8:00avant ça, il a tout de même eu le temps
8:02d'apercevoir deux hommes se dirigaient
8:04vers elle. Comme il avait le soleil dans
8:06les yeux, tout ce dont il se souvient,
8:08c'est qu'ils étaient mal habillés. Après
8:10quoi, il a changé de direction. Pour
8:12Jean-François Abgral, il s'agit d'un
8:15témoignage capital. Tout d'abord, bah il
8:18permet de déterminer l'or du crime.
8:20Comme Aline a été aperçue vivante à 17h
8:22et que l'appel au secours a été passé à
8:2417h04,
8:25ça signifie qu'elle a été tuée dans ce
8:27très court lapse de temps. En attendant
8:29d'en savoir plus, deux autres enquêteurs
8:32avec des bons résultats au concours
8:34arrivent de Renn pour prêter main forte
8:36aux gendarmes. Ils ont pour mission de
8:37décortiquer la Vidaline dans ses
8:39moindres détails et retracer son emploi
8:41du temps au jour le jour. Sa voiture est
8:44aussi analysée dans tous les recoins par
8:46le Carme, un laboratoire privé de Brest.
8:48Des microprélèvements sont effectués,
8:51mais [musique] ils n'aboutissent à rien,
8:52pas plus que l'enquête concernant la vie
8:54privée de la victime à qui on ne
8:56connaissait aucun ennemi et pas de
8:58problème particuliers. Comme souvent
8:59dans ce genre de cas, c'est l'autopsie
9:01qui va permettre d'en apprendre
9:03davantage sur le profil du tueur. Elle
9:05est réalisée de jours après le meurtre à
9:07l'Institut médico légal de Kerfutras,
9:09toujours à Brest. Par contre, il assure
9:12que la plie à la gorge, aussi
9:13impressionnante soit-elle, ne lui a pas
9:15été fatale. Ce n'est que lorsque la lame
9:18a traverser le cœur d'Aline que celle-ci
9:20a succombé. À ce sujet, l'expert note
9:23quelque chose de très intéressant.
9:25L'arme du crime semble être un petit
9:26couteau très tranchant et selon l'aspect
9:29des blessures, sa lame est ébrêchée.
9:31Mieux encore. Des prélèvements sont
9:33effectués dans les blessures. De
9:35microparticules de métal s'y sont logées
9:37au moment où la quadragénère a été
9:39poignardée. Analysé, elles permettent
9:42d'affirmer sans le moindre doute que la
9:44lame est constituée uniquement de fer.
9:47Ces indications, plus que précieuses,
9:49vont être d'une grande aide pour la
9:51suite de l'enquête. Je vous le dirai pas
9:52sinon. Avant de conclure, le médecin
9:54légiste précise une dernière chose. Le
9:57tueur a effectué une prise assez étrange
9:59pour maîtriser sa victime. C'est ce que
10:02démontrent les trois petites traces
10:03d'ongles laissées sur le coupt de l'aide
10:05soignante. Si, comme il le pense, ce
10:08sont bien les doigts du meurtrier qui
10:09ont laissé ses marques, ça voudrait dire
10:11qu'il a saisi à ligne de face en posant
10:13sa main gauche sous son menton, tout en
10:16utilisant sa main droite pour lui
10:17enfoncer le couteau dans la gorge. C'est
10:20assez difficile à reproduire dans un
10:22schéma. mental [musique] et à juste
10:24titre, Jean-François Abgral n'a encore
10:27jamais vu quelqu'un opérer un geste
10:29aussi inhabituel. Ça peut vouloir dire
10:31que le tueur de la plage du Moulin Blanc
10:34est un criminel à part. L'autopsie
10:36terminée, le militaire se rend au plus
10:38vite chez un armurier de la ville pour
10:40lui demander un avis éclairé sur le type
10:42d'arme à rechercher. Le verdict du
10:44professionnel est sans appel. Les seules
10:47lames de fer que l'on peut retrouver sur
10:49le marché et qui s'avèreent aussi
10:50tranchantes qu'une lame de rasoir sont
10:53celles des opinelles. Pas [musique] mal,
10:54non ? C'est français et je parle du
10:56couteau hein, pas pas du tueur. Sauf que
10:58le problème c'est que c'est aussi l'un
11:00des couteaux les plus répandus. Tout
11:02l'enjeu est donc de retrouver une arme
11:04capable de laisser la même imperfection
11:06que celle qui a tué Aline, ce qui
11:08devrait mener tout droit à son
11:09propriétaire. Après avoir entendu et
11:11enregistré des centaines de témoignages
11:13d'habitants du relais Kéuon et de Brest,
11:16le sous-officier et son équipe décide
11:18d'auditionner les promeneurs qui ont
11:20découvert le corps et alerter les
11:21secours. Il s'agit d'une femme d'une
11:23cinquantaine d'années et de ses deux
11:25enfants. Ils expliquent qu'ils sont
11:27allés se balader sur la pointe des
11:28sables rouges, un petit promontoir
11:30rocheux situé un peu plus à l'est de la
11:33plage. Il était alors 16h45.
11:36En continuant leur promenade, ils se
11:38sont rapprochés de l'endroit où s'était
11:40installé l'aide soignante [musique]
11:41seul. Le fils âgé de 20 ans se souvient
11:44l'avoir vu en train de bronzer à l'abri
11:46des regards près des rochers. Il
11:48confirme qu'à ce moment, il a aperçu un
11:50homme un peu plus loin en train
11:51d'écouter son poste de radio. C'est le
11:53premier témoin qui avait déclaré suivre
11:55une course ipique. Le jeune homme
11:57continue son récit. Les images défilent
11:59dans ses yeux comme si tout ça ne
12:01s'était passé que quelques minutes plus
12:03tôt. Il sent que quelque chose cloche
12:05avec cette dame. Elle est allongée un
12:07peu bizarrement dans un sens inhabituel
12:09pour une séance de bronzage. Sa mère, sa
12:12sœur et lui échangent le même regard
12:14perplexe. Il décide de s'approcher et
12:17tombe sur le corps sans vie et
12:18ensanglanté de la pauvre Aline. La
12:20minute qui suit, ils alertent les
12:22secours à partir de la cabine
12:24téléphonique la plus proche. Il ne fait
12:27aucune mention des deux hommes que le
12:29premier témoin dit avoir aperçu, ce qui
12:31en ce sens ne fait pas plus progresser
12:34l'enquête que ça. Sauf que Jean-François
12:36ne baisse pas les bras pour autant. En
12:38effet, la plage du moulin blanc a aussi
12:40la réputation un peu moins reluisante
12:43d'être fréquentée par des toxicomanes et
12:45des sans-abris. Ça pourrait correspondre
12:47à ces hommes mystérieux décrit comme mal
12:50habillé par le premier témoin. En plus,
12:53il se trouve justement que ce squat est
12:56du côté de la plage où se reposait à
12:58avant d'être brutalement attaqué.
13:04Les marginaux que le sous-officier et
13:06son coéquipier rencontrent sont pour la
13:08plupart des exhibitionnistes, des
13:10détraqués sexuels ou des toxicomanes.
13:13Attendez, ils ont aussi la gare du nord
13:15au rela kiréon. Bon, sans surprise,
13:17aucun d'entre eux ne peut ou les
13:20gendarmes dans leur enquête. C'est aussi
13:22le cas dans le foyer maus situé au
13:24relais kéuon. Les 100 domiciles qui sont
13:27hébergés là-bas font partie de ceux que
13:28l'on voit le plus fréquemment dans la
13:30zone du moulin blanc. Sauf qu'au moment
13:32où l'on vient les interroger, surprise,
13:34les résidents ne sont plus qu'au nombre
13:36de deux. Dès qu'ils ont appris la
13:38nouvelle du meurtre, la plupart d'entre
13:40eux se sont empressés de prendre le
13:41large, craignant d'être considéré
13:43d'office comme des suspects. Mais le
13:45coupable [musique]
13:46aussi aurait eu toutes les raisons de
13:48partir sans se retourner. Alors, même si
13:50retrouver toutes ces personnes évanouies
13:51dans la nature ne sera pas une mince à
13:53faire, les militaires décident de tenter
13:55leur chance. D'autant que Jean-François
13:57Abgral vient d'apprendre une nouvelle
14:00intéressante. L'après-midi du crime vers
14:0216h30, une altercation a éclaté entre
14:05plusieurs résidents du foyer au point où
14:07certains d'entre eux ont dû sortir pour
14:09se calmer. Il ne peut s'empêcher de
14:11faire le lien entre l'horaire proche de
14:13celui du meurtre de l'aide soignante et
14:16le contexte. un ou plusieurs individus
14:18qui partent se détendre les nerfs après
14:20une violente dispute. Et si Aline, la
14:23victime s'était tout simplement trouver
14:25au mauvais endroit au mauvais moment,
14:27c'est une piste à explorer. Les
14:28enquêteurs lancent un peu comme une
14:30bouteille à la mer un avis de recherche
14:32nationale. Grâce au registre du foyer
14:35ils ont en effet les noms de tous les
14:36résidents, ce qui est déjà un bon
14:38départ. Le problème, c'est qu'il faut
14:40parfois attendre des semaines, voire des
14:42mois avant d'avoir les premiers retours.
14:44Alors, tandis que les jours s'écoule,
14:46les équipes de gendarmerie se
14:48concentrent sur d'autres pistes.
14:50Seulement, l'une après l'autre, elles
14:52finissent toutes dans des impasses. Un
14:54mois plus tard, le découragement
14:56commence à se faire sentir dans les
14:57rangs. L'enquête piétine, sans lise et
15:00certains se mettent à penser que
15:02l'assassin de la quadragénère ne sera
15:04sûrement jamais retrouvé. Sauf que le 19
15:06juin, un appel téléphonique va
15:08complètement relancer la machine. C'est
15:10une autre brigade basée dans La Manche
15:13qui contacte leurs collègues breton. Ils
15:15viennent d'appréhender l'un des
15:16résidents du foyerus du relais Kéuon
15:19dont le nom figurait sur l'avis de
15:20recherche transmis à tous les services
15:22de gendarmerie. Le sous-officier Abgral
15:25qui a pris la direction de l'enquête
15:27sait qu'il n'a que peu de temps devant
15:29lui car son suspect a été placé en garde
15:31à vue il y a déjà plusieurs heures de ça
15:33et il ne peut être retenu au poste
15:36[musique] plus de 48h. Lorsqu'il arrive
15:38enfin à Saint-Clairc sur l'ail la
15:40commune en question, plus de 5 heures se
15:42sont déjà écoulés. [musique] L'homme
15:44qu'il est venu rencontrer patiente dans
15:46l'un des bureaux de la gendarmerie et
15:48tout de suite l'enquêteur Brestois
15:50[musique] est frappé par son apparence
15:52peu commune, grand, très grand même. Il
15:55doit bien frer le90, presque deux fois
15:58la taille du cogiteur quand même. Sa
16:00maigreur, ses cheveux courts et raides,
16:03ses lunettes, [musique] son dos voûé,
16:05mais surtout sa façon de grimacer en se
16:08pinçant les lèvres lui donne presque
16:10l'allure d'un vieil homme. Pourtant, il
16:12a exactement le même âge que lui, 30
16:14ans. Mais au-delà de ce physique
16:16particulier, c'est l'attitude de ce
16:18personnage visiblement cabossé par la
16:20vie qui frappe Jean-François tendu, le
16:23visage crispé, il harponne son
16:25interlocuteur de ses petits yeux vifs et
16:27perçant et ne s'en détourne plus.
16:29L'intensité de ce regard donne des
16:32sueurs froides sousofficiers, mais il se
16:34reprend en tentant de ne rien laisser
16:36paraître. L'homme qui est assis en face
16:38de lui se présente. Il s'appelle Francis
16:41Holm. Contrôlé sans ticket de transport
16:43alors qu'il prenait le train. Il est
16:45descendu avant d'atteindre sa
16:46destination et faisait du stop dans la
16:49commune. C'est par hasard que les forces
16:51de l'ordre sont tombées sur lui.
16:53D'ailleurs, il ne comprend pas pourquoi
16:55on le retient ici. D'où sa fébrilité. On
16:58dirait un peu le début du film Rambo,
16:59non ? Quand il se fait emmerder par le
17:00flic au début là. J'espère que ça finit
17:02pas pareil. Bon, malgré cette
17:04arrestation, il accepte de répondre aux
17:07questions du gendarme qui prend soin de
17:09s'adresser à lui poliment et sans
17:11pression pour faire baisser quelque peu
17:13laattension dans la pièce. C'est pour la
17:15même raison que le militaire n'en vient
17:17pas directement au but de sa visite. Il
17:20préfère d'abord demander à Francis Holm
17:24et de son parcours. Comme ce souvent de
17:26coutume dans ce genre d'interrogatoire,
17:28le trentenaire confirme qu'il est sans
17:30abri et qu'il vivote de ville en ville
17:33grâce au foyer maus qui l'héberge. Il ne
17:35travaille pas et ne conduit [musique]
17:37pas non plus. Naturellement, trop
17:39peut-être, il enchaîne en parlant de son
17:41enfance à mess où il est né. mentionne
17:43son père violent, sa sœur, puis sa mère
17:46décédée 5 ans plus tôt. Dans sa lancée,
17:48il précise qu'à 18 ans, il s'est engagé
17:51dans l'armée de terre pendant 2 ans.
17:53C'est là-bas qu'il a appris à manier les
17:55couteaux. Jean-François se fige. Il
17:57s'efforce de ne pas réagir à ses
17:59derniers mots, mais il sent le feu de ce
18:01regard incisif s'accentuer davantage.
18:04Tout en continuant de le fixer, Francis
18:07poursuit. Par exemple, pour neutraliser
18:09une sentinelle, il faut la prendre par
18:11derrière à l'aide du bras gauche, lui
18:12lever la tête. Avec le bras droit, on
18:14lui porte un coup au niveau de la
18:15carotide, puis un coup au cœur. Et
18:17enfin, on peut lui porter un dernier
18:19coup au niveau de la colonne vertébrale.
18:21En tout cas, faut y aller avec une forte
18:23puissance. Après cette déclaration, la
18:26température de la pièce baisse
18:27drastiquement. L'enquêteur breton
18:30n'arrive pas à le croire. Pourtant,
18:32l'homme qui se tient en face de lui
18:34vient bien de lui décrire avec une
18:36exactitude si dérente la façon dont
18:38l'aide soignante a été tué sur la plage
18:40du moulin blanc. À partir de cet
18:42instant, il en est certain, ce Francis
18:45Holmes est le coupable. L'enquête est
18:47terminée. Ils tiennent l'assassin, mais
18:50même s'il bouillonne intérieurement, il
18:53sait qu'il ne faut pas brûler les étapes
18:55et rester le [musique] plus impassible
18:56possible. Il encourage donc le sans-abri
18:58à poursuivre dans l'espoir de récolter
19:01d'autres informations importantes. Si le
19:03SDF est une pipelette, pourquoi s'en
19:04priver ? pour une fois qu'il y en a un
19:06qui veut parler. Il apprend ainsi que
19:08celui qui est désormais un suspect a
19:10tenté de sauter la vie après le décès de
19:12sa mère en utilisant un fusil de chasse.
19:14Puis il s'est ouvert le ventre avec un
19:16tesson de bouteille quand son père l'a
19:18tenu pour responsable de ce drame.
19:20Depuis, il a effectué de nombreux
19:22séjours en hôpital psychiatrique et ce
19:24dans diverses régions puisqu'il sillonne
19:26littéralement la France au gré de ses
19:28envies. À la demande de Jean-François
19:30qui aimerait savoir où il se trouvait au
19:32mois de mai, il répond sans hésiter
19:34qu'il s'est journé dans une communauté
19:36Emmaus de Brest. Il va lui-même jusqu'à
19:40parler du meurtre d'Aine. Selon ses
19:42propres mots, [musique] il aurait quitté
19:44le foyer la veille où une femme a été
19:47tuée sur la plage. "Je dois vous dire
19:48qu'il m'arrive fréquemment de boire",
19:50ajoute-t-il. Je prends mes cachets
19:52antiangoisse et d'autres traitements. Ça
19:54m'est mauvais de boire car ça me donne
19:56des pulsions. Je revois des scènes de
19:58combat avec un poignard. Je vois des
20:00coulées de sang sur mes mains. Je
20:01ressens le besoin de regarder mes mains
20:03pour voir si c'est vrai. À nouveau,
20:05l'oxygène quitte la pièce. Francis Holm,
20:08lui observe les réactions des gendarmes.
20:11Mais si ce récit pourrait coller à une
20:13histoire de syndrome post-traumatique,
20:16Jean-François Abgral voit plus loin. Il
20:18est intimement convaincu de tenir son
20:20meurtrier. S'en est même presque trop
20:22beau pour être vrai. Surtout que l'homme
20:24explique maintenant qu'il a déjà tenté
20:26d'agresser une femme un an auparavant en
20:28réponse à l'une de ces fameuses pulsions
20:30et que 4 jours avant le meurtre du relac
20:33kéon, il s'est rendu sur la plage armé
20:36d'un couteau pour prendre une jeune
20:38fille. Heureusement ce jour-là, elle
20:40n'était pas seule. En criant, elle a
20:42alerté son père qui est intervenu et a
20:44fait fuir son agresseur. Mais Aline,
20:46elle était plus vulnérable. Peut-être
20:49bien que cette fois-ci toutes les
20:51conditions étaient réunies pour que
20:52Francis Holm aille jusqu'au bout de son
20:55fantasme mortel. C'est en tout cas la
20:57conviction intime de Jean-François
20:59Abgral qui en fait part à ses supérieurs
21:01au bout de 3 heures d'audition plutôt
21:04éprouvante. Seulement, à sa très grande
21:06surprise, son sentiment n'est pas
21:08partagé.
21:11Le major avec qui il s'entretient et qui
21:13a lui aussi assisté à l'interrogatoire
21:16ne croit pas du tout que ce marginal un
21:19peu paumé puisse être l'assassin de
21:21l'aide soignante. Pour lui, si c'était
21:23le cas, il n'aurait jamais parlé de
21:25cette façon. C'est trop flagrant, trop
21:28incongru. Il a certainement lu les
21:30journaux comme tout le monde et s'amuse
21:31à les mener en bateau. Sauf que la
21:33nature des couporté à Aline n'a jamais
21:35été mentionnée dans la presse.
21:37L'enquêteur breton est consterné. À ses
21:40yeux, il n'y a pas l'ombre d'un doute.
21:42Sauf que si sa hiérarchie ne le suit
21:44pas, Francis Holm, un homme chez qui
21:46tout transpire le danger, ressortira
21:49libre du commissariat tout simplement.
21:56À Saint-Clairc sur l'aile. Le
21:57sous-officier reprend l'audition de son
21:59suspect. C'est la dernière ligne droite.
22:01Sa dernière chance de prouver à ses
22:03collègues qu'ils sont bien en présence
22:05de l'assassin de la plage du Moulin
22:06Blanc. Alors, soit dit en passant,
22:08souvenez-vous, il voulaient boucler
22:09rapidement l'affaire, mais maintenant
22:11qu'ils ont le suspect idéal, le cul
22:12poser face à eux. C'est trop simple.
22:14Seulement dès la reprise de la
22:16discussion, le ton adopté par Francis
22:18Holm change radicalement comme s'il
22:21avait conscience d'en avoir trop dit. Il
22:23prend l'initiative d'apporter une
22:25précision concernant la veille du
22:26meurtre et celle-ci va être de taille.
22:30En effet, l'homme assure que le samedi
22:3113 mai, veille du meurtre, il est allé
22:34jusqu'à Quimpère en stop. Dès son
22:36arrivée, il aurait été victime d'un
22:38malaise cardiaque, ce qui l'aurait
22:39conduit en cardiologie du centre Laenec
22:42où il serait resté jusqu'au 16. Le
22:45sous-officier Abgral fronce les
22:47sourcils. Une hospitalisation ? Autant
22:50dire que ce serait un alibi en béton,
22:52mais il ne peut pas croire que ce soit
22:54vrai. Toutes les fibres de son corps lui
22:56hurlent que Francis Holm est bien un
22:59meurtrier. Il est donc persuadé en
23:01décrochant son téléphone pour contacter
23:03le service hospitalier de Laek. que le
23:06nom de son suspect ne figurera nulle
23:08part dans les registres. Pourtant, c'est
23:11la douche froide. L'infirmière de garde
23:13lui confirme qu'il était effectivement
23:16hospitalisé du 13 au 16 mai dans le
23:18service cardiologie à 80 km du lieu du
23:22meurtre. La brigade de recherche de
23:24Quimpère, dépêchée en urgence au centre
23:26hospitalier [musique] pour consulter
23:28directement le registre ne trouve aucune
23:31erreur. La Libye est incontestable.
23:33Malgré ça, notre enquêteurs n'y croient
23:35toujours pas. Il est convaincu qu'il
23:37doit y avoir une explication quelque
23:39part. Peut-être seulement. Le fait
23:42[musique] est qu'il n'a désormais plus
23:43aucun recours pour empêcher Francis Holm
23:46recouvrer sa liberté. Un sentiment de
23:48malaise chevillé au corps. Il le laisse
23:50donc repartir sur les routes. De leur
23:52côté, son coéquipier et ses supérieurs
23:55sont loin de s'angoisser. De toute
23:56façon, il ne croyait déjà pas que cet
23:59individu puisse être impliqué dans leur
24:00affaire. Cet alibi tombé du ciel n'a
24:02donc fait que les conforter dans leur
24:04idée. La piste se referme comme toutes
24:06les autres. Bornet Jean-François Abgral
24:09passe tout de même en personne faire un
24:11saut au centre de cardiologie de
24:13Quimpère dès son retour dans la région.
24:15Il peut alors lire de ses propres yeux
24:17que son suspect a bien fait l'objet d'un
24:19relevé de température non seulement le
24:21jour du meurtre, mais en plus à l'heure
24:23précise à laquelle il a eu lieu. 17h.
24:26Bon ben, tout porte à croire qu'il a
24:28commis une erreur de jugement. Mais
24:30malgré l'évidence et même s'il ne trouve
24:32pas encore d'explication rationnelle à
24:34tout ça, c'est plus fort que lui.
24:36Francis Holm ne peut pas être étranger
24:38au meurtre d'Alline. Alors, où est-ce
24:40que ça coince ? À ce stade, le
24:42sous-officier Abgral est bien le seul
24:44dont les pensées sont tentées par cette
24:46question. Car à présent, tous les
24:48regards sont tournés vers un homme
24:50activement recherché qui aurait agressé
24:52quelqu'un au couteau près du château de
24:54Brest le soir du meurtre. Pour faire
24:56clair, le seul à penser que cet homme
24:58n'est pas le meurtrier et bien
25:00Jean-François Abgral. Et ça, [musique]
25:03ça agace passablement le commandant de
25:04la Compagnie de gendarmerie de Brest qui
25:07ne comprend pas pourquoi l'ordre n'a pas
25:08été donné à tous les enquêteur de se
25:11concentrer sur l'identification de cet
25:13agresseur. En conséquence, le gradé
25:16convoque Jean-François pour lui
25:17signifier que ses effectifs vont être
25:20réduits au minimum dès le lendemain
25:22matin. Concrètement, ça veut dire que
25:24plus aucun gendarme Brestois ne sera
25:26autorisé à lui prêter main forte
25:28concernant la piste Holme. Et avec ou
25:30sans aide, il n'a pas l'intention de
25:32baisser les bras. Jean-François a décidé
25:34de nager à contre-courant en faisant son
25:36boulot de manière sérieuse. La suite de
25:38son enquête se concentre donc toujours
25:40sur Francis Holmes. Non déplaise à ses
25:42pères. C'est de cette façon qu'il
25:44apprend que ce dernier a menti
25:46concernant son engagement dans l'armée.
25:48La réalité c'est qu'il a été réformé
25:50pour inaptitude médicale. Cependant ça
25:53change rien à cette histoire d'Aibi.
25:55Tant qu'il tient, il le protège de tout
25:57soupçon. Jean-François Abgral fait donc
26:00de ce mystère sa priorité numéro 1 et se
26:03rend une nouvelle fois au centre
26:04hospitalier de Quimpère afin de trouver
26:06la faille. Et cette seconde visite va
26:09tout changer. Tout d'abord, l'enquêteur
26:11apprend qu'une infirmière a retrouvé du
26:13sable sous le lit du malade après que le
26:16meurtre a été commis. Malade qui,
26:18soitdit en passant n'en était pas
26:20vraiment un. Il a plutôt été ramassé en
26:22pleine rue par les pompiers, assommé par
26:24l'alcool et déposé au centre hospitalier
26:27où on lui a ensuite fait passer des
26:29examen pour vérifier l'état de son cœur.
26:31Et puis surtout, un homme qui a partagé
26:33la chambre de Francis Holmes lui apprend
26:36que les relevés de température se font
26:37souvent en l'absence du patient. En
26:40gros, le thermomètre est posé sur la
26:42table de nuit vers 13h et les
26:44infirmières passent à un moment donné
26:45dans l'après-midi pour noter la
26:47température indiquée dessus, même si bon
26:49ben ça veut plus dire grand-chose.
26:52D'ailleurs, si personne n'avait
26:53mentionné ce détail jusqu'ici, c'est
26:55justement parce que certaines risquent
26:57de perdre leur place en agissant de la
26:58sorte. Mais Jean-François Abgral n'est
27:01pas ici pour faire sauter des postes. Il
27:03vient d'avoir la confirmation que
27:04Francis Holm a très bien pu quitter sa
27:07chambre en début d'après-midi pour
27:09revenir quelques heures plus tard du
27:11sable sous les chaussures. Il n'a plus
27:13d'alibi pour l'après-midi du 14 mai.
27:15Cette fois-ci, il le tient. Enfin, ça
27:18c'est ce qu'il croit car le juge
27:20d'instruction a lui aussi un avis très
27:22différent sur le sujet. Il estime en
27:24effet que rien ne justifie le placement
27:26en examen de Francis Holm. Fin de
27:29l'histoire, affaire suivante. Bon, je
27:31vous rassure, en fait, on est très loin
27:33d'en avoir terminé. Et ça, c'est parce
27:35que Jean-François s'accroche à ses
27:37convictions comme une moule à son
27:38rocher. Mais pour l'instant, le temps
27:40passe et les jours s'écoulent lentement
27:42sans que personne ne s'inquiète de
27:44savoir où se trouve Francis Holm ni ce
27:46qu'il fait. Pourtant, il tue. Il faudra
27:50malheureusement attendre jusqu'au mois
27:51d'août pour qu'un nouveau message
27:54redonne enfin un peu d'espoir aux
27:55sous-officiers. Une brigade de recherche
27:57d'Avignon. enquête sur un meurtre
27:59étrange commis dans le Vluse et vient de
28:02faire une demande de renseignement au
28:03sujet d'un dénommé Francis Holm. Le
28:06corps de Jean-Joseph Clément, un ancien
28:09légionnaire d'une soixantaine d'années,
28:11vient en effet d'être découvert sans vie
28:13près d'une rivière, non loin d'une
28:15communauté, Emmaus. Il a eu le crâne
28:18fracassé à coup de pierre et on lui a
28:20ôté le pantalon. Le foyer émaus, le
28:23dénudement partiel de la victime et
28:25l'apparente violence de l'attaque. Tout
28:27ça sonne un peu trop familier aux
28:28oreilles de l'enquêteur breton qui ne
28:30peut s'empêcher de faire le rapport avec
28:32le meurtre de la plage du moulin blanc.
28:34Arrivé en toute hâte à Avignon, il se
28:36rend sur les lieux du crime pour faire
28:37ses propres constatations et tout comme
28:40pour Aline, il apprend que la victime
28:42était un homme sans histoire installé
28:44depuis des années dans la région. Les
28:45gendarmes ne trouvent pas de mobile
28:47apparent à ce meurtre qui effectivement
28:50est d'une violence rare. En revanche,
28:52ils ont trouvé un jean appartenant à une
28:54personne de grande taille, abandonnée un
28:57peu plus loin. Bien, mais le lien avec
28:59Francis Holm alors, il a été contrôlé
29:01près du lieu du crime le jour de la
29:04découverte du corps, soit environ 24
29:06heures après le meurtre. D'après s dire,
29:08il arrivait alors directement de
29:10Marseille où il venait d'être
29:12hospitalisé. Pour la brigade chargée de
29:14l'affaire, il s'agit évidemment d'un
29:16alibi solide. Mais c'est certainement
29:18pas ça qui va convaincre Jean-François
29:20Abgral. Il se demande d'ailleurs si son
29:23suspect n'aurait pas pris la fâcheuse
29:25habitude de se constituer de soi-disant
29:28à Libye auprès des hôpitaux. D'ailleurs,
29:30renseignement pris. Il n'a plus été vu
29:33par l'équipe médicale depuis le 7 août
29:35au matin, le jour où a été commis le
29:37crime. Encouragé par Jean-François, les
29:40gendarmes d'Avignon acceptent donc,
29:42malgré l'absence de preuve directe,
29:44d'inscrire le suspect au fichier des
29:46personnes recherchées. 3 mois plus tard,
29:48la nouvelle tente attendue tombe enfin.
29:50Le sans-abri vient de faire son
29:53apparition en meurtemelle [musique] où
29:55il a de nouveau été contrôlé. Mais cette
29:57fois-ci, l'inscription de son nom dans
29:59les fichiers de la gendarmerie lui a
30:00valu un séjour gratuit en garde à vue.
30:03Le chef de la brigade d'Avignon
30:05accompagne Jean-François pour ce nouvel
30:06interrogatoire en Laoren. Sauf que le
30:09gendarme arrivé tout droit du VCluse
30:11adopte un ton qui ne plaît pas à Francis
30:13Holm. Ce dernier ni en bloc toute
30:15participation au meurtre pour lequel il
30:17est soupçonné, réaffirmant qu'il se
30:19trouvait à l'hôpital de Marseille- Nord
30:21à ce moment et qu'il n'est donc pas
30:23concerné par l'affaire. Et même si on
30:25sait qu'il était sorti au moment du
30:27crime, sans aveu ni preuve, les
30:30militaires sont impuissants. Je devrais
30:32plutôt dire le militaire. Car entre
30:34Jean-François Hgral et le chef de la
30:36brigade d'Avignon, un seul penseleur
30:38suspect coupable de ce second crime.
30:40Vous voulez un petit indice ? Il est
30:42breton. Le gendarme du Voclus, lui s'en
30:44tient à cette histoire de pseudo alibi.
30:46Il décrète, non sans un certain
30:48agacement, que le marginal n'est pas son
30:50homme et qu'il a seulement perdu son
30:52temps. À chaque fois que Francis Holm
30:54passe dans une communauté puis est
30:56hospitalisé quelque part, il y a un
30:58meurtre. Mais bon, ça reste une
31:00coïncidence. Mais au moment où on
31:02s'apprête de nouveau à le relâcher dans
31:04la nature, il interpelle Jean-François
31:07avec qui il commence à nouer un certain
31:09lien de confiance et dont il apprécie
31:11plus les manières. Ces prunelles sombres
31:13se fichent droit dans les yeux du
31:15sous-officier. "Je sais que tu sais,
31:17c'est un pépin cette histoire", prononce
31:19le trentenaire au trait tiré.
31:21Jean-François Abgral l'encourage à
31:23s'exprimer davantage, certain de
31:25percevoir un aveu caché dans ces
31:27quelques mots. Mais le suspect s'énerve
31:29en marmonant que tout ça, c'est la faute
31:31du gaulois. Puis il se ferme
31:33complètement et quitte les locaux de la
31:35gendarmerie de nouveau libre. À partir
31:37de là, le militaire n'a plus qu'une idée
31:40en tête. identifier ce fameux gaulois
31:42que Francis Holm a l'air de si bien
31:44connaître et qui pourrait aussi bien lui
31:46fournir des informations sur sa première
31:48affaire. Seulement, c'est triste à dire,
31:51mais plus d'un an après, le meurtre de
31:53l'aide soignante au relais kéuon
31:55n'intéresse plus vraiment les forces de
31:56l'ordre qui ont fini par faire une croix
31:58sur l'affaire. Il lui faut plus de 6
32:00mois en effectif réduit pour retrouver
32:03enfin la trace de cet homme mystérieux.
32:05Lorsqu'il reçoit un appel en juin 1990
32:08pour lui signifier que l'ancien
32:09cuisinier du foyer Maus a été retrouvé
32:12et se trouve bien au chaud dans un
32:13commissariat parisien, il fonce. Certes,
32:16c'est pas vraiment en lien avec le
32:18meurtre d'Avignon, mais qu'importe, tout
32:20renseignement au sujet de son suspect
32:22sera bon à prendre. un homme solitaire
32:24qui lui aussi sillonne les routes depuis
32:26de longues années sans [musique] famille
32:28ni attache. Grâce au témoignage du
32:30cuisinier, il est à présent possible de
32:32mettre un véritable nom sur ce visage et
32:35apparemment [musique] il se serait bien
32:36trouvé à proximité de la plage du moulin
32:38blanc au moment du meurtre. C'est
32:41suffisant pour signaler à toutes les
32:42brigades du territoire que cet homme est
32:45recherché. De la même manière qu'il
32:47avait fait avec Francis Holmes,
32:48l'enquêteur n'a maintenant plus qu'à
32:50attendre que ce témoin clé se fasse
32:53contrôler. Sauf que ça n'arrive pas.
32:55Encore une fois, les jours, les semaines
32:57et les mois passent. Au bout d'un an,
32:59les supérieurs de Jean-François Abgral
33:01lui font gentiment comprendre qu'il
33:03faudrait penser à boucler son enquête.
33:05[musique]
33:05Le sous-officier, promu entre-temps,
33:07adjudant chef, comprend qu'on va bientôt
33:09lui couper les vivres pour ce dossier.
33:11Mais au mois de juillet 1991, coup de
33:14théâtre. Le gaulois a été localisé à
33:16Bayonn. Enfin, après tout ce temps, il
33:19va pouvoir entendre celui qui, il en est
33:21sûr, pourra faire basculer l'affaire.
33:24Mais la joie est de courte durée. Le
33:26supérieur hiérarchique de Jean-François
33:29refuse qu'il se rende dans les Pyrénées
33:30Atlantiques pour rencontrer ce précieux
33:32témoin. Pour lui, l'obstination du
33:34gendarme s'apparente à de l'acharnement.
33:37Un acharnement auquel il décide de
33:39mettre un point final. Le coup est rude,
33:41c'est le moins que l'on puisse dire,
33:43d'autant qu'on vient d'informer
33:44l'enquêteur que Francis Holmes s'est
33:46apparemment installé en Alsace à bijuil
33:49[musique]
33:49où il travaillerait au sein d'une
33:51association de réinsertion. L'occasion
33:53est trop belle pour Jean-François Abgral
33:55qui décide d'aller directement à la
33:57rencontre de celui qu'il considère comme
33:59un meurtrier récidiviste. Il n'a plus
34:01rien à perdre. Alors, autant tenter le
34:03tout pour le tout. Pour la première
34:05fois, il va pouvoir perquisitionner le
34:07logement du suspect et tenter de le
34:09confondre lors d'une dernière audition.
34:11Si l'une comme l'autre ne donne rien de
34:13suffisamment probant pour relancer
34:15l'enquête, ce qui aurait dû être le
34:17dernier échange entre les deux hommes,
34:19s'avère tout de même intéressant. Il a
34:21lieu à la section de recherche de
34:22Strasbourg dans le cadre d'un nouvel
34:25interrogatoire. Le sans-abri confie au
34:27gendarme qu'il connaît bien maintenant
34:29qu'il a effectivement menti concernant
34:31l'armée. Il parle aussi de rêves
34:33étrange, de meurtres auxquels il pense
34:36avoir assisté sans être sûr. Et il
34:38répète qu'il a eu des pépins mais
34:40qu'aujourd'hui il est bel et bien guéri.
34:43Ce mot interpelle Jean-François Abgral.
34:45Ce n'est pas la première fois qu'il
34:46l'entend de la bouche de son
34:47interlocuteur et il est certain qu'en
34:50réalité il a un sens très précis. Mais
34:53lequel ? En tout cas, une chose est
34:55sûre. Cet homme est loin d'être bête. Il
34:58mène d'ailleurs son jeu avec une
34:59intelligence remarquable et joue avec
35:01les forces de l'ordre en mentionnant des
35:03rêves, des détails sortis de nulle part
35:06et des sortes de visions étranges. Il
35:08ment, manipule, revient sur ses
35:10déclarations et change régulièrement de
35:12version tout en mélangeant les
35:14informations de plusieurs affaires pour
35:16plonger les gendarmes dans une sorte de
35:18brouillard mental. Ils se foutent de
35:19leur gueule quoi. Par exemple, il va
35:21raconter qu'il a rêvé du meurtre d'Aline
35:23Perez. puis tout à coup y inclure un
35:26complice ou un détail lié à un autre de
35:28ces crimes. C'est juste assez pour
35:31mettre la puce à l'oreille de
35:32l'enquêteur mais pas suffisamment pour
35:34qu'on puisse l'accuser sans le moindre
35:36doute. Et surtout bah ça lui permet de
35:38se faire passer pour quelqu'un de
35:40dérangé et de peu crédible. Face à la
35:43plupart des enquêteurs, ce petit jeu
35:45marche à merveille mais pas avec
35:47Jean-François Abgral. Sauf qu'il a beau
35:49l'avoir compris dès le départ, il ne
35:51possède désormais plus aucune carte en
35:53main pour faire quoi que ce soit. Pour
35:55la troisième fois, il en est sûr et
35:57certain. Il relâche un assassin,
36:00peut-être même plus encore un tueur en
36:02série.
36:07L'hiver s'est abattu sur la Bretagne.
36:09Jean-François Abgral en congé vient de
36:11passer les fêtes en compagnie de ses
36:12proches. Malgré 150 L de cidre et 200
36:16engloutis en moins de 2 jours, le
36:17meurtre d'Aline Perz ne sort pas de sa
36:20tête et l'affaire va ressurgir au moment
36:22où il ne s'y attend plus. Le 26
36:24décembre, lorsqu'un ami de la brigade de
36:27recherche de Brest le contacte pour lui
36:29dire qu'un ancien témoin qui n'avait
36:31jamais pu être entendu vient de faire
36:33son grand retour. Le gaulois, il a été
36:36arrêté dans la ville de Bourge où
36:38quelques collègues l'y attendent. Cette
36:40fois-ci, l'adjudant chef ne compte pas
36:42laisser passer sa chance. Il va aller
36:44passer ses vacances à Bourge. Bar. La
36:47rencontre tant attendue a lieu dans la
36:49petite brigade de la ville.
36:50Jean-François Abgral ne va pas se
36:52déplacer pour rien. Bien au contraire,
36:55le Gaulois, dans un état de panique
36:57totale refuse tout d'abord de s'exprimer
37:00ou ne serait-ce que de mentionner le
37:01meurtre de la plage du moulin blanc et
37:03ce malgré la méthode douce que le
37:05gendarme privilégie. Non, c'est comme si
37:08une menace planait sur le témoin, une
37:11ombre qu'il terrorise. Les hommes en
37:13uniforme, ont beau le rassurer tous les
37:15trois mots, il les implore du regard de
37:17bien vouloir le croire lorsqu'il prétend
37:20ne pas avoir fréquenté la communauté
37:22Emmaus du relac Kiron. Pourtant, à force
37:25d'insistance, il cède et finit par
37:27admettre l'atroce vérité après de
37:29longues heures d'audition. Il a assisté
37:32au meurtre de l'aide soignante.
37:34Lorsqu'on lui présente un album photo,
37:36il reconnaît immédiatement Francis Holm,
37:39un alcoolique qui, selon ses mots,
37:41buvait beaucoup et devenait très mauvais
37:43après. Au sujet des femmes, Holm disait,
37:46toujours d'après lui, qu'il voulait
37:48toutes les sauter. Rien n'indique que la
37:50victime de la plage a été abusée
37:52sexuellement. Mais cette phrase parle à
37:54Jean-François. Ce meurtre avait
37:56indéiablement une connotation sexuelle.
37:58Voici donc ce qu'il se serait
38:00véritablement passé ce dimanche
38:02après-midi sur la plage du moulin blanc.
38:04Le témoin se trouve juste au-dessus de
38:05celle-ci, tranquillement installé dans
38:07ce qu'il appelle son buisson. Lorsque
38:10Francis Holm le rejoint très énervé, il
38:13engloutit un demilitre de vin rouge, ce
38:15qui n'arrange pas son état. Puis les
38:17deux hommes décident de descendre sur la
38:19plage en passant par les rochers. C'est
38:21là qu'ils aperçoivent Aline allongé à
38:24l'écart pour pouvoir bronzer sans être
38:26dérangé. Dès qu'il la repère, Holm se
38:29dirige tout droit vers elle, suivi du
38:31gaulois quelques mètres derrière. Ce
38:33dernier précise que son compart c'était
38:35comme fou et qu'il l'a suivi pour
38:37intervenir, pensant empêcher une
38:39agression sexuelle. Planté devant Aline
38:41qui se redresse sur sa serviette, le
38:44meurtrier lui crache "Je vais te
38:45sauter." Puis il la grippe au moment où
38:47elle se lève et la saisit à la gorge. La
38:50bonne volonté du gaulois ne dure pas
38:52très longtemps. Il admet qu'à ce moment,
38:54la peur lui a fait prendre la fuite. Il
38:56saute dans le premier train et quitte
38:58définitivement la région sans jamais
39:00prévenir les secours. Lorsque par la
39:01suite, il apprend la nouvelle du meurtre
39:03dans la presse, il se taire de plus
39:05belle, craignant d'être impliqué par la
39:07police dans cette histoire sordide.
39:09Jean-François Abgral opine doucement.
39:12Les pages qu'il vient de noircir, grâce
39:15à ce témoignage, [musique] lui
39:16permettront enfin d'arrêter Francis
39:18Holmes. Il avait raison depuis le
39:20départ, c'est vrai, mais dans ce
39:21[musique] contexte, difficile de se
39:23réjouir. L'égoïsme du gaulois leur a
39:26fait perdre un temps extrêmement
39:27précieux. Un temps durant lequel, il en
39:30est malheureusement certain, le sang a
39:32continué de couler. Le meurtrier d'Aline
39:34est appréhendé à son domicile alsacien
39:36au début de l'année 1992 sans menotte.
39:39Jean-François compte sur le lien un peu
39:41étrange qui s'est établi entre eux pour
39:44obtenir des aveux. Alors, il évite tout
39:46ce qui pourrait braquer Francis Holmes.
39:49Placé en garde à vue, il déclare que
39:51cette fois-ci, il est bien décidé à
39:53s'expliquer et à raconter toute sa c la
39:55vérité. Lorsqu'il était hébergé à la
39:57communauté Emaus en Bretagne, il a
39:59surpris un autre résident en train de
40:01fouiller dans ses affaires. Voilà d'où
40:04est partie la violente dispute relatée
40:06par le cuisinier de l'époque. Pour se
40:08venger, Holm a volé 100 francs au
40:10Fouinard en question. s'est acheté de
40:12quoi se prendre une belle cuite et allé
40:14se promener sur la plage. D'après lui,
40:16il se serait octroyé une petite sieste
40:18sur le sable et aurait rêvé d'un homme
40:21en train de poignarder une femme. Puis
40:23il se serait réveillé et serait parti à
40:26Cimpère en stop où il aurait finalement
40:28été hospitalisé. Cette histoire de rêve,
40:30de vision, ce n'est pas la première fois
40:32que Francis Holm en fait mention et
40:35Jean-François Abgral qui commence à bien
40:37connaître le personnage, sait
40:39pertinemment que ce n'est qu'une façon
40:41de se protéger. En parlant du meurtre
40:44comme s'il en avait été seulement
40:45témoin, que ce soit dans l'imaginaire ou
40:47la réalité, le suspect se dégage de
40:49toute responsabilité, ce qui prouve bien
40:52qu'il n'est pas si bête qu'il voudrait
40:54le faire croire. L'heure du repas
40:55approchant, l'enquêteur Breton décide de
40:58faire une pause dans l'audition. À la
40:59surprise de son suspect, il lui propose
41:02ainsi qu'à son coéquipier d'aller manger
41:04tous les trois aux morte de cantine
41:06réservée au personnel de la gendarmerie.
41:09Là, dans un cadre qui n'est plus du tout
41:11formel, la conversation se poursuit sur
41:13la même lignée devant un troisème
41:15gendarme venu s'installer à la même
41:16table que C'est ce moment précis que
41:19choisit Francis Holm pour s'exprimer
41:22bien plus franchement que d'ordinaire.
41:24Un peu trop franchement. Le nez dans sa
41:26choucroûe. Il articule sans la moindre
41:29émotion. J'ai pris mon couteau et je lui
41:31ai ouvert la gorge. Puis je lui ai
41:32enfoncé la lame dans les côtes. Elle
41:34avait l'air gentille. Jean-François
41:35Abgral et son coéquipier en lâche
41:38presque leur fourchette de surprise. Le
41:40trisème militaire, lui, devient soudain
41:42livide, ramasse son assiette et part
41:44s'exiler au fond de la salle. Le
41:46problème, c'est que le suspect sait
41:48parfaitement qu'en temps de sa garde à
41:50vue, rien de ce qu'il dit ne peut être
41:52porté au dossier d'accusation. Il joue
41:55avec la loi. Jean-François fait mine de
41:57ne pas réagir, mais il voit clair dans
41:59le jeu de l'assassin. Alors, il reprend
42:01l'interrogatoire lui aussi comme si de
42:03rien n'était. Sauf que dans le bureau,
42:06Francis Holm ne se souvient tout à coup
42:08plus de rien et refuse de continuer à
42:11parler d'Aline. Tout ce qu'il consent à
42:13dire, c'est qu'à l'époque du crime, il
42:15était malade. Il aurait eu ce qu'il
42:16appelle des crises, des moments de rage
42:19fol avec le goût du sang dans la bouche.
42:21Mais tout en parlant, il change soudain
42:24d'attitude. Se met à grimacer, serrer
42:26frénétiquement les points. Ses yeux
42:29s'injectent littéralement de sang et ses
42:31veines se gonflent. L'enquêteur Brestois
42:34se sent obligé d'intervenir et saute
42:36part-dessus le bureau pour attraper
42:37Francis Saul par le bras et lui proposer
42:40d'aller prendre l'air avant qu'il ne
42:41laisse éclater toute sa brutalité.
42:43Peut-être pour éviter que ça se passe
42:45comme dans Rambo justement. La scène est
42:47d'une intensité rare et plus
42:49qu'inquiétante mais voilà quelque pas à
42:51l'extérieur suffisent à faire
42:53redescendre un peu la pression. À leur
42:55retour, Jean-François Abgral pense à
42:57faire une nouvelle pause, mais son
42:59suspect, le prend de court d'une traite.
43:02Il avoue enfin avoir ôté la vie à Aline
43:05sur la plage du moulin Blanc.
43:06Contrairement au témoignage du gaulois,
43:08il raconte qu'il est allé vers l'aide
43:10soignante pour la prévenir qu'il l'avait
43:12vu se faire poignarder en rêve. Mais la
43:15victime lui aurait demandé de partir,
43:17prétextant qu'il sentait l'alcool. La
43:20fameuse crise serait survenue à ce
43:22moment alors que le Gaulois approchait
43:24d'eux. J'ai saisi la femme par le coup
43:26et je l'ai frappé trois à quatre fois
43:28avec mon couteau. J'ai frappé très fort.
43:30J'ai senti que mon couteau avait touché
43:32des os. Je me contrôlais plus. J'ai
43:34entendu le golo a hurler mais j'ai
43:36continué à frapper la femme. Je crois
43:37qu'elle avait la carotide pétée. C'est
43:39un accident cette histoire. Stupéfait et
43:42pas du tout préparé à recevoir ses
43:43aveux. Jean-François lui demande de
43:46reproduire la façon dont il a saisi
43:47Aline sur son collègue. Je crois que le
43:49collègue a appris le dossier en cours de
43:51route pour accepter de se laisser faire.
43:52Holmes s'exécute. Devant les deux
43:54gendarmes, il reproduit exactement la
43:56même prise qui avait laissé les marques
43:58de doigts si particulières sur la gorge
44:00d'Aline. Cette fois-ci, tout est
44:02retranscrit à l'écrit, enregistré et
44:05classé dans un dossier. Tous les
44:06éléments sont réunis pour être certain
44:08que Francis Holm ne soit pas à nouveau
44:11réintroduit dans la société. Mais la
44:12violence irréelle qui s'est emparée du
44:14meurtrier un peu plus tôt laisse à
44:16Jean-François une impression amer. Et si
44:18cet accident comme il le nomme n'était
44:21pas arrivé seulement à Hine, la victime
44:23de la plage du moulin blanc ? Le
44:25gendarme est encore loin de s'en douter,
44:27mais c'est en fait bien pire que ça. Car
44:30au fil de ces errances, Francis Holm a
44:32laissé derrière lui l'un des parcours
44:33les plus ensanglantés de l'histoire
44:36criminelle française. [musique] Les
44:38premières révélations ne vont d'ailleurs
44:39pas traîner. Le soir même, alors qu'il
44:41patiente en salle de repos avant sa
44:43convocation devant le parquet de
44:45Strasbourg, un officier de police
44:46judiciaire locale lui pose presque
44:48innocemment la question de son
44:50implication dans le meurtre de
44:52Jean-Joseph Clément, l'homme assassiné
44:54près d'Avignon. et pour lequel on a
44:56toujours arrêté aucun suspect. À la
44:58surprise générale, Francis Holm répond
45:00du tac au tac : "C'est moi aussi.
45:02Là-bas, j'ai utiliser une grosse pierre
45:03pour frapper à la tête. Jean-François
45:05Hgral, son coéquipier et Lopji en ont
45:09tous les trois le souffle coupé. Mais
45:10encore une fois, Francis Holmes s'est
45:12mené sa barque car ces nouveaux aveux ne
45:14peuvent pas entrer dans la procédure
45:15judiciaire du meurtre de Brest. En fait,
45:18même si le coupable les reformuler lors
45:20d'une audition, les gendarmes ne
45:22pourraient pas les recueillir pour une
45:24simple et bonne raison. Seul l'enquêteur
45:26d'Avignon est en droit de s'en charger.
45:28C'est un tantinet frustrant, on est
45:30d'accord, mais c'est le code de
45:31procédure pénale. Ça devient carrément
45:34inconcevable lorsqu'on appelle la
45:35brigade concernée et que le seul qui
45:38puisse confondre le coupable ne daigne
45:40tout simplement pas se déplacer pour le
45:42faire. L'enquêteur en charge de cette
45:44affaire prétexte qu'il entendra Francis
45:46Holm plus tard quand il sera incarcéré.
45:48En gros quand ça lui chantera. Eh 35
45:51hein, pas plus seulement. Rien ne
45:53certifie que le suspect réitérera ses
45:55propos des jours ou des semaines plus
45:57tard, surtout quand il s'agit de Francis
45:59Holmes. Et effectivement, ce rendez-vous
46:02manqué aura de terribles conséquences
46:05car comme le craignait Jean-François,
46:07Holm décidera plus tard de se rétracter
46:09sans aveu officiel. Il ne sera donc
46:12jamais condamné pour le meurtre de
46:14Jean-Joseph Clément. Le dossier
46:16bénéficie bien d'une réouverture au
46:18début des années 2000, mais les pièces à
46:20conviction, teles que des scellé
46:21d'objets saisis sur la scène du crime
46:24ont été malencontreusement égarés
46:26entre-temps. Cette perte de preuve
46:28matérielle conduit la justice à
46:30prononcer un non lieu en 2002. Bien que
46:33le tueur ait de nouveau été mis en
46:35examen pour ce meurtre en 2023 à la
46:37suite d'éléments nouveaux puis extrait
46:40de sa cellule en février 2025 pour être
46:42réentendu. Cette affaire reste encore un
46:45cold case au moment où je vous parle
46:47mais le pire reste à venir.
46:55Retour en 1992. L'enquêteur breton n'a
46:58plus le moindre doute. Francis Holm n'a
47:00pas tué qu'une seule fois ni même deux.
47:02Le sans-abri s'en est forcément pris à
47:04d'autres personnes rencontrer ou croisé
47:06au hasard de ses voyages à travers le
47:08pays. Alors, il fait transmettre un
47:10message national à toutes les brigades
47:12de gendarmerie les informant du fait
47:14qu'un tueur en série est peut-être passé
47:16dans leur région et pourrait être
47:18l'auteur de crimes non élucidés. En
47:20attendant les premiers retours, il tente
47:22de comprendre pour quelle raison Francis
47:24Holmes s'est mis à tuer. Et pour y
47:26répondre, il faut plonger dans un passé
47:29plus que tourmenté. Né en 1959 à Mès,
47:32Francis Holmes grandit à Brill. Il est
47:34le fils de Nicole Louillon, une femme de
47:37ménage au caractère plutôt effacé et de
47:39Marcel Holm, un militaire de carrière
47:42brutal et alcoolique. Si vous êtes
47:44abonné à ma chaîne, je suis sûr que vous
47:46avez terminé cette phrase avant moi. Je
47:48pense que si on faisait un jeu des Sims
47:49tueur en série, on serait obligé d'avoir
47:51un arbre généalogique avec le père
47:53brutal et alcoolique. Bon, ici le
47:55contexte difficile est aggravé par le
47:58comportement du père de famille qui
47:59dépense la plus grosse partie de son
48:01salaire dans les courses de chevaux. Il
48:03martyrise son entourage et plus
48:05particulièrement son petit garçon qui il
48:07bat à loisirs ou qu'il enferme dans la
48:09cave quand il souhaite le discipliner.
48:11En revanche, le petit Francis est
48:14extrêmement proche de sa mère et ce
48:16toute sa vie, la considérant carrément
48:18comme une véritable sainte malgré son
48:21alcoolisme chronique et cette dépression
48:23qui ne la quitte jamais. Il s'entend
48:25aussi très bien avec sa sœur de 6 ans,
48:27sa cadette Christine. Mais la plupart du
48:29temps, les enfants sont livrés à
48:31eux-mêmes. S'en [musique] est au point
48:33où le garçon de la famille doit se
48:35résoudre à ingurgiter des boîtes de pâté
48:38pour chat un jour où les voisins ne lui
48:40donnent pas à manger, ce qui lui vaudra
48:42le surnom de Félix. L'enfant est aussi
48:45solitaire, bizarre à part. Il n'est
48:48d'ailleurs pas considéré comme un membre
48:50de la famille par le reste de ses
48:52proches. À l'école, l'écart se creuse
48:54encore davantage à cause de son
48:56apparence. Il est trop grand, trop
48:59maigre, binoclare et puis il a une
49:02allure un peu négligée et la démarche
49:04raide. Moqué par les uns, harcelé par
49:06les autres, il entre parfois dans des
49:08crises de colère qui sont tout à fait
49:10compréhensibles, mais surtout
49:12révélatrices de sa fragilité mentale.
49:14[musique] L'adolescent glisse lentement
49:16mais sûrement vers le même travers que
49:18son père, la dépendance à l'alcool. À
49:21ces périodes les plus extrêmes, il
49:23consomme entre 5 et 12 L de bière et de
49:26whisky par jour. Même un anglais à
49:28Bénidorme s'en voit pas autant de
49:29liquide dans le gosier. Déséquilibré en
49:31proie à l'alcool, il se met alors à
49:34enterrer des animaux vivants et se
49:36taillade le corps avec des tessons de
49:37bouteill. C'est lors de son adolescence
49:39qu'il commence à enchaîner les séjours
49:41en hôpital psychiatrique et à au moins
49:4313 reprises. Malgré ça, jamais aucun
49:46professionnel de santé n'estimera qu'il
49:48puisse représenter un danger pour la
49:51société. Réformé de l'armée, il parvient
49:53tout de même à décrocher un poste de
49:55manœuvre à 21 ans dans une société de
49:57travaux publics en Loren. Son chef de
49:59chantier, pris de pitié pour le jeune
50:01homme qui manque visiblement de tout, le
50:04prend sous son aile et lui fait même une
50:05paire de lunettes adaptées à sa vue
50:07lorsqu'il réalise que son employé n'y
50:10voit pas plus loin que le bout de son
50:11nez, il l'emmène aussi à la chasse au
50:13chevreuil et au sanglier. Bon, c'était
50:15peut-être pas la meilleure idée de
50:16sortie vu le profil du personnage, mais
50:18au moins, il s'occupait de lui
50:19seulement. Francis Holm continue de se
50:21mutiler sur les chantiers. Il se griffe
50:23au visage, se lacère le corps et un beau
50:26matin, il va même jusqu'à s'enrouler le
50:28poignet dans du fil de fer et manque de
50:30perdre sa main. Au bout de 6 ans, il est
50:33finalement licencié à cause de sa
50:35dépendance à l'alcool et de sa més avec
50:37ses collègues. Sur le plan sentimental,
50:39il connaît bien quelques filles, mais ce
50:42ne sont que des relations sans lendemain
50:44qu'il déclare simplement avoir dragué.
50:46Jusque-là, on ne peut rien dire de plus
50:48si ce n'est que la vie de Francis Holmes
50:50a été jalonné de violence et de
50:52solitude. Mais il y a pas un meurtre à
50:54l'horizon là ? La raison. L'élément qui
50:57va déclencher la folie sanglante de
50:58Francis Holmes a lieu le 16 octobre
51:011984.
51:03Ce jour-là, alors qu'il a 25 ans, il
51:05perd sa mère adorée qui décède des
51:07suites d'un cancer. Quelque chose se
51:10brise définitivement en lui. Il perd son
51:12seul et unique filet de sécurité. la
51:15seule personne qui le rattachait encore
51:16à un semblant de normalité et on peut
51:19même aller jusqu'à parler de sa raison
51:21de vivre. Après ce décès, Francis Holm
51:23tente par deux fois de sauter la vie
51:25puis de nouveau interné en hôpital
51:26psychiatrique. 3 semaines après cette
51:29disparition tragique, il commet son
51:31premier meurtre. Le corps de Lionel
51:33Ginest, [musique] une apprentie
51:34pâtissière de 17 ans et est alors
51:36découvert dans un bois près de pont à
51:38mousson en Loren. Elle est retrouvée
51:40nue, étranglée et poignardée. Plusieurs
51:43éléments laissent à penser que les
51:45agresseurs étaient au moins au nombre de
51:47deux. Mais depuis que l'information
51:49concernant Francis Holm a été relayée,
51:52les enquêteurs en charge de l'affaire
51:53s'intéressent particulièrement à son
51:55cas. Et oui, celui-ci était présent dans
51:58la région au moment des faits.
51:59D'ailleurs, dès son premier
52:01interrogatoire, le suspect admet avoir
52:03rencontré Lionel. Il déclare avoir fait
52:05la connaissance d'un homme qui l'aurait
52:07invité à boire un verre dans un café.
52:09Puis tous les deux seraient partis en
52:10voiture. Comme Francis Holm ne conduit
52:13pas, c'est son ami du moment qui s'est
52:15mis au volant. Ils auraient alors croisé
52:16la route de l'adolescente en train de
52:18faire du stop qu'il décrit comme une
52:21[ __ ] avec ses collants noirs. Le
52:22conducteur arrête son véhicule et la
52:24jeune fille grimpe à l'arrière. Quelques
52:26minutes plus tard, Lionel est agressée
52:29par cet homme qui abuse d'elle. Holm
52:31assure n'avoir participé ni à l'abus
52:33sexuel ni au meurtre. Mais la justice
52:36prouvera son implication dans ce dernier
52:38et condamnera quelques années plus tard
52:40à 30 ans de réclusion criminelle. La
52:43gendarmerie réussit à identifier son
52:45complice, un certain Joseph Mollin, qui
52:49avait travaillé avec Francis Holmes dans
52:50les travaux publics. Pour son
52:52implication dans ce crime partiellement
52:54prémédité, il écopera pour sa part de 10
52:57ans de prison. Voilà qui porte donc le
52:59total des victimes de Francis Holm à 3.
53:02Oui, 3. Autrement dit, le chiffre à
53:04partir duquel on commence à parler de
53:07tueurs en série. Pourtant, vous allez
53:09voir qu'on est encore loin du compte.
53:162 ans plus tard, Cyril Bénin et
53:17Alexandre Béich, deux garçons de 8 ans
53:20chacun, partent faire du vélo le long
53:21d'une voie de garage de la SNCF à
53:24Montini les Mess. Ils quittent leur
53:25domicile respectif vers 17h, attendu par
53:28leurs parents pour partager le repas du
53:29soir. Mais les enfants ne rentreront
53:32jamais chez eux. En début de soirée, un
53:34policier découvre les deux petits corps
53:36sans vie près de l'endroit où sont
53:38stationnés les wagons de marchandise. Le
53:40meurtre d'une violence inouï soulève le
53:43cœur de tous les habitants de la région.
53:45Les crânnes des enfants ont été
53:47fracassés à coup de pierre. La tête de
53:49Cyril, sur laquelle semble s'être
53:51acharné le meurtrier, est même enfoncé
53:54d'une dizaine de centimètres dans le
53:56sol. Et bien qu'il n'y ait pas de trace
53:57d'agression sexuelle, le pantalon et les
54:00sous-vêtements d'Alexandre sont baissés
54:02au niveau des cuisses. À l'époque, soit
54:043 ans avant que Francis Holm ne tue
54:06Aline sur la plage du Moulin Blanc et
54:08que son nom soit connu de tous les
54:10services de gendarmerie, un adolescent
54:12de 16 ans est accusé du crime par une
54:14source jugée digne de confiance. Au bout
54:17de 36 heures de garde à vue, il avoue il
54:20s'appelle Patrick Dills. Malgré sa
54:23rétractation rapide sur ses aveux, qu'il
54:25ne dispose d'aucun mobile et qu'il est
54:27de plus un alibi solide, il est inculpé
54:30d'homicide volontaire [musique] au mois
54:32d'avril 1987 et condamné à la
54:35perpétuité. Il est alors le plus jeune
54:38condamné de France à écoper d'une si
54:40lourde peine. Vous noterez qu'en moins
54:42d'une heure dans cette vidéo, on n pas
54:43voulu arrêter un suspect idéal et on a
54:45emprisonné un innocent. Mais dès qu'elle
54:47entend parler des premières mises en
54:48examen de Francis Holmes et du fait
54:50qu'on le suspecte de nombreux autres
54:52crimes, l'avocate de Patrick Dills
54:54contacte Jean-François Abgral pour lui
54:56demander son aide. Consciente que le
54:58tueur en série est resté longtemps dans
55:00la région, elle souhaite creuser la
55:02piste Holm. L'enquêteur breton retrace
55:04alors avec elle l'itinéraire du tueur et
55:07le résultat est sans appel. Il était
55:09bien présent près de Montiny les mess au
55:12moment du double homicide. Mais ne
55:15pourrait-il pas s'agir d'une simple
55:16coïncidence ? La jjudant chef n'y croit
55:18pas un seul instant. Et pour cause, lors
55:21d'une visite à la maison d'arrêt de
55:22Brest, l'assassin lui avait raconté
55:24l'une de ses nombreuses histoires. Dans
55:27celle-ci, il a parlé d'une promenade à
55:29vélo un dimanche matin dans l'est de la
55:31France. La région, c'est le premier
55:33point commun entre son récit et le
55:35meurtre. Mais attendez d'entendre la
55:36suite. Francis Holm raconte avec son
55:39absence d'affecte habituel qu'il a
55:41croisé deux gamins près d'une voie de
55:43chemin de fer qui lui aurait jeté des
55:45pierres. Il a poursuivi son chemin et
55:47lorsqu'il est repassé, il aurait vu les
55:49corps des enfants morts ainsi que des
55:51policiers et des pompiers. Pour
55:52l'enquêteur et l'avocate, le lien est
55:55plus qu'évident. [musique]
55:57Non seulement Francis Holm est capable
55:59de décrire le chemin menant jusqu'à la
56:00scène de crime comme personne
56:02auparavant. Mais en plus de ça,
56:04plusieurs témoins ont bien affirmé que
56:06les enfants s'amusaient effectivement à
56:08jeter des pierres au passant. Si sa
56:10culpabilité était avérée dans ce double
56:13meurtre, ça signifierait que Patrick
56:15Dills, qui a déjà passé plus de la
56:17moitié de sa vie en prison, est la
56:19victime d'une énorme erreur judiciaire
56:21française, mais aussi et surtout que
56:24Francis Holm est en plus d'être un tueur
56:27en série, un tueur d'enfants.
56:31Un pourvoi en révision est aussitôt
56:33déposé auprès de la Cour de cassation.
56:35Immédiatement, la presse s'empare de
56:37l'affaire qu'il nomme déjà l'erreur
56:39judiciaire du siècle. Au mois d'avril
56:412001, la Cour de cassation ordonne
56:44l'annulation de la condamnation de
56:45Patrick Dills et son renvoi devant une
56:48nouvelle cour d'assise. Celle-ci prend
56:50place le 20 juin de la même année.
56:52Jean-François Abgral, qui connaît
56:54Francis Holmes sur le bout des doigts à
56:56force de l'auditionner et de
56:57s'entretenir [musique] avec lui, est
56:59appelé à témoigner. Mais aussi étrange
57:01que ça puisse paraître, c'est aussi en
57:03qualité de témoin qui a entendu le tueur
57:06en série lors de ce nouveau procès. Face
57:08au président de la cour, il lâche d'une
57:10voix blanche. Je ne peux pas être
57:12l'auteur de ce double crime car je suis
57:14croyant. [musique] En plus, quand je
57:15tue, j'embrasse mes victimes sur le
57:17front. Des propos qui choquent, mais pas
57:19autant que le verdict final de ce second
57:21procès pour lequel tous espérait enfin
57:23entendre la vérité contre l'isvocat
57:26général qui plaide l'acquitement de
57:28Patrick Dills. Celui-ci est de nouveau
57:31reconnu coupable du meurtre des garçons.
57:33Il cope cette fois-ci de 25 ans de
57:35réclusion criminelle. L'accusé et ses
57:37avocats font immédiatement appel de
57:38cette décision, ce qui nous renvoie à un
57:40troisème et exceptionnel procès un an
57:43plus tard. Durant ce lapse de temps, les
57:45gendarmes de la section de recherche de
57:47messe ont réexploré le dossier de font
57:49en comble, examinant à la loupe tout ce
57:51qui concernait de près ou de loin
57:53Patrick Dills ainsi que Francis Holmes.
57:56D'ailleurs, ça va pas aller dans le sens
57:57de celui-ci. Au cours de ce complément
57:59d'enquête, de nouveaux témoins déclarent
58:01avoir effectivement aperçu le tueur près
58:04de la scène de crime le jour des faits.
58:06L'un d'eux précise même qu'il a vu
58:08passer un homme ensanglanté sur ce
58:10chemin au moment des meurtres,
58:11certifiant au passage qu'il ne
58:13s'agissait pas de l'adolescent de 16 ans
58:15qui avait fini par formuler des aveux.
58:17Et puis à l'époque, deux autres hommes
58:20s'étaient aussi accusés du meurtre. Mais
58:22contrairement à Patrick Dills, il ne
58:24s'était jamais trouvé dans le viseur de
58:25la justice. Autre détail plus
58:27qu'intéressant, Francis Holm avait
58:29précisé lors de l'une de ses histoires
58:32que le slip de l'un des garçons avait
58:34été baissé, sauf que cet élément n'a
58:37jamais été communiqué [musique] dans la
58:38presse. Il ne pouvait donc être connu
58:41que du tueur. Le 24 avril 2002, au terme
58:44de 15 jours de débat, le troisème
58:46verdict tombe enfin. Patrick Dills, 16
58:49ans au moment des faits, et 32 ans lors
58:51de son dernier procès, est acquité des
58:54meurtres de Cyril Bénin et d'Alexandre
58:56Beckrich. La joie et le soulagement
58:59transcendent la salle d'audience à cette
59:00annonce. Francis Holm, pour sa part,
59:03aura droit à son propre procès à la
59:05suite duquel il sera bel et bien reconnu
59:07coupable et condamné à la perpétuité. Il
59:10tuent donc sans limite d'âge ni de sexe,
59:12aussi bien des femmes que des hommes,
59:14des adultes ou des enfants. Mais pour
59:17quelle raison ? En tout, plus d'une
59:19vingtaine d'expertises et de
59:20contre-expertises sont menées afin de
59:22répondre à cette question. Il en ressort
59:24qu'il n'est ni un demeuré ni un homme au
59:26QI particulièrement bas, contrairement à
59:29ce que pourraient penser certains qui
59:30prennent ses récits comme des délires
59:32démentiels. En revanche, dès qu'il est
59:34sous, il se sent en situation de toute
59:36puissance. Mais en dehors de ces moments
59:38précis, c'est-à-dire quand il n'est pas
59:40sous l'effet de l'alcool, il a un
59:42rapport à la sexualité que les médecins
59:44comparent à un sentiment de malaise.
59:46Tout ce qui concerne le corps accroit
59:48son sentiment d'insécurité et provoque
59:51des défenses plus ou moins agressives en
59:53même temps que le désir. Ces meurtres
59:55ont donc bien une connotation sexuelle
59:57et c'est d'ailleurs visible car
59:58systématiquement ou presque, la victime
1:00:01est partiellement dénudée. En revanche,
1:00:03il ne commet jamais d'agression
1:00:04sexuelle. lui, il tue et il a conscience
1:00:07de ses actes. Une dernière expertise
1:00:09médicale met aussi en lumière le fait
1:00:11qu'il est atteint d'une anomalie
1:00:12génétique rare, le syndrome de Klein
1:00:15Felter. Pour faire simple, ça signifie
1:00:17qu'à la différence d'un homme normal qui
1:00:19possède 46 chromosomes X Y, Francis Holm
1:00:23en compte 47. Il a un chromosome féminin
1:00:26supplémentaire. Cela entraîne notamment
1:00:28une infertilité, une malformation des
1:00:31parties génitales l'empêchant d'avoir un
1:00:33rapport sexuel complet. mais aussi un
1:00:35sentiment d'infériorité et une profonde
1:00:37confusion dans ses attirances sexuelles.
1:00:40Cette anomalie ne peut pas expliquer le
1:00:42passage à l'acte, mais elle peut
1:00:43permettre de mieux comprendre pour
1:00:45quelle raison les meurtres sont si
1:00:47aléatoires en ce qui concerne le genre
1:00:50de ses victimes. En tout cas, à chaque
1:00:51fois qu'il en a l'occasion, le tueur en
1:00:53série déniche un complice qui abuse de
1:00:56sa victime à sa place. C'est ce qui se
1:00:58passe en mai 1991, toujours en Loren.
1:01:01Jean-François Abgral reçoit un message
1:01:03au sujet d'une affaire susceptible
1:01:04d'être une nouvelle fois en lien avec le
1:01:07tueur de la plage du Moulin Blanc. Cette
1:01:09fois-ci, c'est le corps d'une jeune
1:01:11fille de 14 ans, Laurence, qui a été
1:01:14retrouvée entièrement nu dans un champ à
1:01:16Servil les SaintB, non loin de mess.
1:01:19D'après ce que lui indiquent les
1:01:20enquêteurs en charge de l'affaire,
1:01:22l'adolescente rentrait chez elle en
1:01:24scooter avant d'être enlevée, agressée
1:01:26puis tuer. Mais les gendarmes messient
1:01:29pas à l'implication du tueur en série
1:01:32dans leur affaire. Pour eux, ce n'est
1:01:34pas parce qu'il est originaire de la
1:01:35région qu'il est forcément le coupable
1:01:37qu'il recherche. Et surtout, il
1:01:40semblerait que Francis Holm n'était pas
1:01:42en Lorè au moment des faits puisqu'il
1:01:44séjournait apparemment dans un presbère
1:01:46alsacien. Jean-François fait alors
1:01:47quelque chose d'absolument incroyable.
1:01:49Il relit le dossier de A à Z histoire de
1:01:52ne pas laisser la moindre place au
1:01:53doute. Stupéfait, il constate alors que
1:01:55ses collègues se sont trompés dans les
1:01:57dates car selon les rapports d'hôpitaux,
1:01:59Holmes était bien à messe quand Laurence
1:02:01a perdu la vie. Pourtant, le procès
1:02:03verbal a simplement conclu qu'il ne
1:02:05pouvait pas y avoir de lien entre ce
1:02:07meurtre et Francis Holm sans chercher à
1:02:09faire la moindre vérification. Mais il y
1:02:11a quelqu'un qui va pas merder dans cette
1:02:12histoire. Jean-François décide donc de
1:02:15reprendre toute l'affaire en main et à
1:02:17mesure des investigations, il découvre
1:02:19que la signature du tueur en série se
1:02:22retrouve partout dans le meurtre.
1:02:24L'extrême violence de l'attaque, la mise
1:02:26à mort précise à coup de couteau sans
1:02:28aucune trace de blessure, la nudité,
1:02:31chaque nouvelle constatation le ramène à
1:02:33Francis Holmes. En plus de ça, le
1:02:35meurtre a eu lieu de nuit entre deux
1:02:37villages. Le tueur doit bien connaître
1:02:39la région. Malgré tout, l'enquêteur qui
1:02:41[musique] dirige cette affaire s'obstine
1:02:43à croire que le coupable est ailleurs.
1:02:45Vu la connerie monumentale dont il vient
1:02:46de se rendre responsable, on peut le
1:02:48comprendre, l'enquêteur breton, lui, est
1:02:50consterné. Il a l'impression que
1:02:52personne ne veut prendre au sérieux la
1:02:54dangerosité de Francis Holmes. Et quand
1:02:55bien même le gendarme de mes messer
1:02:58dans l'emploi du temps de Holm, il
1:03:00continue à croire que ça ne fait pas de
1:03:02lui un suspect. C'est donc en traînant
1:03:04les pieds qu'il se déplace à la maison
1:03:06d'arrêt de Brest pour l'interroger.
1:03:08Comme à son habitude, le tueur de la
1:03:10plage du Moulin Blanc commence par
1:03:12donner quelques éléments intéressants
1:03:14aux gendarmes. Il assure connaître la
1:03:15région Laoren sur le bout des doigts et
1:03:18pousse même le vis jusqu'à préciser
1:03:19qu'il a fait beaucoup de vélos dans les
1:03:21environs de Servvinil et Sainte Barbe. À
1:03:23la suite de quoi ? Il se déclare
1:03:25totalement étranger à ce qui est arrivé
1:03:27à Laurence. Son stratagème fonctionne.
1:03:30Les enquêteurs de messe pensent qu'il a
1:03:32juste vu les informations, qu'il veut
1:03:34faire l'intéressant sans pour autant
1:03:35être le coupable qui le recherche. Mais
1:03:38Jean-François insiste. C'est la façon de
1:03:40fonctionner du tueur et il faut creuser
1:03:42davantage. Lors de la seconde audition,
1:03:44Francis Holm accepte de donner un peu
1:03:47plus de grains à moudre à ses auditeurs.
1:03:49Il admet avoir rencontré un homme lors
1:03:51de la foire de mai à Mess le 7 mai 1991
1:03:55qui lui aurait proposé d'aller se payer
1:03:57une fille. Cette fille en question,
1:04:00c'est Laurence à l'aide d'un croquement
1:04:02détaillé. Il accepte même de montrer aux
1:04:04enquêteurs où il a vu l'adolescente la
1:04:06première fois [musique] avec sa
1:04:08mobylette vers la buvette. En parlant de
1:04:11ce fameux complice, il précise, je suis
1:04:13sûr qu'il avait un lien familial avec
1:04:15Laurence. Et pour cause, cet homme est
1:04:17le cousin de la jeune fille. Dès qu'elle
1:04:19enfourche sa mobylette [musique] pour
1:04:21reprendre la route en direction de chez
1:04:23elle, le fameux cousin fait signe à
1:04:25Holm. Il a l'intention de la suivre. Les
1:04:27deux hommes suivent donc Laurence sur
1:04:29une quinzaine de kilomètres de nuit
1:04:32avant de se décider à la renverser avec
1:04:34leur voiture. Dans la boîte à gant du
1:04:36véhicule, Holm déniche une lampe torche
1:04:38et un couteau à cran d'arrêt. Son
1:04:40complice et lui se dirigent alors vers
1:04:42Laurence allongé sur le dos en état de
1:04:44choc. Selon le tueur en série, c'est là
1:04:46que son comparse agresse sexuellement sa
1:04:49cousine. On proie à l'une de ces crises,
1:04:52il sort alors son opinel qui n'est
1:04:53finalement plus un cand d'arrêt et
1:04:55frappe l'adolescente à 13 reprises. Très
1:04:58vite après cette déclaration, les
1:05:00enquêteurs identifient l'autre auteur
1:05:02supposé de cette attaque immonde. Un
1:05:04certain Michel, cousin de Laurence.
1:05:06Arrêtez, ce dernier avoue l'impensable.
1:05:09Oui, il a bien rencontré Francis Holm
1:05:11lors de cette fameuse fête à Mess, mais
1:05:13il nuance un peu le récit. Tout d'abord,
1:05:15il a proposé à Laurence de lui éclairer
1:05:17la route avec sa voiture jusqu'à chez
1:05:19elle. Il n'avait pas de mauvaises
1:05:20intentions. Et puis c'est Holm qui lui a
1:05:22demandé s'il pouvait l'accompagner. Sur
1:05:24le trajet, le tueur fait remarquer à
1:05:26quel point l'adolescente lui plaît. Et
1:05:28réaction tout à fait normale, le cousin
1:05:30approuve se disant qu'effectivement il
1:05:33cela ferait bien aussi. Je lui dis que
1:05:35c'est vrai que je lui ferais bien des
1:05:36choses à savoir lui faire l'amour.
1:05:38déclare-t-il devant les gendarmes
1:05:41dépités. Selon lui, c'est Francis Holm
1:05:43qui prend l'initiative de la percuter
1:05:45avec la voiture. Il encourage ensuite
1:05:47très fortement son complice à abuser de
1:05:49la pauvre Laurence, assistant à toute la
1:05:51scène avant de la poignarder à mort. Si
1:05:54l'on en croit cette déclaration, la
1:05:56réalité est tout de même très différente
1:05:58de celle rapportée par Holm car dans
1:06:00cette version, c'est lui qui est aux
1:06:02commande et qui saute sur chaque
1:06:03opportunité lorsqu'il envoie une,
1:06:05utilisant un complice dès qu'il en a
1:06:07l'occasion. C'est tout simplement un
1:06:09prédateur. Le 29 septembre 1995, il estc
1:06:14de la perpétuité pour meurtre et
1:06:16complicité de viol. Le cousin de
1:06:18Laurence, reconnu coupable d'agression
1:06:20sexuelle et de complicité de meurtre,
1:06:22devra purger quant à lui 18 ans de
1:06:24prison. Celui que l'on commence à
1:06:26surnommer le routard du crime en raison
1:06:29du fait qu'il tue au gré de ses errances
1:06:31ne cesse plus de faire parler de lui.
1:06:33C'est bien simple. Jean-François Habgral
1:06:35est submergé de demandes de
1:06:36renseignement qui arrivent de toute la
1:06:38France. Une cellule spéciale a même été
1:06:40créée pour coordonner les actions des
1:06:42services de gendarmerie à l'échelle
1:06:44nationale et maintenir le lien entre les
1:06:46enquêteurs. Et cette fois-ci, autant
1:06:48dire qu'on y met les moyens. Mais la
1:06:50tâche est immense. Afin d'effectuer des
1:06:52rapprochements entre Francis Holmes et
1:06:54des meurtri résolus dont le mode
1:06:55opératoire pourrait correspondre,
1:06:58Jean-François et ses collègues lancent
1:06:59une recherche informatique qui cible des
1:07:01crimes sur une période de 10 ans entre
1:07:041981 et 1991.
1:07:07Résultat 1125.
1:07:11Le chiffre est vertigineux. 1125
1:07:14affaires sont susceptibles d'être lié à
1:07:16Francis Holm. La recherche a carrément
1:07:18failli bloquer tout le service après
1:07:20avoir passé de longues nuits blanches à
1:07:22affiner leur sélection, les gendarmes
1:07:24parviennent à rayer 1031 crimes de leur
1:07:27liste [musique] et n'en retiennent que
1:07:2994. Ils vont devoir opérer un nouveau
1:07:31tri, réaliser un classement par priorité
1:07:34et contacter les enquêteurs en charge
1:07:36des différentes enquêtes. Mais
1:07:38finalement, grâce à ce travail fourni,
1:07:41Francis Holm sera officiellement reconnu
1:07:43coupable de 11 meurtres. Je vais pas
1:07:45tous vous les détailler dans cette
1:07:46vidéo, sinon il vous resterait plus
1:07:48beaucoup d'heures de sommeil au
1:07:49compteur. Mais voici en quelques mots le
1:07:51résumé du parcours mortel suivi par
1:07:53Holm. Le premier homicide a lieu en 1984
1:07:56en meur et Moselle, peu après la mort de
1:07:58sa mère, c'est celui de Lionel Ginest.
1:08:01Viennent ensuite les deux enfants de
1:08:02Montini Lemess âgés de 8 ans, Cyril
1:08:05Bénin et Alexandre Brich. 3 mois
1:08:08seulement après ce double meurtre,
1:08:10Francis Holm croise la route d'Anique
1:08:12Maurice, 26 ans. La jeune femme était
1:08:14employée dans un supermarché de messe.
1:08:17Elle se rendait justement au travail
1:08:19lorsqu'elle a disparu le 30 décembre
1:08:211986. Son corps a été retrouvé en état
1:08:24de décomposition avancée 4 mois plus
1:08:27tard, abandonné dans un fouret.
1:08:29L'enquête a stagné pendant 10 ans
1:08:31jusqu'à ce que l'on découvre que Francis
1:08:33Holm était dans la région au moment des
1:08:35faits. Réouverte à la lumière de cette
1:08:37information, elle a ensuite permis de
1:08:39prouver que le routard du crime, aidé
1:08:41d'un complice, était bien coupable de ce
1:08:444e crime. Il a été condamné à 30 ans de
1:08:47prison. En 1988, il assassine Georgette
1:08:50Manè et Guillè Ponçar à Charleville
1:08:53Misière. La première âgée de 86 ans a
1:08:56été poignardée à 51 reprises dans sa
1:08:59cuisine. À quelques mètres d'elle, dans
1:09:01le couloir se trouve sa voisine. Elle
1:09:04aussi mise à mort avec une brutalité
1:09:06inouïe. Fidèle à lui-même, Francis Holm
1:09:09admet avoir suivi Georgette pour la
1:09:11cambrioler alors qu'elle rentrait du
1:09:12marché. Il lui ôte la vie à elle ainsi
1:09:15qu'à Guilen, la voisine qui le surprend
1:09:17en pleine tuerie. Mais bien sûr, après
1:09:19ses aveux, il finit par se rétracter. En
1:09:222004, la cour d'assise de reince le
1:09:25condamne tout de même à une peine de 30
1:09:27ans de prison, à sortie d'une période de
1:09:29sûreté de 20 ans. Mais cette
1:09:30condamnation couvre aussi le meurtre de
1:09:32Sylvie Rossi, commis dans la même région
1:09:35le 18 juillet 1989. 2 mois plus tôt,
1:09:39Francis Holm attaqué Aline, l'aide
1:09:41soignante de la plage du moulin Blanc.
1:09:43Sylvie, une jolie trentenaire, a eu le
1:09:45malheur de prendre Francis Solm stop
1:09:47alors qu'il irait sur la route comme à
1:09:49son habitude. Une dispute éclate car
1:09:51elle refuse de le conduire jusqu'à Mess.
1:09:53Holmes dans une rage folle commence à la
1:09:56rouer de coup. Sylvie s'échappe de son
1:09:58véhicule et se met à courir aussi vite
1:09:59qu'elle peut mais son agresseur la
1:10:01rattrape et la tue à coup de pied. L'un
1:10:03d'eux fatal lui éclate le foie. Cette
1:10:06même année, il s'en prend à Joris
1:10:08Viville, un enfant de 9 ans d'origine
1:10:11flamande qu'il enlève sur un camping de
1:10:13Portc Grimau dans le Var. Le petit
1:10:15garçon est retrouvé entièrement nu 17
1:10:18jours plus tard, étranglé et frappé à 83
1:10:21reprises avec un tournevis. Il est une
1:10:24nouvelle fois condamné à la perpétuité
1:10:26pour ce véritable massacre. En 1991,
1:10:30c'est Laurence Guillaume, l'adolescente
1:10:32de 14 ans abusée par son cousin qui perd
1:10:34la vie sous les coups de couteau du
1:10:36tueur en série. Sa sinistre carrière
1:10:38s'arrête enfin après un 11e et dernier
1:10:40meurtre. Il le commet le 5 janvier 1992
1:10:44à Boulogne surmer. La victime, Jean-Rémy
1:10:47était un sois-antenaire dépressif qui
1:10:49n'arrivit pas à surmonter la perte de sa
1:10:51femme. Comme un dernier hommage, il
1:10:53décide de retourner au Touquet où il a
1:10:55vécu ses plus belles vacances en
1:10:57compagnie de son épouse. Mais il
1:10:59s'endort dans le train, rate son arrêt
1:11:01et se retrouve seul et triste marchant
1:11:03le long de la mer à Boulogne sur mer.
1:11:05C'est là qu'il rencontre Francis Holme.
1:11:08Les deux hommes marchent un peu
1:11:09ensemble. Jean Réy, plutôt content de
1:11:11trouver une oreille attentive, lui
1:11:13confie son mal-être, sa tristesse et ses
1:11:16regrets. Et au bout de la plage, à
1:11:18l'abri des regards, Francis Holm le tue.
1:11:20Malheureusement, d'autres affaires comme
1:11:22celles d'Avignon ou encore celle du
1:11:24meurtre de Laurent Bureau, un militaire
1:11:26de 19 ans torturé et assassiné dans un
1:11:29gymnase de périgueux. Ce solde par un
1:11:31acquitement, bien que Francis formulé
1:11:34des aveux. Lors de l'une de ses
1:11:36dernières visites à la maison d'Art de
1:11:37Brest, Jean-François Habgral
1:11:39s'interroge. Il sait que le détenu qui
1:11:41se tient en face de lui a tué bien plus
1:11:43de fois qu'il ne veut l'admettre. En
1:11:45témoigne ces quelques phrases qu'il a pu
1:11:47échanger avec le tueur. Un jour où
1:11:49celui-ci était moins vigilant que
1:11:50d'ordinaire. Le gendarme demande à
1:11:52Francis Holmes si dans tous les pépins
1:11:54qu'il a eu, c'est-à-dire les meurtres
1:11:56qu'il a commis, il y a eu plus d'hommes
1:11:58ou de femmes. [musique] Spontanément,
1:12:00celui-ci répond des hommes. Lorsque
1:12:02Jean-François fait remarquer qu'en
1:12:04dehors des enfants, il n'y a qu'un seul
1:12:06homme dans la liste des victimes
1:12:07officielles, le tueur en série se mure à
1:12:10tout jamais dans le silence. La question
1:12:13fait froid dans le dos, mais elle mérite
1:12:15d'être posée. De combien de meurtres
1:12:17Francis Holmes [musique] s'est-il
1:12:19vraiment rendu coupable au cours de son
1:12:21parcours meurtrier ? À ce jour, on le
1:12:23soupçonne encore fortement d'être
1:12:25impliqué dans une trentaine d'autres
1:12:27affaires. Mais le Mister Holm,
1:12:29indéchiffrable pour beaucoup, ne fait
1:12:31malheureusement que s'épaissir à mesure
1:12:33que le temps passe. Le routard du crime
1:12:35ne pourra en tout cas plus jamais semer
1:12:37la mort sur les routes de France. Il est
1:12:39en effet détenu à la prison d'encisheim
1:12:42où il finira ses jours. Quant à
1:12:43Jean-François Abgral, il s'est retiré de
1:12:46la gendarmerie à la fin des années 90.
1:12:48Depuis, il a fondé sa propre agence
1:12:50d'enquête privée, synapsis. Devenu une
1:12:53référence en criminologie depuis
1:12:54l'arrestation de Francis Holmes. On fait
1:12:56encore souvent appel à lui lorsqu'il
1:12:58s'agit d'enquêter dans des affaires
1:12:59criminelles complexes comme celle des
1:13:01disparues de Lyon où il a joué un rôle
1:13:03clé. Mais ça ce sera peut-être pour une
1:13:05prochaine fois. Voici pour cette
1:13:06terrible affaire française avec l'un des
1:13:08plus tristement emblématiques tueurs en
1:13:10série du pays. Si vous êtes arrivé
1:13:11jusqu'au bout, écrivez route en
1:13:13commentaires. Merci d'être toujours
1:13:15présent sur les vidéos. N'hésitez pas à
1:13:16vous abonner et à liker si c'est pas
1:13:18fait. Je vous remercie de m'avoir
1:13:19regardé et je vous dis à très vite.
1:13:21[musique] Bye !